Le Blog du Merdier

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jeudi, septembre 2 2010

La révolution passe-t-elle par des manifs et des grèves d'un jour ?

"On n'a jamais vu un riche voler un pain"... Disait Victor Hugo.

Si la grande délinquance est davantage liée à une crise de société et à une civilisation dévoyée, violente et perverse... La délinquance mineure est quant à elle, davantage le fait de la misère et de la pauvreté.

Et la délinquance mineure, c'est le "petit voleur", celui qui vole à l'étalage ou passe par une fenêtre ouverte pour s'emparer d'un porte-monnaie sur un dessus de buffet, par exemple...

Le "seuil de pauvreté" aujourd'hui en France vient d'être fixé à 910 Euros par mois. Mais plus de trois millions et demi de nos concitoyens sans compter les "sans papiers" ou les "non régularisés" ou même encore les "carrément oubliés des statistiques... Ne perçoivent pas ces 910 Euros par mois.

Certes il reste autant de millions de gens dans notre pays, qui "jouissent" de revenus supérieurs à 1500 Euros et qui eux, achètent et donc "mettant chaque jour cent balles dans le Dada", contribuent à la "bonne marche de la boutique"...

Mais les grandes surfaces commerciales affichent toutes des recettes générales, inférieures d'environ 3% de ce qu'elles affichaient l'année d'avant...

Les boutiquiers, du moins les plus gros d'entre eux, ceux des empires financiers ainsi que les très grands marchands de services et de prestations, dont les actions sont côtées en bourse et produisent des dividendes sans cesse accrus... Ce sont eux les délinquants, les voleurs, les assassins même... Et ce sont eux et eux seuls, qui doivent "rendre gorge".

Mais l'on n'entend dire que ceci, comme le marteau sur l'enclume et actionné par un mécanisme automatique : "Ce sont eux qui font l'emploi et les salaires et créent la richesse" !

Merde! Quelle richesse et pour qui ?

Est-ce une "richesse" d'être toute sa vie durant, écrasé de crédits ; "arrosé" de réserves fictives d'argent sur des comptes qui s'ouvrent comme des robinets ; de sans cesse courir après le dernier équipement technologique à la mode, après une bagnole un peu plus performante, après une baraque que, si on la fait pas tout de suite, elle coûtera d'année en année de plus en plus cher ?

Merde ! La révolution ne passe pas forcément par des manifs de millions de gens, et encore moins en continuant de "mettre cent balles dans le Dada" en "chiant sur les pauvres avec la larme à l'oeil et un petit sou par ci par là dans la casquette"...

samedi, août 28 2010

Les Roms, un sujet qui fâche...

... Selon les sensibilités politiques ou autres, lorsque cela "fâche" ou interpelle... Et cela fâche en général ceux et celles qui, "de droite comme de gauche" pensent que les Roms sont des gens "indésirables" dans la mesure où "partout où ils passent, y'a du chapardage"... Sans compter les "grosses bagnoles", les trafics en tout genre, les bagarres et autres "problèmes" (qui forcément dérangent les "bons citoyens")... Et quand cela ne fâche pas (ou beaucoup moins), alors le "sujet" interpelle et amène les gens à "se poser des questions" (humanitaires ou autres) en fonction de leur culture personnelle, de leur sensibilité, de leurs "valeurs morales" etc.

Je ferai tout d'abord cette réflexion qui, apparemment n'a "rien à voir" avec le sujet... sauf à y bien réfléchir :

Si, enrhumé, tu as les deux mains prises, tu ne lâches pas l'un ou l'autre des objets que tu tiens afin de te saisir d'un mouchoir dans ta poche et de te moucher correctement : tu renifles, et bien sûr, s'il se trouve du monde autour de toi à ce moment là, c'est "assez vilain"... Donc tu renifles, même si tu as une belle âme...

Il y a des gens cependant, qui, même lorsqu'ils ont un mouchoir dans leur poche et n'ont pas les mains occupées... Reniflent quand même.

Cela dit, le fait d'avoir les mains occupées quand on est enrhumé, que l'on ait ou non un mouchoir dans sa poche (ou une "belle âme", ou une "moche âme") ; augmente considérablement le nombre de gens qui reniflent.

Vous me direz : "il y a la manière de renifler... ou de se moucher soit disant correctement"...

J'en viens à présent au "sujet" :

Au Néolithique, il y avait déjà un antagonisme entre les peuples nomades et les peuples sédentaires (qui d'ailleurs n'étaient pas sédentaires depuis bien longtemps à l'époque)... Ce sont en effet deux modes de vie différents que le nomadisme et le sédentarisme... Et aucun de ces deux modes de vie ne peut être défini comme étant "l'idéal" par rapport à l'autre... Chacun de ces deux modes de vie a ses réalités, sa ou ses vérités, sa culture et son destin. Ce qui les rend incomparables mais cependant coexistants dans un même monde, un même espace, et parfois en un même lieu, en une même ville lorsqu'ils se rencontrent (les uns qui repartiront ailleurs et les autres qui demeurent en la ville en "citoyens de toutes sortes")...

Il y a ceux qui ont les mains prises comme dans un étau de misère, de dénuement et de nécéssité dans l'urgence d'une situation difficile ; et il y a ceux dont les mains sont prises comme dans un étau de violence ou de pure cupidité... Et quoiqu'il en soit, avec les mains prises, on "renifle"... Ou autant dire que l'on s'empare de ce dont on a besoin par nécessité ou par cupidité...

Que tu sois de la route le long de laquelle tu roules, ou que tu sois établi en la ville où tu demeures... Il y a toujours cet étau de misère, de dénuement et de nécessité ; ou cet étau de violence et de cupidité. L'un de ces étaux qui prend les mains des hommes et des femmes de ce monde, pourrait être desserré : c'est celui de la misère... L'autre ne peut qu'exister toujours, même dans le "meilleur des mondes possible" : c'est celui de la violence et de la cupidité... Mais si ce dernier devait seul exister, alors les "statistiques qui dérangent" ne seraient plus les mêmes et l'on verrait décroître les "mauvais chiffres"...

Nos très lointains ancêtres dans les origines de l'humanité, étaient tous des sortes de "Roms", et déjà à l'époque, il y avait l'emprise sur les êtres humains, l'emprise le plus souvent brutale et cruelle de la misère, de la peur, de la souffrance et de la nécessité... Déjà aussi à l'époque il y avait l'emprise de la violence et de la cupidité...

Alors, pauvre Rom ou pauvre citoyen à demeure (qui parfois n'a même pas de toit)... ton frère, il a peut-être une"belle âme", ou "il va te faire un enfant dans le dos"... On le sait bien : la misère ne rend pas forcément les gens solidaires !

vendredi, août 27 2010

Conviction intime

J'ai une conviction intime :

Facebook (ou tout autre lieu virtuel -sur le Net- ressemblant à Facebook)... peut se révéler un "âge de pierre" en voie de développement dans le sens que je "pressens"...

J'avais dit (en 2001 déjà) dans un courrier des lecteurs à Sud Ouest Dimanche... Qu'internet au début du 21ème siècle c'était comme l'invention de l'imprimerie à la fin du 15ème siècle...

Mais il y a encore autre chose : au 15ème siècle c'était aussi le début des "grandes découvertes" (par la navigation sur les océans du monde)... Et au début du 21ème siècle, c'est la "planétarisation" de la communication... Ce que les pouvoirs du monde, les gouvernements, les systèmes politiques et économiques, les médias... Ne pourront pas maîtriser et totalement contrôler comme ils le souhaiteraient en dépit de toutes les barrières posées... Tout comme les pouvoirs et les gouvernements du 16ème siècle n'avaient pu vraiment maîtriser et contrôler la pensée écrite dans des livres et diffusée à un plus grand nombre de gens sachant désormais lire... Et cela en dépit de toutes les censures et du sac de certaines officines...

C'est pourquoi je dis et j'affirme que les "grands espaces publics de communication du Net" (avec leurs liens et leurs réseaux) auront le même destin que celui de la découverte de l'imprimerie et de la diffusion de l'écrit...

samedi, août 21 2010

Réseaux et liens... Et houle

Le monde n'est pas seulement "mondialisé"... Il est aussi "planétaire". La mondialisation et le "planétarisme" ce n'est pas tout à fait la même chose...

La mondialisation c'est l'économie du marché, de la culture et de l'information, et la circulation des biens et des personnes à travers le monde.

Le planétarisme ce sont des réseaux et des liens qui se forment dans le monde entre les gens qui communiquent entre eux ; sont souvent informels, sporadiques, parfois inorganisés, spontanés... Mais ont ceci de particulier qu'ils ont pour espace le monde entier et non plus comme jadis, seulement une région, une ville ou un pays...

Et c'est le Net qui contribue aujourd'hui dans une large mesure, au planétarisme (mais aussi à la mondialisation).

Et le Net devient comme une sorte de houle déferlante qui véhicule dans l'instant même en tous lieux de l'espace planétaire, toute sa dangerosité, toutes ses dérives et toutes les formes de pensée ou de comportements, d'habitudes de loisirs et de consommation qui précipitent ce monde dans un brouillard opaque et corrosif, le rendant plus dangereux ou plus délétère qu'il ne l'était auparavant... Mais il y aussi dans cette sorte de houle déferlante, toute aussi puissante que la "marée noire" qu'elle porte, toute l'énergie rayonnante d'une culture, d'une conscience, d'une communication, d'un ensemble de savoirs et de connaissances, d'une forme de pensée résistante aux valeurs de la mondialisation et aux carences des états, des économistes et des gouvernements... Qui libère peu à peu le monde de l'emprise du brouillard corrosif et opaque...

Dans ces réseaux et par ces liens qui se forment dans le monde entre les gens, entre les peuples même, et en particulier dans la nécessité de se libérer de l'oppression et de la misère qui sévissent en un lieu donné sur la planète ; il vient de ces énergies, de ces actions menées, de ces spontanéités et de ces manières de s'organiser et de se répandre, de ces initiatives... Qui font que le Net "rejoint la rue et les gens et les foules"... Et c'est ainsi que le monde sortira peu à peu de cet "âge de pierre" où l'on jette tant de pierres contre les renards de sable au dos pelé dans un désert de pierres constellé de fleurs décolorées de roche friable.

... "La tension sociale monte dans les pays émergeants" [Le Monde, vendredi 20 Août 2010]

Mexique : conflit à la mine d'or d'El Cubo... Sénégal : grève contre Shell... Brésil : grève chez Renault et Volvo... Thaïlande : conflit chez Michelin... Et tant d'autres, tant et tant d'autres conflits sociaux de par le monde (le plus souvent "éclipsés" par la presse et l'audio visuel à la solde des grands lobbies internationaux)...

... "Les blogueurs russes ont vaincu le feu" [Le Monde, vendredi 20 Août 2010]

Un réseau social s'est formé, grâce à des blogueurs, pour qu'un mouvement de pompiers volontaires puisse se mettre en place et ainsi pallier aux carences d'un état et d'autorités déficiants...

On le voit bien, le Net a beaucoup contribué dans ces deux "affaires" : les ouvriers et leurs syndicats dans les pays "émergeants" s'informent entre eux, d'un pays à l'autre, de l'actualité et des actions menées... Et les blogueurs de Russie d'une région à l'autre, pareillement, lors de cette série d'incendies ravageant leur pays...

... "L'âge de pierre" n'est pas "pour toujours"... Même si vient demain un "âge du gourdin"...

mardi, août 10 2010

Reconnaissance

     Une reconnaissance régionale (pour un écrivain, son oeuvre ou l'une de ses oeuvres) est sans doute une reconnaissance (à mon avis) plus "précieuse" qu'une reconnaissance dans le "monde général de la littérature"...

J'irais même jusqu'à dire que lorsque cette reconnaissance n'est que celle du lieu où l'on vit, auprès des gens que l'on connaît, dans sa famille, auprès de ses amis, dans son environnement immédiat... Cela est encore plus "précieux"...

Il y aurait peut-être quelque chose de "désespéré" et de "dramatique", pour un être d'écriture et de poésie (et d'une grande sensibilité)... à rayonner loin, très loin même, dans un espace situé hors de notre portée et dispersé, et dans lequel on ne pourra sans doute jamais se rendre ni s'exprimer directement ... Si l'on ne rayonne pas dans le ciel tout juste situé au dessus de ses yeux...

Que faire d'une reconnaissance générale et diffuse dans un espace immense, où les rencontres, les échanges, ne sont que virtuels ? Où "être lu" n'implique aucun contact, aucune relation "solide et durable" ?

Lors des veillées, des soirées ou des réunions entre parents, amis, voisins, connaissances, que l'on peut faire encore chez soi, dans son quartier, un lieu public de son village ou de sa ville, celui ou celle qui raconte, chante, joue d'un indtrument de musique, devient en quelque sorte le personnage central. Et si cela ne "rayonne pas aux cinq cents diables", cela rayonne fort, alors !

jeudi, juillet 22 2010

Un choix difficile et risqué

     Il m'arrive de penser que certains êtres humains brutaux, vulgaires, violents et dangereux dans leurs agissements, ne peuvent être traités en êtres humains. Alors je me dis que les droits de l'homme sont une sordide hypocrisie inventée par la civilisation, et que peut-être, vaudrait-il mieux substituer à la "philosophie des droits de l'homme", une sorte de justice radicale et expéditive ou même une élimination pure et simple de ces êtres impossibles et dangereux.

Mais il me vient une interrogation et par delà, une réflexion...

Et si, confronté à de tels êtres, un autre choix que celui de la confrontation violente pouvait être fait ?

Et si, par cet autre choix, devait s'ouvrir comme une porte sur un inconnu dont on n'aperçoit à priori qu'une béance absurde et vertigineuse ?

Alors l'enjeu d'un tel choix ne vaudrait-il pas que l'on risque sa vie ?

Ce que l'on appelle ou proclame "philosophie des droits de l'homme" ou cette conception que l'on se fait d'une justice civilisée et se prétendant rédemptrice, est plus en réalité une mode qu'un véritable choix... Et en ce sens, c'est une faiblesse, un désaveu, un pourrissement organisé. Et de même, toute forme d'autorité brutale, punitive et excluante exercée dans l'urgence, est un aveu de faiblesse avec la perspective d'un échec.

Dans le choix qu'il me vient à l'esprit de faire, le choix d'un comportement ou d'un agissement susceptible d'éveiller en un être humain un sentiment, une émotion, une conscience et une intelligence qui auparavant n'existaient pas, il y a un risque certain à prendre... Mais il y a aussi, pour autant qu'elle puisse se manifester et s'imposer, une force agissante et déterminante qui surpasse toute forme de violence, une force sans laquelle il ne demeure que faiblesse, abdiquation et pourrissement...

Mais je dis aussi que l'interrogation et la réflexion qui me viennent, perdent leur acuité et sans doute leur sens, dans le cas particulier des prédateurs sexuels assassins d'enfants ou de femmes, ainsi que dans le cas de ces tyrans ou dictateurs pouvant être responsables de génocides et de crimes contre l'humanité...

dimanche, juin 20 2010

"La littérature est une drogue dure" [Denis Bélanger]

     Il y a la littérature dont on se nourrit et qui enrichit notre esprit, par la lecture déjà, de toutes sortes d'ouvrages de tous les genres et de toutes les sensibilités ; par la connaissance de ce que le monde et de ce que les gens sont faits ou ont fait... Et l'on peut dire de cette littérature là, qu'elle est celle à laquelle on pense le plus... qu'elle constitue un “bagage”, ou une “référence”, et dans une certaine mesure, qu'elle nous “ouvre ces portes” par lesquelles on entre dans le “grand salon de la Relation”... Et il est certain que, sans cette littérature qui nourrit et enrichit, ou si cette littérature est seulement une enveloppe superficielle qui nous recouvre... l'on ne peut que difficilement entrer dans le “grand salon”, et qu'à dire vrai, l'on entre plutôt dans des salles de bistrot ou des salles à manger salon de petits pavillons de cités...

     Il y a la littérature que l'on produit soi-même pour autant que l'on devienne acteur, ou auteur ou créateur et qui vient de l'imaginaire, de la vision, de l'émotion, de la réflexion, de la voix et donc de l'expression que l'on porte en soi... Et la “drogue dure”, c'est cette littérature là... Qui à mon sens, tendrait à “faire perdre” la conscience de la nécessité de la littérature qui nourrit et enrichit... Et qui de surcroît, tendrait aussi par une dimension élargie et diverse de la production s'il en est, à nuire à celui qui en est comme “drogué”...

L'équilibre est difficile à trouver entre la nécessité de cette littérature dont on se nourrit, et le besoin de la littérature que l'on produit...Car le temps qui passe n'est jamais extensible et l'inclination à produire demeure forte, exactement comme un besoin de drogue...

Mais ce que l'on produit ne peut se passer de ce dont on se nourrit et s'enrichit... Ce que l'on produit par dépendance quasi exclusive à la production, finit par perdre en partie sa valeur, par se dénaturer, par se déliter de ci de là, en petites pièces éparses sans intérêt réel ou encore en d'autres petites pièces incongrues voire disgracieuses dans le puzzle... (l'un des effets pervers de la “drogue dure”)...

     La littérature dont on se nourrit, tous ces livres lus, tout ce qui est vu et su après avoir été recherché, et qui a été ou qui a pu être retenu... Cela aussi peut être une “drogue dure”... Mais dans une “moindre mesure” à mon sens, et avec des “effets secondaires” moins pervers parce que plus “gérables” au quotidien notamment dans la relation avec ses proches ou avec ses amis, dans la manière d'organiser son temps, par exemple... L'effet sans doute le plus pervers me semble être alors celui de la certitude acquise, ostentatoire et sans cesse confortée, du “bagage” que représente un acquis de connaissances, de lectures, de savoirs... Une certitude en soi derrière laquelle on peut se retrancher, ou dont on peut s'enorgueillir outre mesure... À noter qu'il y a également dans le fait de produire de la littérature, le même “effet secondaire” pervers : cette certitude confortée et ostentatoire de ce que l'on produit, sous-tendue par une conscience aiguë voire démesurée de la valeur de ce que l'on produit...

jeudi, juin 17 2010

Tout au bout du couloir : mur ou ouverture béante ?

     L'arrivée d'Internet à la fin du 20ème siècle et son essor au début du 21ème, c’est comme l'arrivée de l'imprimerie à la fin du 15ème siècle. J’irais même jusqu’à dire que vivre sa vie actuelle en étant totalement étranger à la pratique du Web et de l’informatique, est une forme d’illettrisme comparable à l’analphabétisme qui régnait au 19ème siècle avant la loi de Jules Ferry rendant l'école publique, gratuite et obligatoire... Quoique depuis le milieu du 18ème siècle et même avant, l'instruction des enfants avait commencé de se généraliser.

Certes je ne blâme pas les  inconditionnels  de la culture, de l’information et de l’expression écrite sans le Web, pas plus que je n’aurais blâmé au 19ème siècle les gens qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école mais qui néanmoins les éduquaient selon des pratiques ancestrales, des principes et des valeurs, des connaissances de la vie et de la nature, et leur apprenaient un métier…

Mais je pense tout de même que la révolution informatique et que la pratique du Net changent notre vie dans le monde présent et futur tout comme en son temps le fit la découverte de l’imprimerie. Et qu’il n’est donc pas  raisonnable  à mon sens de demeurer à l’écart de ces nouvelles technologies de la communication en dépit de tous les dangers, de tous les risques et de toutes les dérives possibles...

Qu’en serait-il aujourd’hui de la culture en général et de l’expression écrite, par les seules concentrations de sociétés d'édition et de diffusion de l'information désormais entre les mains d’un Lagardère, d’un Dassault ou de quelque groupe financier ?

Si le Web est un moteur de vulgarisation du vulgaire et du sens commun à tel point qu’il envahit de ses productions « polluantes » tous les univers sociaux, il est aussi un moteur de développement culturel, par la diffusion NON MARCHANDE des œuvres de l’esprit que les éditeurs et les producteurs prostitués à la loi de l’argent ne “vulgarisent” que dans une moindre mesure...

Il y a -et il y aura je crois bien pour longtemps encore- des inconditionnels du “sans le Web dans leur vie”, comme il y a des “réfractaires” à la carte bleue, au téléphone portable... et des nostalgiques de la machine à écrire... Et ces inconditionnels là, ou ces “réfractaires”, sont de tous milieux sociaux, de tous âges et l'on compte même parmi eux des écrivains et des intellectuels...

Mais de quel côté, à bien réfléchir – et avec une certaine gravité- sont la raison ou la sagesse ou la folie ? Le progrès ou l'obscurantisme ? Dès lors que l'on se “mure” ou que l'on se retranche dans une certitude, dans un concept, dans des valeurs, dans quelque aspiration à “vivre autrement”, ou dans quelque rejet ou refus, dans un mode de vie, dans une culture ?

Dès lors que, adhérant aux certitudes aussi anciennes et traditionnelles que nouvelles et actuelles, l'on se “mure” ou se retranche par ailleurs dans un “devoir d'accompagnement ou de refus”, dans une forme d'intégrisme “solennel, partisan et ostentatoire”?

Il me semble qu'entre la certitude et le devoir d'une part... Et la conviction intime en soi et la réflexion d'autre part ; il y a une différence :

-Être sûr et devoir, c'est comme avancer dans un couloir qui, si long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, aboutit à un mur d'une épaisseur infinie...

-Être intimement convaincu et réfléchir, c'est comme avancer dans un même couloir aussi long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, mais tout au bout du couloir s'ouvre, béant et infini, un espace qui semble vide et ne l'est pas cependant... Et c'est bien la conviction intime et profonde, et la réflexion, qui fondent de l'espérance dans ce regard ignorant que l'on a, au seuil de l'ouverture béante et infinie...

Plutôt que d'être sûr et de devoir, ce qui me désespère... Je préfère cette conviction intime et profonde que j'ai en moi, du possible ou de l'ailleurs ou de l'autrement, et toute la réflexion qui accompagne cette conviction...

vendredi, juin 11 2010

"Des possédants possédés par ce qu'ils possèdent" [Charles De Gaulle]

Je veux m'entourer d'hommes purs et distingués – loin de moi les fats, je veux voir des artistes – Liszt, Delacroix,Berlioz,Meyerbeer, je ne sais qui encore. Je serai homme avec eux et on jasera d'abord, on le niera, on en rira”...

[George Sand]

... Assurément il y a de l'actualité dans cette réflexion de George Sand... Ces hommes (et ces femmes) d'aujourd'hui, “purs et distingués”, sont devenus rares et certains d'entre eux même, sont infréquentables du fait de leur mode de vie, de leur comportement et de ces choix qu'ils font à l'encontre du sens du monde...

Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui (artistes, écrivains ou autres) soient “purs” au sens religieux, au sens de l'ascétisme ou d'un engagement absolu... Car ils sont “purs” tout simplement parcequ'ils sont authentiques et fidèles à eux-mêmes et aux valeurs en lesquelles ils croient, et qu'au delà de leur authenticité transparaît en outre leur singularité...

Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui soient seulement “distingués” au sens de la culture, de la connaissance, de leur élégance dans leurs gestes et dans leurs propos et leur manière de vivre et de communiquer avec leurs semblables... Car ils sont “distingués” tout simplement parceque leur esprit et leur coeur, et donc leur intelligence, sont étrangers aux corruptions du monde et n'entrent pas dans le jeu du monde, ce jeu dans lequel il faut qu'il y ait toujours un ou des gagnants (et bien sûr de nombreux perdants)...

À l'époque de George Sand, la femme n'avait pratiquement aucun droit, aucun statut dans une société régie par les hommes. Une femme ne pouvait être écrivain ou artiste que sous le nom de son mari ou de la signature d'un homme (souvenons nous de ce qu'était la société en France et en Europe au 19ème siècle, une société essentiellement régie selon le droit Romain et de surcroît dominée par la religion imposant la soumission et l'obéissance de la femme à l'homme)...

George Sand devait donc à son époque, se faire homme, c'est à dire vivre comme un homme, afin d'exister – de “s'exister et de se faire exister”- parmi les hommes et en particulier parmi les artistes et les écrivains hommes...

Aujourd'hui nous sommes entourés d' êtres (hommes et femmes) qui, comme l'écrivait le général De Gaulle, sont “des possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Et la société tout entière, Européenne ou mondiale, est désormais régie selon la loi de l'économie de marché, des profits, de la consommation, de la rentabilité et du résultat immédiat, et tout cela au détriment d'un bien-être ou d'un meilleur-être commun à plus long terme... Et cette société là produit forcément beaucoup plus de fats que d'hommes (ou de femmes) “purs et distingués”...

Mais ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui, “purs et distingués” parce qu'authentiques, singuliers et n'entrant pas dans le jeu du monde, aussi rares qu'ils soient, existent et sont d'ailleurs connus sinon reconnus... Et ils existent bel et bien dans “ce monde là”, ce monde de la fatuité, de la performance et de la rentabilité.

Être homme ou femme aujourd'hui parmi ces “purs”... L'on en jase d'abord parce que cela semble “perdu d'avance”, ou parce que l'on en nie la possibilité et l'utilité, ou parce que l'on en rit avec condescendance...

Tous ces “possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Que possèdent-ils ? Des propriétés, des maisons, des voitures, une fonction plus ou moins “valorisante” dans quelque organisme ou association, un “poste clef” dans une entreprise commerciale, un mandat électoral, une culture générale, un diplôme, une clef, un droit, un accès, une légitimité... ? Ou même encore, un talent, une intelligence, une capacité à réaliser , une notoriété, un pouvoir de conviction?

Quoique l'on possède, que ce soit un bien matériel, une propriété ou de l'argent ; que ce soit un bien “immatériel”, un talent ou une capacité... Nous sommes et demeurons “possédés par ce que nous possédons”... Et il n'y a donc pas, à priori, d'êtres “purs et distingués” parmi les Humains... Seulement des êtres qui s'efforcent “de par leur nature” à devenir “purs” (et qui sont rares et infréquentables)...

mardi, juin 1 2010

L'on saura que tu es, ou que tu fus... Mais...

Le Web éternise les regards qui parlent... Et les éternuements qui piaillent.

Que ce soit par hasard ou par recherche, l'on saura que tu es ou que tu fus...

Cette postérité à la quelle rêvent tous les artistes, tous les écrivains et même tout un chacun selon ce qu'il réalise en sa vie... Est devenue universelle, permanente et toute proche... Aussi proche que ce que tu vois par ta fenêtre ouverte ou par un livre trouvé ou choisi dans une très grande bibliothèque...

Et ce sont Google, tous les moteurs de recherche sur la Toile, tous les mots clefs possibles et imaginables, qui font cette postérité là...

La postérité a changé de champ visuel (ou de champ de connaissance) : elle était celle des écrivains et des artistes ou des inventeurs dont les oeuvres traversaient les siècles et se répandaient de mémoire en mémoire ; elle appartient désormais à tout un chacun et elle est par une trace de toi qui demeure parmi toutes les autres traces à jamais laissées...

La postérité c'est aujourd'hui une sorte de “Bac” ou de “Deug” que tout un chacun sur cette planète peut passer, une sorte de “Bac” ou de “Deug” dont le résultat est connu d'avance : tout le monde est reçu (avec ou sans mention)...

Alors vous me direz : “ il vaut mieux être reçu avec une mention très bien.”... Comme si le champ visuel (ou de connaissance) de la postérité pouvait se “rétrécir” c'est à dire reprendre la dimension qu'il avait avant ! (avant Google, avant le Net, avant les moteurs de recherche, les archives et bibliothèques virtuelles, les blogs et les forums)...

Non, tant que la Toile sera, le champ visuel ou le champ de connaissance ne “rétrécira” jamais... Bien au contraire il s'élargira.

Artistes, écrivains, grands ou petits blogueurs... Quel que soit votre talent, votre “discours”, votre “vision du monde”, votre niveau d'études ou de culture, quoi que vous écriviez ou produisiez... ou éternuiez... Vous êtes désormais “éternaux” (c'est à dire de cette “éternité” aussi provisoire que l'existence de la Terre, du Soleil, des Hommes et des civilisations)...

Est-ce que c'était “mieux”, la postérité, avant ?

Est-ce que ce sera “mieux”, la postérité par Google et par le Net... Cette postérité de champ très élargi et si universel qui “reçoit” toutes les copies de Bac? Toutes ces copies parmi elles, dont la trace “éternelle” ne fera pas la postérité rêvée mais la postérité dont on se passerait bien...

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