LA CROISÉE DES CHEMINS

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lundi, 23 août 2010

Une mauvaise surprise

Regarde au loin ton chemin mais concentre-toi seulement sur les obstacles à portée de main
(Daniel Desbiens)

- Et oui, c'est moi ! Épatée, hein ?
- Mais enfin, qu'est-ce que tu fais là ?
- Je n'ai pas résisté à l'appel de la scène, que veux-tu. Une pièce de Storey, ça ne se refuse pas. Et puis, quel casting ! Non vraiment, je ne pouvais pas louper ça. Tu vois, j'ai mon billet moi aussi, raille-t-il en plaçant sous mon nez une enveloppe identique à celle que je tiens, serrée contre ma poitrine.
Il fait un tour sur lui même et écarte les bras tout en observant le plafond sculpté du grand hall.
- Quel standing ce théâtre tout de même. L'un des plus beaux de Londres. Te rends-tu compte ? Et nous sommes là, toi et moi.
- Que veux-tu dire par toi et moi ?
- Tu veux tout savoir n'est-ce pas ? Quelle coquine tu fais.
Il passe un bras autour de ma taille et approche son visage du mien.
- Moi aussi je suis venu pour te remettre sur le droit chemin, me chuchote-t-il à l'oreille.

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lundi, 16 août 2010

A contre-temps

Nos destinées et nos volontés jouent presque toujours à contretemps.
(André Maurois - Biographie)

- A quelle heure doit-on être là-bas ? me demande Karine, quelque peu gênée par le fait que son idée de rentrer en bus vient de nous faire perdre plus d'une heure.
Je consulte rapidement le cadran de ma montre.
- Dans quarante-cinq minutes, lui réponds-je en ouvrant fébrilement mon flacon de Rescue.
- Bon, on va essayer de s'arrêter à une station de métro. On ne doit plus être très loin maintenant. A moins qu'on reprenne le « 380 »; il se rend aussi à King's Cross.
De plus en plus nerveuse, je ne réponds pas et essaye tant bien que mal de me concentrer sur l'esthétisme des quartiers résidentiels que nous traversons. Le front posé sur la vitre fraîche du bus dans lequel nous sommes assises, j'observe l'enfilade de maisons victoriennes exposer fièrement au regard des badauds leurs fenêtres arrondies et leurs rideaux de popeline. Les jardinets rivalisent d'élégance et de couleurs et semblent être les objets d'un concours visant à récompenser le plus somptueux d'entre-eux. Les platanes bordant les allées profitent de la douce brise d'été pour organiser un spectacle d'ombres chinoises sur les façades immaculées.

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lundi, 9 août 2010

Le grand saut

Très haut dans le ciel sont mes aspirations les plus élevées. Il se peut que je ne sois pas en mesure de les atteindre, mais je peux regarder en haut pour voir leur beauté, croire en elles et tenter de les suivre. (Louisa May Alcott)

Quatre heures vingt du matin. J'enfile mon pardessus molletonné et m'apprête à sortir les bagages sur le trottoir. Un dernier coup d'oeil à l'intérieur pour vérifier que tout est en ordre puis je me dirige vers la porte d'entrée et m'apprête à la refermer derrière moi à double tour. La sonnerie du téléphone m'arrête dans mon élan. Je regarde l'afficheur de mon portable et décroche précipitamment le combiné.
- Allô, Pénélope ?
- Karine ?!
- Écoutes, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Mon réveil n'a pas sonné. Je ne comprends pas. Thierry vient tout juste de me réveiller. Heureusement qu'il était là. Bon, je saute dans mes affaires et j'arrive. Tant pis pour le café et la douche.
- D'accord, pas de problème. Je t'attends, lui réponds-je en prenant sur moi de ne pas hurler de rage.

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mardi, 3 août 2010

Le destin est en marche

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
(René Char)

Peu de personnes peuvent se targuer de profiter d'une soirée de rêve dans un somptueux château, en excellente compagnie et qui plus est, arrosée d'un vin d'exception.
- Château Lafleur 1999. Un cru extraordinaire ! Je l'ai choisi pour vous, me dit Brad avec un large sourire tout en remplissant généreusement un verre à grand cru.
Il me tend le précieux liquide, les yeux pétillants de malice.
- Prenez. Allez-y, goûtez-le. Vous, les français, vous aimez les très grands vins, n'est-ce pas ? Et aussi beaucoup le Bordeaux, tout comme moi.
Il se tourne vers sa compagne et l'incite à trinquer avec nous.

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jeudi, 29 juillet 2010

La voie brisée

Les routes qui ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aimées
(René Char - Biographie)

- Je comprends que tu ne veuilles pas me parler, Pénélope. J'ai été on ne plus grossier et mes propos dépassaient ma pensée. Mais je me devais de te dire la vérité. Je refuse que tu t'engages dans une voie sans retour. Je t'aime trop pour ça.
Je prends le temps de réfléchir à ce que je vais répondre à Jérôme. Il n'est que huit heures du matin et mes idées ne sont pas encore très claires. Après la veille de la nuit, je me sens encore irritable et je sais d'expérience que réagir à chaud n'est jamais salutaire.
- Il est vrai que tu n'as pas spécialement pris de gants. Mais je comprends les raisons qui ont motivé ta décision de me parler, lui dis-je.

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lundi, 26 juillet 2010

Le droit chemin

« LA PENSEE SE MANIFESTE PAR UNE PAROLE,
LA PAROLE SE TRADUIT PAR UN ACTE,
L’ACTE DEVIENT UNE HABITUDE,
ET L’HABITUDE SE SOLIDIFIE EN CARACTERE.
ALORS, OBSERVE AVEC SOIN LA PENSEE ET SES MEANDRES,
ET LAISSE LA JAILLIR DE L’AMOUR
NE DU SOUCI DE TOUS LES ETRES
DE MEME QUE L’OMBRE SUIT LE CORPS,
TEL ON PENSE, TEL ON DEVIENT. »

(Bouddha Shakyamuni)

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