Le Blog du Merdier

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Vécu, anecdotes, souvenirs, visages...

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samedi, août 14 2010

Mes chats, mes chiens

     Si Marc Lévy a publié "Mes amis, mes amours", je peux donc publier - sur le Web - "Mes minous, mes toutous"...

Je ne sais plus quelle année que c'était... mais l'on voyait devant toutes les maisons de la presse et devant le portillon du Leclerc Culturel, une grande silhouette en carton "grandeur nature" de Marc Lévy tenant à la main son dernier livre "Mes amis, mes amours"...

Soit dit en passant c'est un peu difficile, à partir de Lévy, de faire "Lévy-ien"... Et à partir de Musso, de faire "Musso-ien"... Par contre, à partir de Yugcib, faire "Yugcibien" ça pose pas de problème...

J'en viens donc à mes toutous et à mes minous...

Ils sont tous enterrés derrière ma maison dans un grand enclos qui du temps de mon beau-père était la cour des poules, avec un piquet vert (un piquet métallique de clôture enfoncé à l'emplacement où ils "dorment" pour l'éternité)... Et sur le piquet, c'est marqué en noir au feutre indélébile : le nom , la date de naissance et la date du décès du toutou ou du minou...

Ci -gîssent :

Youki, un bouvier des Flandres tout noir avec un petit bout de queue qui frétillait sans cesse, et dont je n'avais pas fait couper en pointe les oreilles comme il se devait soit-disant pour faire "dans la norme" ... Un chien du genre à ne pas laisser approcher d'un guéridon supportant un service à thé (il eût tout fait valser d'un petit coup de cul impromptu)... Né le 10 octobre 1985 et disparu le 9 avril 1997.

Tinou, petit ratier à poils ras (un batard) marron et noir... Le toutou d'Irène, ma femme... Nous lui donnions du pâté de jambon en petite boîte (1F,20 la boîte en 1975) sur des tartines de pain... Mais il léchait le pâté, et les tartines de pain séchaient sous le lit... Né en mars 1974 et disparu le 5 janvier 1985.

Toutite, petite chienne noire et blanche, une ratière, une batarde aussi, la "tountoune" de ma belle-mère ... Mais la Toutite, elle était un peu sournoise et il lui arrivait de pisser contre le pied du lit et même de "couler un bonze" dans la salle de séjour sous la table... Aussi quand elle mourut je n'eus guère de chagrin d'autant plus que la veille de la mort de ma belle mère malade et handicapée, la Toutite ne "manifesta rien" (alors que mon matou Fripouille lui, se coucha toute la nuit à mes pieds et près du lit de ma belle mère que je veillais)... Toutite donc, née en 1961 et disparue le 7 avril 1977.

Fripouille, mon premier minou, qui voisina sans problème (et même joua) avec Tinou (mais pas avec la Toutite)... Un matou "entier", car il ne me serait jamais venu à l'idée de le faire châtrer. Né le 20 Août 1974 et disparu le 8 septembre 1980.

Minette 1ère (pour la différencier de Minette II -ou Matoune pour l'état civil-) chatte tigrée recueillie à la SPA après avoir été repêchée miraculeusement d'un fût d'huile de vidange dans un garage. Il lui arrivait de "couler un bonze" derrière le grand living et elle eut pour amant le gros "blanc et crème" du père Franoux, notre voisin d'alors qui avait vingt deux minous... Née en septembre 1985 et disparue le 14 mars 1991.

Grosse Bulle, chaton tigré mâle, fils de Minette 1ère, mort âgé de trois mois (sous une roue de voiture). Né le 20 juillet 1986 et disparu le 2 octobre 1986.

Sirius, chaton tigré mâle, fils d'une vieille minette de dix ans, laquelle minette était la chatte fidèle et aimante d'un de mes vieux clients du temps où j'étais conseiller financier à la poste de Bruyères dans les Vosges. Né le 27 juillet 1996 et disparu (leucose féline) le 26 mars 1997.

Matoune, ma chère Matoune dont j'ai écrit l'histoire sur mon site et sur mon blog, et qui elle, est enterrée dans les Landes à Tartas, au fond du jardin là où Mamy autrefois mettait sa lessiveuse sur un fourneau surmonté d'un grand tuyau... Elle "dort" sous de la lavande et sous un rosier, Matoune... Et dans le trou il y a une bouteille fermée contenant une copie du texte de l'histoire que je lui ai dédiée... Matoune, née en septembre 1996 et disparue le 6 Août 2004.

... Aujourd'hui selon les "nouvelles dispositions en vigueur concernant les animaux domestiques morts", il n'est plus possible (sauf clandestinement après avoir euthanasié soi-même son animal) d'enterrer son chat ou son chien dans son jardin... C'est le vétérinaire qui "s'occupe de tout"... Les animaux sont incinérés.

jeudi, juillet 29 2010

Les Invasions Barbares

     Vous souvenez vous - pour celles et ceux d'entre vous qui l'ont vu - de ce film sans doute datant de 2003 : "Les Invasions Barbares" ?

Dans la première image du film, l'on entre dans un immense hall - couloir d'hôpital où sont allongés sur des lits contre les cloisons et entre les portes, malades et blessés en attente de soins, ou arrivés là en urgence... "à perte de vue" pour ainsi dire... Et l'on entend toutes sortes de bruits, de cris, de plaintes, et tout cela dans un grand "remue-ménage" au beau milieu d'incessantes allées-venues d'infirmières, de médecins...

Un homme d'une personnalité "hors du commun" ayant eu une existence "chaotique" et âgé d'environ 60 ans se trouve là, dans une chambre de cet hôpital, soigné pour un cancer...

Le fils de cet homme est jeune, "bien dans sa peau" dans son travail de cadre au sein d'une importante société, et sans nul doute préoccupé de sa carrière et de ses relations dans le monde où il évolue... Il n'a pas revu son père (divorcé)- et "assez marginal" de par son caractère et son genre de vie- depuis quelques années. Dès qu'il apprend cependant la maladie et l'hospitalisation de son père, il "saute" dans le premier avion en partance pour se rendre auprès de son père, et décide de faire pour lui "le meilleur auquel il aspire" et dépense son énergie et son argent afin que son père puisse jouir des meilleurs services, du meilleur traitement, etc. Puis il recherche et appelle chacun des anciens ou proches amis ou connaissances de son père, qui tous viennent et ensuite l'accompagnent durant les jours de sa vie finissante jusqu'aux tous derniers moments...

Les situations, les dialogues, les scènes sont drôles et émouvantes, dans ce film... Et tout cela dans une grande sensibilité, avec beaucoup de pudeur, de délicatesse, de moments très forts...

Une relation pour le moins surprenante entre deux hommes (le père et le fils) si différents l'un de l'autre, une histoire d'amitié qui prend un sens tout à fait particulier (et profond) dans une situation dramatique (mais qui demeure drôle et même parfois assez cocasse)... Tous ces gens, ces amis, ces anciennes connaissances qui ont répondu à l'appel du fils, alors qu'ils venaient eux-mêmes d'horizons divers et de lieux éloignés...

... Si je devais me constituer une collection de films en DVD, tout comme l'on réalise avec passion une collection personnelle de timbres ou de cartes postales... Assurément il y aurait dans ma collection de films préférés " Les Invasions Barbares", avec "L'insoutenable légèreté de l'Etre", "Sur la route de Madison", "Out of Africa", "Dernier domicile connu" (avec Lino Ventura), "Le grand bleu", "Soleil Vert"... et sans doute d'autres encore dont les titres ne me viennent pas tout de suite en esprit... De plus, les films que je cite sont accompagnés de la musique qui leur convient tout à fait et pour le mieux. Par exemple dans les Invasions Barbares au final, l'on entend la chanson de Françoise Hardy "L'Amitié" (ce qui, après avoir vu le film, est particulièrement émouvant)...

... Il est d'ailleurs étonnant que ce film "Les invasions barbares" vraisemblement sorti en 2003, n'ait pas été (à ma connaissance) diffusé par la suite sur une chaîne de télévision (FR 3 ou ARTE) alors que bien d'autres l'ont été (dont "Sur la route de madison" et "Out of Africa" par exemple)...

Mais j'ai acheté le DVD... un jour, trouvé tout à fait par hasard... dans une grosse corbeille contenant en vrac des thrillers américains et pas mal de "navets à deux balles"... Au Leclerc géant (espace "culturel"), et pour 4 euros ! (quelle étrange trouvaille d'une telle "perle" au beau milieu de toutes ces productions de merde bradées à bas prix pour un public de pauvres gens, de tant et tant de pauvres gens au cerveau lessivé par la culture bêta du système!)...

Il est vrai que ce pauvre "Invasions barbares" trônait au dessus de la pile comme une belle fleur oubliée confondue avec d'autres sortes de fleurs envahissantes aux couleurs criardes ou délavées - vraiment barbares, elles- ...

 

mardi, juillet 27 2010

"Tant de belles choses"

"Tant de belles choses"

     C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai regardé jeudi 22 juillet 2010 sur ARTE, de 22h 40 à 23h 55, "Françoise Hardy tant de belles choses", documentaire de Jean Pierre Devillers et Olivier Bellamy...

Toute une époque ! J'avais alors entre 20 et 25 ans et avec mon meilleur ami de l'époque et deux ou trois autres copains avec lesquels j'habitais à Paris, nous passions des soirées - et des nuits entières- à écouter les chansons de Françoise Hardy (à fond la caisse) sur un tourne disque équipé de grosses enceintes, ainsi d'ailleurs que les chansons de Jacques Brel, de Léo Ferré et de Georges Brassens, Jean Ferrat, Isabelle Aubret... Anne Solleville et autres, et bien sûr, Jacques Dutronc...

Mais Françoise Hardy c'était en fait toute la journée parfois sans discontinuer...

D'ailleurs bien des années plus tard (et à présent) j'ai l'intégrale de l'oeuvre de Françoise Hardy...

C'est "L'amitié" ma chanson préférée de Françoise Hardy (et je ne trouverai jamais les mots pour exprimer tout ce que je ressens en écoutant cette chanson, son texte et sa musique)...

Toute une époque, oui ! Quelle fille ! Et quel couple avec Jacques Dutronc !

Une légende si je puis dire, tout comme Jane Birkin et Serge Gainsbourg !

De nos jours, de notre époque actuelle, j'aime bien (et même beaucoup) Jeanne Cheral...

Avec mon copain Michel rencontré au centre de tri postal PLM à Paris fin 1969 devant un casier de tri - et ce copain est devenu par la suite le meilleur ami que j'ai eu dans ma vie - nous animions une association loi 1901 qui s'appelait "Service Compositions" (plus tard "Compositions poétiques")... Cette association avait alors 700 membres et nous avions une boite postale dans laquelle nous recevions par jour environ 50 lettres (généralement accompagnées de textes, de poèmes, de chansons)... La plupart des membres étaient des fans de Françoise Hardy et les messages que nous recevions et auxquels d'ailleurs nous répondions avec parfois de mémorables et émouvantes rencontres entre nous, étaient tous empreints disons, d'un "certain esprit"...

Quelle époque ! Nous tirions chaque mois une revue de textes avec illustrations ou dessins, à l'aide d'une vieille Ronéo (que nous faisions tourner toute la nuit)... Par la suite grâce aux cotisations des membres et à leur générosité, nous avions pu nous offrir les services d'un imprimeur et diffuser une belle revue de quelque 20 pages...

L'affaire a bien duré 3 ans...

Mais on y a laissé aussi du fric dans cette affaire ! Et quelques "plumes" d'ordre affectif et psychologique... sans compter les nuits et les nuits passées à lire les textes, préparer la revue, organiser et prévoir les rendez-vous, les rencontres, les soirées entre copains...

Mon copain (sa mère s'était fendue) possédait un super magnétophone à 3 vitesses (dont le 38 bien meilleur pour les enregistrements) et l'on passait des heures à enregistrer nos propres textes (les chansons de mon ami et mes textes et mes histoires) et on s'écoutait, faisait écouter...

Dans la revue qui s'appelait "Floréal des compositions poétiques" à chaque fois il y avait un texte de moi...

Mais on s'est "embarqué" avec des filles (et même des femmes mariées) dans des histoires "pas possibles" et j'ai suivi mon ami dans quelques aventures qui ont (heureusement) "capoté" (quand ça devenait trop "hard")...

Ah oui, quelle époque ! ... Et tout ça avec les chansons de Françoise Hardy nuit et jour à fond la caisse en "toile de fond" du "tableau" !

Mon ami est mort le 10 mars 2006, il était né le 14 septembre 1948 (la même année que moi)...

J'ai eu Fripouille, le fils de sa chatte Sissi (qui elle est morte à 23 ans alors que mon Fripouille adoré, lui, est mort accidentellement à l'âge de 6 ans...

Fripouille, mon matou non castré qui me suivait en promenade dans la forêt Vosgienne comme un petit chien)...

lundi, juillet 26 2010

Tous les mariages, vus d'ensemble se ressemblent...

... Mais ils sont chacun d'eux, aussi différents que l'un ou l'autre de ces mille et mille tableaux de peinture dont les couleurs et les lignes et les formes se fondent en des compositions de paysages dont les détails peu à peu sous notre oeil, apparaîssent, se précisent et racontent...

Au delà de tout ce que le regard peut balayer comme le ferait l'objectif d'une caméra d'un bout à l'autre de l'assemblée des personnes présentes... Le marié dans son costume sombre, la mariée dans la robe qu'elle porte sur elle, les filles et les femmes bien habillées, coiffées et arrangées ; et tous les invités de la noce formant de petits groupes... S'ouvrent les fleurs des champs et des prés et se répandent les essences dans le paysage... Parce que le regard se pose, entre et se faufile dans toutes ces vies des uns et des autres dont le visage devient fenêtre, dont l'existence nous est en partie connue pour certaines de ces vies, ou inconnue et seulement de passage...

Ah, la solennité du moment, les témoins, la signature sur le grand livre officiel, le serment de fidélité et d'assistance "jusqu'à ce que la mort sépare" ! Mais... Ah, la vie qui sera et ce qui viendra... peut-être dès demain !

Cela coûte cher, un mariage... Mais il y faut du solennel, de l'Eglise, du Code Civil, et bien sûr, le costume, la robe de mariée, les invités, la fête... Et du grand apéro au repas de noces, et jusqu'au lendemain le dimanche midi où s'attablent encore la parenté et les amis très chers, ce sont toutes ces vies qui se sont touchées le temps de l'évènement, toutes ces vies dont beaucoup d'entre elles ne s'étaient pas croisées et ne se suivront pas...

... J'ai toujours ressenti, dans un mariage, peut-être là plus qu'ailleurs dans un autre évènement que l'on fête, où sont assemblées plusieurs dizaines de personnes... Cette gravité dans l'évènement, dans la relation, dans la fête même et dans le caractère solennel de la fête... Je me suis toujours senti alors, invité dans un mariage, tel un enfant émerveillé enclin de par son caractère à "faire le pitre" -ou "l'artiste"- mais devenu soudain sans voix, humble et perdu - mais intensément relié- à toutes ces vies connues ou inconnues, touchées ou effleurées ou seulement imaginées...

dimanche, novembre 22 2009

La parka disparue

     Inès ne retrouvait pas la parka de sa fille Émilie...

La veille dans l'après midi étaient venus Isabelle et Yves leurs amis, avec leur fille Célestine...

Et Célestine quelques semaines plus tard, avait écrit à Inès pour lui dire la joie de ces retrouvailles par cette magnifique journée de fin Août. Isabelle et Yves, Inès et Alain, ne s'étaient pas revus depuis le déménagement d' Inès et Alain en février de l'année d'avant...

La lettre de Célestine était demeurée sans réponse...

Lorsqu' Isabelle et Yves étaient revenus de vacances début septembre, Isabelle eut un appel au téléphone, d'Inès : “Dis-moi, ta fille, n'aurait-elle pas pris la parka d'Émilie pour s'en faire un doudou avant de s'endormir? Tu m'avais dit que ta fille se faisait un doudou de tout ce qui lui semblait pelucheux et doux? C'est curieux, après votre départ j'ai voulu faire un peu de rangement dans la maison et je ne retrouve plus la parka d'Émilie!”

Et Isabelle avait répondu : “ Non, ce soir là, je m'en souviens, Célestine s'est mise au lit en tenant entre ses mains le peignoir de bain d'Yves”...

... Une parka tout de même, dans un sac de voyage ou dans un coffre de voiture... Cela ne serait pas passé inaperçu!

Il n'était venu personne durant les deux semaines précédant le séjour d'Isabelle et Yves, chez Alain et Inès...

Alors?

Alors quoi?

Amis, ils avaient été si proches!

Ah, cette parka!... Un drôle de “doudou”, bien rugueux et bien coupant sur ses bords durcis, qui met un terme à une relation d'amitié!

Et les années passèrent...

Célestine ouvrit un blog... Un blog immense, un blog de poète, un blog d'écriture et d'images...

Inévitablement, le blog de Célestine comme une pluie de confettis, neige les mots de Célestine en petits flocons qui jamais ne fondent... Et tombent tels des oiseaux de passage sur les bords de fenêtres...

... Et dans le blog de Célestine il y a l'histoire de la parka disparue, une histoire comme tant d'autres, recouverte de tous ces nouveaux flocons du jour.

Célestine avait seulement changé les prénoms.

Ah, le hasard, le hasard!... Un simple “clic” sur une ligne dans une page de moteur de recherche... Et voilà que saute sur l'écran le blog de Célestine avec l'histoire de la parka disparue !

mardi, novembre 10 2009

Minette 1ère

     J'ai eu dans les Vosges de 1985 à 1991 une minette tigrée que j'avais adoptée à la SPA.

Trouvée abandonnée dans un garage sordide où elle était enfermée depuis huit jours, elle était tombée dans un fût d'huile de vidange. Recueillie et conduite à la SPA, personne n'en voulait et sans doute était elle destinée à finir ses jours dans l'enclos des “minous pelés”.

Venu à la SPA avec l'intention d'adopter un chat, l'on me proposa un adorable petit matou de quatre mois, “riche et gras”, noir et blanc, bien joueur et bien plantureux... Mais j'ai préféré cette minette tigrée, toute malingre, le poil en bataille.

J'ai eu un mal fou à la “remplumer” et surtout à lui faire prendre de “bonnes habitudes”. Son chic -si je puis dire – c'était de “couler des bonzes” derrière le grand living de la salle à manger, et vu l'immensité et la hauteur du meuble tout au long du mur, je vous laisse imaginer les “colombins” de Minette séchant, se durcissant et formant de petites barricades dans les passages inaccessibles à tout balai ou instrument de nettoyage...

“Elle a choué!”... Disais-je, alors que Minette apparaissait “comme si de rien n'était”, surgie de derrière le grand living...

vendredi, octobre 23 2009

Petits papiers épars d'hier et d'aujourd'hui 1

     En chic froissé, ta coiffure défaite, ton écharpe dénouée, l'un de tes hauts talons éculé, tu me faisais des idées chic et crasse : j'étais avec toi derrière le rocher mais c'était “une belle crasse” qui me venait...

     “Dis, papa, qu'est-ce qu'elle fait la dadade?”

“ça mon fils, c'est pas du cinéma en vrai pour les mômes!”

“On dirait qu'elle se régale en se tortillant, la dadade!”

“Bah, il vaut mieux voir ça en vrai qu'au ciné : là au moins c'est la nature qui parle alors qu'au ciné c'est des crasses de salauds”...

Empalée du derrière sur un trognon de branche sorti à la bonne hauteur, du tronc de l'arbre ; la dadade avait l'air de trouver bon de se tortiller...

     Les beaux discours ne sont que des coquilles vides... Et rien ne vient au monde, d'une coquille vide...

     Elle ressemblait à un soleil refroidi qui, dans une région éloignée et inconnue de l'univers, ou dans une autre partie de notre univers proche, n'aurait peut-être pas perdu sa chaleur...

Et je la regardais, blonde et pâle, passant entre ces jours de saints de glace en mai, belle et mystérieuse en face de moi...

Dessinateur de visages – mais je ne le suis point – je l'aurais tracée tendre et sévère à la fois, avec des boules Quiès dans les oreilles...

... En souvenir de Josiane, du temps des réunions de conseillers financiers de la Poste à Saint Dié des Vosges

Gratte-cul

On l'appelle “gratte-cul”... Et depuis tant et tant d'années dans cette petite ville des Vosges, il tient boutique au point le plus “stratégique” de cette ville... Mais ne voit jamais entrer personne dans sa boutique... En fait, sa boutique, ou plutôt la porte vitrée de sa boutique derrière laquelle il est assis... ou debout, est pour lui comme un point d'observation, une “vue plongeante” sur cette bonne ville des Vosges...

Des gens de la ville racontent qu'à l'âge de trois ans il avait encore des couches, et que sa mère lui faisait faire le tour de la place, attaché comme un chien à une corde...

Un jeune homme “beloud” qu'il a été, disent-ils aussi, les gens, les gens de sa génération...

Alors les filles, c'était pas pour lui! Et pourtant il est riche! Il a hérité!

Riche mais seul, toujours habillé pareil... Une vie de riens, sans aucun “extra”...

Et quand il ne sera plus, la grand rue -et toute la ville – aura perdu l'un de ses orphelins... cousu d'or mais déconsidéré, englouti dans la “petite histoire” que les Historiens n'écrivent jamais – sauf peut-être les écrivains de terroir...

... “gratte-cul”... Mais il est musicien et homme de grande culture. Il ne parle à personne (en fait personne ou presque ne lui parle)...

Mais moi, le type du guichet de la poste de cette ville à l'époque, je lui parlais, et il me parlait...

[ A un ami Vosgien dont la vie en 2009 n'a guère changé...]

Les filles des années 70

Elles avaient toutes, vu “Le docteur Jivago”, visité la cathédrale de Strasbourg, elles étaient pour bon nombre d'entre elles, catholiques pratiquantes, souvent timides, aimant la lecture et le tricot, les promenades en forêt... Elles avaient toutes “une peur bleue du grand méchant loup”, elles préparaient un trousseau pour “quand elles se marieraient”, avaient un “coquet livret d'épargne” ; elles étaient “mademoiselle joliment arrangée dans un petit studio”, rêvaient d'une belle maison, d'un bon mari gagnant bien sa vie, voulaient des enfants, un grand chien ou peut-être même un cheval ; ne se rendaient jamais aux manifestations et ne faisaient pas grève, aspiraient à une meilleure promotion dans leur travail...

Et pourtant leurs tartinettes battaient comme des castagnettes sous de beaux rêves tendres si joliment guirlandés de petits dessous...

Quel crétin ce Jean-Charles! Lui qui rêvait – cet anarchiste et poète incurable qui ne possédait qu'un sac à dos et un vélo et qui n'habitait au jour le jour que dans des auberges de jeunesse – lui qui rêvait à s'en faire des cartes de France dans ses culottes – d'une fille “bien”... Il en avait trouvé une, chic et classe, gentille à en crever de régal, et pas emmerdante pour deux sous question principes, bondieuseries et autres “sens-du-monderies chocolat-glacetées à flanquer la colique trois jours après” ... Elle s'appelait Craqueline et elle était infirmière dans un hôpital de banlieue pourrie...

Le Jean-Charles, il avait été reçu dans la famille de Craqueline, et invité, et écouté car il était poète... Et la Craqueline avec sa frêle silhouette, son joli visage, ses fringues chic, sa petite voiture, et sa “vision du monde” si peu dérangeante, et sa gentillesse de fille simple... Elle “en pinçait” ma foi, pour le Jean-Charles!

Un jour elle l'avait accompagné jusque sur le quai du port d'embarquement : il se rendait en Angleterre par le ferry avec son vélo.

... Quel crétin ce Jean-Charles! Il ne lui a même pas envoyé une carte postale, depuis le fin fond des High-Lands ou de la verte Erin!

... Et quelques années plus tard lors d'un “coup de blues” un jour de pluie, claquemuré dans sa piaule et aux prises avec une solitude viscérale, il s'était décidé à lui écrire une lettre de dix pages, ayant retrouvé son adresse dans un vieux carnet... Une lettre qu'il soigna, qui fut presque un “monument littéraire”... Mais à laquelle il n'eut jamais de réponse...

[En souvenir de Jean-Charles, un copain anarchiste et poète, sac à dos et vélo, qui revenait de Grèce où il avait vendu son sang pour acheter à bouffer, et rencontré au centre de tri postal PLM à Paris... Il a fini par en trouver une, par annonce, dans une agence matrimoniale catholique et “bien pensante”. Il m'a invité un jour chez lui, présenté sa femme... qui effectivement, était “très chic, très simple, très gentille et pas emmerdante du tout, avec un joli visage... Et catholique pratiquante]

mercredi, octobre 21 2009

Un premier mai à la CGT

Un premier mai de la CGT

A Senones, un dimanche en 1983...

Trois semaines auparavant j'avais dit à ma femme : “Si nous n'avons rien dans le frigo ce jour là, nous irons à Senones où la CGT organise une manifestation populaire et propose un repas”.

Tel était le programme de cette mémorable journée : un apéritif en plein air, avec un grand discours pour commencer, sur la place du bourg, puis un repas en commun autour de longues tables, et diverses manifestations ou expositions, ventes de livres et de gadgets...

J'avais envoyé mon bulletin de participation au siège de la Fédération à Epinal. Cinquante francs pour le repas (par personne). Et je m'étais encore inquiété de savoir si pour mon fils de trois ans, je devais aussi donner cinquante francs...

Au jour dit, par un beau soleil nous arrivons à Senones le coeur en fête. Un rapide tour de ville et nous voilà sur la place puis dans la rue principale... Aucune décoration, pas de musique, pas d'affiches... Renseignement pris, il y avait bien en effet sur la place de la mairie, quelques baraquements : la guitoune de l'apéro, un modeste chapiteau, une tribune découverte et tout de même... pas mal de monde!

Nous débarquons ma femme et moi, avec nos “idées de gauche” voire un peu “anar sur les bords”, la bouche en coeur, l'âme en liesse... J'achète à un “vieux camarade” au visage noueux et ravagé un brin de muguet rachitique – qui “schmuctait que dalle” - avec trois clochettes minables... “Y'en avait presque plus à cette heure, du muguet, tout était liquidé” qu'ils ont dit les mecs!

Et l'apéro quelle affaire! C'était “à l'oeil”... mais fallait voir! Une bousculade monstre, enfin je parvins à me faufiler jusqu'au comptoir en planches. Un demi doigt de Suze, de Martini ou un quart de rouge au choix... Et deux ou trois assiettes de pique-nique emplies de sortes de frites sucrées.

Une “faune hétéroclite” d'humains coiffés pour la plupart de casquettes et scotchés aux pulls et aux vestons de badges rouges ; quelques clodos du coin qui s'étaient donné rendez-vous, des poivrots “piliers de bistrot” tout heureux de se “rincer la gueule à l'oeil”... Et tout de même... quelques filles chic, bien sapées, de jolies femmes, un peu de “beau monde quoi!”...

A l'heure présumée du repas nous approchons du lieu du festin... Au premier étage, au réfectoire du collège.

Nous arrivons, de nombreuses personnes avaient pris place et certaines en étaient déjà au dessert, au fromage... Une fille au visage chevalin et aux longues dents, enveloppée d'un immense tablier à carreaux, nous place au fond de la salle. Nous attendons vingt minutes et v'là le “casse-dalle” qui se radine : salade de crudités portion ultra congrue, cassoulet en boîte William Saurin... Et au dessert, plus de fromage (il n'y en avait plus), plus de salade, mais en remplacement, une glace en carton comme un pot de yaourt aplati... Et le pinard : dix francs, en sus et servi dans une carafe de 50cl à moitié pleine (du “gros rouge” à 10 degrés du “Père Mathieu”)...

Pour finir nous attendîmes le café – qui ne vint pas – suivant de nos yeux les allées et venues de trois ou quatre serveuses bénévoles... De “petites jeunettes” en mini jupe aux cuisses comme des troncs d'épicéa et chaussées de bottines en plastique.

Avec ma femme on s'est regardés : nous étions tout tristes et tout déconfits... Elle avait mis une belle robe ; on arrive là dedans de tout notre coeur et de toute notre âme, des idées de fraternité plein les poches, pensant trouver chaleur humaine, réconfort et vraie communication... et au lieu de tout cela, nous tombions dans une ambiance “t'as pas cent balles”!

Arnaqués de première, on nous avait glouglouté notre gentillesse avant même que nous l'exprimions!

Dans l'après-midi le temps se gâta, il fit vent et froid, une bise glaciale et de gros nuages menaçants prirent d'assaut le ciel radieux du matin qui se mit à rétrécir encore plus vite que notre enthousiasme initial. Nous nous réfugiâmes sous une toile de cirque battue par la bise au milieu de la place : étalage de bouquins, de revues et de journaux ; discours de quelques leaders...

Vers 5h de l'après midi fut annoncé un théâtre de guignol devant lequel tous les enfants et leurs parents prirent place, assis à même le sol (heureusement il ne pleuvait pas)... Les marionnettes représentaient des personnages historiques, un Louis XVI ventripotent, des nobles ficelés comme des saucissons dans un char à boeufs et conduits à la guillotine...

Et en fin d'après midi, bal populaire sur la place.

Une musique pop, boum zing krak, un vacarme de tous les diables, une sonorisation catastrophique... personne ne dansait ; les mecs et les nanas juchés sur des mobs bricolées, ou affalés dans la tribune, sirotaient des canettes de bière ou de coca...

Nous avons filé, ni vu ni connu...

... En 2009 je cotise toujours à la CGT... Mais je n'y crois plus. Surtout depuis que Bernard Thibaut est plus souvent, beaucoup plus souvent à l'Elysée que dans les manifestations...

Je suis de “la ligne dure”... Pas même de celle des “plus jusqu'au-boutistes” qui pour leur part n'ont qu'un seul mot d'ordre, le rapport de force... Certes le rapport de force, je suis “pour”... Mais cela ne suffit pas. Les petites grèves de 24h (qui d'ailleurs ne sont suivies qu'à 50% dans le meilleur des cas), les actions individuelles et sporadiques, les grandes manifestations dans toutes les villes de france avec leurs éternels mots d'ordre (et ce qu'il a de carnavalesque en elles)... Je n'y souscris plus. J'en ai assez de “battre le pavé” au milieu de gens qui en réalité se sont pour chacun d'entre eux d'une manière ou d'une autre vautré dans le “Système” pour autant que ce Système leur convenait encore tel qu'il était... A présent le Système se montre sous son vrai visage, le plus effrayant, le plus menaçant, le plus insolent et le plus injuste... D'où autant de monde dans la rue, autant d'actions plus violentes et plus spontanées...

Si au moins les centrales syndicales suivies par l'ensemble des salariés et du monde du travail en totalité, décidaient la grève générale et illimitée (que tout s'arrête, que plus rien ne fonctionne)... Peut-être que l'on aboutirait déjà à de vraies négociations, et pas seulement à des dispositions qui en définitive arrangent surtout ceux qui détiennent le pouvoir et la finance...

Si je cotise encore à la CGT, c'est uniquement pour garder le contact avec mes copains de la Poste, des Landes ou des Vosges... que j'aime bien rencontrer lors de réunions amicales une ou deux fois par an...

... Ce n'est pas comme au 1er mai à Senones en 1983 : pour le repas ils ne demandent que 5 euro de participation, et le pastis est offert... Et y'a la convivialité!... Et des femmes chic qui ne prennent pas une ride sur leur visage...

dimanche, août 2 2009

Tu ne dis jamais rien

Tu ne dis jamais rien

Tout en haut de la façade du bâtiment de la FNAC à Sélestat (Bas Rhin) l'on pouvait lire en très gros caractères bien visibles jusqu'à bonne distance, ce samedi 1er Août 2009 – et j'imagine que cette énorme inscription sur une longue et large bande de drap (d'environ 4 mètres) devait être là depuis quelques jours déjà – l'on pouvait donc lire ceci :

TU NE DIS JAMAIS RIEN

Il me vint alors l'idée en lisant cela – ou plutôt j'imaginai – qu'une grande échelle aurait pu se trouver à proximité de la façade du bâtiment de la FNAC, et que, comme par hasard, j'aurais été muni d'une bombe d'encre noire indélébile...

Je serais monté jusqu'en haut de l'échelle et atteignant la bande de drap, j'aurais écrit en “encore plus gros” juste au dessous :

SI, JE DIS QUELQUE CHOSE! JE NE FAIS MEME QUE CELA! ET C'EST TOI QUI NE REPOND JAMAIS!

Et j'avais à ce moment là, cette colère, cette rage, cette détermination farouche, ce cri en moi qui sélevait jusqu'à crever le ciel tout bleu, insolemment bleu... Et je levai le poing, je tambourinai à la porte de ce ciel immobile et fuyant dans la chaleur de ce jour d'été... J'aurai voulu le retenir ce ciel, lui arracher les ailes qu'il tenait cachées derrière son dos!

... Puis la colère comme toutes les colères de ma vie se perdit dans une sorte de lumière blanche venue de visages, les visages aujourd'hui, de ce jeune marié et de cette jeune mariée du samedi 1er Août 2009 devant l'église de Sélestat...

Je venais aussi de me dire – par je ne sais quelle intuition ou quel sentiment, par ce qui transparaissait des visages de ces jeunes personnes – que ces mariés là ne se sépareraient sans doute jamais et vieilliraient ensemble...

Toutes les colères finissent par se perdre dans une sorte de lumière blanche... Les colères qui ne se perdent pas sont des haines... Ou des chaînes de souffrance en nous.

mercredi, juillet 29 2009

Elle, elle, elle...

Elle, c'est Colette, une amie...

Je l'évoquai une ou deux fois dans mes écrits... Dans un ou deux (ou trois) de mes textes (sans doute en 2005)... Mais je ne la nommai point...

Faut-il nommer les gens qu'on aime pour les “éterniser” en les écrivant ?

Est-ce que par exemple, tel petit garçon ou petite fille de l'an mille, sans autre nom qu'un sobriquet, gardien de chèvres dans un village pyrénéen ou de montagne noire... Et raconteur de très belles histoires aux veillées, ou joueur de flûte... Peut “passer à l'éternité” par la plume d'un homme ou d'une femme d'écriture du 21ème siècle? Sans nom, totalement anonyme et petit être des plus ordinaires en ce monde?

Elle, elle, elle...

Née le 21 juillet 1946, disparue le 22 juillet 2009 lors d'un accident de la circulation. Heurtée par un camion sur un passage pour piétons à Barbazan, zone artisanale et commerciale de Bruyères dans les Vosges...

Elle, elle, elle...

Du temps d'Elle autant que je me souvienne, passaient les jours, des jours qui jamais ne se ressemblaient vraiment, des jours comme au milieu d'un grand océan sans l'idée d'un port hier ou avant hier, sans l'idée du milieu de l'océan, sans l'idée d'un port demain ou après demain...

Des jours intemporels dans une immensité toute bruissante et animée de nos paroles et de nos rires, et des pensées que nous avions ensemble, à ses côtés... Venaient toujours jusqu'au plus haut du ciel à l'heure de midi, ce visage de lumière, ce regard empli de chaleur, qui dès le matin irradiaient et chantaient la vie ; ce visage comme un soleil s'en allant dormir de l'autre côté de l'horizon – mais pas toujours à la même heure- un soleil que jamais au grand jamais l'on eût pu penser qu'il ne réapparaisse point au matin...

Elle, elle, elle...

Et c'est son rire que j'entends... Son rire à nul autre pareil... Un rire de gamine des rues ou des prés, devant un panneau d'interdiction impromptu et sans doute inutile ; un rire sautant hardiment quelque barrière... Et ce rire là est une des plus belles musiques que j'aie jamais entendues dans ma vie...

Elle, elle, elle...

Elle que “j'éternise” de ma plume d'homme d'écriture...

Elle que de mon vivant je ne reverrai plus mais dont le visage de lumière et le rire de gamine des rues ou des prés, dans ces jours transparents et vibrant de chaleur comme la surface d'un grand océan sous les tropiques, n'auront jamais ni d'autrefois, ni d'aujourd'hui ni de demain...

Car en sa présence aucun jour ne ressemblait à un autre jour, et c'était – et c'est encore – un jour infini au regard comme un soleil faisant le tour du ciel et revenant toujours...

Un regard qui nous “existait” plutôt qu'il ne “s'existait”...

... Colette, chère Colette, amie de jeunesse de ma femme, notre amie... Que de discussions ensemble, toutes aussi passionnantes les unes que les autres, n'avons nous pas eues, lors de ces promenades “sur les hauts” Vosgiens, que nous faisions si souvent... Et à chaque fois que nous nous voyions pour un soir, pour une fête, un anniversaire ? C'était, oui, “intemporel” et les jours “étaient comme un seul jour”!

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