Le Blog du Merdier

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Vécu, anecdotes, souvenirs, visages...

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dimanche, novembre 22 2009

La parka disparue

     Inès ne retrouvait pas la parka de sa fille Émilie...

La veille dans l'après midi étaient venus Isabelle et Yves leurs amis, avec leur fille Célestine...

Et Célestine quelques semaines plus tard, avait écrit à Inès pour lui dire la joie de ces retrouvailles par cette magnifique journée de fin Août. Isabelle et Yves, Inès et Alain, ne s'étaient pas revus depuis le déménagement d' Inès et Alain en février de l'année d'avant...

La lettre de Célestine était demeurée sans réponse...

Lorsqu' Isabelle et Yves étaient revenus de vacances début septembre, Isabelle eut un appel au téléphone, d'Inès : “Dis-moi, ta fille, n'aurait-elle pas pris la parka d'Émilie pour s'en faire un doudou avant de s'endormir? Tu m'avais dit que ta fille se faisait un doudou de tout ce qui lui semblait pelucheux et doux? C'est curieux, après votre départ j'ai voulu faire un peu de rangement dans la maison et je ne retrouve plus la parka d'Émilie!”

Et Isabelle avait répondu : “ Non, ce soir là, je m'en souviens, Célestine s'est mise au lit en tenant entre ses mains le peignoir de bain d'Yves”...

... Une parka tout de même, dans un sac de voyage ou dans un coffre de voiture... Cela ne serait pas passé inaperçu!

Il n'était venu personne durant les deux semaines précédant le séjour d'Isabelle et Yves, chez Alain et Inès...

Alors?

Alors quoi?

Amis, ils avaient été si proches!

Ah, cette parka!... Un drôle de “doudou”, bien rugueux et bien coupant sur ses bords durcis, qui met un terme à une relation d'amitié!

Et les années passèrent...

Célestine ouvrit un blog... Un blog immense, un blog de poète, un blog d'écriture et d'images...

Inévitablement, le blog de Célestine comme une pluie de confettis, neige les mots de Célestine en petits flocons qui jamais ne fondent... Et tombent tels des oiseaux de passage sur les bords de fenêtres...

... Et dans le blog de Célestine il y a l'histoire de la parka disparue, une histoire comme tant d'autres, recouverte de tous ces nouveaux flocons du jour.

Célestine avait seulement changé les prénoms.

Ah, le hasard, le hasard!... Un simple “clic” sur une ligne dans une page de moteur de recherche... Et voilà que saute sur l'écran le blog de Célestine avec l'histoire de la parka disparue !

mardi, novembre 10 2009

Minette 1ère

     J'ai eu dans les Vosges de 1985 à 1991 une minette tigrée que j'avais adoptée à la SPA.

Trouvée abandonnée dans un garage sordide où elle était enfermée depuis huit jours, elle était tombée dans un fût d'huile de vidange. Recueillie et conduite à la SPA, personne n'en voulait et sans doute était elle destinée à finir ses jours dans l'enclos des “minous pelés”.

Venu à la SPA avec l'intention d'adopter un chat, l'on me proposa un adorable petit matou de quatre mois, “riche et gras”, noir et blanc, bien joueur et bien plantureux... Mais j'ai préféré cette minette tigrée, toute malingre, le poil en bataille.

J'ai eu un mal fou à la “remplumer” et surtout à lui faire prendre de “bonnes habitudes”. Son chic -si je puis dire – c'était de “couler des bonzes” derrière le grand living de la salle à manger, et vu l'immensité et la hauteur du meuble tout au long du mur, je vous laisse imaginer les “colombins” de Minette séchant, se durcissant et formant de petites barricades dans les passages inaccessibles à tout balai ou instrument de nettoyage...

“Elle a choué!”... Disais-je, alors que Minette apparaissait “comme si de rien n'était”, surgie de derrière le grand living...

vendredi, octobre 23 2009

Petits papiers épars d'hier et d'aujourd'hui 1

     En chic froissé, ta coiffure défaite, ton écharpe dénouée, l'un de tes hauts talons éculé, tu me faisais des idées chic et crasse : j'étais avec toi derrière le rocher mais c'était “une belle crasse” qui me venait...

     “Dis, papa, qu'est-ce qu'elle fait la dadade?”

“ça mon fils, c'est pas du cinéma en vrai pour les mômes!”

“On dirait qu'elle se régale en se tortillant, la dadade!”

“Bah, il vaut mieux voir ça en vrai qu'au ciné : là au moins c'est la nature qui parle alors qu'au ciné c'est des crasses de salauds”...

Empalée du derrière sur un trognon de branche sorti à la bonne hauteur, du tronc de l'arbre ; la dadade avait l'air de trouver bon de se tortiller...

     Les beaux discours ne sont que des coquilles vides... Et rien ne vient au monde, d'une coquille vide...

     Elle ressemblait à un soleil refroidi qui, dans une région éloignée et inconnue de l'univers, ou dans une autre partie de notre univers proche, n'aurait peut-être pas perdu sa chaleur...

Et je la regardais, blonde et pâle, passant entre ces jours de saints de glace en mai, belle et mystérieuse en face de moi...

Dessinateur de visages – mais je ne le suis point – je l'aurais tracée tendre et sévère à la fois, avec des boules Quiès dans les oreilles...

... En souvenir de Josiane, du temps des réunions de conseillers financiers de la Poste à Saint Dié des Vosges

Gratte-cul

On l'appelle “gratte-cul”... Et depuis tant et tant d'années dans cette petite ville des Vosges, il tient boutique au point le plus “stratégique” de cette ville... Mais ne voit jamais entrer personne dans sa boutique... En fait, sa boutique, ou plutôt la porte vitrée de sa boutique derrière laquelle il est assis... ou debout, est pour lui comme un point d'observation, une “vue plongeante” sur cette bonne ville des Vosges...

Des gens de la ville racontent qu'à l'âge de trois ans il avait encore des couches, et que sa mère lui faisait faire le tour de la place, attaché comme un chien à une corde...

Un jeune homme “beloud” qu'il a été, disent-ils aussi, les gens, les gens de sa génération...

Alors les filles, c'était pas pour lui! Et pourtant il est riche! Il a hérité!

Riche mais seul, toujours habillé pareil... Une vie de riens, sans aucun “extra”...

Et quand il ne sera plus, la grand rue -et toute la ville – aura perdu l'un de ses orphelins... cousu d'or mais déconsidéré, englouti dans la “petite histoire” que les Historiens n'écrivent jamais – sauf peut-être les écrivains de terroir...

... “gratte-cul”... Mais il est musicien et homme de grande culture. Il ne parle à personne (en fait personne ou presque ne lui parle)...

Mais moi, le type du guichet de la poste de cette ville à l'époque, je lui parlais, et il me parlait...

[ A un ami Vosgien dont la vie en 2009 n'a guère changé...]

Les filles des années 70

Elles avaient toutes, vu “Le docteur Jivago”, visité la cathédrale de Strasbourg, elles étaient pour bon nombre d'entre elles, catholiques pratiquantes, souvent timides, aimant la lecture et le tricot, les promenades en forêt... Elles avaient toutes “une peur bleue du grand méchant loup”, elles préparaient un trousseau pour “quand elles se marieraient”, avaient un “coquet livret d'épargne” ; elles étaient “mademoiselle joliment arrangée dans un petit studio”, rêvaient d'une belle maison, d'un bon mari gagnant bien sa vie, voulaient des enfants, un grand chien ou peut-être même un cheval ; ne se rendaient jamais aux manifestations et ne faisaient pas grève, aspiraient à une meilleure promotion dans leur travail...

Et pourtant leurs tartinettes battaient comme des castagnettes sous de beaux rêves tendres si joliment guirlandés de petits dessous...

Quel crétin ce Jean-Charles! Lui qui rêvait – cet anarchiste et poète incurable qui ne possédait qu'un sac à dos et un vélo et qui n'habitait au jour le jour que dans des auberges de jeunesse – lui qui rêvait à s'en faire des cartes de France dans ses culottes – d'une fille “bien”... Il en avait trouvé une, chic et classe, gentille à en crever de régal, et pas emmerdante pour deux sous question principes, bondieuseries et autres “sens-du-monderies chocolat-glacetées à flanquer la colique trois jours après” ... Elle s'appelait Craqueline et elle était infirmière dans un hôpital de banlieue pourrie...

Le Jean-Charles, il avait été reçu dans la famille de Craqueline, et invité, et écouté car il était poète... Et la Craqueline avec sa frêle silhouette, son joli visage, ses fringues chic, sa petite voiture, et sa “vision du monde” si peu dérangeante, et sa gentillesse de fille simple... Elle “en pinçait” ma foi, pour le Jean-Charles!

Un jour elle l'avait accompagné jusque sur le quai du port d'embarquement : il se rendait en Angleterre par le ferry avec son vélo.

... Quel crétin ce Jean-Charles! Il ne lui a même pas envoyé une carte postale, depuis le fin fond des High-Lands ou de la verte Erin!

... Et quelques années plus tard lors d'un “coup de blues” un jour de pluie, claquemuré dans sa piaule et aux prises avec une solitude viscérale, il s'était décidé à lui écrire une lettre de dix pages, ayant retrouvé son adresse dans un vieux carnet... Une lettre qu'il soigna, qui fut presque un “monument littéraire”... Mais à laquelle il n'eut jamais de réponse...

[En souvenir de Jean-Charles, un copain anarchiste et poète, sac à dos et vélo, qui revenait de Grèce où il avait vendu son sang pour acheter à bouffer, et rencontré au centre de tri postal PLM à Paris... Il a fini par en trouver une, par annonce, dans une agence matrimoniale catholique et “bien pensante”. Il m'a invité un jour chez lui, présenté sa femme... qui effectivement, était “très chic, très simple, très gentille et pas emmerdante du tout, avec un joli visage... Et catholique pratiquante]

mercredi, octobre 21 2009

Un premier mai à la CGT

Un premier mai de la CGT

A Senones, un dimanche en 1983...

Trois semaines auparavant j'avais dit à ma femme : “Si nous n'avons rien dans le frigo ce jour là, nous irons à Senones où la CGT organise une manifestation populaire et propose un repas”.

Tel était le programme de cette mémorable journée : un apéritif en plein air, avec un grand discours pour commencer, sur la place du bourg, puis un repas en commun autour de longues tables, et diverses manifestations ou expositions, ventes de livres et de gadgets...

J'avais envoyé mon bulletin de participation au siège de la Fédération à Epinal. Cinquante francs pour le repas (par personne). Et je m'étais encore inquiété de savoir si pour mon fils de trois ans, je devais aussi donner cinquante francs...

Au jour dit, par un beau soleil nous arrivons à Senones le coeur en fête. Un rapide tour de ville et nous voilà sur la place puis dans la rue principale... Aucune décoration, pas de musique, pas d'affiches... Renseignement pris, il y avait bien en effet sur la place de la mairie, quelques baraquements : la guitoune de l'apéro, un modeste chapiteau, une tribune découverte et tout de même... pas mal de monde!

Nous débarquons ma femme et moi, avec nos “idées de gauche” voire un peu “anar sur les bords”, la bouche en coeur, l'âme en liesse... J'achète à un “vieux camarade” au visage noueux et ravagé un brin de muguet rachitique – qui “schmuctait que dalle” - avec trois clochettes minables... “Y'en avait presque plus à cette heure, du muguet, tout était liquidé” qu'ils ont dit les mecs!

Et l'apéro quelle affaire! C'était “à l'oeil”... mais fallait voir! Une bousculade monstre, enfin je parvins à me faufiler jusqu'au comptoir en planches. Un demi doigt de Suze, de Martini ou un quart de rouge au choix... Et deux ou trois assiettes de pique-nique emplies de sortes de frites sucrées.

Une “faune hétéroclite” d'humains coiffés pour la plupart de casquettes et scotchés aux pulls et aux vestons de badges rouges ; quelques clodos du coin qui s'étaient donné rendez-vous, des poivrots “piliers de bistrot” tout heureux de se “rincer la gueule à l'oeil”... Et tout de même... quelques filles chic, bien sapées, de jolies femmes, un peu de “beau monde quoi!”...

A l'heure présumée du repas nous approchons du lieu du festin... Au premier étage, au réfectoire du collège.

Nous arrivons, de nombreuses personnes avaient pris place et certaines en étaient déjà au dessert, au fromage... Une fille au visage chevalin et aux longues dents, enveloppée d'un immense tablier à carreaux, nous place au fond de la salle. Nous attendons vingt minutes et v'là le “casse-dalle” qui se radine : salade de crudités portion ultra congrue, cassoulet en boîte William Saurin... Et au dessert, plus de fromage (il n'y en avait plus), plus de salade, mais en remplacement, une glace en carton comme un pot de yaourt aplati... Et le pinard : dix francs, en sus et servi dans une carafe de 50cl à moitié pleine (du “gros rouge” à 10 degrés du “Père Mathieu”)...

Pour finir nous attendîmes le café – qui ne vint pas – suivant de nos yeux les allées et venues de trois ou quatre serveuses bénévoles... De “petites jeunettes” en mini jupe aux cuisses comme des troncs d'épicéa et chaussées de bottines en plastique.

Avec ma femme on s'est regardés : nous étions tout tristes et tout déconfits... Elle avait mis une belle robe ; on arrive là dedans de tout notre coeur et de toute notre âme, des idées de fraternité plein les poches, pensant trouver chaleur humaine, réconfort et vraie communication... et au lieu de tout cela, nous tombions dans une ambiance “t'as pas cent balles”!

Arnaqués de première, on nous avait glouglouté notre gentillesse avant même que nous l'exprimions!

Dans l'après-midi le temps se gâta, il fit vent et froid, une bise glaciale et de gros nuages menaçants prirent d'assaut le ciel radieux du matin qui se mit à rétrécir encore plus vite que notre enthousiasme initial. Nous nous réfugiâmes sous une toile de cirque battue par la bise au milieu de la place : étalage de bouquins, de revues et de journaux ; discours de quelques leaders...

Vers 5h de l'après midi fut annoncé un théâtre de guignol devant lequel tous les enfants et leurs parents prirent place, assis à même le sol (heureusement il ne pleuvait pas)... Les marionnettes représentaient des personnages historiques, un Louis XVI ventripotent, des nobles ficelés comme des saucissons dans un char à boeufs et conduits à la guillotine...

Et en fin d'après midi, bal populaire sur la place.

Une musique pop, boum zing krak, un vacarme de tous les diables, une sonorisation catastrophique... personne ne dansait ; les mecs et les nanas juchés sur des mobs bricolées, ou affalés dans la tribune, sirotaient des canettes de bière ou de coca...

Nous avons filé, ni vu ni connu...

... En 2009 je cotise toujours à la CGT... Mais je n'y crois plus. Surtout depuis que Bernard Thibaut est plus souvent, beaucoup plus souvent à l'Elysée que dans les manifestations...

Je suis de “la ligne dure”... Pas même de celle des “plus jusqu'au-boutistes” qui pour leur part n'ont qu'un seul mot d'ordre, le rapport de force... Certes le rapport de force, je suis “pour”... Mais cela ne suffit pas. Les petites grèves de 24h (qui d'ailleurs ne sont suivies qu'à 50% dans le meilleur des cas), les actions individuelles et sporadiques, les grandes manifestations dans toutes les villes de france avec leurs éternels mots d'ordre (et ce qu'il a de carnavalesque en elles)... Je n'y souscris plus. J'en ai assez de “battre le pavé” au milieu de gens qui en réalité se sont pour chacun d'entre eux d'une manière ou d'une autre vautré dans le “Système” pour autant que ce Système leur convenait encore tel qu'il était... A présent le Système se montre sous son vrai visage, le plus effrayant, le plus menaçant, le plus insolent et le plus injuste... D'où autant de monde dans la rue, autant d'actions plus violentes et plus spontanées...

Si au moins les centrales syndicales suivies par l'ensemble des salariés et du monde du travail en totalité, décidaient la grève générale et illimitée (que tout s'arrête, que plus rien ne fonctionne)... Peut-être que l'on aboutirait déjà à de vraies négociations, et pas seulement à des dispositions qui en définitive arrangent surtout ceux qui détiennent le pouvoir et la finance...

Si je cotise encore à la CGT, c'est uniquement pour garder le contact avec mes copains de la Poste, des Landes ou des Vosges... que j'aime bien rencontrer lors de réunions amicales une ou deux fois par an...

... Ce n'est pas comme au 1er mai à Senones en 1983 : pour le repas ils ne demandent que 5 euro de participation, et le pastis est offert... Et y'a la convivialité!... Et des femmes chic qui ne prennent pas une ride sur leur visage...

dimanche, août 2 2009

Tu ne dis jamais rien

Tu ne dis jamais rien

Tout en haut de la façade du bâtiment de la FNAC à Sélestat (Bas Rhin) l'on pouvait lire en très gros caractères bien visibles jusqu'à bonne distance, ce samedi 1er Août 2009 – et j'imagine que cette énorme inscription sur une longue et large bande de drap (d'environ 4 mètres) devait être là depuis quelques jours déjà – l'on pouvait donc lire ceci :

TU NE DIS JAMAIS RIEN

Il me vint alors l'idée en lisant cela – ou plutôt j'imaginai – qu'une grande échelle aurait pu se trouver à proximité de la façade du bâtiment de la FNAC, et que, comme par hasard, j'aurais été muni d'une bombe d'encre noire indélébile...

Je serais monté jusqu'en haut de l'échelle et atteignant la bande de drap, j'aurais écrit en “encore plus gros” juste au dessous :

SI, JE DIS QUELQUE CHOSE! JE NE FAIS MEME QUE CELA! ET C'EST TOI QUI NE REPOND JAMAIS!

Et j'avais à ce moment là, cette colère, cette rage, cette détermination farouche, ce cri en moi qui sélevait jusqu'à crever le ciel tout bleu, insolemment bleu... Et je levai le poing, je tambourinai à la porte de ce ciel immobile et fuyant dans la chaleur de ce jour d'été... J'aurai voulu le retenir ce ciel, lui arracher les ailes qu'il tenait cachées derrière son dos!

... Puis la colère comme toutes les colères de ma vie se perdit dans une sorte de lumière blanche venue de visages, les visages aujourd'hui, de ce jeune marié et de cette jeune mariée du samedi 1er Août 2009 devant l'église de Sélestat...

Je venais aussi de me dire – par je ne sais quelle intuition ou quel sentiment, par ce qui transparaissait des visages de ces jeunes personnes – que ces mariés là ne se sépareraient sans doute jamais et vieilliraient ensemble...

Toutes les colères finissent par se perdre dans une sorte de lumière blanche... Les colères qui ne se perdent pas sont des haines... Ou des chaînes de souffrance en nous.

mercredi, juillet 29 2009

Elle, elle, elle...

Elle, c'est Colette, une amie...

Je l'évoquai une ou deux fois dans mes écrits... Dans un ou deux (ou trois) de mes textes (sans doute en 2005)... Mais je ne la nommai point...

Faut-il nommer les gens qu'on aime pour les “éterniser” en les écrivant ?

Est-ce que par exemple, tel petit garçon ou petite fille de l'an mille, sans autre nom qu'un sobriquet, gardien de chèvres dans un village pyrénéen ou de montagne noire... Et raconteur de très belles histoires aux veillées, ou joueur de flûte... Peut “passer à l'éternité” par la plume d'un homme ou d'une femme d'écriture du 21ème siècle? Sans nom, totalement anonyme et petit être des plus ordinaires en ce monde?

Elle, elle, elle...

Née le 21 juillet 1946, disparue le 22 juillet 2009 lors d'un accident de la circulation. Heurtée par un camion sur un passage pour piétons à Barbazan, zone artisanale et commerciale de Bruyères dans les Vosges...

Elle, elle, elle...

Du temps d'Elle autant que je me souvienne, passaient les jours, des jours qui jamais ne se ressemblaient vraiment, des jours comme au milieu d'un grand océan sans l'idée d'un port hier ou avant hier, sans l'idée du milieu de l'océan, sans l'idée d'un port demain ou après demain...

Des jours intemporels dans une immensité toute bruissante et animée de nos paroles et de nos rires, et des pensées que nous avions ensemble, à ses côtés... Venaient toujours jusqu'au plus haut du ciel à l'heure de midi, ce visage de lumière, ce regard empli de chaleur, qui dès le matin irradiaient et chantaient la vie ; ce visage comme un soleil s'en allant dormir de l'autre côté de l'horizon – mais pas toujours à la même heure- un soleil que jamais au grand jamais l'on eût pu penser qu'il ne réapparaisse point au matin...

Elle, elle, elle...

Et c'est son rire que j'entends... Son rire à nul autre pareil... Un rire de gamine des rues ou des prés, devant un panneau d'interdiction impromptu et sans doute inutile ; un rire sautant hardiment quelque barrière... Et ce rire là est une des plus belles musiques que j'aie jamais entendues dans ma vie...

Elle, elle, elle...

Elle que “j'éternise” de ma plume d'homme d'écriture...

Elle que de mon vivant je ne reverrai plus mais dont le visage de lumière et le rire de gamine des rues ou des prés, dans ces jours transparents et vibrant de chaleur comme la surface d'un grand océan sous les tropiques, n'auront jamais ni d'autrefois, ni d'aujourd'hui ni de demain...

Car en sa présence aucun jour ne ressemblait à un autre jour, et c'était – et c'est encore – un jour infini au regard comme un soleil faisant le tour du ciel et revenant toujours...

Un regard qui nous “existait” plutôt qu'il ne “s'existait”...

... Colette, chère Colette, amie de jeunesse de ma femme, notre amie... Que de discussions ensemble, toutes aussi passionnantes les unes que les autres, n'avons nous pas eues, lors de ces promenades “sur les hauts” Vosgiens, que nous faisions si souvent... Et à chaque fois que nous nous voyions pour un soir, pour une fête, un anniversaire ? C'était, oui, “intemporel” et les jours “étaient comme un seul jour”!

lundi, juillet 27 2009

Le voyage en Norvège, journal de bord, itinéraire, lieux visités...

L'itinéraire complet du voyage

Dimanche 14 juin

Départ de La Chapelle devant Bruyères (Vosges) à 6h 15... Latitude 48,5 degrés Nord.

Traversée de l'Allemagne par les autoroutes : Strasbourg – Pont de Kehl – Karlsruhe – Frankfort – Kassel – Hanover - Hambourg – Lubeck. Arrêt au camping de Neustadt en direction de Puttgarden.

Dormi sous la tente (une petite Quechua 2 places). 54 degrés de latitude Nord. Beau temps la journée entière, mais vent Nord Est modéré et frais...

Lundi 15 juin

Départ du camping de Neustadt (où il faisait déjà grand jour dès 4h du matin) – Embarquement sur le ferry à Puttgarden (64 Euro) la traversée jusqu'à Rodby dure 50 minutes. Ce ferry (international) est un véritable “casino flottant” avec tout ce que propose comme gadgets et jeux et produits de luxe ou d'usage courant, wisky, cigarettes etc. la société de consommation touristique...

Rodby – Kobenhavn – le pont géant reliant Malmö – Malmö – arrêt à Falkenberg sur la côte Sud ouest de la Suède. 57 degrés de latitude Nord. Camping sous tente, beau temps toute la journée, vent Nord Est frais...

Mardi 16 juin

Départ du camping de Falkenberg (près de la plage) – Göteborg – passage de la frontière Norvégienne à Halden (autopass), retiré nos premiers “Noks” dans un distributeur de billets (un bourg après Halden) – Moss – contournement d'Oslo – puis direction Hamar (route 6). Arrêt à Tangen dans un petit camping (sous la tente). 59 degrés de latitude Nord. Beau temps toute la journée, vent Nord Est frais...

Mercredi 17 juin

Départ du camping à Tangen – Hamar – Lillehammer. 61 degrés de latitude Nord. Nous nous installons dans le grand camping de Lillehammer pour 2 nuits. Sous la tente. Beau temps assez chaud toute la journée, sans vent mais le soir le ciel se couvre rapidement...

Jeudi 18 juin

Journée passée à Lillehammer, temps pluvieux et froid jusque vers 15h. Le matin, centre commercial et galerie marchande (il pleuvait assez fort)... Après midi, visite des maisons de Maihaugen et le soir parcours dans les rues de la ville avec un peu de soleil revenu...

Vendredi 19 juin

Départ du camping de Lillehammer, route 6 puis route 27 à partir de Ringebu – Folldal – puis route 29 Alvdal – puis route 30 Tynset – Röros. 62,5 degrés de latitude Nord. Arrêt au camping de Hummelfjell (kommune de Tolga) à 26 km avant Röros. Là, nous avons pris un petit “hytter” pour 2 personnes et pour 2 nuits. Nuages, un peu de soleil, du vent assez frais, toute la journée...

Samedi 20 juin

Journée à Röros. Musée de la mine de cuivre. Maisons des mineurs (en bois et le toit recouvert de terre et de mousses et de végétation). Site minier (cuivre ,qui n'est plus en exploitation) à Olavsgruva au bout d'une route étroite et perdue sur un haut plateau désertique et rocheux battu par un vent... d'hiver! Quand j'ai vu ce paysage j'ai pensé qu'en Patagonie cela ne pouvait être pire! 900 m d'altitude, plaques de neige et de glace sur les massifs rocheux. Nous sommes descendus dans les galeries de la mine de cuivre et avons pris conscience des conditions de travail des mineurs... Temps pluvieux, froid et venteux toute la journée : comme un jour de décembre dans les Vosges! (la plus “moche” journée de ce voyage, en fait, au point de vue du temps!)...

Dimanche 21 juin

Départ du camping de Hummelfjell (kommune de Tolga) – Röros – Route 30 jusqu'à Stören – puis route 6 Stören – Heimdal – Trondheim 64 degrés latitude Nord – (à la sortie de Tronheim, panneau indicateur : Narvik 896 km et 2 tunnels à péage) – Stördal – Levanger – Steinkjer – Grong – Brekkvasselv – Arrêt au camping de Nyheim, à Namsskovan 65 degrés latitude Nord.

De Röros à Stören, région haute de montagnes et de vallées, puis paysages verdoyants avant et après Trondheim.

Temps : nuageux jusqu'à Heimdal vers 11h puis clair et ensoleillé ensuite. Au camping de Nyheim à Namsskovan, dormi sous tente et présence en soirée de nombreux moustiques (pas de vent et une température de 15 degrés)...

Lundi 22 juin

Départ du camping à Namsskovan – Trofors – Mosjöen – Moï Rana – arrivée au Cercle Polaire vers 16h 45. 66,33 degrés latitude Nord.

Paysages tout d'abord (jusqu'au delà de Moï Rana) de vallées étroites, de hauts massifs rocheux aux pentes couvertes de résineux (sapins, épicéas) et de bouleaux, crêtes enneigées, glacier au delà de Moï Rana, bien visible depuis la route 6.

Puis arrivée sur le haut plateau du Cercle Polaire : brusquement plus du tout de végétation, un paysage aride comme un désert de pierre, au relief tourmenté avec de nombreuses plaques de neige, des tourbes, des landes sèches et broussailleuses formées de très petits buisssons rampants épineux, des mousses et des lichens, et quelques ruisseaux de fonte des neiges. 692 m d'altitude. Température 18 degrés à 15h, mais 8 degrés à 19h, puis 5 avec vent modéré après 22h... Ensoleillé et clair, sans nuages toute la journée et jusqu'au lendemain matin le 23 juin...

Nous avons dormi (d'un seul oeil) dans la voiture sur le parking du Polar Senteret Cirkel, entre 2 camping-cars... La vue (nous étions orientés vers le Nord) était splendide et dans le lointain, la perspective était grandiose, avec la trajectoire inclinée du soleil “descendant” jusqu'à l'horizon puis “remontant” après 2h...

Mardi 23 juin

Départ du Polar Senteret Cirkel vers 5h et descente vers Fauske du plateau du Cercle Polaire (même paysage qu'après Moï Rana avant le plateau mais encore plus tourmenté et avec une rivière tumulteuse à chutes et cascades) – Fauske – Narvik – Gratangen – Sefermoen – Andselv – Arrêt au camping de Storsteinnes (à 380 km avant Alta) 69,2 degrés de latitude Nord. Dormi à Storsteinnes dans un hytter (celui là avec lavabo/douche/WC à l'intérieur et un peu plus cher que les autres, 450 Nok)...

Nombreux tunnels (comme à l'intérieur d'un gros intestin boursoufflé, et sombres) entre Fauske et Narvik ; un passage en ferry entre Bognes et Skarbengen (115 Nok), paysages de bords de lacs, de fjords et de hauts sommets en aiguilles et arrêtes et crêtes déchiquetées, de massifs rocheux imposants et découpés d'une altitude comprise en moyenne entre 1200 et 1500 m.

Très beau temps le matin puis nuageux ensuite, 15 degrés de température, pas de vent... Sombre et bien couvert le soir mais sans pluie...

Mercredi 24 juin

Départ de Storsteinnes (camping Sagelvatn) – Nordkjosbtn – Storfjord – Odden – baie de Kvaenangen – Arrivée à Alta 70 degrés latitude Nord. Le camping d'Alta est un important lieu de passage (et de séjour) très fréquenté par les touristes venus de toute l'Europe et se rendant ou revenant du Cap Nord... Même en juin ce camping est “archi plein” à partir de 20h... Etant donné le prix d'un emplacement pour une tente (telt) soit 240 Nok, nous avons opté pour un hytter à 390 Nok ( puisque nous sommes arrivés à Alta assez tôt, vers 18h)...

Beau temps toute la journée avec très peu de nuages, et 15 degrés à 17h. Vu le soleil à 2h en son point le plus bas (5 degrés d'angle au dessus de l'horizon) dans tout son éclat et diffusant une lumière rasante mais vive...

Jeudi 25 juin

Départ du Strand Camping à Alta avec une température de 19 degrés au matin sous un ciel entièrement couvert mais sans pluie... Vu les peintures rupestres autour du musée d'Alta dans un décor et en face d'un paysage immense de larges baies, de fjords et de montagnes crénelées. Ces dessins (directement tracés à l'origine sur de grands blocs de roches lisses, et restaurés) datent pour les uns de 5 à 6000 ans av JC, et pour les autres de 1500 av JC... Et représentent des scènes de la vie de l'époque, attestant que ces lieux “du bout du monde” étaient déjà habités...

... Alta – Olderfjord – puis quitté la route 6 pour la route 69 à Russenes, route qui mène à Honningsvag, puis de là, au Nordkapp en passant par un tunnel à péage (sous la mer) puis en montant sur un haut plateau “polaire” (totalement dépourvu de toute végétation et uniquement rocheux et au relief très tourmenté (fortes pentes, route étroite, ravins, crevasses, pics, sommets ou barrières de roches)... Soit trente et un kilomètres d'une piste bitumée fort étroite et assez périlleuse, en lacets...

Arrivée au Nordkapp 71,10 degrés de latitude Nord vers 20h 30. Jusqu'à 19h le ciel était bleu puis brusquement s'est levé le vent et sont venus les nuages bas et sombres, depuis l'océan Arctique... Température 6 degrés à 21h, puis 5 degrés après 22h... Le vent s'est renforcé jusqu'à souffler en rafales continues jusqu'à 140 km/h... Sous un ciel sombre et bas, d'épaisse couverture nuageuse “se déplaçant comme un troupeau de rennes ivres”...

Le paysage de ce bout de terre de l'extrémité de l'Europe (Mageröya) avec ses côtes à falaises déchiquetées, sa végétation (rare) de mousses sèches et brunes, son relief évoquant une concrétion de mâchoires et de carcasses d'animaux morts depuis des années, ses ravins aux parois verticales, ses crevasses et ses amas épars de pierres de toutes tailles... Ressemble sans doute à ce qui doit régner dans les environs du Cap Horn à l'extrémité australe de l'Amérique du Sud. Mais le Cap Nord de la Norvège n'a sûrement rien à voir avec le Cap Horn! Puisque l'électricité y arrive, ainsi que le téléphone et Internet! Seules, les conditions atmosphériques régnant ce 26 juin 2009 à 2h du matin au Nordkapp, ainsi que l'environnement purement naturel, peuvent être comparés à ce qui doit être au Cap Horn par un jour d'été austral, par exemple un 26 décembre froid, venteux et sombre de nuages...

Nous avons, tout comme sur le plateau du Cercle Polaire, dormi dans la voiture, sur le parking rocailleux du Nordkapp Senteret. Nous pouvions à peine ouvrir la portière de la voiture côté passager ou conducteur tant soufflait le vent, nous voyions les camping-cars devant nous qui tanguaient de droite et de gauche ; et lorsqu'une première fois nous tentâmes de franchir l'espace qui nous séparait de la ballustrade surplombant la falaise de 305 m au dessus de l'océan... Nous n'y parvîmes point, la respiration totalement coupée... Et ce n'est que vers 2h du matin dans une “accalmie” relative et très brève, que nous sommes arrivés – à grand peine – jusqu'à la ballustrade et que nous avons alors pu photographier “un petit bout du soleil” voilé derrière le rideau des nuages et une “pluie très serrée” de lumière orangée et flamboyante, tombant sur l'océan gris depuis une masse de nuages...

Tout en bas du promontoire rocheux et de la falaise à pic, à 305 m en dessous, en face... A perte de vue... L'immensité de l'océan Arctique, sans icebergs, sans aucune trace ou ligne au loin, de banquise...

Après réflexion, j'ai pensé que d'avoir vu le “soleil de minuit” au Nordkapp, dans les conditions météorologiques de ce jour là... C'était encore plus beau et plus émouvant que de l'avoir vu sous un ciel dégagé et tout bleu et sans vent...

Nous avons rencontré au Norkapp Senteret dans la cafétéria, le lendemain matin de ce 25 juin, un jeune Espagnol travaillant ici au Senteret comme cuisinier ( 200 000 visiteurs du monde entier, par an et même l'hiver pour les aurores boréales)... Qui nous a dit “Si vous étiez venus le 23 juin – soit 2 jours plus tôt- vous auriez vu le soleil de minuit dans tout son éclat, car il n'y avait aucun nuage, et pas du tout de vent et il faisait 14 degrés”...

Vendredi 26 juin

Départ du Nordkapp à 9h 10. Honningsvag – tunnel sous la mer – Russenes – Skaidi – Alta – Arrêt à Altafjord camping (hytter), 100 km environ après Alta vers Narvik.

Vent fort et nuageux le matin, ciel bleu après 11h, température 6 degrés puis 13 ensuite...

Samedi 27 juin

Départ de Altafjord camping – Burfjord – Sörkjosen – Djupvik – Olderdalen – Skibotn – Oteren – Andselv – Arrêt camping de Fosseng ( kommune de Fossbaken). Sous la tente.

La côte, d'Alta à Oteren : d'immenses chaînes et massifs très découpés, recouverts de neige sur les crêtes, ressemblant à d'énormes icebergs noirs sortis de la mer ou enserrant les fjords... Longs contournements de baies et fjords, et tunnels nombreux...

Beau temps la journée puis nuageux le soir. Au camping de Fosseng les moustiques étaient agressifs...

Dimanche 28 juin

Départ du camping de Fosseng – Gratangen – Bjerkvik – puis route 10 (la route qui traverse les Lofoten) – Bogen – Evenskjaer – Lödingen – Sortland – puis la route 82 jusqu'à Andenes au camping à l'entrée du bourg. Ce camping est situé en bordure de la plage (sable blanc et gris). En face et à perte de vue c'est la mer de Norvège, nous sommes là à l'extrémité des Vesteralen par 69 degrés latitude Nord. D'Andenes partent les chasseurs de baleines mais aussi des bateaux remplis de touristes pour “voir les baleines” au large... A une soixantaine de milles marins des Lofoten, en traversant cette partie de l'Atlantique Nord, la mer de Norvège, c'est l'Islande...

Nous installons la petite tente Quechua pour deux nuits au camping d'Andenes... Qui est très occupé, et même par des campeurs sous tentes...

Nuageux et sombre le matin, puis grand soleil et fraîcheur ensuite...

Lundi 29 juin

Journée à Andenes. Ciel couvert jusqu'à midi, et soleil ensuite... Andenes est une ville de pêcheurs et aussi une base de l'OTAN. (D'où présence d'Internet haut débit et antennes de téléphonie mobile et télécommunications avec transmission réception de grande qualité)...

Aux 16ème et 17ème siècle, partaient d'Andenes les baleiniers. Visite du centre des Auréoles Boréales au matin, puis l'après midi du centre baleinier...

Au camping vers 21h arrive un grand car Finlandais transportant une quarantaine de touristes Anglais : les gens sortent des soutes du car tout le campement et tous leurs sacs, montent un énorme chapiteau sur l'herbe, puis autour du chapiteau, une vingtaine de tentes. Ils étalent tout leur barda, des bancs, des fauteuils pliants, des réchauds, des fûts emplis d'eau, des caisses de nourriture, de la vaisselle... Ils sont venus “voir le soleil de minuit” aux Lofoten et repartiront le lendemain matin...

Notre petite Quechua était “perdue au milieu de toutes ces tentes de touristes Anglais, de couleur orange et de mêmes dimensions”... Mais ils ont “bien dormi” (sans doute assez fatigués) après 2h du matin, moment où le soleil brillait dans tout son éclat au dessus de la mer à 4 degrés d'angle au dessus de l'horizon (point le plus bas) et diffusant une lumière rasante...

Par contre aux douches WC lavabos, quelle “folie”, jusqu'à minuit passé!

Mardi 30 juin

A 9h 20 départ du camping d'Andenes – Risöyhamn par Bleik (l'autre route côté mer de Norvège) – Sortland – puis route 10 Stokmarknes – Melbu – ferry pour Fiskeböl – route 10 Svolvaer – arrêt à Lyngvaer camping de Bobilcamp. Dressé la tente seulement vers 0h 30 (en pleine clarté diurne à cette heure) après avoir visité un petit bourg de pêcheurs aux maisons en bois, retiré au bout d'une route accidentée ; et pris un repas le soir dans un restaurant du port (une soupe de poissons Norvégienne)...

Beau temps (presque “chaud”) jusqu'au soir...

Mercredi 1er juillet

La tente au camping de Bobilcamp étant installée pour 2 nuits, journée aller/retour jusqu'à Moskenes (extrémité Sud des Lofoten)...

Une affluence considérable et ininterrompue sur la route (parfois étroite et accidentée à travers un paysage déchiré et maritime) de voitures avec caravanes, camping-cars, cyclistes lourdement chargés et motocyclistes... Toutes les aires de stationnement (de repos ou avec vue sur les baies et fjords et montagnes abruptes) se trouvaient “prises d'assaut” et quasi inabordables... Et quelle cohue dans les campings environnants!

A Leknes visite de la grande maison communautaire (restaurée telle qu'elle existait dans le temps) des Vikings... A ce sujet je ne rends pas hommage au “Routard” qui dit que ce site n'est pas “représentatif” (et que c'est artificiel et peu véridique)... Au contraire, j'ai trouvé “très instructif” et “vrai”... (Sauf bien sûr l'inévitable “boutique à touristes” que l'on rencontre partout en tout lieu de visite, musée ou site historique, ou lieu “mythique” de passage)...

Retour le soir au camping Bobilcamp (un petit camping très sympathique avec un très beau panorama en face, et dans lequel on ne se sentait pas “pressé comme des sardines dans une boîte”en dépit du nombre de campeurs, de caravanes et camping-cars les uns à côté des autres)... J'ai d'ailleurs “signé” dans le livre d'or de ce camping...

Nuageux, froid, vent, pluie fine le matin, puis éclairicies le soir et nuit claire... (A noter qu'à cette latitude début juillet, il n'y a pas du tout la moindre ombre de nuit et que l'on y voit clair à minuit comme à midi)...

Jeudi 2 juillet

Départ du camping Bobilcamp – Svolvaer – (tenté passage ferry pour Skutvik mais l'attente était trop longue, seulement 2 ou 3 passages quotidiens à cet endroit là) – Lödingen par la route 10 (côté tunnels) – Bognes – (par le ferry) puis route 6 jusqu'à Fauske. Arrêt au camping de Fauske où nous avons pris un hytter (nous étions un peu fatigués après 4 jours de “telt”... (le hytter ne coûtait ici que 250 Nok et il y avait au camping de Fauske (en plein bois de bouleaux et de sapins) Internet Wifi dans d'excellentes conditions...

Beau temps toute la journée, avec nuages épars...

Vendredi 3 juillet

Départ du camping de Fauske – passage retour au Cercle Polaire vers 11h (très beau temps, pas de vent et température 18 degrés) – Moï Rana – Mosjöen – Trofors – Arrêt au camping de Storforsen kommune de Grane (tente)...

Beau temps toute la journée.

Samedi 4 juillet

Départ du camping de Storforsen (Grane) – Trondheim (que nous devions visiter mais que finalement nous avons contourné) – Et oui, car si l'on reste partout 2 ou 3 jours voire 4 l'été n'y suffirait pas et il faut bien “faire des choix” - suivi la route 6 en direction de Stören et arrêt dans un camping à l'écart de la route 6 à Valdöyan, site vacancier de pêcheurs surtout fréquenté par des Norvégiens. Il y a là une large et tumultueuse rivière à saumons.

Il n'y avait pas d'emplacement tentes et nous avons du opter pour une “rom” (chambre à deux ou à plusieurs comme dans un hytter mais dans un bâtiment (une grange aménagée) avec cuisine, séjour, douches lavabos WC collectifs (style auberge de jeunesse). A noter qu'ici, pas de différence entre femmes et hommes : WC, douches lavabos communs! Et il avait des enfants, petits, adolescents, filles et garçons! Mais nous pouvions prendre de l'eau dans une cuvette et faire notre toilette “complète” enfermé dans la “rom”! (Un peu surprenant, ce style d'hébergement!)... 300 Nok payés en espèces et sans reçu... Mais cela avait l'air “très familial, très sympa et très détendu sans aucun problème!”

Temps : alternance de soleil et de passages nuageux avec petit vent frais...

Dimanche 5 juillet

Départ du camping de Valdöyan – rejoint la route 6 vers Trondheim jusqu'à Melhus – puis bifurqué route 39 et ensuite route 65 – Rindal – Skei – Halsa – ferry entre Halsa et Kanestraum – route 39 Molde – ferry entre Molde et Vestnes – Sjöholt – Alesund. Arrêt au camping de Voldsdalen (hytter à 350 Nok où nous nous installons pour 2 jours. Le camping était “plein comme un oeuf” et c'est une chance d'avoir pu obtenir encore un hytter à l'heure où nous sommes arrivés.

A Alesund du 8 au 11 juillet devait se dérouler un grand festival nautique (et une fête) très prisé par les Norvégiens. Il y avait donc énormément de Norvégiens au camping (tentes de toutes tailles avec caravanes, camping-cars et familles entières)...

Temps : alternance de soleil et de passages nuageux.

Lundi 6 juillet

Journée à Alesund. Au centre ville à pied (3 km). Il est “risqué” de s'aventurer en voiture dans les villes en Norvège : parkings uniquement à pièces et limités à 2h de stationnement entre 9h et 17h (gratuits ensuite), parkings centres commerciaux et souterrains seulement dans les très grandes villes et “assez chers” (200 Nok pour 24h)... Et la “Politi” veille : fourrière automatique si infraction!

La ville d'Alesund (longuement étirée sur une presqu'île en forme d'hameçon) fut reconstruite après un incendie en 1903 et les maisons y sont de style “Art Nouveau” (période 1890-1910)...

Dans l'après midi nous avons rejoint à l'autre bout de la ville (5km encore à pied) l'Atlantic Center (un site océanographique avec aquariums géants et toutes sortes de poissons)...

Temps : alternance soleil, passages nuageux, vent modéré et frais...

Mardi 7 juillet

Départ du camping d'Alesund – route 39 jusqu'à Söholt – puis route 650 (tortueuse, accidentée et en partie, au départ, longeant le fjord de Geiranger (80 km de long) – 2 tunnels avant Stordal (“intestingrêliquels” et sombres comme des fonds de puits éclairés à la bougie) – Un passage court sur un petit ferry entre Linge et Eidsdal – puis longue et vertigineuse montée au dessus du fjord, et descente encore plus vertigineuse par une route en 11 lacets jusqu'à Geiranger située à l'extrémité du fjord...

Le fjord de Geiranger (l'un des plus beaux, des plus spectaculaires, des plus profonds de toute la Norvège, est de loin le lieu le plus visité : 600 000 touristes par an (dont la quasi totalité en juin et juillet)... L'on y voit du matin 10h au soir 17h d'énormes bateaux de croisière stationner sur le fjord devant le petit port du bourg (de seulement 350 habitants permanents). Depuis les hauteurs environnantes cela “fait drôle” de voir plaqués sur une eau si lisse ces énormes navires de croisière (il est vrai que la profondeur du fjord atteint par endroits 200m)... Des centaines de gens, du monde entier, (dont beaucoup d'asiatiques) descendent par péniches de débarquement sur les quais du port et se hasardent pendant 4heures de temps sur les chemins de promenade autour du bourg (chemins de haute montagne très “périlleux” et difficiles d'accès, à très fortes pentes)... Un grand hôtel (ultra moderne) reçoit chaque jour des colonies de visiteurs en cars climatisés (presque tous des “vieux”)...

Il y a trois campings autour de Geiranger (qui sont en juillet, “archi pleins” y compris les “hytter grand standing” à 950 Nok la journée!)

Arrivée au camping de Vinje (l'un des 3) à Geiranger, donc, vers 13h et à cette heure là nous avons pu choisir un emplacement pour notre Quechua...

Temps : soleil, nuages, vent...

Mercredi 8 juillet

Journée à Geiranger. Le matin promenade 5km environ suivant l'un de ces chemins de montagne jusqu'à un promontoire élevé d'où l'on pouvait apercevoir une grande partie du fjord. Les pentes, raides et rugueuses et souvent déchiquetées ou coupées de longues crevasses dans lesquelles le soleil ne pénètre jamais, conduisent depuis les bords du fjord vers des sommets aigüs à 1800 m d'altitude, couverts de neige et de glaciers. Cela donne une idée de la dénivellation “extrême” qu'il y a entre le niveau de la mer (niveau du fjord) et les plus hauts sommets...

L'après midi, petite croisière (pour 240 Nok par personne) d'une durée d'une heure trente, à bord d'un bateau (qui n'avait rien à voir avec l'un de ces “monstres touristiques” que sont les navires de croisière internationnaux) le long du fjord de Geiranger jusqu'à la confluence avec une autre partie du fjord... Sur des promontoires dont se demandait comment et par quel chemin on pouvait les atteindre, situés à 1000 m ou plus au dessus du fjord, l'on apercevait des maisons en bois au toit recouvert de végétation , petites fermes isolées perdues dans la montagne... Qui étaient encore habitées au début du siècle dernier...

Temps : nuageux et pluie fine le matin, puis ensoleillé avec passages nuageux et vent assez frais ensuite...

Jeudi 9 juillet

Départ du camping de Vinje à Geiranger – Route 63 (acrobatique avec nombreux lacets et étroite, et même périlleuse) jusque sur des hauteurs désolées et polaires recouvertes de végétation basse et épineuse, de tourbes, de lichens, de rocaille, de plaques de neige et de petits glaciers (on se serait cru dans le Sud des Andes, ou dans le massif du Mont Blanc ou encore du côté du Puymorens et de l'Envalira dans les Pyrénées, lorsque règnent en ces contrées “du bout du monde” des conditions météorologiques un peu sévères dans un été hivernal... Puis nous avons bifurqué sur la route 15 vers Stryn – puis route 60 Olden – Byrkjelo – rejoint la route 39 Skei – Förde – Vadheim – Lavik – Knarvik – et enfin Bergen.

Arrêt à Lone Camping (un très grand camping international) où nous avons dressé la tente...

Temps : nuageux et vent le matin, puis éclaircies et ciel bleu ensuite...

Vendredi 10 juillet

Bus 83 (avec un changement en cours de route) pour nous rendre de Lone Camping jusqu'au centre de Bergen.

Le port, la ville en bois, Bryggen, tour de ville en petit train (avec traduction audio en Français) et promenade dans les rues et les quartiers de Bergen... Repas de poisson et de frites pris sous un étal du marché aux poissons...

Beau temps toute la journée, température 26 degrés, sans vent...

Nous pensions rester un jour encore de plus à Bergen, mais au camping promiscuité et fatigue se faisaient sentir après plus de 4 semaines de voyage, d'autant plus qu'à côté de nous campaient sous une haute et vaste tente d'indien de jeunes et bruyants Norvégiens discutant fort tard dans la nuit... (les boules Quiès n'ont pas suffi!)...

Samedi 11 juillet

Départ vers 11h de Lone Camping, par une température de 24 degrés – traversé tout le centre ville de Bergen (absence d'information de direction) pour rejoindre la route 16 vers Voss – puis bifurqué route 7 (route touristique de Bergen à Oslo) – Tysse – Oystese – Alvik – Granvin – passage en ferry Bruravik – cette route 7 après Bruravik traverse les hauts plateaux désolés et aussi “polaires” que ceux du Finmark, soit toute la contrée du Hardangervidda et du Hallingskanver (glacier de Hardangerjökulen), 1862 m altitude) – Al – arrêt au camping de Al Folkepark (en hytter)...

Le plateau de la Hardangervidda est un lieu de promenades en ski de fond (et aussi un lieu de séjour de vacances en été pour bon nombre de Norvégiens venus d'Oslo ou de Bergen ou d'ailleurs). Par endroits, en pleine désolation polaire, alors que troupeaux de rennes sauvages tout comme au Finmark traversent les étendues rocheuses, les tourbes et les champs de rocaille, l'on aperçoit de rudimentaires chalets ou même des camps de vacances en bâtiments de bois, dans lesquels séjournent les Norvégiens épris d'aventure, de sports d'hiver et de randonnées pédestres...

Ce plateau est aussi le lieu de passage entre l'Est et l'Ouest... Et couvre une superficie de 3400 kilomètres carrés...

Soleil, nuages, et vent fort et froid sur le plateau, température 8 degrés...

Dimanche 12 juillet

Vers 10h départ du camping de Al Folkepark – route 7 – Geilol – Hol – Gol – Nesbyen – Flâ – Hönefoss – Oslo.

Arrivée à Oslo vers 16h 30. Nous “débarquons” à Fjordcamping situé à 6 km au Sud d'Oslo à côté de la route 6 (autoroute) en direction de Göteborg.

Mais ce camping est “minable” (installations sanitaires d'un “autre âge” et digne d'un pays du “tiers monde” avec douches seulement séparées par une toile cirée, au sol de lino crasseux et fendu, WC lamentables, réchaud cuisine à gaz et tout noir de fumées et de graisse, fuites d'eau douches et lavabos, deux lavabos hors d'usage, urinoirs bouchés... Et dans un local en panneaux préfabriqués genre Soconatra à moitié pourri recouvert de feuillages brunis et de poussière)... C'était à peine si 3 ou 4 hommes ou femmes à la fois pouvaient tenir dans ce “boui-boui” de “bidonville” pour une toilette forcément sommaire et dans d'inconfortables conditions d'hygiène sans aucune intimité possible...

Dans ce camping ne séjournaient au demeurant, que des Roumains, des Russes, des Espagnols et des Africains du Centre de Main d'Oeuvre situé à proximité, dans des caravanes ou sous des tentes du genre “camp volant” ... Et quelques touristes égarés... Le gérant du camping (un Asiatique “Norvégiénisé”) nous a tout de même demandé 250 Nok pour un emplacement de “telt” pour une nuit!

Nous ne sommes donc restés qu'une seule nuit dans ce camping minable et surpeuplé... Au matin à la première heure nous “mettions les voiles”...

Temps : soleil, nuages, vent... Température 14 degrés...

Lundi 13 juillet

Nous avons traversé Oslo par le “Sentrum” pour rejoindre le camping de Bogstad, situé à 9 km au Nord Ouest d'Oslo. Par bonheur, depuis le “Sentrum”, le parcours jusqu'au camping était bien fléché... Mais que de détours, de rond-points, de carrefours, de bifurcations! Une heure pour y parvenir! Il est vrai qu'à Oslo comme dans toutes les villes Norvégiennes, l'on s'arrête systématiquement à tous les passages piétons, l'on roule à 40 ou 30 aux lieux de passage dans les rues commerçantes (mais il n'y a jamais d'embouteillages comme à Paris ou à Bordeaux).

Impressionnant la structure auroroutière et de circulation à voies multiples et directionnelles, pour une ville de 548 000 habitants!

Les bus et les taxis, eux, ont une voie spéciale, rapide et ne sont pas tenus apparemment, de respecter strictement les limitations de vitesse... Aussi est-il très commode (et rapide) d'emprunter les nombreuses lignes de transport public, tramway, bus, métro (5 lignes)...

Le camping de Bogstad est vraiment un camping géant, de quelque 700 emplacements de tente, et sans doute autant sinon davantage de caravanes et camping-cars, doté de toutes les infrastructures et équipements nécessaires en sanitaires, WC, douches lavabos, cuisine collective, local pour les machines à laver, etc. Rien à voir avec le fjordcamping! (Qui n'est d'ailleurs pas répertorié dans les guides et livres de tourisme)... Il n'en demeure pas moins qu'à Bogstad Camping, comme partout en Norvège en juillet, vu le nombre de campeurs et donc de gens de passage ou séjournant, les WC, les douches et les lavabos se révèlent en nombre forcément insuffisant... D'où une promiscuité “écrasante” rendue encore plus difficilement supportable sur plusieurs jours de suite, par des emplacements de tente et de caravanes non délimités : ici comme ailleurs dans les campings Norvégiens, l'on s'installe où l'on peut, comme l'on peut, les uns très près des autres...

Le bus 32 nous transporte directement en seulement une demi- heure de la sortie du camping de Bogstad au centre même d'Oslo, à “National théatreret” par exemple pour 36 Nok par personne.

Et vu les horaires de passage et la fréquence de ces passages, nous pouvons revenir fort tard dans la soirée... Ou partir à n'importe quelle heure du camping... Aussi ce lundi 13 juillet dès notre installation terminée vers 11h, sommes nous partis pour le centre d'Oslo...

Visite du grand parc autour du Palais du Gouvernement, des avenues du centre ville, du port et du quartier de la Radhus (hôtel de ville) à l'architecture tout à fait particulière et originale...

Temps : soleil, nuages et température 22 degrés...

Mardi 14 juillet

Au matin vers 4h nous avons été réveillés par un bruit assourdissant d'une grande intensité... Durant plus d'une heure, un gros hélicoptère rouge et blanc survola le camping et le quartier environnant (très habité de grands immeubles au milieu des arbres) à basse altitude... Cela me parut “assez surréaliste”!

Tout le camping y compris les “couche tard” était ce matin là, dès 7h, “sur pied de guerre” et c'était un défilé, un va et vient interminables aux toilettes, lavabos et douches... Sur le “gazon” tout le monde avait installé sa table pour le petit déjeûner et les “toutous” petits et gros, s'ébattaient autour de leurs maîtres...

Ce matin là nous avons pris dans le port un bateau-bus (le 91) pour nous rendre dans la presqu'île coupant le large fjord d'Oslo en deux parties... Toutes couvertes à perte de vue de milliers de bateaux à voiles ou à moteur...

Visite (passionnante et instructive quoiqu'en Anglais) du Viking skip huset ( reconstitution “au vrai” de deux bateaux Vikings et exposition de vêtements, objets, armes, outils, coffres, bijoux, pierres)...

Nous avons cependant pu acheter à la boutique un petit livre en Français retraçant l'histoire des Vikings...

L'après midi : visite, toujours dans la presqu'île, du Folkemuseum (maisons en bois et église en “bois debout”... Avec animations et présence de très jolies jeunes Norvégiennes habillées à l'ancienne...

Temps : beau et chaud, devenant nuageux et lourd en soirée... La nuit (qui déjà à Oslo mi juillet “reprend du poil de la bête” durant quatre heures) sévit un orage avec bonne averse, gros tonnerre et beaux éclairs...

Mercredi 15 juillet

Revu encore les avenues du centre ville, puis visité le National Galleriet (qui est l'équivalent du Louvre à Paris – en un peu moins grand-). Entrée non payante mais audio guide en Français pour 25 Nok... Et sacs en consigne (gratuite)... Nous y sommes surtout allés pour voir les oeuvres du peintre Munch...

L'après midi visite (il a fallu prendre un tramway depuis Radhus (hôtel de ville) de Vigenlandparken après avoir traversé toutes les rues du centre d'Oslo (style début 20ème souvent en petites briques claires)...

Nombreuses et imposantes statues de pierre polie (granit) dans les allées de Vigenlandparken...

Temps : pluvieux le matin, puis éclaircies et beau le soir...

Nous pensions rester une quatrième journée à Oslo... Mais le soir, ce 15 juillet, s'installe au camping tout juste à côté de nous mais vraiment très près alors que plus bas il y avait de la place, un couple d'Allemands sous une tente... Et ce soir là de surcroît affluence maximum au camping et “accrobaties impossibles” pour parvenir à faire sa toilette complète... A 1h du matin!

Nous étions “démoralisés par la cohue du camping”, fatigués après 33 jours de voyage et nous décidâmes de “lever les voiles” le lendemain matin à la première heure!

Jeudi 16 juillet

Départ (sans regret et “l'âme sereine”) du camping de Bogstad... Traversée d'Oslo par le “Sentrum” pour rejoindre au Sud l'autoroute E6/E18 en direction de Göteborg – Repassé la frontière à Halden (avec tout de même un peu de nostalgie en quittant ce pays “ne faisant point partie de l'Europe de Bruxelles, n'étant pas non plus l'esclave de la Mondialisation, à la société démocratique et égalitaire, où les automobilistes sont respectueux et attentionnés à l'égard des piétons, qui n'est pas si cher qu'on le dit, et dont la reine a un si joli visage et dîne dans un restaurant de pêcheurs d'un modeste village de pêcheurs aux Lofoten”)...

Nous fonçâmes, cette fois à plus de cent de moyenne, sur l'autoroute E6, passant Göteborg et nous arrêtant à Falkenberg sur la côte Sud Ouest de Suède dans un camping “en retrait” (et au bord de la mer)... Dans ce camping peu fréquenté par les touristes étrangers, il y avait par contre beaucoup de Suédois en vacances.

Pour la dernière fois, nous plantâmes notre tente Quechua dans un espace en principe réservé aux caravanes mais avec l'autorisation du gérant pour une nuit... Le camping, en fait un centre de vacances Suédois, était “plein comme un oeuf” (j'ai rarement vu un tel entassement de caravanes, de grandes tentes familiales, de camping-cars... A perte de vue et à peine irrigué par d'étroits passages comme des rues d'une ville du Moyen Age...

Ce soir là il faisait très beau et nous avons pu admirer depuis la plage un magnifique (et très long) coucher du soleil sur la mer du Nord en imaginant de l'autre côté de l'horizon les côtes du Danemark... Invisibles depuis Falkenberg.

Dernière “mauvaise surprise” (de camping) cette nuit là : je me lève à 2h et quart pour aller aux toilettes, et “Wotan de merde”... Les WC étaient bouclés (et donc inaccessibles)! Résultat, j'ai uriné comme un animal dans l'espace des poubelles sous une clarté crépusculaire... Et ensuite avec rage donné trois coups de pied très forts et très bruyants sur la porte en bois des sanitaires! Ce fut là ma seule colère de tout le voyage...

Vendredi 17 juillet

Départ de Ugglarps camping (Falkenberg) à 9h. Température 24 degrés, beau temps bien ensoleillé...

Malmö – le pont géant menant à Kobenhavn – embarquement à Rodby pour Puttgarden (ferry international “casino flottant”) - Lubeck (pluie et vent pendant la traversée en ferry) – Hamburg – Hanover – (beau temps revenu puis gros orage forte pluie) - arrêt 4h dormi dans la voiture sur un parking autoroute après Hanover – Kassel – Frankfort – (à nouveau pluie) – Karlsruhe – Strasbourg – retour chez nous dans notre maison vers 13h le samedi 18 juillet.

... Merci en particulier, à cette dame d'une soixantaine d'années qui parlait l'Allemand, qui nous réserva un accueil si “bon enfant” au camping de Hummelfjell (Tolga) le 19 juin 2009, et qui nous fit connaître notre premier “hytter” (une jolie petite “maison de poupée”) pour seulement 240 Nok... (La communication est tout de même plus facile lorsqu'on peut s'exprimer, du moins pour l'essentiel, en plusieurs langues)...

... Merci à cette jeune, jolie et charmante jeune fille, sans doute une étudiante qui, coiffée d'un casque de mineur nous guida et nous donna des explications dans un Anglais hésitant teinté de Norvégien, jusque dans les galeries les plus profondes de la mine de cuivre d'Olavsgruva située sur un haut plateau désolé ressemblant à la Patagonie... Le 20 juin 2009.

... Merci à ce jeune Espagnol qui, à la cafétéria du Nordkapp le 25 juin 2009, nous parla un peu de son pays dans lequel il revenait une fois l'an, et nous dit qu'en Norvège on y vivait bien en dépit du froid et de l'obscurité de l'hiver...

... Merci à ce Belge vivant depuis 14 ans en Norvège, et qui, avec ses enfants, gérait le site du cratère d'une météorite, quelque part entre Alta et Narvik, et qui nous donna des informations essentielles sur la vie des gens et le pays de Norvège... Le 27 juin 2009.

... Merci à la reine de Norvège (que je n'ai pas rencontré) et dont le visage sur une carte postale en noir et blanc, si joli et et si délicat, me rappelait le visage de ma mère...

... Merci, pour conclure, à tous ces gens, à tous ces visages de Norvégiens, dont le sourire était timide voire inexistant, qui paraissaient froids et indifférents... Mais dont le coeur était chaleureux et tout empli de pensée intime, de respect d'autrui et de discrétion...

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dimanche, juillet 19 2009

Le voyage en Norvège

     Trente quatre jours... Soit du dimanche 14 juin 2009 jour du départ des Vosges (La Chapelle devant Bruyères 88600) au samedi 18 juillet 2009 jour du retour dans les Vosges.

34 jours dont 30 passés en Norvège...

Des paysages fantastiques, immenses, tourmentés, rocheux, désolés, ou de forêts de conifères et de bouleaux, ou verdoyants et assez luxuriants proches de la mer de Norvège ; de magnifiques, tortueux et profonds fjords (de toutes tailles) entourés de murailles de granit et de pics enneigés (le plus beau c'est celui de Geiranger : 80 km de long entre massifs découpés, falaises granitiques et sommets jusqu'à 1800 m de hauteur)...

La côte, complètement déchirée, éclatée et aux contournements infinis, hérissée de masses rocheuses et de pics, d'aiguilles et de crêtes enneigés (en moyenne 1200 à 1500 m d'altitude)...

La côte, vertigineuse et d'une beauté absolue de Narvik à Alta et au Cap Nord (avec la traversée du Finmark aux hauts plateaux rocheux couverts de lichens, de mousses, de tourbes et de toundra)... Les îles Lofoten (68/70 degrés de latitude) tempérées par le Gulf Stream...

Alesund, une ville de pêcheurs et d'activités nautiques, étirée sur une presqu'île en forme d'hameçon... Les fjords de la côte Ouest que l'on traverse en ferries ou par des ponts géants...

Bergen et la “ville en bois” (tout le quartier du port) ; Oslo la capitale de la Norvège (548 000 hab) avec son hôtel de ville (Radhus) magnifique (là où est donné le prix Nobel de littérature en décembre), son palais du Gouvernement, son centre ville à l'architecture ultra moderne et futuriste, son port, son immense parc (Vigenlandparken)...

Le centre de la Norvège (région de Lillehammer et de Röros) aux paysages polaires et de haute montagne (jusqu'à plus de 2000m)...

Des milliers de km parcourus par les routes de Norvège (innombrables tunnels comme des boyaux aux parois rocheuses et tourmentées), routes parfois très étroites et au bord de ravins à pic...

La Norvège de l'extrémité sud à Halden (frontière avec la Suède) jusqu'au Nordkapp, sur des distances kilométriques effarantes (plus de 3000 dans un sens et 3000 dans l'autre)... Des paysages du bout du monde totalement désertiques et battus par les vents, seulement peuplés de rennes sauvages en troupeaux (dans le grand Nord)... Ou bien d'autres paysages boisés (sapins, épicéas, bouleaux) ou herbeux et inextricables de végétation compacte, entre les chaînes de montagnes et les massifs rocheux...

896 kilomètres de Trondheim (la “ville frontière” entre la Norvège du Sud et la Norvège du Nord) à Narvik (150 km à vol d'oiseau au delà du cercle polaire), puis 550 km de Narvik à Alta, puis encore 248 d'Alta au Nordkapp ou 545 d'Alta à Kirkenes en traversant les hauts plateaux désolés du Finmark (Kirkenes, frontière avec la Finlande et la Russie)...

Les hauts plateaux abrupts et désolés, couverts de glaciers, de rocaille, de toundra, et surmontés de massifs rocheux découpés, à plus de 1200 m d'altitude, du Hardangervidda (3400 kilomètres carrés et une réplique “méridionale” du Finmark et du plateau du cercle polaire) entre Bergen et Gol par la route 7 qui va jusqu'à Oslo...

Le passage “mythique” du cercle polaire entre Moï Rana et Fauske (66,33 degrés de latitude) dans une région de hauts plateaux recouverts de neiges éternelles sur les crêtes et les sommets, avec son Polar Senteret Cirkel devant lequel stationnent bon nombre de caravanes, voitures et camping-cars pour passer la nuit (claire comme le jour en juin et juillet) ; avec la route 6 (pas plus large qu'une petite “nationale” en France) étirée à l'infini à travers ce haut plateau rugueux et tourmenté sans plus aucune végétation autre que des tourbes, des mousses et des lichens ou de très petits buissons épineux ; avec la voie unique du chemin de fer, visible depuis la route et serpentant tout au long des pentes rocailleuses (c'est la ligne interminable qui relie Oslo à Bödo dans le grand Nord mais qui en fait débute à Malmö en Suède et passe à Göteborg).

Trente quatre jours de “vadrouille” en camping et sous tente (parfois en hytter, sorte de cabanon en rondin ou planches très rustique), en voiture à 60km/h de moyenne, de 150 à 450 km par jour avec de très nombreux arrêts... Une nourriture “d'explorateur” (hareng fumé, pain norvégien, pommes, fruits secs, eau du robinet – ni bière ni pinard- légumes en conserve, riz, biscuits complets)... Et un moral d'acier pour affronter les conditions parfois de promiscuité et d'inconfort dans les campings Norvégiens surpeuplés de touristes venus de toute l'Europe (WC lavabos douches souvent insuffisants en nombre)... Et ces interminables cortèges sur les routes (surtout aux Lofoten, autour de Bergen et d'Oslo) de camping-cars, de caravanes et véhicules hétéroclites... Et ces campings qui à partir du 1er juillet (avant c'est moins fréquenté) sont archi pleins et où l'on s'installe anarchiquement, et où il faut faire la queue aux douches et aux lavabos pour se “laver l'cul” jusqu'à des minuit une heure...

... Trente quatre jours...

Dont seulement trois jours de pluie ( durant 5 heures de temps environ le matin ), quatre jours de ciel vraiment couvert et sombre mais sans pluie, et tous les autres jours alternance soleil ciel bleu (un bleu pâle parce que dans ces régions de haute latitude la troposphère n'a que 7000 m d'épaisseur au lieu de 12000 en latitude moyenne et 17000 en basse latitude) quelques nuages, et du vent... Une température rarement supérieure à 20 degrés (et de 5 à 8 quand le soleil atteint son point le plus bas)... 1er jour de pluie à Lillehammer le 18 juin, 2ème à Roros le 20 juin, et 3ème à Oslo le 15 juillet (mais seulement le matin)... A Bergen, réputée “très arrosée” il faisait beau et chaud le 13 et 14 juillet (jusqu'à 26 degrés)... Au Cap Nord le 25 juin 5degrés de température sous un ciel gris et un vent de 140 km (on a dormi dans notre voiture entourée de camping-cars qui “balançaient de droite et de gauche”sous les assauts furieux du vent sur le parking de Nordkapp Senteret)...

Lors de notre passage du cercle polaire le 22 juin nous avions également dormi (si l'on peut dire!) dans la voiture sur le parking du “Senteret”mais le vent était moins fort et le ciel totalement dégagé...

J'ai vu le “soleil de minuit” dans des conditions idéales à Alta et aux îles Lofoten (ciel clair)... A 2h du matin ce jour là vers les 26/27/28 juin, notre étoile brillait dans tout son éclat à 5 degrés d'angle au dessus de l'horizon (impressionnant et très beau, très émouvant)... Et à 2h de l'après midi (point le plus haut) le soleil se trouvait à 45 degrés d'angle au dessus de l'horizon en donnant sur le paysage une clarté comme chez nous début mars, et une “petite chaleur”...

Passé le 21 juin jour du solstice d'été, le soleil “descend” (de son point le plus haut à 14h et de son point le plus bas à 2h) de 1 degré tous les 4/5 jours et de 12 degrés environ en 45 jours, de telle sorte qu'à l'équinoxe de septembre à 14h on le voit à 23 degrés et demi au dessus de l'horizon et qu'à 2h il est à 23 degrés et demi au dessous de l'horizon (et au niveau de l'horizon à 20h et 8h)... Il faut tout de même un intervalle de deux semaines environ pour se rendre compte “de visu” du changement (augmentation ou diminution de hauteur du soleil à 14h)...

En ce qui concerne la “nuit polaire” en fait même à Alta et au Nordkapp elle n'est vraiment nuit noire qu'en décembre et janvier de 16h à 10h soit durant 18h (parce que tant que le soleil ne “descend” pas en dessous de 17 degrés sous l'horizon, il reste dans le ciel des “traînées de clarté diurne”)...

Aux Lofoten par exemple, on voit le soleil à 2h du 27 mai au 17 juillet, et au Nordkapp du 14 mai au 30 juillet. Par contre à Bergen et à Oslo fin juin, le soleil disparaît durant 4 ou 5h durant lesquelles on y voit clair quand même...

Dans le Nord il ne pleut presque pas en juin et juillet... Comme la troposphère n'a que 7000 m d'épaisseur, les systèmes nuageux de cumulonimbus notamment n'y ont jamais de grands développements verticaux et donc, pas d'orages, pas de grêle, pas de tornades, pas de fortes pluies... Le vent vient de la mer ou de l'océan arctique et circule à basse altitude, les nuages ne sont que des cirrus, des cirrocumulus ou des stratus et n'apportent que des brumes ou du crachin... Par contre au niveau d'Oslo, de Bergen et de la Norvège du Sud, il y a “quelques intempéries” en été : pluie plus forte, averses, petits orages mais cela ne dure pas des jours entiers... Toutefois dans le Nord comme dans le Sud, il est très rare de voir un ciel totalement dégagé une journée entière (et les températures varient beaucoup en peu de temps : en une heure on passe de 20 à 8 ou à 5 et vice versa au gré des vents et de la couverture nuageuse...

Je n'ai pas trouvé que la vie était si chère qu'on le dit en Norvège : denrées et produits alimentaires en magasins libre service assez “bon marché”. Et les campings 100 Nok pour une tente, une voiture et deux personnes (environ 11euro) et les “hytter” 250/300 Nok... Les “Rom” (sorte de chambres plus ou moins collectives) et les hytter sont dotés d' équipements collectifs avec plaques chauffantes prises électriques et lavabos WC douches... Un euro correspond à 9,65 Nok... (c'est fou ce qu'on est “riche” en Nok – dix fois plus- mais avec 1000 Nok en fait, on en “fait plus” qu'avec 100 euros)...

Par contre ce qui “douille” ce sont les péages et les ferries mais seulement si l'on en emprunte beaucoup... Il faut compter de 120 à 200 Nok environ pour une traversée en ferry (voiture avec conducteur et un passager) selon la longueur du passage (et ça va assez vite et c'est permanent et facile d'accès)...

La route 6 qui est l'une des plus longues routes du monde en kilomètres (environ 4000) commence en Suède après Malmö ; passe par Göteborg, Oslo, Lillehammer, Dombâs, Oppdal, Stören, Trondheim, Steinkjer, Mosjöen, Moi Rana, Fauske, Narvik, Alta, puis rejoint la route 69 près de Russenes pour aller à Honningsvâg et Nordkapp, avant de poursuivre son cours interminable depuis Russenes jusqu'à Kirkenes par Karasjok et la traversée du Finmark désertique et polaire, puis de longer la frontière avec l'extrémité Nord de la Finlande. A Kirkenes la frontière avec la Russie est toute proche : Boris Gleb.

Cette route est une autoroute de Malmö jusqu'à la frontière de Norvège (Halden) ensuite elle n'est autoroute que sur de courtes distances avant et après Oslo, puis une route à peine comparable à l'une de nos “nationales” en France, et dans le Nord au delà de Trondheim elle est parfois assez étroite et sans aucune signalisation horizontale et dans la traversée du Finmark elle est chaotique, sinueuse, bosselée, craquelée et sans protection sur des bords au dessus de petits ravins ou fossés profonds... L'on y croise (surtout après le 1er juillet) des colonnes de camping-cars et grosses caravanes, des cyclotouristes et des motocyclistes “chargés comme des ânes. Il n'y a jamais de bornes kilométriques mais seulement de temps à autre un panneau jaune indicateur de distances jusqu'aux prochaines villes...

Tout au long des principales routes de Norvège, sont aménagées (d'un seul côté) des aires de repos avec WC (toilettes sèches qui “sentent très mauvais” du fait qu'elles sont très utilisées)...

Les villes en Norvège n'ont pas autour d'elles comme en France ou en Espagne de zones d'activités commerciales genre Carrefour ou Leclerc géant. Les commerces, boutiques, galeries marchandes y sont concentrés dans les villes même, en des bâtiments à l'architecture moderne mais sans gigantisme et bien espacés, avec des plantes et arbustes en massifs et des jets d'eau, dans un “cadre” assez agréable... Mais à partir de 17 ou 18h, “Rideau”! Tout est fermé... Sauf les stations d'essence et les “Rimi”, “Coop”, “Kiwi” (supermarkett) jusqu'à 23h en semaine et 19h le samedi...

Les rues se croisent à angle droit et la structure des villes est purement géométrique comme en Amérique, et d'une architecture tout aussi géométrique et ordinaire (mais pas “moche”)...

J'ai appris quelques mots de Norvégien (c'est plus “facile” que le Suédois)... “Takk” (merci)... “God dag” (bonjour)... “Mye” (combien)... Ils ont 3 voyelles de plus que nous dans leur alphabet (29 lettres)... Par contre pour leur clavier d'ordinateur ce n'est pas évident : pas d'accent pour faire des “é” et des “à”! Et leur arobase est sur la gauche, et il y a bien sûr les 3 voyelles en plus : un “o” barré (qui se prononce “eu” ) , un “a et e” collés qui se prononce è ouvert ; un “a” surmonté d'un petit rond qui se prononce “o” très ouvert ; sans oublier leur “sj” ou “sk” qui se prononce “ch” sifflé ; et leur “y” comme un “u” tirant vers le “i”... Et des “t” et des “d” qui sont muets...

Je conseille aux jeunes chômeurs et Rmistes sans avenir en France, à venir travailler en Norvège : ils ont des structures d'accueil pour les étrangers, plein de boulots (même sans diplôme), au bout de trois mois ils te donnent un permis de résident, c'est “assez bien payé” (au moins dix mille Nok par mois pour des boulots de manoeuvre -et c'est pas ce qui manque dans ce pays - et quinze ou vingt mille Nok si tu as de la technique et du “métier”)... C'est une société démocratique “égalitaire”, on te laisse tranquille, tu es respecté, tu gagnes ta vie et il y a tout ce qu'il faut pour se loger pas trop cher pour un débutant... Bien sûr il faut se conformer aux sructures et aux différentes dispositions règlementées...Il n'y a pas (ou très peu) de vols, de délinquance et encore moins de viols... (la femme est très respectée – elles sont très belles, très fines, très bien habillées d'ailleurs)...

Pas de “grands crimes” ni de violences... Mais c'est assez “moutonnier” et “amorphe”, et “pas très chaleureux” (on ne se fait pas la bise comme en France ou en Espagne)...Toutefois les Norvégiens aiment découvrir des choses qu'on leur montre en matière de relation et d'expression et de comportement qui les surprennent (et s'y habituent très vite)...

Les Norvégiens sont en très grande majorité Luthériens de religion ou de diverses confessions issues du protestantisme. Ils ont de magnifiques églises en “bois debout” et des cimetières complètement différents des nôtres où les tombes y sont de simples monuments modestes de granit ou de pierre posés debout sur l'herbe avec un petit oiseau sculpté dessus...

Bien que croyants, Chrétiens et se rendant aux offices religieux, les gens dans ce pays sont tolérants et respectueux des libertés individuelles : les homosexuels et les “marginaux” ne sont pas “catalogués” ni jamais ennuyés, vivent au grand jour sans problème... Il n'y a pas ou très peu de comportements agressifs ou violents ou sectaires ou d'exclusion, mais inversement pas de manifestations chaleureuses ou familières ou affectueuses non plus, ni d'expansionisme ni de grands enthousiasmes bruyants et ostentatoires...

A Bergen dans un quartier un peu “à l'écart” et silencieux et à l'ombre de grands arbres tout près du marché aux poissons et de la ville en bois, je me suis fait draguer par un homosexuel (un beau jeune homme d'une trentaine d'années très blond aux cheveux courts avec des yeux bleus comme la mer)... Je m'étais assis sur un banc sous les arbres en attendant ma femme qui se trouvait à ce moment là dans un magasin du quartier du port. Le type arrive, il me fait un grand sourire, devine que j'étais un étranger et commence à me parler dans un Anglais maladroit. Il me demande du feu, s'assoit à côté de moi, et me propose une bière qu'il sort de son sac... Et voilà que s'engage entre nous une conversation dans un Anglais “francisé” de mon côté (un peu appuyé de quelques mots de Norvégien appris ces derniers jours) et “teinté de Norvégien” de son côté... Une situation assez cocasse et somme toute fort sympathique et surtout sans conséquence. Le type s'est très vite rendu compte que je “ne mangeais pas de ce pain là” et cela s'est terminé naturellement, sans agressivité, sans insistance aucune et par un “Good bye”...

Il y a un potentiel fou en développement économique et industriel... Et aussi sur le plan artisanal, artistique, littéraire, scientifique et toutes sortes d'activités... Je dirai que la Norvège c'est “un pays riche qui est encore en voie de développement”, a besoin de main d'oeuvre (beaucoup de main d'oeuvre) pour “aller de l'avant” et exploiter ses ressources... Mais personne ne veut y aller vivre à cause de l'hiver polaire et du climat (pourtant il n' y pleut pas beaucoup sauf au printemps et à l'automne)... Leur journée de boulot en général c'est de 9h à 17h... Et 15h le “Lordag” (samedi)... Mais souvent le “Lordag” ils ne travaillent pas... Les vacances scolaires d'été c'est du 15 juin au 15 Août...

De l'Europe et de la mondialisation, les Norvégiens n'en gardent pour eux-mêmes que ce qui les intéresse et qui est essentiel pour eux : vendre leurs produits (la pêche et le pétrole), l'espace Schengen (pour la main d'oeuvre)... Ils n'ont que 4 millions et demi d'habitants sur un territoire long comme le Chili (et à la côte aussi éclatée en îles et îlots et découpée en fjords et détroits) mais pas cependant de zones rurales dépeuplées comme en Suède car l'on y voit un peu partout bon nombre de chalets et maisons en bois disséminés ou plus ou moins regroupés en pleine nature avec des chemins d'accès “impossibles”... 3 grandes villes ont plus de cent mille habitants : Oslo 548000, Bergen 244000 et Trondheim 124000... Toutes les autres villes ne sont que de “gros bourgs”...

C'est fou ce que l'environnement géographique et naturel (et le climat) influent sur la société, l'économie et la vie quotidienne dans un tel pays!

Leurs loisirs durant leurs congés et leurs week ends sont pour l'essentiel consacrés à la pêche (saumon) et au ski (de fond et de descente) : il y a pour cela bon nombre de centres de vacances aménagés(avec campings, hytter et rom ou chalets familiaux)... Lors de l'une de nos haltes (entre Alesund et Bergen) nous avons séjourné dans un camping retiré où il n'y avait que des Norvégiens en vacances soit des groupes et familles entières de pêcheurs dont les caravanes se trouvaient disséminées dans les bois de bouleaux et de sapins près d'une tumultueuse et très large rivière à saumons. J'ai vu un type en cuissarde sortir un gros saumon de l'eau et un groupe en face sur l'autre rive qui applaudissait fort (entre eux dans l'intimité et en famille ils sont prolixes et expansifs et rient et parlent)...

J'ai rencontré des Espagnols (jeunes) qui se sont installés en Norvège (et des Africains aussi) pour y travailler : ils ont le “mal du pays” mais ils disent qu'en Norvège on vit bien (sur le plan respect du travail, gain, libertés individuelles, relations, société)... Sauf qu'ils trouvent l'hiver “assez terrible”, long et obscur...

Il y a Internet partout dans d'excellentes conditions (en particulier au Nordkapp Senteret, à Alta, aux Lofoten)... Wifi accès libre et gratuit... Mais la confluence de nombreux points visibles d'accès en certains endroits très fréquentés par les touristes entraîne parfois des dysfonctionnements...

Pour finir, dernière étape 17/18 juillet : parti de Falkenberg sur la côte Sud Ouest de Suède, traversée du Danemark, passage ferry Rodby/Puttgarden, traversée de l'Allemagne de Lubeck à Karlsruhe et retour dans notre maison samedi 18 vers 13h (1400 km de routes à grande circulation jour et nuit)...

... Nous sommes “complètement crevés” et “sonnés”... Et un peu “déboussolés” !

Lors d'arrêts dans les stations d'autoroute en Allemagne et même aujourd'hui encore en France (où cela fait tout drôle de se faire à nouveau comprendre dans sa propre langue maternelle) il m'arrive de dire “takk” pour “merci” et “God dag” pour “bonjour” !

... Et il me reste des “petits Nok” (et un billet de 100) que je conserve en souvenir de ce “fabuleux voyage”...

Dans un certain sens, cela ressemblait un peu (si je puis dire!) à la traversée d'Eridan du “Grand Continent” (la Circadie du “Pays des guignols gris” d'Enizola à l'Atlas Médian par le Grand Nord)... Paysages et géographie de mon invention dans mon roman...

... Je souhaiterais (si c'est possible) rencontrer un Norvégien qui parle Français pour échanger des idées, de la culture, des connaissances (littéraires et autres)...

Ce sont bien les descendants des Vikings (j'ai vu à Oslo dans un musée l'un de leur bateau restauré), un peuple de marins, avec une pensée, une âme, une culture, une poésie, des arts, une manière de vivre en communauté, en famille... De bons artisans, des techniques remarquables de construction d'habitations... Rien à voir avec ce que les livres racontent sur “ces farouches guerriers envahisseurs pilleurs violeurs le long des fleuves Européens” (cela c'était le “mauvais côté des choses”)!

Ce pays, la Norvège, a encore un “énorme potentiel” en énergie et en développement, créations, richesses, culture, économie, marchés, artisanat, industrie, technologie... Et a visiblement besoin d'apport étranger... Ils ne sont que 4 millions d'habitants sur des milliers de kilomètres! Tous les “bons projets” y sont les bienvenus et y ont de l'avenir! C'est un peu comme l'Amérique des années 20 (avec le flingue en moins)!

... Et des femmes d'une grande beauté...

Takk, takk, takk!

Kan du skrive det ned ?

Hvor er et billig hotell?

Hva er adressen vandrehjem ?

God dag! Jeg er fra Fransk...

Jeg liker Norge

Hvor mye er det ? Hva heter du?

Bilen starter ikke! ( ... Elle a toujours bien redémarré, la bagnole! Jamais “har fatt motorstopp”! -pardon pour le petit rond au dessus du “a” de “fatt” -j'ai un clavier Français)!

Le voyage en Norvège, suite...

... L'on peut très bien vivre sans l'Europe de Bruxelles et sans la mondialisation... La Norvège vit très bien sans...

Alors pourquoi la France ou un autre pays de l'Euro ou des “27” ne parviendrait-il pas à vivre sans l'Europe de Bruxelles et sans la mondialisation?

Tout en ayant une monnaie unique (l'Euro ou une autre), tout en faisant du commerce, des échanges, en établissant tout simplement entre les peuples et les pays ou les régions, des sortes de “lois” naturelles, logiques, non contreignantes et qui ne “nivellent” pas les gens dans un système économique formaté et essentiellement favorable aux grandes puissances financières et possédantes?

De cette Europe des marchés et de la mondialisation économique et culturelle, la Norvège n'en prend que ce qui l'intéresse pour son bien être, son commerce, et pour la libre circulation des personnes dans l'espace Européen...

C'est une société démocratique et égalitaire en ce sens, que les plus riches (par exemple les grands propriétaires, la famille régnante) n'étalent pas avec ostentation, démesure, provocation, insolence leur richesse et se mêlent à la population comme des gens ordinaires...

La reine de Norvège en particulier, se rend habituellement dans un petit village de pêcheurs des Lofoten et prend un repas tout à fait ordinaire dans un restaurant fréquenté par les gens de la région, et cela sans qu'une “horde de paparazzis” gravite autour d'elle...

L'on imagine mal notre président Nicolas Sarkozy accompagné de son épouse Carla Bruni et de son cher ami Bouygues, venir en jeans et en débardeur manger une bouillabesse toute simple dans un bistro populaire du port de Marseille...

Leurs cimetières n'ont pas comme chez nous de ces mausolées monumentaux ou de ces “grands pieux de marbre à trois ou quatre sommiers superposés” qui font encore étalage dans la Mort de tout ce que l'on fut dans la vie, riche et puissant, connu et influent et marquant ainsi pour l'éternité sa place dans le monde des vivants qui toutes les toussaints fleurissent de chrysanthèmes le pieux défunt et sa tombe “grand lit familial” (parfois à colonnes) ! Ici, en Norvège, les morts n'ont qu'un simple bloc de granit ou de pierre planté dans l'herbe avec le nom, l'année de naissance, l'année de la mort... Et souvent, un mignon petit oiseau sculpté posé au dessus... J'ai beaucoup aimé ces cimetières Norvégiens qui à mon sens, sont comme la vie des Norvégiens : sans ostentation, sans provocation, sans étalage de richesses, avec juste la dignité, la simplicité et bien sûr, le souvenir qui demeure, et tout cela dans l'intimité et la discrétion... L'on y rencontre à toute heure parfois, une femme seule qui vient poser une petite fleur dans un vase pas plus grand qu'un verre, ou bien un vieil homme courbé s'arrêtant pensif devant l'un de ces “monuments” sous lequel repose la personne qu'il a aimé...

Mais bon... La France c'est la France – et il y a l'héritage de l'Ancien Régime des Rois, des Cours et des aristocrates ; puis les excès et les violences de la Révolution, et encore le régime Napoléonien, et le Second Empire des aristocrates, des princes gouvernants et des hauts fonctionnaires...

Et la Norvège c'est laNorvège – et il y a là l'héritage des Vikings (qui étaient “autre chose” que ces guerriers farouches et pilleurs ravageurs sur les fleuves Européens) c'est à dire un peuple de marins, de pêcheurs et de chasseurs pour leur subsistance, des gens habiles à construire de grandes maisons communautaires, des bateaux capables d'aller en Amérique et de circuler sur les fleuves de Russie jusqu'à la mer Noire et la Méditérranée, des gens courageux et endurants qui connaissaient la géographie, l'astronomie, la médecine, qui avaient des techniques et un outillage très élaborés, une âme, une culture et une manière de vivre ensemble afin que chacun ne manque de rien d'essentiel. Leurs chefs étaient tout simplement des gens qui avaient -un peu plus que les autres- le sens des responsabilités, de l'initiative, de l'invention et de l'autorité naturelle et qui bien sûr entraînaient les autres dans leurs entreprises...

Je déplore toutefois (incroyant que je suis et sans religion) leur Wotan et tous leurs dieux auxquels il fallait toujours offrir des sacrifices (animaux et humains) et faire “flamber” sa dépouille sur des bateaux qui auraient pu servir à un autre usage, des bateaux chargés de toutes les richesses du Mort, et de ses esclaves... Cela aussi, tout comme les raids ravageurs le long des fleuves Européens, c'est “le mauvais côté des choses”!

L'on n'aime pas dans la Norvège actuelle, ces grands écarts de richesse et de pauvreté que l'on voit un peu partout dans le monde... Tout le monde travaille, il n'y a pas vraiment de privilèges, les plus bas salaires sont de l'ordre de 10 000 Nok (environ 1200 Euro) par mois si l'on travaille “à temps complet” soit une journée “normale” de 7 à 8 h avec une pause d'une demi heure environ pour le déjeûner (un simple casse croûte puisque le “grand repas” de la journée c'est le matin de bonne heure et le soir vers 17 ou 18h)...

Avec 10 000 Nok en fait, l'on a (à ce qui m'a semblé) davantage de pouvoir d'achat qu'avec 1200 euros en France...

Les Norvégiens, s'ils n'ont presque jamais des “baraques” genre “petite forteresse cossue et tarabiscotée” comme en France... Arrangent par contre très bien leur intérieur avec tous les équipements modernes “high tech” et avec goût et harmonie... Ils préfèrent, plutôt que d'avoir des maisons à façades et extérieurs imposants, dépenser de l'argent pour leurs vacances, leurs loisirs, acheter de grandes caravanes et des camping-cars, prendre l'avion pour se déplacer ou pour aller “sous les tropiques”...

En hiver ils se retrouvent dans des centres de vacances en montagne ou sur les hauts plateaux, pour pratiquer le ski de fond (grandes ballades et excursions familiales), ou encore le ski de descente, et vivent alors dans des chalets ou des maisons en bois qu'ils occupent en famille ou en groupe associatif.

Et tout le reste de l'année, ils prennent des jours de congé pour aller pêcher le saumon (et d'autres poissons) dans les fleuves ou dans les larges rivières à cours rapide et à fond irrégulier et rocailleux

Le soir ils font alors “bombance” sur des tables dressées au bord de la rivière et font cuire le poisson à la broche sur un feu de branches ou sur un barbecue... Ils dorment dans leurs caravanes installées au milieu du bois et cela “fait drôle” de voir ainsi tout un campement en pleine nature!

Ils ont presque tous un bateau, petit ou gros mais un bateau quand même! Forcément, ils sont entourés d'eau de toute part : quand ce ne sont pas la mer et les fjords, ce sont les lacs (parfois immenses) ou les fleuves et rivières... D'ailleurs les trois plus importantes villes du pays, Oslo, Bergen et Tronheim, sont des villes maritimes... Avec dans leurs ports (qui sont tentaculaires ou découpés en baies) des “forêts” de mâts de bateaux, à voile, à moteur, de toutes tailles...

Leur gouvernement encourage les gens à demeurer dans les campagnes et à cet effet des subventions sont accordées, qui permettent à des familles d'élever 3 ou 4 vaches, un troupeau de moutons, d'acheter des rennes, et vivre des produits qu'ils fabriquent artisanalement... Et ils vivent très bien! Dans de confortables mais simples maisons en bois fort joliment arrangées de l'intérieur avec tous les équipements les plus modernes... Il y a écoles, magasins, bus, et parfois le train qui passe et s'arrête... De telle sorte que même avec seulement 4 millions d'habitants, le pays paraît peuplé de partout.

Seul inconvénient : ils manquent de médecins et de professions médicales! Dans ce domaine là, ils ont vraiment besoin de médecins, d'infirmiers, venus d'autres pays Européens! Mais quel “jeune toubib” en France, qui vient de terminer ses études, va vouloir s'installer en Norvège, surtout dans le Finmark ?

Les jeunes qui ont obtenu leur bac ou terminé leurs études primaires quittent leur famille pour se rendre dans les 3 villes où il y a des universités, le plus souvent à Oslo – et c'est difficile pour les jeunes du Nord qui se trouvent à plus de 2000 km d'Oslo... A cet effet le gouvernement leur accorde une bourse qui leur permet de louer un petit logement, de se nourrir, de se vêtir et de subvenir à leurs besoins de base en fournitures, équipements, livres... Ils ne sont pas “à la charge” de leurs parents... Et les cours sont gratuits, il n'y a pas de droit d'inscription.

J'ai eu l'occasion de voir dans la rue ou sur des chantiers de construction, bon nombre de travailleurs (Norvégiens ou étrangers – Roumains, Russes, Espagnols, Africains - )... Ils “n'avaient pas l'air stressés”, travaillaient sans “forcing” et même s'octroyaient sans problème des pauses et parlaient entre eux dans différentes langues...Et à 5h de l'après midi, parfois à 4h, “tout s'arrête”! Machines et gens!

Les Norvégiens ont beaucoup souffert durant la seconde guerre mondiale : ils ont subi une occupation très dure, de nombreuses représailles (exécution massive d'otages et déportations)... Il y eut sur les hauts plateaux du Finmark et partout en Norvège de terribles batailles d'usure et d'embuscades. Les Allemands avaient des sous-marins dans tous les fjords pour aller traquer les convois des Alliés ravitaillant la Russie par l'Arctique... Il y eut une très grande bataille dans la région de Narvik en plein hiver (les Allemands “ont mis le paquet” pour “mettre la main” sur les mines de fer et les usines sidérurgiques de cette contrée industrielle) et tout un régiment de Chasseurs Alpins venu de France à la rescousse des Norvégiens a péri dans cette terrible bataille aux côtés de nombreux Norvégiens...

C'était très impressionnant de lire tous ces noms Français mêlés aux noms des Norvégiens (avec des “o” barrés, des “ae” collés et des petits ronds sur les “a”), sur un immense monument aux morts, au bord de la route 6 quelque part, sur des “hauts” battus par le vent du Nord, après Narvik en allant sur Alta...

... Une petite anecdote avant la 3 ème partie...

Nous étions ce jour là dans la grande maison des Vikings (entièrement restaurée comme dans le temps), située sur une hauteur, aux îles Lofoten...

Nous regardions les cartes postales dans l'entrée... J'en vis une en noir et blanc, qui représentait un visage de femme, un visage d'une grande beauté, au regard chaleureux et lumineux. Cette femme n'était pas “dans sa toute première jeunesse” mais elle avait une grâce, une élégance, une simplicité tout à fait émouvantes et je tenais la carte entre mes doigts, ne pouvant me résoudre à la replacer sur son support...

Dans un certain sens, le visage de cette femmme me rappelait celui de ma mère lorsqu'elle avait 35 ans...

... “Mais c'est la reine de Norvège que tu regardes, Guy! Elle est belle n'est-ce pas?” Me dit ma femme...

Et je retournai alors la carte et lus que c'était bien la reine de Norvège...

... Des femmes, j'en ai beaucoup regardé durant les 34 jours de notre voyage, du Sud, du grand Nord, des villes, de partout où nous sommes passés...

A Lillehammer par exemple, un matin pluvieux où nous nous trouvions dans une galerie marchande , j'en ai vu une très élégante, vêtue d'un imperméable fourré qui lui seyait à merveille, ouvert sur un joli chemisier blanc et une jupe droite noire fendue sur le côté, bien coiffée, sans aucun maquillage, avec un visage ravissant et de belles jambes... Ainsi que d'autres, jeunes ou moins jeunes, toutes très belles et très bien habillées...

J'ai remarqué que dans ce pays, les femmes en général ne portent pas sur elles de “rutilante quincaillerie”(autour du cou, des épaules, des poignets ou des chevilles ou dans les cheveux), ne se maquillent pas beaucoup ou assez discrètement, et n'arborent pas des coiffures compliquées architecturées comme des gâteaux en tour de Babel...

Bien sûr l'on y rencontre tout comme en France ou partout dans les pays “développés”, des femmes qui “ne font pas attention” à ce qu'elles mangent, lèchent de plantureuses glaces, se gavent de confiseries, de gâteaux et autres sucreries bourrées de crème et de matières grasses... Et sont de ce fait, “fort larges de hanches, de ventre et de fesses et craquent dans leurs pantalons”... Mais en Norvège ce n'est pas la majorité! Et pourtant c'est un peuple qui a eu faim (au début du 20ème siècle et durant la guerre de 40), un peuple qui n'a pas toujours été riche comme de nos jours!

jeudi, juin 11 2009

Le paon d'Yvette

     Il avait sa paone! Mais la paone qui dormait toujours au pied d'un arbre, fut surprise une nuit par un renard...

Alors le paon demeura seul.

Léo chantait de février à août, vingt à trente fois dans la journée et parfois une ou deux fois la nuit...

Jamais je n'ai autant aimé ce chant là, que celui de tout autre oiseau... Peut-être parce que le cri du paon, celui d'Yvette ma voisine, celui de tous ceux que j'ai entendus, me semblait être l'expression d'une traversée de vie ; d'une vie comme un été orageux de lumière bleue, d'ombres chaudes de nuages et de bruissements de feuilles...

Un jour j'ai imaginé que Léo pouvait penser et ressentir comme un humain... Mais alors comment répondre à ce chant? Avec seulement des mots d'humain?

Et Léo un jour d'août, alors que son cri déjà s'éteignait dans une lumière de fin d'été, fut blessé dans un combat qu'il eut avec un chien et mourut...

Désormais la traversée se ferait sans le cri de Léo...

mercredi, juin 10 2009

Eveillé et écoutant, dans les rumeurs de la nuit

     Dans “David Copperfield” de Charles Dickens, un passage me revient souvent en mémoire tout au long de ma vie...

Celui où le personnage principal du livre évoque son camarade (ou ami) s'endormant toujours dans la même position, de côté, et son bras étendu hors du lit, la tête reposant sur ce bras...

Beaucoup plus encore que les mots même de Charles Dickens dans ce passage, mots sobres et émouvants dans leur simplicité et dans leur précision, évoquant si bien l'être endormi... C'est le sens profond, c'est l'atmosphère, c'est la poésie de ce passage qui me frappe et dont je ne cesse de me souvenir...

Les êtres endormis dans la position où ils se trouvent comme d'instinct, de préférence ou d'habitude ; m'ont toujours ému.

Lorsque j'étais pensionnaire au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan entre 1962 et 1967, éveillé au milieu de la nuit dans les rumeurs et dans les ombres de la nuit, je regardais mes camarades endormis, j'écoutais leur respiration, et en ces moments là il me venait de “grandes pensées”, une émotion étrange et très belle, et il me semblait alors que tout ce qui vivait en chacun d'entre eux, de ces êtres si animés dans les cours de récréation ; me parvenait comme des secrets chuchotés à l'oreille, ou comme des dessins d'enfant suspendus dans un petit coin de grenier où personne ne va mais un petit coin de grenier devenu soudain accessible...

Et j'eus par la suite, quelques années plus tard, la même impression, la même émotion, à ces camarades d'auberge de jeunesse endormis, rencontrés au hasard de quelque route...

Leur respiration devenait parole. Et alors je sentais tout ce qu'ils existaient, tout ce qu'ils s'existaient... Dans le silence de ces nuits d'été que des matins très clairs venaient bien vite peupler d'oiseaux et éclairer de la lumière du jour. Et le jour était toujours nouveau, tel un jour empli de tout le passé, de tout le présent, de tout l'avenir à lui seul...

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