Le Blog du Merdier

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Chroniques Yugcibiennes

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vendredi, mars 5 2010

Un visage surgi d'un bouillonnement de souvenirs

     Ils sont du même pays, de la même région, de la même ville... mais sans doute pas du même quartier...

Ils étaient l'un à côté de l'autre dans un camping, en vacances sur la côte Vendéenne... Ils s'étaient échangé des livres, et durant les quinze jours qu'ils passèrent l'un à côté de l'autre, avec d'autres vacanciers amis occasionnels et de passage, un soir ils se réunirent et organisèrent un barbecue. Ils prirent ce soir là, des photos et rirent et conversèrent jusque tard dans la nuit... Ils firent même, ensemble, un jour de pluie, une excursion pédestre par des chemins côtiers, et un autre jour ils déambulèrent entre les étals d'un marché local...

Dix ans plus tard ils se rencontrèrent tout à fait par hasard dans la galerie marchande d'une grande surface commerciale d'une ville située dans une région proche de la leur...

L'un reconnut l'autre mais l'autre ne réagit point...

Dix ans c'est un gouffre !

En dix ans l'on oublie – du moins pour l'un – ce qui a pu pour un temps, le temps d'une rencontre, relier des êtres entre eux...

Ainsi les rêves prennent-ils feu, puis emportés par le temps deviennent ils d'autres rêves qui ont éteint ceux d'autrefois...

Ainsi s'établissent des liens entre des personnes qui, un temps, vécurent ensemble, et ces liens perdurèrent-ils une saison, puis une autre saison... Et ainsi dans cet espace qui est celui du temps, de ce temps qui passe et que l'on compte en mois et en années, les liens disparaissent-ils, et parfois cependant il demeure de ces liens, comme une trace à peine visible de pas sur la poussière d'un chemin...

Tout ce qui exista entre l'un et l'autre, en vacances d'été dans ce camping sur la côte Vendéenne, ne fut pas anodin... Et cette brève rencontre dix ans plus tard dans la galerie marchande d'une grande surface commerciale, est, en rapport de ce qui jadis fut, totalement surréaliste... dramatiquement surréaliste...

Et que dire, que penser, que faire alors... ou ne pas faire ?

L'un était devenu pour l'autre un étranger...

Un visage surgi d'un bouillonnement de souvenirs, un visage tout à fait par hasard entrevu et dont le regard s'il eût été perçu – et sans doute l'a-t-il été – aurait été ressenti comme une intrusion dans une vie présente...

jeudi, mars 4 2010

Les Fofacteurs

     1er Mars 2010, la Poste dans les grandes villes voit apparaître quelques uns de ses concurrents distributeurs de courrier d'entreprises et de banques...

     1er Janvier 2011, la Poste s'ouvrira entièrement au marché du traitement et de la distribution du courrier, perdant le monopole qu'elle détenait sur les plis de moins de 50 grammes...

Tout d'abord dans les grandes villes et cela depuis plus d'un an déjà, l'on voit circuler les “Fofacteurs”, humanoïdes robotisés revêtus de combinaisons renforcées en simili-cuir et vinyle, couturées de bandes argentées, arborant sur leur poitrine ou dans leur dos, les sigles de leur guilde en grosses lettres blanches en forme de flamme ; sillonnant les rues en pilotant des scooters “vaisseau-spatiohiques”, n'ôtant pas même de leur tête leur casque intégral de cosmonaute de messageries planétaires en distribuant le courrier dans les vestibules guérites sécurisés des entrées d'immeubles...

Ils sont, ces “fofacteurs”, en noir ou en bleu nuit, parfois en orange pétant... Et c'est déjà ce que l'on voit dans les grandes villes car ces “fofacteurs” ne véhiculent plus seulement le courrier des banques et des entreprises mais aussi le courrier des particuliers...

“Moins cher” paraît-il ! Mais surtout totalement déshumanisé et formaté selon des règles entièrement élaborées dans des salles d'ordinateurs par des gestionnaires et des techniciens BAC plus 5 en Informatique et Développement Commercial et Etudes de Marché... Les bureaux administratifs changent d'adresse tous les six mois et les différents sièges directeurs de sociétés anonymes de messageries ainsi que leurs filiales vont et viennent d'une capitale Européenne ou Américaine à l'autre et tout ou partie est acheté, revendu ou cédé ou échangé par des Actionnaires de Fonds d'Investissements ou par des groupes bancaires... (mais là en ce qui concerne la Poste Française et ses concurrents Anglais ou Allemands, je crois que j'anticipe un peu!...)

... Pourquoi ne pas imaginer et concevoir un nouveau jeu de stratégie entre internautes “accros et scotchés” durant des heures, un jeu mettant en scène des “fofacteurs” se flinguant et se crevant les pneus de leurs scooters, avec des “Pététètes” qui capotent, des tonnes de sacs de courrier en souffrance dans des avions cargo immobilisés par les grèves illimitées des “personnaux naviguants”, ou même de véritables opérations de guerre avec des commandos d'anti “fo et fofofacteurs” assistés de polices privées, de détectives et de mercenaires ?

... J'imagine en l'an 2071 dans les pages d'un illustré pour enfants et jeunes adolescents, une sorte de “Pim/Pam/Poum” relooké”, une histoire de facteur à vélo du temps où la Poste s'appelait “Pétété” : un malandrin, Adolphon a mis des punaises dans la tarte que va offrir Tante Poume à Pete Etex le nouveau jeune facteur remplaçant...

lundi, mars 1 2010

Une chrysalide ou un souffle

     Ce sont ces situations auxquelles nous sommes tous chacun de nous, un jour confrontés :

l'extrême souffrance ou la disparition d'un être cher, d'une personne que l'on a connue et aimée, ou même encore notre propre souffrance à l'approche de la mort...

Il y a aussi toutes ces catastrophes naturelles, ces maladies et ces accidents, ces faits de guerre ou de violences lorsque souffrent et meurent tant de personnes...

Il m'est arrivé parfois dans mes écrits, de « ne pas faire dans la dentelle »...

Mais je ressens au fond de moi la vanité de toute réflexion philosophique, de toute forme de poésie et de littérature que ce soit, confronté directement ou témoin dans l'événement... dans ces situations là...

Alors les mots n'ont plus de sens lorsqu'en l'occurrence ils sont alignés pour « dire quelque chose »...

Les jugements n'ont plus de sens, ceux-là même qui étaient justifiés tout comme ceux que nous nous étions fait des événements et des personnes en particulier...

Il ne reste dans le moment, de l'oeuvre de toute une vie, qu'une chrysalide...

Il ne reste de ce qui fut un drame, un vide affectif, un silence, une violence au quotidien, une indifférence, un ressentiment, lorsque ce ce fut le cas pour chacun de nous et ayant souffert de tout cela... Qu'un souffle qui a cessé d'être une haleine ou une sorte de « parole respiration »... et qui emporte nos rêves et nos pensées...

Oui, c'est là ce que je ressens, dans ces situations auxquelles nous sommes confrontés...

C'est là ce que je ressens dans le moment... Mais pour combien de temps avant de ne pas, de nouveau, « faire dans la dentelle » ou « faire des confettis »... pour peu qu'il me soit encore prêté vie ?

 

Un tremblement de terre de forte magnitude en Haïti, un autre encore plus fort au Chili...

Une catastrophe ferroviaire à Bruxelles et un immeuble qui explose à Liège, en Belgique...

Une digue qui se rompt et l'océan Atlantique qui entre dans les terres, engloutissant tout un lotissement d'une ville de la côte Vendéenne en France, et noyant à 4 heures du matin plusieurs dizaines de personnes dans leurs maisons...

Et tout cela dans les deux premiers mois de l'année 2010... Cela fait beaucoup !

En 1755 après le tremblement de terre de Lisbonne, Voltaire, écrivain et philosophe exprima sa pensée dans la portée universelle qu'eût ce tragique événement à tavers tous les pays d'Europe...

L'on peut se demander si l'écriture, si la pensée, si la poésie, si la littérature... peuvent “sauver du désespoir”... Lorsque les forces gigantesques de la nature, lorsque la violence et la brutalité des hommes, lorsque l'histoire, la géographie et les évènements déferlent sur les rivages si fragiles et si exposés, de l'humanité...

jeudi, février 25 2010

Dans dix mille ans...

     J'ai imaginé l'être humain dans dix mille ans...

Voici ce qu'écrit, en l'an – non pas de grâce puisqu'il n'y a plus de religions- 12997, un exilé sur le satellite Ramsès IV où vivent les Interdits (les exclus, les renégats, les révoltés, les réprouvés de la Terre et des Mondes Artificiels) :

   « En ce temps là (il y a plus de dix mille ans) étaient les Riches et les Pauvres... Ou ce qui revenait au même, les Privilégiés et les Subissants... Les gens vieillissaient (ils appelaient cela le vieillissement)... Lorsque les gens parvenaient à un âge d'environ soixante années après leur naissance, leur apparence se dégradait et ils devenaient selon la terminologie de l'époque, des vieillards... L'on voyait d'ailleurs de plus en plus de ces « vieillards », souvent âgés de plus de cent ans...

Depuis environ un millier d'années sur la Terre et sur les Mondes Artificiels, l'humanité est divisée en deux castes : les Immortels et les Mortels...

« Riche » ou « pauvre » n'a aucun sens de nos jours... Toute la différence de nos jours tient en l'existence des deux castes... Mais où se situe exactement la différence entre les Immortels et les Mortels ? Car les Immortels meurent tout de même puisque l'altération des tissus cellulaires après s'être considérablement ralentie vers l'âge de soixante années après la naissance, reprend subitement un jour, de telle sorte que l' Immortel s'effondre alors sur lui même en quelques minutes, devenant un cadavre... Il en est de même pour les Mortels !

En vérité la différence est dans la durée : les Mortels pour la plupart d'entre eux, s'effondrent sur eux-mêmes dès qu'ils approchent ou dépassent l'âge de cent ans après leur naissance... Alors que les Immortels (qui font et sont la Loi du Monde) passent les siècles et les millénaires... Ainsi, certains de nos actuels Immortels ne savent pas s'ils disparaîtront par exemple, en 14337 ou en 17522...

Pour accéder à la caste des Immortels, les postulants, au préalable sélectionnés par des Juges réunis en concile, étaient autorisés à subir une intervention biochimique modifiant leur code génétique. À la suite de cette intervention et selon ce qui avait été décidé par les Juges, les Immortels alors, dépassaient l'âge de cent ans et leur disparition (qui n'était cependant pas programmée) pouvait intervenir aussi bien cent ou deux cents ans plus tard, que mille ou deux mille ans plus tard...

La différence est aussi dans la répartition entre les Mortels et les Immortels : les Mortels constituent environ 90 pour cent de l'ensemble de l'humanité...

Lorsque les Bioscientifiques, il y a de cela plusieurs milliers d'années avaient élaboré, puis généralisé le « Processus » (et donc mis fin au « vieillissement ») l'on ne parlait pas encore de « castes »... Il y avait bien sûr, les Mortels et les Immortels mais du fait de la sélection considérée “juste et normale”, d'assez nombreux Mortels et Immortels disparaissaient en définitive dans un espace de temps aussi grand que celui de plusieurs générations d'anciens mortels d'avant la mise au point du “processus”... Ainsi des Immortels “mouraient” à l'âge de 190 ans, et des Mortels “vivaient” jusqu'à 215 ans, par exemple...

La notion de « caste » n'est intervenue que peu à peu, insensiblement... Jusqu'au moment où l'on s'aperçut que certains scientifiques, écrivains, poètes, artistes, philosophes, hommes politiques d'envergure, intellectuels, chercheurs et savants, médecins de renom, ingénieurs et découvreurs... vivaient bien plus longtemps que les autres humains plus « ordinaires »... Alors on définit nettement la caste des Immortels et la caste des Mortels... De telle sorte que la sélection fut plus “sévère”, que les Immortels “moururent” en général beaucoup plus tard, et que les Mortels n'eurent plus guère de chances de “vivre” au delà de cent ans...

Il y eut ensuite au fil des siècles, à dire vrai en 2 ou 3 siècles seulement, une évolution des valeurs, des modes, des besoins, des aspirations et des projets... Une évolution « déliquescente » et même « vertigineuse » (dans le même genre que le déclin de l'empire romain)...

De nouveaux Immortels apparurent... qui auparavant seraient demeurés de simples Mortels... Des êtres veules, sans consistance, brutaux, jouisseurs, dominateurs mais sans aucune envergure d'esprit ou de coeur...

Et des Mortels par contre, qui auraient du faire partie de la caste des Immortels, telle qu'était à l'origine la caste des Immortels... atteignaient à peine l'âge de cent ans, s'effondrant soudainement sur eux-mêmes... et dont les oeuvres ne furent jamais connues car c'étaient les Nouveaux Immortels, désormais les Maîtres du Monde...

... J'étais devenu en 12997, un Mortel jugé « trop dangereux » parce que susceptible de détrôner par la puissance de mon oeuvre, tous ces Immortels inconsistants ou prédateurs faisant et étant la Loi du Monde... L'on m'accusa d'entraîner les autres Mortels à renverser les Immortels et à faire devenir les Mortels, des Immortels répartis en une seule caste selon leurs différentes dispositions et talents tous aussi nécessaires et utiles ; un grand procès eut lieu et je fus condamné à finir mes jours sur le satellite Ramsès IV...

Mais parmi les Immortels, il en est qui sont mes amis et oeuvrent contre les autres Immortels...

Je pense à ces anciennes civilisations humaines d'il y a plus de dix mille ans, à certains peuples dont les chefs disaient qu'ils étaient des sorciers et se mettaient des plumes de grands oiseaux autour de leur cul et de leur tête...

N'importe quel romancier de Science Fiction pourrait faire sur ce sujet, un livre de trois cent pages !

Pour ma part je traite un tel sujet en une seule page, sous la forme que je viens de présenter...

Les détails, le scénario, un plus long récit avec des personnages, des dialogues, des épisodes ou des chapitres, un fil conducteur avec une trame, une intrigue, un déroulement, un suspense, une conclusion ou un dénouement... Oui tout cela, on peut se l'imaginer, se le construire à sa manière, se le représenter et s'en faire une “matière à penser”!

Laissons donc les romanciers faire leur travail, d'autant plus qu'ils sont assez nombreux sur le marché du roman...

Par contre, un écrivain “non romancier” qui se hasarderait en se lançant dans un récit de trois cent pages sur un thème de fiction quel qu'il soit... se perdrait dans un fil qui cesserait au bout de dix pages d'être “conducteur”, son histoire “éclaterait” et il finirait par raconter d'autres histoires...

Mais c'est vrai : beaucoup d'écrivains (la majorité à coup sûr) veulent être des romanciers!

Et c'est la raison pour laquelle il y a tant et tant de “bons livres de bons auteurs” qui sont comme de “beaux meubles de bons ébénistes”... Et de “livres passables ou médiocres d'auteurs ordinaires” qui sont comme des “meubles de contrefaçon d'un fabricant en série”...

mercredi, février 24 2010

Les écrivains "immortalisent" en bien ou en mal

     Lorsqu'un écrivain déja bien connu et lu de son vivant – et qui vraisemblablement sera encore plus connu et lu après sa mort - “enterre” (même très littérairement) dans ses écrits, une ou des personnes en particulier (pour des raisons qui lui paraissent justes et fondées)... Alors c'est pour cette personne là, ou ces personnes là, comme une “immortelle condamnation à mort”...

C'est pourquoi les écrivains déja connus et lus de leur vivant, à un certain moment de leur vie et pour autant qu'il leur vienne un regard qu'auparavant ils n'avaient pas... Devraient peut-être envisager comme un “droit de grâce” qu'ils exerceraient en modifiant leurs écrits au sujet de cette ou de ces personnes là... ou même en retirant de leurs écrits ces lignes qui identifient ces personnes et les accusent... Commuant ainsi une “condamnation à mort immortalisée” en “indifférence et oubli” à perpétuité”...

Bien entendu si un regard “différent” ne vient pas (et ne saurait venir -et pour cause-) alors ce qui est écrit le demeure à jamais... et “l'immortelle condamnation à mort” devient effective...

Les écrivains “immortalisent” parfois dans leurs écrits sous forme de mémoires ou de récits ou d'anecdotes, des personnages qu'ils ont connu ou fréquentés, qu'ils ont aimés ou détestés... Mais ils devraient “immortaliser” de la même manière que les artistes peintres “immortalisent” des visages... Ou à la rigueur, “immortaliser” comme le feraient de très bons caricaturistes...

Cependant, il y a dans une “immortelle condamnation à mort”... de l'immortel tout de même!

Alors que dans une “ indifférence ou un oubli à perpétuité” il n' y a pas d'accession à l'immortalité.

À noter que la même personne “enterrée” (d'une manière très littéraire “ne faisant pas dans la dentelle”)... peut être “immortalisée” par un autre écrivain qui lui, n'a pas du tout le même regard ni le même vécu, en ce qui concerne cette personne... Ou qu'une “accession à l'immortalité” relève par les mots de l'autre écrivain, cette personne, de “l'indifférence ou de l'oubli à perpétuité”...

mercredi, février 3 2010

Le maillon dans la chaîne

     Mon “moralomètre” - je l'avais déjà évoqué – variait selon le sens de la courbe de la Bourse...

En hausse cette courbe, et je fulminais et tempêtais ; en baisse cette même courbe, et je me réjouissais...

Une autre courbe influe également – et avec le même impact – sur mon “moralomètre”... C'est celle de la cote d'Obama...

En hausse cette courbe, et je me réjouis ; en baisse cette même courbe, et je fulmine...

Que la Bourse “monte” et en même temps, que la courbe de la cote d'Obama s'infléchisse... Alors la colonne de mercure dans le “moralomètre” se contracte d'autant plus...

Ce type, Obama, avec sur cette planète quelques uns de ses semblables “petits et humbles” ou “célèbres et puissants” représente à mon sens un “maillon de la chaîne”... Le “maillon” à partir du quel la chaîne, l'autre partie de la chaîne qui suit, sera peu à peu d'une texture ou d'une composition différente de la partie de la chaîne qui précède...

Je ne dis pas cependant que la chaîne sera forcément d'une meilleure qualité, au delà du “maillon”, mais elle sera je le pressens, moins exposée à la “marque”, la marque de l'obscurantisme et de “l'inhumanité”, une sorte de “rouille”...

Ce “maillon” de la chaîne, bon nombre d'humains sur cette planète – tout aussi “petits et grands”- que les semblables d'Obama, voudraient le voir “sauter” et remplacé par un “maillon de série courante”... Aussi, ces si nombreux – trop nombreux- “petits et grands”, tirent-ils de toutes leurs forces sur la chaîne, du côté où la chaîne a toujours la même consistance, la même texture, la même composition...

Il faut croire que tous ces “petits et grands”, aspirant à voir sauter le “maillon”, ne manquent pas en leurs rangs, de ces “mécaniciens”disposés à remettre en place un “maillon de série courante”... Car sans “maillon” bien sûr, la chaîne serait rompue et il faut à tout prix, à n'importe quel prix, que la chaîne soit continue, sans extrémité si possible devant soi et toujours bien tendue... d'obscurantisme et d'inhumanité au seul profit de ces “petits et grands” qui, tirant sur la chaîne, aspirent à une position plus avancée dans le rang... Car l'obscurantisme et l'inhumanité sans cesse tirées dans le sens qui “arrange” sont les meilleurs moteurs pour les uns, de l'avancée dans le rang tout au long de la chaîne...

Ce n'est point qu'ils n'aient “rien compris” - en fait ils ont bien et même très bien compris – ceux qui voudraient voir sauter le “maillon” Obama... Mais ils ne peuvent se faire à l'idée de cette chaîne qui, au delà du “maillon”, serait moins exposée à la “marque” d'inhumanité et d'obscurantisme, cette “marque” qui les conforte dans la vision qu'ils ont du monde, et dans les privilèges et dans les pouvoirs qu'ils en tirent.

Il en vient sans cesse tout au long de la chaîne, de ces “maillons de série nouvelle” qui seraient ceux annonçant que la chaîne, au delà, deviendrait moins exposée à la “marque” de l'usure ambiante.

Mais ces “maillons” là ne sont que des “maillons” de série courante avec un peu de lumière en fins et minuscules éclats... Il n'y a jamais personne pour faire sauter ces “maillons” là et les remplacer par quelque sorte d'Obama que ce soit... En soi déjà.

samedi, janvier 23 2010

Les enfants adoptés d'Haïti

      Quel radical changement d'environnement et de civilisation, pour ces gosses d'Haïti adoptés par des couples de Français !

Au delà de cette immense joie du premier contact – À l'arrivée en France parce qu'auparavant, les familles Françaises s'étaient déjà pour certaines d'entre elles rendues sur place en Haïti – Au delà du premier contact en France même, donc... Et de la “magie” - pour des gosses de 1 à 6 ans – de “ce monde nouveau” - où tout le monde est forcément et naturellement très gentil, où l'on te fait “des tas de bisous” et où on te donne tout plein de bonnes choses à manger – Oui au delà de tout ce “merveilleux” comme dans un conte de fées... Au delà de ces premières journées dans un cocon familial vertigineux de tendresse, d'affection ; avec un, une, des petits frères et petites soeurs tout emplis d'adorables attentions... Oui au delà de tout cela... Il y aura l'école, la cour de récréation, les nouveaux petits copains de la grande diversité humaine d'origines, de pays et de cultures... et de religions... Et surtout, surtout... Les grands supermarchés, les lumières aux couleurs vives et éblouissantes partout, les scooters et les motos et les voitures partout dans la ville et en aussi grand nombre que des fourmis autour d'une fourmilière, les saisons qui ne ne sont plus les mêmes que “là-bas” avec ces jours longs quand il fait très chaud et courts quand il fait froid... Et toutes ces belles et grandes maisons, une chambre pour chaque enfant ou presque... L'eau qu'on n'essaye pas de récupérer quand elle file par le trou du lavabo...

Et à quand le premier anniversaire au Mac Donald, la console vidéo, le téléphone portable avec photo et internet, le home cinéma, les leçons de flûte traversière, ou de judo ou de tennis, les jeux sur internet et le blog pour causer aux copains ? Et le scooter à 16 ans, le permis de conduire à 18, les études universitaires, le pacs avec la copine et l'appart' au frais des “vieux” ?

Et à quand, à quand... Un “Yugcib” Haïtien, enfant adopté, “beau et calé comme un Obama” dans les années 40 du vingt-et-un-ième siècle... Qui fera un site dix fois plus cosmique que celui du premier “Yugcib” des années 10 du vingt-et-un-ième siècle ?

 

... La première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que ces gosses là, qui ont déjà un peu grandi dans un environnement géographique, culturel, social, économique aussi différent de celui de nos sociétés riches et modernes et pourvues de confort - mais aussi de toutes ces valeurs et repères et modes de vie qui en découlent- ces gosses là donc, vont se sentir "absorbés" par ce monde nouveau qui est le nôtre - et pas forcément l'un des meilleurs qui soient -

... Oh, certes, la plupart d'entre eux vont s'y faire, à ce monde, et même s'y mouler, en prendre ce qui les intéressera (le bon comme le mauvais)...

Mais il eût mieux valu à mon sens qu'ils puissent demeurer auprès de leurs vrais parents (biologiques et donc naturels)... Et que les familles Françaises en quelque sorte, fassent de ce pays, Haïti, et des familles et de leurs gosses, "comme une sorte de second pays à vivre", où elles auraient passé leurs vacances, séjourné régulièrement, vécu auprès des familles Haïtiennes, et apporté tout leur amour, leur aide (aide financière et autre)...

Il est vrai cependant que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a tout changé dans ce pays déjà abandonné et meurtri... Tout changé en ce sens que désormais il n'y a plus d'abri, plus de ressources, que les familles sont endeuillées ou mutilées, et qu'il faut bien dans l'urgence transformer ce pays en camp de réfugiés à ciel ouvert, avant de le reconstruire – ce qui prendra du temps -

... Dans un “second pays à vivre” qui eût été Haïti, et où les enfants seraient demeurés auprès de leurs parents biologiques dans des liens très étroits avec des familles Françaises... La situation familiale (familles reliées) aurait été la même au moment et après la catastrophe, que lors d'un tremblement de terre survenu dans une région Française où aurait vécu la moitié d'une famille dans la région dévastée, et l'autre moitié dans une autre région... Et forcément dans une situation aussi dramatique qui est celle d'une catastrophe naturelle, un courant de communication et une chaîne de solidarités se mettent en place en mobilisant toutes les énergies disponibles... En particulier la générosité et l'affection, au delà de l'aide matérielle et des secours.

lundi, janvier 18 2010

"Possibilité d'une île"... Ou d'un autre monde ?

... Je pense qu'il y a parfois une ambiguité entre d'une part : aide humanitaire, politique, économique, technologique, intervention dans un pays ravagé par une guerre, des conflits ou par une catastrophe naturelle... Et d'autre part : une forme d'ingérence ou de colonisation (une sorte de colonisation consistant à "remettre en valeur" le pays en question - mais au mieux des intérêts du ou des pays intervenants ou au profit de grandes puissances économiques et financières -)

C'est cette ambiguité qui me gêne, en quelque sorte : l'on voit bien où, finalement, cela mène !

Autrement que la "possibilité d'une île" ("cette" possibilité là - que je déplore- celle de l'ingérence et de la "mise en valeur" à des fins de profit et d'intérêts économiques ou stratégiques) je souhaiterais la "possibilité d'un autre monde", un monde qui aurait enfin compris où était vraiment son intérêt...

... Tous ces avions cargo aux dimensions d'immeubles de quatre étages, venus des Etats Unis d'Amérique et chargés de tous ces matériels, de ces tonnes de produits alimentaires et de tous ces engins mécaniques, de ces équipements et structures médicales, et encore ces milliers de soldats et de personnels d'aide humanitaire débarqués, sur l'aéroport de Port au Prince... Cela est tout à fait impressionnant en comparaison de tout ce qui vient d'ailleurs dans le monde...

Mais bon... Ce sont les Etats Unis d'Amérique de Barak Obama.. Alors...

L'Amérique de George Bush en aurait fait autant... Tout est démesuré dans ce pays, le pire comme le meilleur, l'obscurantisme et la religion comme la science et la technologie, les émotions, les sentiments, la misère et la pauvreté comme la richesse, la terre à perte de vue, les montagnes, le ciel, les ranches, les routes et les voies ferrées, les camions...

La démesure en toutes choses me ferait presque peur par ses violences et par ce qu'il y a de dangereux en elle... Mais je la souhaiterais presque “contagieuse” pour le monde – et elle commence à l'être – alors je sais aussi qu'elle porte en elle cet “autre monde” comme une houle encore dans les abîmes profonds mais qui déjà gronde et roule... Un jour viendra où la houle évacuera les crasses qui ont dominé le “monde-îles”...

Le monde tel qu'il est ne me fait pas peur, du moins pas peur dans l'équilibre même si fragile dans lequel il parvient à tenir... C'est seulement la crasse, la toute puissance de la crasse qui peut me faire peur – lorsque la crasse écrase et asphyxie- alors il me vient des doutes, des rêves mauvais, des colères, des larmes...

La terre tremblera encore et encore... L'ennemour imitera l'amour encore et encore... La haine sera, et la richesse puera encore et encore... Mais le “monde-îles” deviendra le monde. Ce ne sera ni pire ni meilleur, ce sera différent comme des paysages sont différents...

vendredi, janvier 15 2010

Une terre brisée

     Haïti, une terre éclatée comme la peau craquelée d'un poulet trop cuit... Un poulet si décharné, que les os pulvérisés ont jailli en fumée de poussière grise par les déchirures brûlantes de la peau... Et tout à côté, Saint Domingue, une peau dorée de canard gras qui fond sous le palais entre les dents de gens venus des pays riches et voyageant en avion, hôtels et autocars de luxe...

Haïti... La “colère de Dieu”, la “malédiction”... Pour la religion... Mais peut-être, peut-être oui, une “conscience du monde” devant l'ampleur d'une catastrophe naturelle pouvant aussi se produire ailleurs à tout moment...

Honte à Bonaparte d'avoir rétabli l'esclavage en Haïti en 1801 ! Honte à tous ces dictateurs qui se sont succédés depuis la proclamation d'indépendance en 1804 ! Honte à toutes ces bourgeoisies Blanches, Noires et Mulâtres, propriétaires et affairistes qui ont saigné ce pays durant deux siècles, associées à toutes les mafias des Caraïbes, d'Amérique et d'ailleurs...

Plus un pays est pauvre, et plus il remplit les poches d'une minorité dominante...

Oui, il faut reconsruire Haïti... Avec tout ce que la conscience du monde mobilisera dans tous les domaines : économiques, politiques, sociaux, aide humanitaire, technologies...

De toute manière les humains que nous sommes n'ont qu'une seule alternative : si la Terre ne se casse pas toute entière, si l'humanité ne meurt pas toute entière... Ils doivent nécessairement reconstruire, refaire...

De la plupart des citoyens du monde, seuls peuvent se rendre sur les lieux des catastrophes naturelles, les personnes qui ont les compétences, du métier, du savoir-faire et des équipements, ainsi que les médecins et professionnels de la santé, de la sécurité civile... On voit mal en effet des milliers de gens affluer en même temps pour ne proposer que leur bonne volonté... Mais ce que chaque citoyen du monde peut faire, pauvre ou riche, c'est donner ce qu'il peut, en argent ou produits alimentaires, médicaments ou matériaux, le plus rapidement possible... et ensuite de prévoir un pour cent de l'ensemble de ses revenus mensuels ou annuels, afin de constituer un fonds de secours, en vue des catastrophes à venir...

jeudi, janvier 14 2010

La France ailleurs, et l'ailleurs en France

     J'avance une idée selon laquelle il y aurait une différence fondamentale entre les communautés Françaises établies à l'étranger et particulièrement hors d'Europe d'une part, et les communautés étrangères établies en France d'autre part...

Non pas que les communautés étrangères établies en France aient plus de difficultés qu'ailleurs à se faire accepter et reconnaître – quoique parfois elles aient réellement ces difficultés – mais elles subissent peut-être plus que dans bien d'autres pays, la pression d'une pensée et d'une culture, de traditions et de repères, d'une histoire sociale ayant tendance à “se mettre en avant”, à s'extravertir... Et par là même à “marginaliser” sinon à isoler chacune de ces communautés étrangères... Il y a aussi en France, le sentiment général d'une diversité perdue de vue, et d'autant plus perdue de vue alors que la diversité s'est accrue...

Les communautés Françaises établies à l'étranger ont forcément dû se fondre dans une diversité que les autres pays ont intégrée dans leurs institutions, leur histoire souvent récente, et une culture sans doute plus introvertie mais aussi plus “exportatrice sans excès d'intellectualisme porté en étendard”... Voilà donc la différence : d'un côté une pensée “mise en avant” mais figée ou évoluant lentement, et de l'autre une pensée “en marche” que la diversité fait à présent “pédaler”...

L'on entend souvent dire de Français revenus de pays étrangers et particulièrement hors de l'Europe de l'euro... “que ce n'est pas la même vie là-bas”... Avec une “pointe de nostalgie” en pensant au pays quitté... Autant dire que le retour en France est ressenti “un peu difficile”...

Certes, bon nombre d'étrangers “aiment” la France et sont heureux d'y vivre... Pour autant qu'ils y aient un métier, un travail, des revenus suffisants et quelques relations... Ces étrangers là n'ont pas “plié” leur coeur et leur esprit sous la pression d'une pensée se proclamant universaliste... En fait ils ont aimé le “bien vivre tel qu'il se vit en France”...

Il est – peut-être – plus heureux , de “plier” son coeur et son esprit, et de vivre avec une pensée “en marche” – sans s'y sentir forcé – en Amérique, en Australie ou en Russie ou en Afrique...

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