Le Blog du Merdier

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lundi, février 8 2010

Coup de trique sur les retraites

     En 2003 l'on a vu ce que donna la réforme sur les retraites : allongement progressif jusqu'en 2012 de la durée de cotisation, passant progressivement de 40 à 42 ans, puis en même temps, l'instauration d'une décote pour les gens auxquels il manque des trimestres de cotisation...

Passons sur la “sacro-sainte” réalité de l'allongement de la vie et du nombre croissant de futurs retraités... qui “éclipse souverainement” une autre réalité, celle des milliards de plus-values et de dividendes engrangés (et bien plus “bouffés” que réinvestis dans l'économie) par des cohortes d'actionnaires de grands groupes financiers ou bancaires... Lesquels milliards, du moins une partie, pourraient servir à financer les retraites et l'autre partie à mieux payer les salariés...

En 2010 se profile à l'horizon des “grandes réformes” celle d'un nouveau “coup de trique” sur les retraites...

Ma grande peur (et oui dans ce domaine là je vois le pire)... C'est que l'on oblige les retraités “récents” de moins de 65 ans, à rechercher un emploi. L'on suspendrait donc le paiement de leur pension jusqu'à l'âge de 65 ans (et en même temps l'on décrèterait la retraite à 65 ans – dans un premier temps – puis à 67 ans à compter de 2012 inclus)...

Ainsi au 1er janvier 2011, les retraités “récents” devraient retravailler encore 1, 2, 3 ou 4 ans selon leur âge à cette date, et le paiement de leur pension reprendrait lorsqu'ils auraient atteint 65 ans.

L'on imagine le nombre de demandeurs d'emplois supplémentaire ! Sans doute referait-on cependant travailler les anciens postiers, télécommunicants, hospitaliers, ou autres salariés d'entreprises publiques, par exemple ?

Si tel devait être le cas, en ce qui me concerne, plutôt que de devoir m'inscrire demandeur d'emploi et de me voir attribuer un poste d'”agent de service” à la Poste (je suis un ancien postier) j'aime mieux - “pour la forme” - m'inscrire (puisque de toute manière je ne serais pas forcément réemployé) et tout de suite après, déposer une demande de RMI... Je préfèrerais alors percevoir un RMI, que de d'être obligé de retravailler ! Merde, après quarante ans de “boîte” et surtout dans les conditions où j'ai travaillé durant les 5 dernières années, comment voulez vous qu'un type tel que moi (et on est des milliers) puisse accepter de se relever le matin à 6h, de refaire 30 km aller en bagnole et autant retour le soir, d'être soumis à des objectifs chiffrés, à des pressions de décideurs ou de chefs, aux sarcasmes de collègues “bien moulés dans le système”, aux violences, aux condescendances, aux égoïsmes et aux caprices d'une clientèle “accro” à la société de consommation ?

Merde! Plutôt un RMI, et même plutôt “crever la gueule ouverte”!

Cela fait 5 ans que je ne travaille plus... Et j'ose, oui, j'ose... et me permets de déclarer ceci : les quinze cents euros que je reçois du Trésor Public chaque mois, je les mérite avant tout pour une raison qui me semble essentielle : mon “travail” d'écriture et de littérature sur le Net ! J'estime que ce “travail” vaut bien les quinze cents euros que je perçois ! (J'y passe tout de même plusieurs heures par jour et me lève plus tôt que 6h le matin). Et d'ailleurs, quand on pense à tous ces retraités (et ils sont nombreux) qui s'investissent dans des associations locales, volontaires, bénévoles et dévoués... Et qui contribuent de la sorte à l'activité économique et sociale d'un pays, d'une région, d'une ville, d'un bourg)... On peut dire, oui, affirmer haut et fort que tous ces gens là, ils méritent bien l'argent qu'ils reçoivent du Trésor Public !

Coup de trique sur les retraites ? Qu'on me laisse continuer à faire de la littérature sur le Net ! (Car en tant qu'ancien Postier recyclé ou distributeur d'imprimés sans adresse ou de journaux dans les boîtes aux lettres jusqu'à 65 ou 67 ans, je ne serais “bon à rien”, mauvais élément improductif, rebelle, fouteur de merde dans le boulot, et sans cesse en congé de maladie pour un oui pour un non)...

Et ce qui me “pèlerait” encore plus, je crois, au delà des 60 aller/retour en bagnole et de ces putains de “Zob Jectifs”... Ce seraient les sarcasmes, les violences, les “coups-bas”, les condescendances de mes éventuels collègues presque tous accros de produits et services “consomojetables” et l'insupportable pression de cette clientèle “laminoir” qui te “pompe du matin au soir” et t'emmerde pour un oui pour un non à tout bout de champ... Car aujourd'hui le travail c'est ça! Presque plus que ça ! Et ça j'en veux pas, j'en veux plus !

dimanche, février 7 2010

L'olibrius

     Si un olibrius dans mon genre – et ils sont tout de même quelques uns sur cette planète – devenait un personnage médiatique, passait à la Télé lors d'une émission de grande écoute... On ne lui dirait pas “qu'il se lance encore dans des considérations philosophiques” !

On ne comprendrait peut-être rien à ce qu'il raconte, mais par quelque effet de mode et de grâce, on serait béat d'admiration et de dévotion...

Oh putain! Dans quel monde on vit! Comme si c'était une “tare” aux yeux de tout le monde, de se lancer dans des réflexions philosophiques à une époque où l'on massacre l'orthographe et la grammaire en déversant à longueur de forums et de textos et de SMS, toutes les acidités et les sucreries de la vie...

Oui c'est vrai : la vérité, aucune vérité, ne sortira jamais d'aucune élucubration de quelque olibrius que ce soit!

Mais du four à pain, il sort bien du pain !

Je suis sidéré de voir à quel point il sort du pain du four, sidéré de tout ce qui se dit, s'écrit et se raconte... Et dont la consistance porte si peu à mastication! Comme s'il ne s'agissait que d'engloutir dans une panse digérant à toute vitesse, toutes les purées et toutes les sauces du monde, désormais confiturées sur une suite ininterrompue de tartines fondantes !

samedi, février 6 2010

Un jour je m'envolerai...

Je ferai de ma mort selon ce que j'ai ressenti de cette vie que j'aurai traversée...

J'aurai un enterrement “pas comme les autres”... ça vous étonne ?

J'y ai déjà pensé... Dans mon portefeuille, pliée en 4, j'ai une feuille de papier où “l'affaire est consignée”...

Pas d'église, pas de curé, pas de religion...

L'on imagine mal, quand on me connaît, tout ce “putain de tra-la-la”, avec l'eau bénite, l'absoute, et ce “Cela est juste et bon” chanté la larme à l'oeil et avec les carreaux dans les godaces, en imper chic et noir pour les dames, en costard les mecs et avec pendu sous la voûte des soucoupes volantes de chauffage électrique (si je meurs en hiver)...

Moi qui justement, de mon vivant, dans les “Grantenterrements générals”, zieutait avec régal les dames chic...

Et ces “grands pieux” de marbre ou de granit, ces cercueils de beau chêne avec poignées ciselées, et encore le dernier adieu devant la fosse où l'on vient de descendre à la corde le cercueil, et la poignée de terre jetée...

Du fond du trou, scellé à jamais dans ma bulle – non pas de roche – mais de zinc et de bois, je n'aurai pas le loisir – traversé de rêve fou – de zieuter les jolies jambes de ces dames “sur leur 31”...

Non, je ne veux rien, rien de rien de tout cela...

Dans l'immédiateté de l'événement, seuls mes amis littéraires les plus chers, ainsi que mes très/très proches parents et amis, seront prévenus...

Pas d'annonce dans le journal... L'on saura bien assez tôt : trois jours, six mois, un an ou je ne sais combien de temps après...

Le cercueil “de base” : en bois blanc, en “caisse de pauvre”... Pas besoin d'un beau cercueil en chêne, verni, avec des motifs sculptés dessus et des poignées ciselées, pour aller direct à la crémation...

Durant la crémation pas de discours, pas de texte lu ni quelque hommage que ce soit...

Mais sans doute “One day I'll fly away” de Randy Crawford, “L'amitié” de Françoise Hardy, et “Spandau Ballet True”...

Pourquoi “ pas d'annonce dans le journal” ?

C'est que “j'en ai rien à foutre” de ces gens qui, lisant l'avis de décès, et m'ayant peu connu mais surtout méconnu... “se pointeraient” en manifestant quelque soudaine sympathie à mon égard...

Quant à ceux et celles qui, plus tard, ayant appris par ouïe dire que je suis mort, et m'ayant de mon vivant, pourfendu de leurs sarcasmes et bien “condescendé”... et qui alors, “me découvrant”, se mettraient à m'aimer... Eh bien ceux là, celles-là, je leur balance un bras d'honneur et leur dis “vous n'aviez qu'à m'aimer de mon vivant” !

De toute manière, j'encourage mes pourfendeurs à continuer d'ironiser et de m'assassiner : après tout cela aussi est un art, cela aussi c'est de la littérature, cela aussi c'est la liberté d'expression !

Cela dit, quand j'aurai cent ans le 9 janvier 2048, et si je peux encore monter sur un vélo... et “faire de la purée”... Et que j'aurai ce jour là une armée de journalistes autour de moi pour me photographier, m'interwiever... J'en profiterai pour faire de la pub pour mon site et parler de mes écrits... ça c'est bien vrai : avoir cent ans c'est une sacré occase ! C'est pas comme dans une réunion de famille, ou d'amis, ou dans un salon du livre ou sur des forums du Net ou encore dans des assemblées et fêtes d'associations, des festivals d'été ou des halls d'accueil de ciné/café... que tu vas forcément en profiter pour “bomber le torse”, te “mettre en valeur” et mobiliser tout un auditoire !

A ces filles et ces femmes qui...

...En message privé sur des forums féminins ont souhaité me rencontrer parce que je leur ai plu...

     Ah, ces petits visages, ces adorables et émouvants petits visages dans de petits carrés ! Vous êtes toutes, “belles à croquer” et je “craquerais” bien car je vous crois sincères... Je vous pardonne avec infiniment de gentillesse vos fautes d'orthographe ou votre style genre “SMS” s'il en est ! Que vous soyez “de belle écriture” ou de langue comme on en voit tous les jours à perte de vue sur les forums, une chose est sûre : si vous m'avez écrit c'est que je vous ai plu... Nous rêvons tous, dans notre vie, de cet être à nul autre pareil avec lequel on ferait bien ce qui reste de traversée...

Selon la religion de la réincarnation, je veux bien, avec chacune de vous, faire une nouvelle vie à chaque fois... Mais je crois bien que je serai tenté de refaire cent mille fois “une autre vie” avec la même femme : celle qui, ma vie durant, a pu me supporter et a “quelque peu compris” l'être que je suis... (ce qui n'est pas du tout évident vu tout ce qu'il y a à supporter et qui est déconcertant au possible ou “hors normes”)...

Merci à vous toutes pour ces mots que vous m'avez adressés...

... À défaut de “faire de tout mon être tout près de vous jusqu'au fond de vous”... je “fais de mon écriture et de mon âme” tout aussi près de vous et jusqu'au fond de vous”...

vendredi, février 5 2010

Religions, cultes... Et horoscope

Embusquée ou en plein milieu du passage, la religion... Et à côté, l'horoscope !

     A-t-on jamais dans notre pays, la France, dressé une statistique sur le nombre d'intellectuels, d'artistes, d'écrivains, philosophes et scientifiques... qui ne sont pas à leur mort, enterrés religieusement ?

Je suis persuadé que, dans le monde de tous ces derniers, ce serait bien là que l'on verrait apparaître les chiffres les plus bas... Quoi que la différence avec les gens d'autres “catégories” sociales, ne doit pas être “si grande que cela”...

L'enracinement des peuples et des civilisations, de tous les pays du monde, dans les religions et dans les cultes, est une réalité avec laquelle j'ai vraiment du mal à vivre ma vie...

Je comprends tout ce qu'il est “bien” -ou censé être bien – de comprendre... Je respecte la liberté de chacun... Mais au fond de moi “je ne puis m'y faire!”

À ma connaissance l'on n'a pas, comme une carte d'identité ou un passeport ou un extrait de naissance, dans son portefeuille, un certificat de baptême. Mais dans un certain nombre de formulaires (par exemple ton profil sur des réseaux sociaux du Net) on te demande quelle est ta religion. Et beaucoup de gens de toute évidence, disent qu'ils sont catholiques ou autres...

... Soit dit en passant, dans ce genre de formulaire (profil réseaux sociaux ou surtout inscription participation à des forums très populaires) on te demande aussi ton signe astral...

Ah, putain ! Toujours et encore toujours, partout, omni présente – ou “embusquée” - la religion... Et avec la religion en plus, l'horoscope !

Serait-il possible à un citoyen “lambda”, dans notre pays tout au moins, de refuser par écrit auprès d'une autorité dûment mandatée, le baptême catholique reçu quand on n'était qu'un bébé, et que la famille alors, “pas spécialement coyante et encore moins pratiquante”, avait fait administer dans l'église du village... “pour se conformer aux bons usages” ?

Le “commun des mortels” en France, dans toute l'Europe et l'Amérique, est catholique ou protestant ou de quelque religion chrétienne parmi je ne sais combien de confessions... En terre musulmane, il en est de même (et peut-être plus accentué encore). Partout, partout, la religion, les rites, les cultes, les dogmes, les pratiques, les lieux sacrés, les prières, le baptême, le cathéchisme, la communion, le mariage et l'enterrement à l'église...

Même dans le monde des intellectuels, des scientifiques, des artistes, des écrivains... la religion en “toile de fond” participe dans la composition du tableau !

Oui, c'est une réalité ! Et j'ai vraiment du mal à m'y faire !

J'ai eu dans ma vie, des amis très croyants... Qui furent vraiment pour moi des amis dans la mesure où ils retrouvaient en moi, en mon coeur et en mon esprit des valeurs et des idées qui leur étaient chères... Ils m'auraient voulu des leurs! Mais au bout du compte dans leur fort intérieur, je demeurais “un ange de lumière tel Lucifer en bute avec Le Créateur”... Soit dit en passant, les “religieux purs et durs”, très enracinés et intimement convaincus dans leur foi... pensent tous que la parole de dieu avec les écritures (coran ou bible ou torah) est “supérieure” ou “plus crédible” à la parole des philosophes, des artistes, des écrivains ou des intellectuels... à moins que ces derniers ne se rallient à la parole de dieu et louent le “Créateur” dans leurs oeuvres...

NOTE : “En bute avec le Créateur”... J'aurais du écrire “ en butte”... Mais je maintiens dans le contexte “bute” (qui me semble plus violent, plus proche de l'idée de “buter”)

jeudi, février 4 2010

Pessimisme noir/noir, ou optimisme délirant ?

     Suis-je un affreux pessimiste ou un optimiste délirant ? Je n'en sais rien... Peut-être que je “balance” entre une forme de désespoir et une sorte d'espérance et qu'il y a dans cette forme de désespoir ou dans cette sorte d' espérance quelque chose de déraisonnable... Mais c'est ainsi, et je le vis...

À lire certains de mes textes “il fume” pourrait-on dire...

À en lire d'autres “ce sont comme les lèvres d'une très belle femme s'approchant doucement d'une cicatrice qui, déjà électrisée par le souffle de ces lèvres entrouvertes, s'efface...

Mais il y a aussi ce regard d'apache... ou de pirate, qui dit des mots crus et ouvre des trous noirs...

Je ne pense pas que la vulgarité, associée à la médiocrité et à la banalité... soit une fatalité parce qu'on la rencontre partout sur le Net et dans la vie que nous vivons au quotidien : je crois plutôt que la vulgarité associée à la médiocrité et à la banalité est avant tout une réalité, une existence sans laquelle tout ce que l'on peut lui opposer n'aurait pas de sens, pas d'existence du tout non plus...

Je ne pense pas que la “bien-pensance” généralisée dans un monde en régression où le religieux redevient offensif... soit une fatalité parce qu'elle devient autour de nous comme l'air qu'on respire : je crois plutôt qu'elle est tout comme la vulgarité, une réalité à la quelle on peut lui opposer une autre forme de pensée...

Et ce serait là, le “vrai désespoir”, le désespoir absolu : pas d'existence, pas de réalité...comme un tracé linéaire, immobile et sans repères sur un écran muet...

Et cette sorte d'espérance qui va juqu'au délire, c'est justement celle qui dépasse toutes les révoltes possibles et justifiées, et qui ouvre une brèche dans un mur réputé infranchissable : ce mur des habitudes, des croyances, des modes, de tout ce qui doit se croire et se savoir, de tout ce dans lequel on peut se complaire, se vautrer ; et ce mur aussi, de tout ce que l'on peut maudire, contester, exclure, piétiner ou déclarer hors la loi parce que contraire au “sens giratoire”, contraire à nos valeurs personnelles...

Il y a, dans l'espérance à ouvrir la brèche, et de la voir effectivement s'ouvrir de ci de là ; il y a dans l'énergie, l'imagination, l'inspiration et le rêve que l'on met pour que la brèche s'ouvre... quelque chose de plus fou, de plus délirant et de plus heureux, que de connaître une victoire après une bataille.

Et si le mur devait tout entier tomber d'un seul coup, serait-ce encore plus fou, plus délirant et plus heureux que l'ouverture, la seule ouverture dans le mur, d'une brèche ? N'y aurait-il pas sans doute de l'autre côté, un autre mur ?

Gilles Deleuze ne pouvait se faire à l'idée de quelque “finitude” que ce soit...

Avec Albert Camus, c'est le “mythe de Sisiphe” (le rocher qu'il faut indéfiniment remonter jusqu'en haut)...

Sur le Net s'élargissent chaque jour et dans une immédiateté déconcertante, et dans une profusion sans cesse accrue ; de gigantesques univers relationnels et enseignes largement médiatisés, prisés par des constellations de bloggeurs... Cela constitue à mon sens, une opportunité. Cela “allonge le mur, les murs”... Et cela fait donc, beaucoup de brèches à ouvrir. Cela donne une dimension “phénoménale” à cette sorte d'espérance que j'évoque plus haut... C'est pourquoi, il faut y entrer, il faut y tracer, dans ces univers...

Ce qui fait défaut cependant, c'est peut-être l'insolence de la pensée, le “coeur et les tripes”, tels qu'ils étaient du temps d'un Jacques Brel, d'un Coluche, d'un Léo Ferré, d'un Georges Brassens, d'un Jean Ferrat, d'un Serge Gainsbourg, d'un Pierre Desproges ou d'un Cavana...(par exemple).

Il faut que le Net demeure un espace de liberté totale, que tout, absolument tout puisse y exister et s'y exprimer... C'est “l'affaire de chacun” de ne pas se laisser “coloniser” par quelque sensibilité, quelque langage, quelque forme de pensée, quelque incitation à faire, que ce soit... C'est l'affaire de chacun de se dire “à chaque pas que je fais en avant, à chaque brèche que je parviens à ouvrir, je ne colonise pas un territoire ni un espace, mais je rencontre ce que jusqu'à lors je ne savais pas, je dois désormais compter avec ce qui marche contre mes pas”...

Sur le Net – tout comme dans la vie d'ailleurs- ce qui me “désespère” le plus, c'est l'ennemour. Plus encore que la vulgarité associée à la médiocrité et à la banalité, plus encore que la violence, le “m'as-tu-vu-isme”, le “sexe à gogo – et surtout tel que l'on en parle-”, la “démolition en mitraille de l'autre”, et toutes les perversions possibles et imaginables... Mais bon, même l'ennemour est une réalité... Il me faut bien compter avec cette “denrée” !

mercredi, février 3 2010

Le maillon dans la chaîne

     Mon “moralomètre” - je l'avais déjà évoqué – variait selon le sens de la courbe de la Bourse...

En hausse cette courbe, et je fulminais et tempêtais ; en baisse cette même courbe, et je me réjouissais...

Une autre courbe influe également – et avec le même impact – sur mon “moralomètre”... C'est celle de la cote d'Obama...

En hausse cette courbe, et je me réjouis ; en baisse cette même courbe, et je fulmine...

Que la Bourse “monte” et en même temps, que la courbe de la cote d'Obama s'infléchisse... Alors la colonne de mercure dans le “moralomètre” se contracte d'autant plus...

Ce type, Obama, avec sur cette planète quelques uns de ses semblables “petits et humbles” ou “célèbres et puissants” représente à mon sens un “maillon de la chaîne”... Le “maillon” à partir du quel la chaîne, l'autre partie de la chaîne qui suit, sera peu à peu d'une texture ou d'une composition différente de la partie de la chaîne qui précède...

Je ne dis pas cependant que la chaîne sera forcément d'une meilleure qualité, au delà du “maillon”, mais elle sera je le pressens, moins exposée à la “marque”, la marque de l'obscurantisme et de “l'inhumanité”, une sorte de “rouille”...

Ce “maillon” de la chaîne, bon nombre d'humains sur cette planète – tout aussi “petits et grands”- que les semblables d'Obama, voudraient le voir “sauter” et remplacé par un “maillon de série courante”... Aussi, ces si nombreux – trop nombreux- “petits et grands”, tirent-ils de toutes leurs forces sur la chaîne, du côté où la chaîne a toujours la même consistance, la même texture, la même composition...

Il faut croire que tous ces “petits et grands”, aspirant à voir sauter le “maillon”, ne manquent pas en leurs rangs, de ces “mécaniciens”disposés à remettre en place un “maillon de série courante”... Car sans “maillon” bien sûr, la chaîne serait rompue et il faut à tout prix, à n'importe quel prix, que la chaîne soit continue, sans extrémité si possible devant soi et toujours bien tendue... d'obscurantisme et d'inhumanité au seul profit de ces “petits et grands” qui, tirant sur la chaîne, aspirent à une position plus avancée dans le rang... Car l'obscurantisme et l'inhumanité sans cesse tirées dans le sens qui “arrange” sont les meilleurs moteurs pour les uns, de l'avancée dans le rang tout au long de la chaîne...

Ce n'est point qu'ils n'aient “rien compris” - en fait ils ont bien et même très bien compris – ceux qui voudraient voir sauter le “maillon” Obama... Mais ils ne peuvent se faire à l'idée de cette chaîne qui, au delà du “maillon”, serait moins exposée à la “marque” d'inhumanité et d'obscurantisme, cette “marque” qui les conforte dans la vision qu'ils ont du monde, et dans les privilèges et dans les pouvoirs qu'ils en tirent.

Il en vient sans cesse tout au long de la chaîne, de ces “maillons de série nouvelle” qui seraient ceux annonçant que la chaîne, au delà, deviendrait moins exposée à la “marque” de l'usure ambiante.

Mais ces “maillons” là ne sont que des “maillons” de série courante avec un peu de lumière en fins et minuscules éclats... Il n'y a jamais personne pour faire sauter ces “maillons” là et les remplacer par quelque sorte d'Obama que ce soit... En soi déjà.

samedi, janvier 30 2010

Est-ce par pur hasard ?

      Les destinées sont curieuses... À dire vrai, c'est cette part d'aléatoire (ou de hasard si l'on veut) qui les rend soudain insolites – parfois glorieuses- et comme “scellées” dans les mémoires des hommes...

Serge Gainsbourg aurait-il été Gainsbourg ? Et Jacques Brel, Brel ? Et Albert Camus, Camus ?

Serge Gainsbourg (Lucien Ginzburg de son vrai nom) né en 1929 et décédé en 1991, voulait être peintre... Artiste peintre. Initié par son père à la musique, il jouait dans des boîtes de nuit au piano pour gagner sa vie et écrivait des chansons pour les femmes, ces femmes entraîneuses ou artistes qu'il rencontrait dans les établissements de nuit... Et c'est une chanson qu'il fit pour Brigitte Bardot qui le “propulsa” sur la grande scène... Et à cette époque là, tous les militaires du contingent avaient dans leurs chambrées, collée au mur une photo de Brigitte Bardot.

Jacques Brel “tira la langue” quatre années durant... Les critiques étaient désastreuses : celle de France Soir par exemple “ Monsieur Brel est Belge, nous lui rappelons qu'il existe d'excellents trains pour Bruxelles”... Et Marc Robine, dans Le roman de Jacques Brel “ C'est l'éternelle histoire du Vilain petit canard d'Andersen, dont nul ne pouvait prévoir qu'il était un cygne royal en train d'arriver lentement à sa plénitude. Nul, sauf Jacques Canetti”...

En 1924 à Alger, l'instituteur Louis Germain dans le petit appartement d'un immeuble de Belcourt, un quartier ouvrier et populaire, est en discussion avec madame Sintès la grand mère d' Albert. Dehors, Albert attend dans la rue... Le père d'Albert était tonnelier de son état, avant d'aller mourir en France au tout début de la guerre de 14-18. La grand mère avait dit, après le certificat d'études : “il fera comme son père”...

Louis Germain rejoint Albert dans la rue... “ça y est, c'est décidé, tu te présentes au concours des Bourses et tu iras au Lycée”...

Il fallait assurément s'appeler (et être) Louis Germain, pour convaincre une femme telle que madame Sintès, la grand mère d'Albert !

... L'on ne peut certes, évoquer le seul hasard... Hasard, ce n'est pas la même chose que “aléatoire”...

Il y a déjà ce qui est “particulier”, ou “hors du commun” chez un être humain. Il y a aussi l'environnement familial, culturel, social ( si l'on est “riche” ou “pauvre”)... Mais c'est aléatoire pour un être humain d'avoir une destinée “hors du commun”... Lucien Ginzburg par exemple, aurait pu le plus naturellement du monde, devenir un très bon pianiste professionnel, payé au cachet dans des établissements de nuit de renom... Sans jamais être Serge Gainsbourg...

Albert Camus aurait pu devenir tonnelier comme son père, et le dimanche il aurait fait du théâtre amateur, ou animé une équipe de joueurs de football...

Et ce sont des gens tels que Louis Germain, ou Jacques Canetti... Qui surgissent un jour de ce brouillard qu'est l'aléatoire... Dans la vie de ces êtres dont nul ne savait qu'ils étaient “hors du commun” - et pas même eux-mêmes- .

Intelligible et plaisant, ou inintelligible et ennuyeux ?

       Pour le commun des mortels qui vivait à l'époque où des hommes de pensée, de réflexion et d'une certaine connaissance du monde et de l'univers ; traçaient des figures géométriques, réalisaient des dessins ou gravaient des signes sur la pierre face au ciel... Pour ce “commun des mortels” donc, les signes ainsi tracés étaient inintelligibles... Et le “commun des mortels” alors, disait même, évoquant l'existence de ces signes, qu'ils étaient des oeuvres de débiles ou de fous... dont le sens demeurait obscur...

Et les auteurs de ces signes sans doute, ne pensaient pas que le “commun des mortels” puisse être jamais l'un de ces dieux “lecteurs privilégiés”...

Aussi ces auteurs de signes, de figures et de dessins étaient-ils assez mal considérés par les hommes de cette époque, parce qu'ils passaient pour des gens inaccessibles et ennuyeux...

De nos jours c'est l'espace du Web qui est devenu le ciel... Ou encore l'espace de l'écriture par toutes sortes de livres, oeuvres de roman ou de divertissement... Et ce sont les forums du Web, les sites et les blogs... Ou encore les feuillets ou les pages des auteurs de livres qui sont devenus les pierres face au ciel...

Autrefois les “lecteurs privilégiés” du commun des mortels qui lui, produisait auprès de ses semblables des figures et des dessins “intelligibles et plaisants” dans les assemblées ordinaires de personnes, étaient les mêmes gens que de nos jours, dont l'esprit habité par les dieux et leurs serviteurs et les idées du monde, se porte vers ce qui est “intelligible et plaisant”...

Et tout homme ou femme, aujourd'hui comme autrefois, de pensée, de réflexion et d'une certaine connaissance du monde et de l'univers, qui se risque à produire ce que ses contemporains délaissent ou “zappent”... Passe pour débile, fou ou obscur... Alors cet homme ou cette femme là, écrit comme autrefois traçaient ses prédecesseurs sur la pierre face au ciel...

Il n' y a pas d'étrangeté dans l'opposition entre ce qui est perçu comme intelligible, et ce qui est perçu comme inintelligible... Il n'y a que la réalité du monde, des êtres et de l'univers.

Il vient toujours du questionnement et de la recherche, avec la connaissance qui ne vient pas des dieux et des idées du monde...

Il vient toujours du contentement et des habitudes, avec la connaissance qui vient des dieux et des idées du monde...

C'est le questionnement et la recherche qui rendent difficiles le langage et la communication...

C'est le contentement et les habitudes qui rendent si aisés le langage et la communication...

Il n'y pas d'étrangeté dans l'opposition entre ce qui est perçu comme intelligible, et ce qui est perçu comme inintelligible... Mais il n'y a pas non plus dans ce qui est perçu, de vérité...

Si la connaissance qui vient des dieux et des idées du monde, en particulier lorsqu'elle s'impose, est une connaissance “toute cousue (et bien cousue)”... D'où vient et qu'est la connaissance qui ne vient pas des dieux et des idées du monde ? Peut-on dire qu'elle est vérité?

mercredi, janvier 27 2010

Vers une civilisation de la relation

     Les éditeurs savent déjà depuis au moins quelques années, que le livre (ou l'écrit) sur Internet, peut être une évolution intéressante à leurs yeux... Mais ils ont laissé à mon avis trop de temps s'écouler déjà, à l'expansion et à la diffusion de l'écrit sur Internet.

De telle sorte que le marché de l'édition classique (toujours aussi florissant cependant) a de plus en plus tendance à se laisser rattrapper par un autre genre de "marché" qui lui, à terme, ne sera plus du tout un "marché"...

L'on entre plus aisément (et avec beaucoup plus de chances d'être lu ou découvert, et de "rayonner")... Sur la Toile que dans le monde de l'édition classique.

Car, avant même de "gagner de l'argent" l'aspiration essentielle de la plupart des écrivains, c'est d'avoir un public, des lecteurs, des interlocuteurs... Voilà pourquoi le "marché" - du livre et de l'écrit - (qui est encore ce qu'il est) va évoluer et entraîner avec lui, peu à peu... tous les autres marchés (du loisir, de la culture, et même du bien ou service ou produit de consommation courante et nécessaire)... Vers ce que j'appellerais "une civilisation de la relation". Alors les données, les repères, les valeurs, les règles (si tant est qu'il y en ait encore) ne seront plus du tout les mêmes...

Les utopies, les modes, les hypocrisies, les mythes... Et presque tous les pouvoirs actuels tomberont les uns après les autres...

Certains pourraient voir dans cette évolution que j'évoque, la "faillite" d'un système... Tout comme la faillite du Communisme ou le "pourrissement" du Capitalisme... Il n'en sera rien : il n'y aura pas de "faillite" mais une "transition".

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