Le Blog du Merdier

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Nouvelles Histoires Yugcibiennes

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mardi, décembre 5 2017

Petite histoire en rapport avec l'humour

... C'est Hilary Astrix, un grand comique, et en même temps un géographe explorateur participant à une expédition dans l'espace vers une planète lointaine...

Sur la planète Betah 2 où Hilary Astrix betahit avec ses compagnons d'expédition, les Betahiens n'entendant point le langage des Terriens, perçurent et comprirent cependant, l'humour dont Hilary Astrix se départit en face de l'une de leurs assemblées...

Les compagnons d'expédition de Hilary Astrix, quant à eux, ne réagirent point car cet humour là, si "Hilary-Astrixien" dans son genre, leur était totalement étranger...

Avait-il donc inventé, Hilary Astrix, une nouvelle forme d'humour, étrangère à la société des Humains (mais audible aux Bétahiens) ? ...

Il lui fallut désormais trouver le moyen de sortir de cette sorte de quarantaine dans laquelle ses compagnons d'expédition l'avaient consigné parce qu'ils n'avaient rien compris à son humour... En optant pour une forme d'humour censée être aussi bien perçue par ses semblables que par les Betahiens...

Mais l'exercice s'avérant difficile, Hilary Astrix ne put se départir d'un humour qui eût pu être aussi bien perçu et compris autant chez les Humains que chez les Betahiens... Et tous ces Betahiens qui avaient accueilli Hilary Astrix avec tant de battements d'oreilles, se détournèrent et s'enfuirent...

Hilary Astrix découvrit alors qu'il n'était pas un grand comique, parce que ses semblables à peine souriaient, parce que les Betahiens s'étaient enfuis... qui pourtant lors de l'arrivée d'Hilary Astrix avaient ri...

... L'humour, mais aussi la culture, la musique, le langage... Là où ils s'affirment, se définissent "universalistes"... ou tout au moins, ici et là, pareillement audibles... c'est de l'imposture...

Très belle -et "noble"- idée, que celle de l'universalisme, du "plaire autant ici que là"... Mais quelle imposture de vouloir faire de cette idée, la "possibilité d'une île enchantée"... Quelle imposture, oui, dont on voit ce qu'elle produit, cette imposture, de haines et de violences, et de clivages et de radicalismes...

Quand un chien et un chat ne peuvent s'entendre ils se menacent un moment l'un en face de l'autre puis ils s'éloignent l'un de l'autre... Mais ils ne se font pas, comme les humains, des pantomines entre eux, qui finalement cristalisent les désaccords...


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jeudi, septembre 24 2015

Isabelle et Yves, et leurs voisins Sophie et Claude

Isabelle et Yves, et leurs voisins Sophie et Claude

Nouvelle histoire Yugcibienne :

La maison dans le lotissement Les Alouettes, de Sophie et de Claude et de leur quatre filles âgées de 11, 9, 6 et 3 ans, était en vente...

Leurs voisins, Yves et sa femme Isabelle, venaient tout juste en ce début d’hiver semblable à tous les débuts d’hiver, de regagner les Alouettes. Yves et Isabelle revenaient du pays d'Yves où ils avaient séjourné depuis le milieu de l’été.

Ce matin là, ce matin gris de début d’hiver, Yves en ouvrant les volets de la porte donnant sur le jardin, vit la maison de ses voisins. Le chien Rampono, un berger noir et feu, aboya et galopa le long de la clôture… Mais la grande fille, Christine, n’ouvrit pas la fenêtre de sa chambre, et le chien aboyait sans relâche. L’on ne voyait plus comme d’habitude, les deux voitures du couple, stationnées devant la terrasse de leur maison. Et le cabanon, au fond du jardin, semblait sens dessus dessous, encombré d’objets ménagers et de matériaux divers.

C’était un matin d’école… Une voiture passa le portail d’entrée de la maison de Sophie et Claude, s’engagea sur la route et, dans cette voiture, Sophie fit un grand bonjour de la main à Yves, qui ne vit qu’une seule des quatre filles dans la voiture, et le sourire de Sophie en réponse à son salut.

« C’est vrai », se dit Yves, « après une absence de quatre mois, on ne sait pas ce qui s’est passé dans la vie des gens, et ça fait drôle tout de même »…

Yves observa encore un moment la maison de Sophie et de Claude, puis les alentours, le terrain qui, visiblement, n’avait pas été entretenu, jonché de caisses en plastique, de jouets d’enfant et de vélos rouillés, et le chien effectuant des rondes… Cette maison était un peu « tarabiscotée »… Yves jusqu’à ce matin là, le savait bien, mais ne s’en était pas vraiment rendu compte. Sophie et Claude avaient acheté cette maison six ans auparavant, en l’état où elle se trouvait alors, soit emplie du mobilier de l’ancien propriétaire et même de tout ce que ce dernier y avait abandonné pêle-mêle, dans un désordre et une crasse indéfinissables. Il leur avait fallu trois mois, à Sophie et à Claude, pour vider la maison, refaire les tapisseries et les peintures, puis entreprendre des travaux d’agrandissement, ouvrir de nouvelles fenêtres, nettoyer le terrain envahi de ronces où poussaient des arbres fous… Aujourd’hui encore, sur la façade, du côté de la route longeant le lotissement, l’on remarquait ces pans de murs non crépis, briques apparentes, et ces volets à la peinture noire ancienne et écaillée, dont plusieurs lamelles de bois étaient disjointes.

Dans le temps des rires et des cris, des jeux et des galopades des enfants, des deux chats qui se poursuivaient, des barbecues de juillet, de la musique « à fond la caisse » jaillie de la chambre de Christine, la grande fille, et du bricolage en plein air de Claude, cette maison avait comme un air de fête, un air de conviviale atmosphère, un air qu’il faisait bon de se prendre dans « son monde à soi »… et qui « rassurait », réconfortait… D’autant plus qu’il y avait, les jours de vacances, les samedis, les dimanches, les jours d’été, ces « petites conversations »  de voisinage, et parfois quelques « confidences », à dire vrai, quelques petits morceaux de leur vie à eux, de leurs familles respectives, de leurs soucis, de leurs projets…

Et ce matin là, ce matin du lendemain du retour du pays d'Yves, après le sourire de Sophie au volant de sa voiture, Yves eut ce souvenir, le tout premier, peut-être le plus émouvant : celui de cette barquette de cerises donnée par Isabelle, par-dessus la clôture mangée par une haute haie, à Sophie dont la tache brune sur son cou battait au rythme de sa respiration… Le  passage de la barquette n’était pas aisé, entre les branches de ces arbres fous qui, par la suite, ont été sciés. C’était au premier printemps, celui de la nouvelle vie de ces gens qui s’étaient installés depuis le dernier Noël. Et le cerisier n’avait jamais autant donné !

Comment ne pas se souvenir du sourire de cette jeune femme, de son visage à ce moment là, de l’émotion qui paraissait, comment oublier la joie de la troisième fille, sautant sur ses petites jambes…

« Il a dû se passer quelque chose dans cette maison, durant notre absence de quatre mois », se dit alors Yves… « On ne voit plus la voiture de Claude, et les filles ne sont pas toutes là ensemble ! »

« Claude serait-il tombé malade ou bien aurait-il eu un accident ?... Mais ça n’explique pas l’absence de deux des filles »… « Et le visage de Sophie dans la voiture tout à l’heure paraissait accueillant »…

Les autres voisins d'Yves et d’Isabelle, deux dames seules qui ne quittaient jamais leur maison, avaient aussi remarqué l’absence de Claude… L’une d’elles, même, avait dit à Isabelle que « les voisins divorçaient », enfin, avait entendu dire qu’ils divorçaient…

Autant qu'Yves pouvait se souvenir, Claude et Sophie formaient ensemble ce que l’on appelle un couple « normal », sans histoire… Claude, salarié dans une entreprise de bâtiment, était un homme sérieux, bien avisé, aux propos modérés, avec lequel il était toujours agréable de parler. Un homme tout à fait sain d’esprit et de cœur… Une vraie famille, quoi ! Un « socle », un repère, une référence, de charmantes demoiselles enjouées, souriantes et bien élevées… Et tous ces animaux de compagnie ! Un lapin noir, un hamster, deux chats, un chien, trois perruches, des poules naines…

A chaque printemps revenu, c’était un enchantement, ce voisinage, les allées et venues de cette jeune femme si agréable qu'était Sophie ; les interminables rondes en vélo, des filles, autour de la maison ; les grands feux de vieilles planches que faisait Claude dans un vieux fût de récupération ; les cocoricos  des poules ; et ces innombrables vêtements féminins séchant au soleil sur les cordes à linge…

Yves aimait bien, lorsqu’il bêchait un coin de son jardin, ou qu’il désherbait, coupait des ronces, s’accompagner de musique par ces samedi et dimanche après midi de printemps. Il mettait son appareil à compact disc « à fond », choisissait toujours des compositions orchestrales « cosmiques » ou des musiques de films célèbres… Et, en été, ostensiblement, il s’asseyait par terre, près de la clôture, dans un coin d’ombre, écrivait dans un carnet…

Sophie, Claude et leurs filles, avaient-ils su qu'Yves avait écrit un livre ? Et que ce livre avait été exposé durant toute une saison à la maison de la presse de la ville ? Yves n’en avait jamais parlé… Ni même de cet entretien qu’il avait eu avec deux jeunes journalistes de France Bleu et de son passage à la télévision au infos régionales.

La musique, en quelque sorte, c’était comme une sorte de lien invisible qu'Yves tentait d'établir entre « son monde à lui » et ce « monde d’eux », le monde de cette famille qu’en son cœur et en son esprit il chérissait… Et c’est vrai que ces visages féminins, cette animation, ces cris et ces rires d’enfants, étaient « magiques »… Ils étaient, dans l’esprit d'Yves, le « vrai monde », le monde sûr, le monde « oasis »…

Mais Isabelle semblait avoir une perception plus « mesurée » de ce « monde » : elle avait été comme on dit, « échaudée » par le passé, et le souvenir d’amitiés brisées était encore trop présent à son esprit. Aussi n’envisageait-elle pas, sans doute, avec ces voisins comme avec d’autres personnes, de relation plus « intime » ou plus profonde… Isabelle et Yves n’avaient donc avec leurs voisins que de « petites conversations ».

Le cerisier n’a pas eu le même rendement, en d’autres années… Et même, au printemps dernier, alors que les volets de la maison d'Yves et d’Isabelle étaient fermés pour cause de voyage, ce sont les oiseaux qui ont mangé les cerises…

C’est Sophie elle-même qui, le lendemain matin, un jeudi, son jour de congé, informa Isabelle…

« Vous n’avez pas vu le panneau que j’ai affiché devant la maison ? Il va y avoir du changement ! Nous partons, nous vendons la maison… Claude est parti… »

Parti… Parti depuis la fin de l’été dernier…

Ainsi c’est vrai : ils divorcent. Ils se séparent. La communauté est rompue. La maison, achetée avec un prêt immobilier il y a de cela six ans, va être vendue, achetée par d’autres gens…

Outre le bouleversement affectif, pour les enfants, la famille, outre le séisme de cette rupture brutale, c’est aussi, financièrement, une très mauvaise affaire. Il faudra sur le produit de la vente de la maison, rembourser les annuités du prêt, et ensuite, avec le peu d’argent restant, chercher pour l’un comme pour l’autre un nouveau logement… Supporter sans doute la charge d’un loyer en ville… Et les enfants, les filles, encore si jeunes !

Il n’y aura plus, au printemps prochain, de rires et de cris d’enfants, ni de feux de planches, et Yves jardinera sans musique. La jolie et affectueuse chatte de Christine ne grimpera plus dans les branches du grand catalpa d'Yves et d’Isabelle…

Ah, la barquette de cerises ! La petite tache brune sur le cou de Sophie, qui battait au rythme de sa respiration !

Chers visages de ce petit bout de vie, six ans...  

Si encore, avant les giboulées de mars, revenait le cri de Léo, le paon de Suzanne, la voisine du bout de l'allée ! Mais non ! Léo a fini sous la dent d’un renard, à la fin de l’été…

Certes, Yves aurait bien, durant ces années de Sophie et de Claude, tenté le grand sourire, le regard total, la grande invitation… S’il n’avait tenu qu’à lui seul, il aurait conçu, à sa façon, ce « pont » entre les deux mondes… Et s’il y avait eu ce « pont » entre les deux mondes, peut-être que ce qu’il y avait dans l’esprit et dans le cœur d'Yves aurait éloigné la possibilité d’une fracture…

Cette fracture relationnelle entre deux êtres, était-elle inéluctable ?

Nos vies sont fragiles, et nous nous croyons parfois des géants très forts, mais nos œuvres, nos dires et nos rêves sont comme des traces de pas sur le sable…

Cela ne suffit pas, d’avoir « un cœur grand comme un cosmos », d’être poète, artiste, écrivain, amoureux de visages… Et d'exprimer à sa façon, « quelque chose qui peut empêcher les fractures de s'ouvrir »...

… Les « fractures »... se font... Les vies, les relations, sont fragiles... aussi fortes qu'elles nous paraissent, aussi « de longue date » qu'elles soient... Elles sont en vérité, sans cesse en jeu...


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mardi, août 4 2015

La vieille dame en fauteuil roulant

      C'était une vieille dame seule, handicapée, sur son fauteuil roulant, à peine âgée de 75 ans, demeurant au Home des Cerisiers, une résidence pour personnes âgées...

Elle se préparait à manger dans son coin cuisine, des repas très simples, passait ses après-midi et ses soirées devant son poste de télévision, ou lisant des revues (Paris Match, Point de vue, Modes et Travaux...)

Jamais elle ne descendait dans la salle commune qui servait de salle à manger et de salon, dans laquelle les autres "pensionnaires" pour la plupart grabataires, se tenaient là, du matin jusqu'au soir... Elle disait qu'elle ne se sentait aucune affinité auprès de toutes ces personnes, n'aimait guère les conversations tournant toujours autour des mêmes sujets "bateau", en particulier sur les "petits et gros bobos" des uns et des autres, les médicaments qu'ils prenaient, ce qu'ils avaient vu hier à la Télé... Elle préférait rester dans son petit logement, et "se débrouiller toute seule"...

Son grand plaisir, c'était de recevoir de temps à autre à intervalles plus ou moins réguliers de quinze jours/trois semaines, son conseiller financier de la Banque Postale qui, jamais comme tous ces autres banquiers et assureurs démarcheurs qu'elle appelait des vautours, ne lui proposait de ces "placements miraculeux" avec écrit tout petit au bas de la troisième page des conditions générales, des choses auxquelles elle ne comprenait rien...

Elle avait avec son conseiller de la Banque Postale, un jeune homme très gentil et très cultivé mais pas fier du tout, de longues conversations plus ou moins "philosophiques" dans lesquelles il était question de relation humaine, par exemple...

Elle sortait toujours, ouvrant les portes d'une petite commode près de son fauteuil roulant, une bouteille d'eau de vie de mirabelle, et en compagnie de son conseiller de la banque postale, "s'en jetait un petit verre sinon deux ou trois"...

Jamais le conseiller de la banque postale n'avait goûté une eau de vie de mirabelle de cette qualité !

Parfois, le conseiller arrivait avec dans sa sacoche, une bouteille de Monbaziliac, ce vin blanc liquoreux qui "plaît tant aux vieilles dames" au point qu'il leur délie la langue et les incite à souscrire le "fameux contrat d'assurance vie", contrat soit dit en passant, "très bien commissionné"...

Mais le conseiller de la banque postale, un jeune homme sérieux et honnête, n'avait, en apportant la bouteille de Monbaziliac, "aucune idée derrière la tête"...

Les confidences "allaient bon train"... ainsi la vieille dame disait-elle en parlant de ses enfants :

"J'ai une fille très gentille qui vient me voir une ou deux fois par semaine, et qui habite à vingt kilomètres d'ici, dans un village. Mais j'ai aussi un fils qui habite à Draguignan dans le Var, qui est dentiste et dont la femme est clerc de notaire, mais mon fils ne vient me voir qu'une fois dans l'année au moment des vacances d'été au mois d'août. Il arrive le matin, ne passe auprès de moi qu'une heure, sa femme ne décroche pas un mot, et ils repartent le soir même dans leur grosse voiture aux vitres teintées bordées de métal argenté... Quant à mes petits enfants, les seuls que j'ai du côté de mon fils et de ma belle fille, je ne les vois jamais, je ne sais même pas à quoi ils ressemblent, n'ayant vu d'eux aucune photo...

... Ce personnage, cette "vieille dame en fauteuil roulant", a réellement existé...

Il fallait voir, lorsqu'elle sortait de sa petite commode-buffet, cette bouteille d'eau de vie de mirabelle, l'air, le "petit air" malicieux, mais si authentique, si sincère, si "parlant", qu'elle avait, en remplissant "à ras bord" les petits verres... que pour sa part, elle buvait "cul sec"! Et pour le Monbaziliac, elle "y crachait pas dessus" non plus ! Elle buvait ça comme si ç'avait été un verre de citronnade !

En dépit de sa solitude, de son handicap, cette femme "avait du caractère" et elle était "une grande âme" ! A la Télé, elle suivait presque essentiellement, des émissions de découverte de la nature, de reportages, et elle lisait des livres...


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Hectorion et Ernestine

      Hectorion Champion et sa femme Ernestine, dans leur Fiat Panda, qui demeurent dans la Meuse, à l'écart d'un village perdu dans la campagne, et qui "ne sont pas bien riches" mais ont cependant "une ambition voyagesque démesurée" de jeunes retraités modestes à mille euro par mois... Décident, juste avant le "rush des grands départs en vacances" de fin juillet, de "passer quelques jours" au Grand Duché du Luxembourg...

Ils ont emporté et rangé dans le coffre de leur Fiat Panda, tout le matériel de camping dont ils ont besoin, une petite tente Queshua, deux sièges pliants (qu'Hectorion appelle des "sissires"), un mini gaz avec deux cartouches de rechange, deux tapis de sol et deux sacs de couchage...

Ils se sont procuré le guide des campings en Europe, et ont repéré un camping "quatre étoiles" en périphérie de Luxembourg.

Après avoir "galéré" avec leur Fiat Panda dans le centre ville de Luxembourg (ils n'ont pas trouvé de place pour se garer bien que tous les parkings et places de stationnement soient payants), ils arrivent au camping vers 18 heures, mais à l'entrée le camping affiche "complet"...

Ils repartent mais pour aller où ? Tous les autres campings dans les environs sont complets.

Dans le moindre village, en fait au Luxembourg même la campagne ressemble partout à une banlieue riche de résidences et de maisons individuelles, Hectorion et Ernestine constatent que, chaque fois qu'ils veulent s'arrêter quelque part, en un lieu leur paraissant être un lieu de halte possible, le stationnement est règlementé, limité, payant, et, de toute manière encore trop proche de quelque habitation...

Ils ont essayé de retirer de l'argent dans un distributeur automatique mais leur carte "Mastercard" du Crédit Mutuel a été refoulée... Ils ne disposent en matière de "liquidités" que d'une cinquantaine d'euros...

Il est 21 heures, bientôt il fera nuit et il faut trouver un endroit pour dormir. L'une des "solutions" qui vient à l'esprit d'Hectorion, c'est de s'engager sur l'autoroute et de se rendre sur une aire de repos et de dormir dans la voiture. Mais pour cela, il faut passer par le péage et prendre un ticket qui coûte une vingtaine d'euro...

En définitive Hectorion décide de poursuivre plus loin, sur une route "un peu moins fréquentée", jusqu'au moment où il pourra trouver un endroit "relativement discret" (un peu à l'écart) afin de passer la nuit dans la Fiat Panda avec Ernestine (mais ça sera dur pour Ernestine qui a mal au dos)...

Enfin vers 23heures, l'endroit est trouvé : c'est ce qui reste d'un ancien chantier du service d'équipement ou de voirie, partiellement entouré de barrières métalliques, et jonché de gravats concassés... Et d'une télé déglinguée abandonnée...

Hectorion et Ernestine s'endorment, assis dans la Fiat, Hectorion la tête sur le volant...

Dans le milieu de la nuit, arrive une voiture de police, un agent tape sur la vitre et demande "que faites vous en cet endroit? Il est interdit de stationner ainsi"...

Un procès verbal est dressé, la Fiat Panda est immobilisée, Hectorion et Ernestine sont invités à quitter les lieux par leurs propres moyens, c'est à dire à pied...

Mais ils sont un peu plus tard, de nouveau interpellés par une autre patrouille de police, lors de la traversée d'un village... Ils expliquent ce qui s'est passé, ils sont conduits jusqu'au poste de police, interrogés... Et pour finir, on leur explique que pour récupérer leur véhicule, revenir chez eux, il leur faudra assumer tous les frais que cela entraînera, et en plus payer une amende...

Ils n'ont que très peu de "liquidités" sur eux (tout juste une cinquantaine d'euro), leur carte Mastercard du Crédit Mutuel "ne veut rien chiquer", ils n'ont ni chéquier ni "traveller's chèque"...

Avec les cinquante euro qu'il leur reste, ils prennent un car de passage qui les transporte jusqu'à Longwy... Où ils errent dans les rues puis se rendent dans un jardin public, s'installent sur un banc... La nuit tombe (nous sommes au soir du lendemain de la journée passée au Grand Duché du Luxembourg).

La nuit étant maintenant tombée depuis deux heures de temps, voilà-t-il pas que s'approchent d'Hectorion et d'Ernestine, trois gaillards d'allure inquiétante.

Le lendemain matin un employé municipal chargé de l'entretien des parcs publics, découvre un homme et une femme gisant le crâne ouvert devant un banc. D'après ce qui ressort des premiers éléments de constat, il s'agit d'une agression, l'homme et la femme ont été violemment frappés à la tête, le portefeuille de l'homme est ouvert près de lui sur le sol, il y a bien sa carte d'identité mais rien d'autre, pas d'argent, pas de carte bleue...

... Le fils d'Hectorion et d'Ernestine Champion, Brice, qui vit à Beijing (Pékin) où il est professeur de Physique au Lycée Français de Beijing, et la compagne de Brice, Gwladys, ne sont prévenus du décès d'Hectorion et d'Ernestine que le surlendemain, dans un palace quatre étoiles des Seychelles où ils sont en vacances pour une semaine... Des Seychelles, Brice et Gwladys avaient prévu ensuite de passer trois semaines aux Caraïbes où ils ont loué un bateau, un petit yacht... Le billet d'avion, des Seychelles jusqu'à Paris, et de Paris juqu'aux Caraïbes, avait été acheté "à l'arrache" sur Internet, sans aucune assurance en cas de "non départ"...

"Bon sang, quelle idée ils ont eu, les vieux, eux qui d'ordinaire ne vont qu'à la campagne et restent en France et ne partent que hors vacances scolaires, d'aller "bailler leur fesses" au Luxembourg en camping! Maintenant ça va être la galère pour trouver un vol pour Paris, pour dès demain voire aujourd'hui même si possible... Et, pour l'annulation de la location du bateau aux Caraïbes, pour le remplacement du vol Seychelles Paris initialement prévu le 25 juillet par un autre vol le 23 ou le 24, bonjour!" ... Gueule comme un putois, Brice, professeur de Physique au Lycée Français de Beijing (Pékin)...


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Célestine

      Madame Basile, Célestine de son prénom, est une vieille, très vieille dame agée de 94 ans, née en 1921 (nous sommes en l'an de grâce 2015)...

Elle ne se déplace plus en dehors de sa petite maison sans étage (et donc sans escalier) ; se transporte comme elle peut, à petits pas traînants, d'une pièce à l'autre, ne pouvant guère lever l'un ou l'autre de ses pieds douloureux et déformés ; sans déambulateur cependant mais avec deux cannes sur lesquelles elle s'appuie, courbée, très courbée...

Trois fois dans la semaine, une jeune femme Roumaine recrutée par une association d'aide aux personnes âgées, vient faire son ménage, ses courses (il y a encore dans le bourg de deux mille habitants, un "Proxi"), la conduit dans sa voiture à la Poste (Banque Postale)...

Il n' y a guère encore si longtemps, Célestine, à peine passé son 90 ème anniversaire, se déplaçait dans le bourg (et même jusqu'à la ville voisine distante de 20 km) dans sa petite voiture, une Peugeot 104... Mais depuis deux ans la Peugeot 104 demeure dans le garage, et de temps à autre, la jeune femme Roumaine l'utilise pour véhiculer Célestine sur de très courtes distances. Il faut en effet, trois coussins superposés sur le siège, deux autres coussins derrière le dos, pour que Célestine puisse supporter en voiture la position assise soumise aux "à coups", aux cahots de la conduite sur une chaussée parfois irrégulière...

Perclue de douleurs, arthrose, rhumatisme, maux de tête incessants, digestion difficile... Célestine depuis deux ans mais surtout depuis l'an dernier, n'est plus du tout la "jeune vieille dame bien pimpante et enjouée et alerte" qu'elle était encore voici trois ans, dans les années 2010/2011... Les conversations, les longues conversations téléphoniques que ses amis et connaissances pouvaient avoir avec elle (Célestine était "intarissable") se sont singulièrement raccourcies...

Elle fait encore elle même sa vaisselle, prépare son petit déjeûner, mais c'est, cela devient "un véritable parcours du combattant"...

Mais elle tient encore debout (pas longtemps mais elle tient), elle n'utilise pas de déambulateur, elle n'est pas sur un fauteuil roulant...

Célestine a un neveu, Jacques, qui est né en 1978, âgé donc, de 37 ans en l'an de grâce 2015... Et qui une fois l'an au moins, lui rend visite durant les vacances d'été.

Ce Jacques est un "farceur dans son genre", souvent inconscient des conséquences de ses frasques, un "rigolo", qui a bien sûr une page Facebook sur laquelle il publie des photos un peu "Olé/Olé" accompagnées de propos assez lestes...

Jacques cependant, est aussi un poète dans son genre qui écrit des textes surréalistes dans une modernité d'actualité et de mode, et qui a même publié il y a dix ans, un livre de science fiction intitulé "Au pue-haut des Gugnoles Gruses" (un drôle de titre en effet)...

Il avait à l'époque, au moment de la parution de son livre par les Editions Amalthée, dédicacé et offert à Célestine un exemplaire de son livre.

Célestine en fait n'a jamais lu ce livre... En revanche elle a lu et relu "de fond en comble" tout Harry Potter...

Jacques en ce début d'été 2015, décide de "faire un cadeau", un beau cadeau, à Célestine pour son anniversaire le 20 juillet...

Il consulte des sites de ventes de chiens, de "petits toutous exotiques", et commande sur Internet un caniche nain tout blanc tout frisé tout guilleret tout juste sevré âgé d'à peine deux mois...

Le chien est expédié par le train depuis Hellesmes-Lille dans une cage d'un mètre sur un mètre, bourrée de paille. Et c'est un facteur du centre courrier voisin qui vient déposer la cage devant la maison de Célestine.

En principe, durant le trajet en train, ce "colis" avec mention "animal vivant" a fait l'objet d'attentions et de soins particuliers, le chien a été nourri, désaltéré...

Le facteur a sonné, puis toqué à la porte de Célestine, mais Célestine sans doute occupée dans sa salle de bains ou encore couchée dans son lit, tous les volets fermés (il fait déjà à 9h du matin plus de 30 degrés à l'ombre), n'a pas réagi...

Après trois ou quatre essais infructueux de sonnette et de tambourinement sur la porte, le facteur dépose finalement le colis, à ce moment là en plein soleil sur la petite terrasse surélevée devant la porte d'entrée...

Ce n'est que vers trois heures de l'après midi, lorsque la jeune femme Roumaine arrive pour faire le ménage (jamais avant trois heures parce que Célestine fait sa sieste) que l'on découvre enfin le colis contenant le petit caniche blanc étendu sur le flanc et respirant avec peine, la langue pendante et immobile...

Sur le colis, il y a une carte d'anniversaire dans une enveloppe, accompagnée d'une rose en papier fixée entre deux barreaux de la cage.

La paille est maculée de déjections essentiellement liquides et la jolie robe blanche du caniche n'est plus "très présentable"...

"Bon anniversaire chère Célestine, tous mes voeux de bonheur et de santé pour cette 95ème année de ta vie qui je l'espère te fera faire un pas de plus vers tes cent ans ; et puisse ce petit toutou exotique meubler ta solitude tout au long des journées que tu passes sans plus voir si dehors il fait froid ou chaud, s'il y a du soleil ou de la pluie" [Jacques]... Voilà ce qu'il y avait d'écrit sur la carte...

"Mais, mon dieu, qu'est-ce que je vais faire de ce petit toutou ?" s'exclame la pauvre Célestine, complètement médusée et au bord de la crise cardiaque, à la vue de ce malheureux chien tout souffreteux !

C'est alors que la jeune femme Roumaine offre de reprendre le petit chien chez elle...

"Seulement mon mari il va pas être très content", dit la jeune femme... "mais ça fait rien, si vous voulez bien, madame Célestine, je le prends quand même."

... Un mois plus tard, Célestine demande des nouvelles du chien...

Il a été vendu à un laboratoire d'expérimentation de nouveaux médicaments, enfin, plus exactement à la sous-filiale d'un très grand laboratoire de renommée mondiale, basée en Corée du Sud.

L'on imagine le "destin" du petit chien : déclaré après de multiples "expériences", inexploitable, il est vendu à une ferme d'élevage de crocodiles au Viet nam, jeté vivant et dévoré par un jeune crocodile dont la peau servira à la confection de sacs à main pour dames et... Transexuels au "look d'enfer"...

Jacques, qui se doutait bien que Célestine ne garderait pas le chien et que sans doute la jeune Roumaine s'offrirait pour le reprendre (et dont le mari vendrait par la suite le chien) ; se mettra à suivre par recherche sur internet, le "tracing" c'est à dire les différentes et successives étapes du "tracing"... En effet, dans la "culture de la consommation de masse" tous produits confondus, il est désormais possible -et avéré- d'avoir accès à l' "historique détaillé" de tel ou tel produit...

C'est ainsi que Jacques parviendra à identifier le crocodile de la ferme d'élevage au Viet nam (entreprise mondialisée aux produits traçables) qui a "bouffé" le chien et dont la peau a servi à fabriquer le sac à main pour dame... Sac à main que Jacques a prévu d'offrir à Célestine, sa vieille tante, pour son 96ème anniversaire l'année prochaine le 20 juillet 2016... Un sac à main ainsi d'ailleurs que bon nombre d'objets personnels et valeurs mobilières dont Jacques héritera de sa tante après son décès... avant que sa tante ne devienne centenaire...


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jeudi, juin 25 2015

Hâmimoune et Pèplê (petit conte Yugcibien)

      C'est Hâmimoune, un Soudanais de 30 ans, débarqué à Lampeduza...

Il traverse toute l'Italie à pied et il arrive dans le sud de la France à la périphérie d'une ville importante où l'on construit une nouvelle grande surface commerciale... Il se présente sur un chantier d' EFIBAT qui emploie en majorité des travailleurs venus de pays de l'Europe de l'Est logés dans des Algéco... Ces travailleurs dont certains sont des ouvriers qualifiés sont tous payés au salaire minimum Français mais coûtent moins cher à EFIBAT du fait que les "charges sociales, assurances etc." sont celles appliquées par le pays d'origine (la Slovaquie, la Pologne, l'Ukraine, la Roumanie...)

Il y a cependant parmi tous ces travailleurs, des "clandestins", des "non déclarés" -qui ne sont pas tous forcément des "étrangers", et qui eux, ont accepté des conditions de rémunération on va dire "plus avantageuses" pour EFIBAT, mais qui néanmoins satisfont dans une certaine mesure ces "non déclarés" qui, pour des raisons "personnelles" ont préféré être employés et rétribués dans ces "conditions plus avantageuses" pour EFIBAT...

Arrive, se présente sur le chantier, Hâmimoune, le Soudanais... Et voici ce qu'il dit au chef de chantier :

Tu me loges sous cette tente là bas, tu me mets un lit de camp et tu me donnes un seau pour l'eau que j'irai prendre au robinet là bas ; pour bouffer t'en fais pas, j'irai voir à la roulotte du mec qui vend des hamburgers et j'achèterai du pain, des pommes et des tomates chez l'Arabe de l'autre côté du boulevard. Tu me paies cash sans papier, direct, 150 euro par semaine. Tu vas voir je suis fort comme un boeuf, je suis jamais malade, j'ai toutes mes dents, et je ferai pas d'histoires. Prends-moi...

Le même jour, pratiquement à la même heure que Hâmimoune le Soudanais, arrive sur le chantier d'EFIBAT... Pèplê, un humanoïde venu d'en dessous de l'Antarctique, qui a fui son pays au ciel de terre et de roche, un pays d'en dessous la surface du continent Antarctique, récemment envahi par des requins mutants géants...

Ce pèplê, il a réussi à gagner on ne sait comment, le sud de l'Afrique, il a traversé à pied toute l'Afrique, ne se nourrissant que de racines et d'herbes, d'insectes et de petits animaux...

Cet humanoïde, Pèplê (c'est à la fois son nom et son prénom) est en fait une espèce de chimpanzé plus "intelligent", plus "costaud" que le chimpanzé "normal"... Il ne sait ni lire ni écrire bien sûr (cela va de soi), il est "très primaire" dans ses besoins (il ne risque donc pas de se révéler un jour ou l'autre, un "interlocuteur posant problème")...

Pèplê s'approche du chef de chantier et il dit (en fait il "se fait comprendre" par gestes et par mimiques) :

Tu me donnes la même gamelle que celle de ton chien (il montre le chien, un gros berger allemand dans une petite cour fermée, et qui, la nuit, monte la garde le long de la clôture du chantier), et tu me laisses dormir au milieu des sacs qui sont là bas... Tu vas voir, je suis fort comme un rhinocéros, je suis jamais malade... Mais là bas, d'où je viens, je pouvais plus rester parce que y'a les requins géants qui me boufferaient. Et j'ai traversé l'Afrique mais y'avait des jours où je trouvais pas de racines ni de bêtes à bouffer. Ici, au moins, en voyant ce que vous donnez à vos chiens, on est sûr de pas crever de faim...

Trois mois plus tard, EFIBAT sur la plupart de ses chantiers de grands travaux de construction et de terrassement, "employait" un bon nombre d'autres Pèplê d'en dessous de l'Antarctique, et de moins en moins de Hâmimoune du Soudan... Et encore moins de travailleurs Polonais, Ukrainiens, Roumains, Slovaques... Et presque plus aucun salarié français au SMIC...

... Au départ j'avais imaginé des extraterrestres, enfin une "sous-espèce d'humanoïdes extraterrestres", vivant sur une planète "Psyclô", sous la domination des "Psycloïds", la "race supérieure" de cette planète, intelligente et prédatrice, utilisant les "peploïds" sous-développés pour de durs, épuisants et répétitifs travaux de manutention, nourris avec des bouillies de céréales de piètre qualité, battus, exploités à mort, servant de cobayes pour des expériences médicales ou biologiques, parfois éliminés purement et simplement en masse, du fait de leur prolifération en dépit d'une mortalité pourtant importante... Ces "peploïds" auraient fini par trouver le moyen de s'échapper, de fuir leurs geôliers, et auraient "bricolé" de petits vaisseaux spatiaux de fortune afin de s'aventurer dans l'espace à destination de la Terre, une planète dont ils ont entendu parler par les "Psycloïds", et qui serait "une planète d'accueil" soit disant...

Mais j'imaginais mal, en fait, (pour la crédibilité de l'histoire) que ces êtres si "primitifs", puissent se révéler capables de bricoler des vaisseaux spatiaux de fortune, et de les diriger vers la Terre...

Pour "essayer de faire vrai", j'aurais imaginé si je m'étais tenu à ce scénario, des naufrages dans l'espace, de ces pauvres vaisseaux de fortune bricolés et insuffisamment préparés à affronter les périls de l'espace...

Peut-être -toujours selon mon premier scénario- les fugitifs auraient-ils pu avoir recours à des "passeurs", des "Psycloïds" cherchant "à réaliser un maximum de profit" et ayant eux, conçu les vaisseaux de fortune, de manière à ce que un sur deux en moyenne, de ces vaisseaux, fasse naufrage dans l'espace... moyennant le prix d'une année de travail de ces "peploïds" (pour autant que les malheureux "peploïds" aient pu recevoir quelque très modeste obole en "complément" de la nourriture si pauvre et si abjecte qu'on leur donne une fois par jour)... Avec des "passeurs Psycloïds", l'histoire en effet, aurait été plus "crédible" on va dire...

... A noter l'évolution de l'action EFIBAT (ainsi que l'évolution d'ailleurs, de toutes les autres actions des "géants de la mondialisation") à mesure que toutes ces "grosses boîtes mondialisées" emploient davantage de précaires, de non déclarés, de travailleurs de moins en moins cher... Les actionnaires de toutes ces boîtes perçoivent des dividendes de plus en plus gros, et l'on atteint le maximum lorsque 80 % de la masse qui n'est même plus "salariale" est constitué de Pèplê d'en dessous de l'Antarctique...

... Les "ex nantis" (ceux que l'on disait "être des nantis" parce qu'ils gagnaient au moins 1500 euro par mois, qu'ils ne travaillaient que 35 ou 40 heures par semaine, qu'ils avaient leur retraite à 60 ans, 62/63 à la limite)... Les "ex nantis" furent donc "logés à la même enseigne" désormais, que les "Pèplê"... Et l'on se battait devant le chantier d'EFIBAT pour avoir droit à la même gamelle que celle du chien de garde, et pouvoir coucher sous une espèce de niche géante en toile de cirque...

L'espérance de vie avait beaucoup baissé, il y avait très peu de vieux, et... encore moins de "solidarité" que sous Richelieu, et "encore/encore moins" que du temps des peuples de la fin du Paléolithique...


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dimanche, août 3 2014

Petit conte surréaliste de départ en vacances

     C'est un jeune couple, la trentaine avec leur fils de dix ans, se rendant en vacances quelque part sur la Côte... Ils partent d'une ville du Nord de la France et empruntent l'autoroute durant la quasi totalité du trajet...

Ils arrivent, il ne reste plus devant eux qu'une sorte de très grand, très long boulevard-autoroute menant tout droit à la plage, il y a d'ailleurs un énorme, énorme panneau avec marqué dessus "LA MER"...

Et le Fils de dix ans "plane littéralement" devant la voiture, comme en suspension dans l'air à cinquante centimètres au dessus du bitume, incliné les bras étendus comme un grand oiseau les ailes écartées au maximum...

Et Papa et Maman suivent, dociles, derrière, à moins de 40 à l'heure vu le flot de la circulation ; le Fils "planant" devant eux, heureux et sûr de lui, avançant-volant avec autorité comme s'il était seul au monde, et il devient immense, il prend à lui seul tout l'espace, sa tête atteint le ciel...

Et la voiture est un "souk ambulant", avec trois remorques, un tas d'installations (matériel et équipements de camping, de plage, etc.), la galerie est impressionnante avec des tas de bagages enveloppés dans des toiles en plastique et entourés de cordes, de tendeurs à vélo... Sur le tout sont encore fixés des piquets, un énorme matelas pneumatique en forme de gros crocodile vert, un bateau en caoutchouc...

Et les remorques, de véritables pyramides d'objets hétéroclites, tout un fatras de vacances... Et la troisième remorque est celle de Dada dans sa cahute à dada...

Et, passant sa tête au dehors par la vitre arrière baissée, Toutou, un gros Terre Neuve...

Et Minou dans son panier d'minou, et "Kakahouètajako" le perroquet, et "cui-cui" dans sa cage à zozio, et "Lapinou" dans son sac... Et "plantillon", le petit pot de Maman, qui fait lui aussi partie du Voyage, dont il faut prendre soin, veiller à ce qu'il soit arrosé...

Le grand souci c'est de trouver un emplacement ombragé pour quand on est obligé durant deux heures de laisser Toutou dans la voiture (comme nous sommes début Août, il n'y a de place nulle part pour se garer, une vraie galère...)

... Et... "cerise sur le gâteau" durant le trajet, le long trajet de mille kilomètres à travers la France... à mi parcours, dans une ville au riche passé médiéval... Maman qui a voulu passer par le centre de cette ville afin de visiter le Grand Musée local... Il a fallu trouver 4 places de parking à la file (voiture plus 3 remorques dont la "cahute à Dada") deux heures max de stationnement en bordure de rue pour 4 euro la place)... L'on a consulté la météo, avant, sur smartphone... Et oh miracle, ciel couvert, donc pas de fort ensoleillement ni de grosse chaleur pour Toutou, qui resta dans la voiture le temps de la visite du Musée... et d'une heure en plus de "lèche vitrine" en centre ville... Le Fiston qui a voulu qu'on lui achète un grand arc avec carquois et flèches et cible d'un mètre de diamètre... Et un gros lézard d'Afrique dans sa serre de verre...

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vendredi, février 3 2012

Une drôle de fête de Noël

      La fête de Noël organisée par l'Amicale de la Boîte, battait son plein...

Déjà tous les enfants rassemblés autour des paquets joliment enrubannés, tapaient des mains et des pieds, criaient, s'agitaient, s'enthousiasmaient, s'impatientaient...

L'on n'attendait plus que le Père Noël qui allait on l'espérait bien, entrer en scène d'une minute à l'autre.

Pour la troisième fois l'un des assistants du Président de l'Amicale repassait en poussant le son "Petit papa Noël" de Tino Rossi...

Les mamans minaudaient et se congratulaient, les papas levaient leur verre ; les notables confortablement installés autour de la grande table recouverte d'un tapis vert au fond de la salle, souriaient, béats, et leurs joues grasses et couperousées, leurs triples mentons, leur donnaient cet air bon enfant qu'ils arborent tout naturellement lors des festivités d'associations et d'amicales...

L'on apporta les gâteaux, les petits fours salés et sucrés, les mini-pizzas et les sandwiches, que l'on répartit avec des rangées de verres et de bouteilles sur les tables formant dans la salle un grand U.

L'on déboucha les bouteilles, faisant bruyamment sauter les bouchons de Champi et de vins mousseux...

Une guirlande électrique s'enflamma tout à coup sur le sapin, il y eut un instant de panique mais le Président habilement, maîtrisa le sinistre.

L'attente se prolongeait, les enfants piétinaient et chahutaient, l'on emplissait les verres, quelques papas "un peu éméchés déjà" tenaient des propos égrillards ; les notables, visiblement crispés, jetaient un coup d'oeil à leur montre ; le grand patron de la Boîte se levait sans repousser sa chaise, évacuant d'un revers de main quelques miettes sur son gilet, puis s'excusait auprès du Président, de son brusque départ, déclarant qu'il avait un rendez vous d'affaires important à deux cents kilomètres de là et craignant le verglas sur la route...

Enfin le Père Noël fit son apparition...

Il surgit tout en haut des escaliers, derrière la cime du sapin.

Mais tous les visages blêmirent et se figèrent d'effroi car le Père Noël brandissait une tronçonneuse qu'il mit en marche et agita devant lui...

Avec sa barbe toute ruisselante de sang, ses yeux noirs et brillants qui lançaient des éclairs, son rire sardonique et sa démarche menaçante, il sema une grande terreur dans l'assistance.

Les enfants se mirent à courir en tous sens, les mamans poussèrent des cris aigus, une panique monstre s'ensuivit...

D'un coup de pied rageur, le Père Noël disloqua la pile de paquets enrubannés, puis se jeta, la tronçonneuse en avant vers les enfants.

Horreur! La tronçonneuse s'acharna sur les petits dos, sauta d'un petit visage à l'autre, mordant au passage quelques bras et jambes, des flots rouges ruisselèrent le long des vêtements jusqu'au sol ; et dans une bousculade générale, dans un sauve qui peut vers la grande porte, parents, enfants, invités et notables, tous se précipitèrent les uns contre les autres et même se piétinèrent... Un gros type très excité à l'air mauvais, poussa violemment d'un coup de pied une petite fille dont le visage venait d'être écrasé...

Tout à coup, la voix du Président, grave et forte, s'éleva au dessus du tumulte : "écoutez moi tous, il n'y a personne de blessé en réalité, c'est une grosse farce, une affreuse plaisanterie de très mauvais goût, la tronçonneuse est truquée, la chaîne est en caoutchouc et le sang, de l'encre rouge projetée...

Il fallut néanmoins un certain temps pour que l'affolement général cesse... Mais la fête était gâchée, les sandwiches et les gâteaux écrasés, les verres brisés, les jolis paquets éventrés et leur contenu fracassé...

De l'un de ces paquets s'échappait un petit robot noir qui prenait son élan, virait à droite ou à gauche, cliquetant, foudroyant les bouchons de Champi de son rayon bleu vert...

L'on débarrassa, nettoya, et lorsque le Père Noël présenta sa facture TVA comprise, il se vit gratifié illico, de quatre coups de poing en plein visage et repartit en sang...

Une maman arriva tenant par la main son petit bout de chou de trois ans, juste au moment où le Père Noël se faisait durement castagner. Le bambin était tout déconcerté devant le désordre indescriptible qui régnait dans la salle, ouvrait des yeux tout ronds, pleurait parcequ'on battait le Père Noël...

La maman était une très jeune femme, court vêtue, avec de jolies jambes. Quelques messieurs "rassis" ou "crâne d'oeuf", encore présents dans la salle, foudroyèrent de leurs regards, figés de ravissement, cette jolie jeune femme qui portait un manteau chic et court rouge vif...

Personne ne s'intéréssa ni n'accueillit l'enfant qui pleurait et se dirigeait vers le petit robot noir... Quelques uns des messieurs discrètement se touchaient la braguette. Le Président, tout faraud et tout rouge sous sa tonsure à la Lionel Jospin, s'approcha de la jeune femme, prit son air des dimanches et balança quelques flatteries...

Un musicien ambulant, une sorte de clown aussi, se trouvant de passage ce jour là, fut convié par le Président pour relancer la fête...

Et la fête se refit, l'on oublia le Père Noël à la tronçonneuse, les enfants se jetèrent sur les cadeaux...

Le lendemain l'on apprit dans le journal, que le grand patron de la Boîte avait été victime du verglas sur la route, et que le Père Noël s'était pendu dans une grange abandonnée... Et qu'on avait tué avec un jet de gaz paralysant à bout portant à travers la clôture le toutou féroce du gros type qui avait bousculé la fillette...

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jeudi, décembre 15 2011

Il bâtit, bâtit bâtit...

Il bâtit, bâtit bâtit...

Bâtit son nid...

Il a 30 balais...

Un double équateur de bourrelets, déjà, oui, à 30 balais, entre son Sud Fesses-Pattes et son Nord Caisse-Tronche.

Il a signé un prêt bancaire... de 20 berges... presque hésité sur 25.

Mais 5 ans de plus, ça faisait pas le crépi ni la véranda en sus.

20 berges... Il va la payer jusqu'au DEUG de son fiston, sa baraque, s'il a pas fait un infarctus avant...

Quatre fois le prix qu'elle aurait coûté, lotissement " Les Alouettes ", s'il avait pu la bâtir sans signer le prêt... ( en héritant, par exemple )

Il est cadre moyen dans une boîte qui vend et achète, se restructure et fusionne avec une autre boîte.

Sans battre de l'aile, la boîte affiche un bulletin de santé qui laisse présager une restructuration...

Autant dire que, tous diagnostics confondus, même si pour le trimestre à venir la conjoncture est favorable, les directeurs, pressés par leurs cohortes d'actionnaires, vont exiger un dégraissage en matière de coûts salariaux...

Il quitte " Les Alouettes " à 7 plombes du mat', se tape 40 bornes avec sa caisse pour aller bosser et la boîte encore lui demande de crapahuter dans les embouteillages, sur les voies de contournement et dans les dédales des ensembles pavillonnaires de la mégapole voisine, peut-être 100 bornes, autant de rond-points et de feux tricolores, afin de négocier des contrats juteux, de débrouiller des affaires complexes...

Il sera de retour aux " Alouettes " à l'heure du journal télévisé, avec sa Mégane. Vanné, pompé, saturé d'objectifs commerciaux, l'estomac chargé de nourritures bavantes et coulantes ou conditionnées en barquettes ou encore, s'il a pu aller au resto, tout confit d'un plat du jour plantureux ; la tête bouffée par son boulot à la con qui consiste pour l'essentiel à fourguer à des tas de gens des produits et des services superflus.

Les " com ", par les temps qui courent, ça douille pas des masses et ça paie pas le dernier modèle d'ordi ou de camescope haut de gamme..

Il a son samedi... Tout de même !

Mais le samedi, c'est pour les courses, le matin, entre 10 heures 30 et midi, à Carrefour ; et la tondeuse, 1200 mètres carrés, l'après-midi, après la sieste du voisin, de préférence. Et Patrick Sébastien à la Télé, le soir.

Les samedi soir de juin, on se fait un petit barbecue discret/discret, si le vent vient du bon côté...

Les toutous, des gros pour la plupart, des " Je monte-la-garde ", ça aboie fort, aux " Alouettes "... surtout lorsqu'un cycliste inconnu s'égare dans le lotissement.

Dimanche matin... Un gros dodo jusqu'à 10 plombes et plus. Le tiercé, le repas dominical, la sieste, la promenade en bagnole quand il fait beau jusqu'à la petite forêt apprivoisée à 3 kilomètres au delà de la sortie de l'autoroute, ou, quand il pleut, une virée au centre commercial ouvert le dimanche pour voir les beaux canapés, les cuisines intégrées...

Dimanche soir à la télé... Il hésite entre "le diable s'habille en Prada" sur la Une, ou " Les enquêtes de Murdoch" sur la Trois...

Depuis 2 ans qu'il a bâti...bââti-bââti, aux " Alouettes ", il a pas encore fait son crépi. Il est encore tout de briques vêtu et, financièrement, nu comme un ver... Parce que la Mégane en plus des traites de la baraque, il faut la payer... Et l'un dans l'autre, les deux prêts, celui de la baraque et celui de la bagnole, ça fait plus de la moitié de la paye... Largement plus.

A chaque fin de mois, il est raide comme un passe-lacet et doit des sous partout...

Il bâtit, bâtit bâtit...

Bâtit sa vie... de tic et de toc, avec des projets qui ne vont pas plus au Sud que la rive Nord de la Méditérranée, pas plus à l' Ouest que la côte Atlantique ; des projets, des évasions, des étés, des campings et des bungalows, tous reliés par des kilomètres d'asphalte...

Et tous ces arrêts devant les distributeurs automatiques de billets.

Il bâtit, bâtit bâtit...

Bâtit son nid...

De tout ce qu'il peut y couver dedans jusqu' aux coquilles crevées de ses aspirations...

Quand il se connecte sur le blog de sa jolie voisine, il assiste à un défilé de mode quatre saisons qui le ravit et il se régale des expressions du visage de la jeune femme, écoute ou lit ce qu'elle raconte, explore tout ce qu'elle a blogué et facedeboucqué...

Il bâtit, bâtit bâtit...

De tic et de toc, de tout ce qui est préfabriqué, standardisé, normalisé, planifié, règlementé, aseptisé...

À quoi peut bien servir une cuisine intégrée lorsque, du lundi au vendredi, on ne bouffe que des denrées en barquette, en plastique ou en boîte ; le samedi soir, la pizza du camion de passage ; et le dimanche, si l'on cocufie sa salle à manger-salon pour le menu gastronomique de l'hôtel des Acacias, au beau milieu de tous ces Messieur-Dame en costume, tailleur, coiffure en chou-fleur, moustaches à la Jacques Lanzman et pochettes de cuir à bandoulière ?

Il a bâti, bâti-bâti...

Mais dans sa maison, y' a pas de bibliothèque. Il ne lit pas de bouquins. C'est pas un intellectuel.

Chez son voisin, y' a une très grande bibliothèque, en autre chose que du toc, du beau bois, des étagères solides qui supportent de gros volumes reliés de cuir. Mais le voisin qui ne lit pas davantage que lui, achète cependant vingt-cinq euros en moyenne, tous les grands succès, tous les grands prix littéraires, tous les ouvrages à la mode que pondent les auteurs connus, les hommes politiques, les journalistes et les écrivains de renom...

Pour les derniers romans de la saison il est abonné à France Loisirs. S'il ne lit pas, alors pourquoi les achète-t-il, tous ces bouquins ? Tout de même, il les "survole" un peu, à temps perdu (les plus "calés") pour avoir l'air de s'y connaître...

Chez le " Tabac-journaux " du coin, les rayons du milieu du magasin regorgent de tout ce qui peut sortir, se vendre, à grand renfort de bandes publicitaires, rouges le plus souvent, autour des livres, avec la sacro-sainte mention " prix renaudot, fémina, interallié ", etc...

Les bouquins, c'est comme la bouffe, la mode, les programmes télé, les séries américaines et les derniers films qu'on voit dans toutes les grandes salles de cinéma. Ils sont aussi " aseptisés ", peut-être un peu moins que la bouffe. Ils sont là pour prouver que le monde existe bel et bien, en bonne et due forme, avec quelques malheurs, certes... et un peu de contestation parce qu'il faut que ça "remue les tripes" de temps en temps. Les " pas aseptisés ", ils sont trop dangereux : ceux-là, on les trouve pas dans les bibliothèques des municipalités de Gauche et encore moins de Droite, ni dans les librairies, ni chez le " Tabac-Journaux " du coin.

Il a donc bâti, bâti bâti, notre mec de trente balais...

Et les balais s'empilent, s'agglutinent comme des allumettes à chaque gâteau d'anniversaire.

Il vient un temps où les balais commencent à se déplumer. Et les traites sont toujours là, fidèles au rendez-vous de la fin du mois !

Si l'on peut, on fera plus cossu que la Mégane l'an prochain, car le dos, sur des centaines de kilomètres, passé la quarantaine, dans une caisse qui secoue, il se met à gueuler parfois...

Quand les balais passent, les habitudes changent...

À la place du pantalon à doubles poches latérales, on arbore la petite pochette en cuir ou la sacoche à rabats et bandoulière. Au lieu de s'asseoir sur le canapé les genoux croisés avec son assiette de charcuterie salade composée devant la télé pour le thriller, on bouffe à table, normalement, en famille.

Cinq ans après avoir bâti, bâti bâti... not' mecton il a traversé une p'tite crise... La crise existentielle, le pourquoi et le comment, le sens du monde, qu'est-ce qu'on fout sur Terre et tout le tremblement ! Alors, il s'est mis à avoir de la " vie intérieure ".

Résultat, sa femme l' a plaqué, ses enfants ont tous les soirs déserté le domicile familial. C'était devenu invivable pour tout le monde.

Il a essayé d'écrire un bouquin, not' mecton... Pas besoin d'être un intellectuel pour écrire un bouquin... Une histoire impossible, une histoire de gosses turbulents dans une cité HLM en pleine explosion socio-culturelle, avec des gonzesses hyper-drôles, des vieux qui veulent pas aller en maison de retraite, des banquiers qui se révoltent, des assureurs qui se désassurent, des facteurs qui brûlent la publicité en pleine rue, et des femmes qui ne font plus à bouffer ni la vaisselle ni la lessive ni le repassage... Le style y était... à peu près, sauf les mots qui n'existent pas dans le dictionnaire. L' atmosphère ? Oh, putain, ouais, y'en avait, de l'atmosphère... ça n'en finissait pas, trois cent pages !... Mais il y passait ses nuits, ses dimanches, ses congés, il en bouffait plus...

À un océan de la conclusion, not' mecton, il a lâché... Il a renoncé, tout bazardé. Il a coulé, coulé coulé.

Non, on n'écrit pas un bouquin quand on crèche aux " Alouettes ", quand on fait un boulot de " système " et qu'on n' a ni les relations, ni l'environnement pour... Pensez-vous, comment trouver le temps de composer tout d'abord en consignant les idées générales dans un carnet, puis de taper ensuite le texte, de corriger, de relire, d'arranger, de vérifier si ça tient debout... l'enchaînement, le scénario, la concordance des situations, la vraisemblance, le style, l'orthographe, la documentation, toutes ces heures et ces heures, où chaque paragraphe est un bout de terrain conquis, et ces jours et ces nuits sur des mois et des mois, faits d'instants volés à la routine ; les regards moqueurs ou indifférents des autres... Après huit heures d' activité professionnelle et de déplacements, avec toutes ces tracasseries quotidiennes, sans contacts, sans relations, sans pouvoir vraiment se confier à personne dans son enourage, sans appuis médiatiques ou autres... Autant vouloir faire sortir une forêt d'un désert, accoucher une vache du ventre d'une souris... C'est de la folie, de l'utopie, du suicide moral...

La crise s'est tassée, finalement, au bout de quelques années. Elle a fait comme tous les ronds dans l'eau, elle s'est diluée...

Sa femme est revenue : au Tabac Journaux du coin, on a vite fait le tour des magazines people et de mode en dépit de leur immense diversité...

Le fiston est revenu aussi : on ne peut pas toujours crécher dans la piaule des copains...

Il bâtit, bâtit bâtit...

... Ou plutôt...

Il pâtit, pâtit pâtit...

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vendredi, octobre 29 2010

Pèpe Le Beau, paisible retraité à mille euros par mois

     Pèpe Le Beau est un paisible retraité à mille euros par mois...

Il assiste devant son poste de télévision à un débat houleux de l'assemblée nationale où il est question de nouvelles dispositions suggérées par un groupe de députés UMP, à la suite de la réforme des retraites qui vient d'être votée...

Dès le 1er janvier 2011, outre le recul de l'âge de la retraite à l'âge de 62 ans et de 67 ans pour la retraite à taux plein, une nouvelle mesure s'ajoute :

Tous les retraités n'ayant pas encore atteint l'âge de 67 ans, et donc, percevant déjà une pension de retraite, se verront obligés de se mettre à la disposition des entreprises, commerces, services publics, de leur ville ou de leur région. Ils devront être joignables à tout moment par téléphone (fixe et ou portable) afin de se rendre dans les plus brefs délais au lieu dit et d'effectuer un travail de remplacement, de renfort, d'intérêt général ou de maintenance de service... Et cela en fonction, soit de leur activité passée, soit plus généralement en fonction de leurs capacités supposées...

Ainsi, Pèpe Le Beau se verrait proposer – d'autorité – un travail de remplacement d'une caissière de grande surface en congé de maladie, la taille d'une haie chez « Azur Jardins », quelques heures à effectuer dans une crèche pour changer des couches de bébés, le remplacement d'un facteur pour distribuer du courrier publicitaire, faire le ménage dans des mobil-homes de grands campings avant l'arrivée des vacanciers, entretenir des fossés de chemins communaux, tenir un poste de veilleur de nuit dans une usine classée Seveso... et tant et tant d'autres « petits boulots »...

Il n'y aurait pas moyen de se soustraire à cette obligation de devoir effectuer l'un ou l'autre de ces travaux... Une ponction de 50 euros serait faite sur le montant de la pension à chaque refus, de telle sorte qu'au bout de 20 refus par exemple, un retraité à 1000 euros ne percevrait pas sa pension ce mois là...

Selon les députés à l'origine de cette nouvelle disposition... « Cela permettrait aux entreprises privées et publiques, d'assainir leur trésorerie, en employant des gens qui perçoivent déjà un revenu et de surcroît sont couverts par les assurances sociales (donc pas d'urssaf, pas de cotisations patronales, pas de salaire à verser) »...

Le débat à l'assemblée nationale se poursuit, et un autre « ordre du jour » vient : il est question cette fois du remboursement de certains frais médicaux, d'hospitalisation et d'opérations « bénignes »...

L'un des députés avance que bon nombre d'hommes âgés de 55 à 70 ans, et qui ont des « problèmes urinaires » attendent le plus souvent de dépasser 70 voire 75 ans pour se faire opérer de la prostate...

Et que, de ce fait, quand on est « trop vieux », l'opération revient plus cher parce qu'il y a des « suites et des complications »...

Alors se dessine l'idée d'une nouvelle disposition en matière de couverture sociale pour ce genre d'opération : on ne rembourserait plus que 50% si le patient attendait d'être âgé de 70 ans... Et l'on ne rembourserait plus rien après 75 ans...

« Merde! »... Se dit alors Pèpe Le Beau, piaffant comme un vieux cheval nerveux devant son poste de télévision... « non seulement il va falloir que j'aille remplacer la caissière du Leclerc à la veille d'un week end de fêtes, mais en plus il va falloir que je passe sur le billard avant 70 ans et je pourrais plus faire de purée en baisant »...

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