Le Blog du Merdier

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mercredi, mars 10 2010

Les générations entre deux mondes

Entre “Pétété” et Remington d'une part ; et “i-phone” et les ordinateurs d'autre part...

     Du temps où la Poste s'appelait Pétété, du temps où l'on câblait de Panama à son banquier en Europe, du temps où les écrivains tapaient leurs romans sur des Remington, du temps des routes bombées bordées de platanes, du temps où l'on payait le pompiste et l'on réglait sa note d'hôtel avec des billets de banque, du temps des routes nationales et des carrefours en croix ou en patte d'oie, du temps où l'on s'embarquait au Havre ou à Cherbourg pour se rendre en Amérique... Le monde était coupé en deux : les pays de l'Est d'un côté, à économie socialiste et collectiviste, avec le grand géant soviétique ; et les pays de l'Ouest de l'autre côté, avec les Etats Unis d'Amérique, super puissance industrielle et technologique...

Mais si le monde était coupé en deux, il était aussi dans une autre partie “encore en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, une mosaïque de territoires purement géographiques et ethniques généralement occupés, colonisés et exploités par les pays de civilisation Européenne et judéochrétienne...

Ce temps là, celui de la Poste “Pétété” et des “Remington” et des deux blocs de l'Est et de l'Ouest ; prit fin à la chute du mur de Berlin... L'on peut dire (c'est ce que je dis) que la date du 9 novembre 1989 est comme le premier janvier d'un “an Zéro”, date à partir de laquelle le monde commence à être différent : le monde de l'Est et le monde de l'Ouest désormais se fondent en un seul et même monde économique et social ; la mosaïque de territoires “en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, déjà devenue une constellation de pays nouveaux avant la fin du “monde d'avant”... se structure peu à peu en vastes ensembles ou espaces économiques et politiques...

Ce temps là, celui d'avant la chute du mur de Berlin ; avait été précédé par celui de la Poste à cheval, des diligences et des bateaux à voile... Lui-même précédé encore, ce temps là, par d'autres temps...

Mais l'on peut dire – pour simplifier – que tous les temps situés avant les années 90 du 20 ème siècle, sont “L'Ancien Monde”...

Il y avait eu au 15 ème siècle déja, une “révolution technologique” quasi universelle du moins dans le monde d'alors, celui de la civilisation des peuples d'Europe : l'invention de l'imprimerie...

L'on peut dire de nos jours (fin 20 ème – début 21 ème siècles) qu'une autre “révolution technologique” d'ampleur universelle voit le jour et se développe rapidement : celle du téléphone mobile, d'internet, de l'informatique et du numérique...

Il y a une singularité, une dimension nouvelle dans l'émotion, dans la pensée, dans la réflexion et dans la relation humaine... et quelque chose de tout à fait unique, exceptionnel... À être de ces générations “d'entre deux mondes”... Pour celui ou celle d'entre nous, de ces générations, qui en ressent au plus profond de lui-même la portée, les effets et les bouleversements dans sa vie personnelle et tout autour dans le monde... Ces générations dont les toutes premières sont celles des gens nés entre 1930 et 1940 environ , et dont les suivantes sont celles des gens nés entre 1950 et 1980...

Car ce sont là des générations qui auront connu dans une partie de leur vie plus ou moins longue, dans leur enfance pour les dernières, “l'Ancien Monde”... Et auront donc été “imprégnées” de la culture du 20 ème siècle tout en se trouvant confrontées selon leur diverses sensibilités, aspirations et rêves, à la culture émergente du “Monde Nouveau”...

Les générations qui viennent, celles des nés aux alentours de l'an 2000, puis celles qui suivront, n'auront donc rien vécu par elles-mêmes de ce qui fut “l'Ancien Monde”... dont elles n'auront connaissance que par les documents (imprimés ou numérisés) , les images et videos et films, les livres, ou encore par la parole, par le récit des anciens (de plus en plus vieillissants)...

Avant les années 90 du 20 ème siècle, il y avait toujours eu comme une “continuité” : les époques se succédaient sans qu'il ne vienne jamais quelque rupture brutale ou quelque transformation radicale dans l'ordre économique, traditionnel et social, ou même familial... Les différences d'une époque à l'autre, n'étaient perceptibles que graduellement et selon des modes de vie évoluant avec les progrès de la science, de la médecine, des découvertes de nouveaux pays ou espaces géographiques, et de la technologie, des moyens de locomotion et de transport... Il y avait seulement eu à partir du 19ème siècle, une accélération dans la continuité, une continuité qui demeurait quoiqu'il arrive, la caractéristique essentielle de “l'Ancien Monde”....

Nos générations actuelles, celles des gens nés à partir de 1930/1950 et jusque vers 1980, sont les témoins directs et vivants de cette rupture – ou de cette “fracture” même – à partir de laquelle se disperse en fragments épars cette ligne de “continuité” : l'on sent bien qu'il n'y a plus de continuité, mais deux “lignes” nettement séparées, profondément différentes dans leur tracé...

L'on pourrait voir aussi, comme deux mondes, deux “Terres” qui seraient entées en collision, se seraient imbriquées l'une dans l'autre. Du bord de la Terre qui surplombe l'autre Terre, le promeneur (ou voyageur) aperçoit devant lui depuis tout en bas de la fracture, un immense paysage qui à première vue, ressemble au paysage se déroulant derrière lui du côté de la Terre qui surplombe... Mais un vertige, peut-être une sorte d'angoisse, et en même temps, comme une nostalgie, s'emparent du promeneur... qui plus jamais, ne pourra désormais poser son pied sur le sol “d'en bas”... Car il n'existe pas de “chariot volant” pour se rendre sur la “Terre d'en dessous”... Il n'y a plus que la vue dans l'immédiat, depuis le bord en haut de la fracture, et il ne restera que le souvenir, ensuite, de cette vue... puisqu'il faudra bien suivre l'une ou l'autre de ces routes de la Terre qui surplombe...

Ainsi est l'homme ou la femme, quelle que soit sa condition, né autour de 1930 ou jusque vers 1980, tel ce promeneur ou voyageur soudainement “décalé” d'une “Terre” à l'autre...

Les artistes, les écrivains, les penseurs et les poètes des générations actuelles ont sans doute en tant que témoins, observateurs et créateurs d'oeuvres littéraires ou autres, une grande responsabilité dans la mesure où ils doivent désormais transmettre alors que le fil de la continuité est rompu, et que se posera sans doute la question d'une forme nouvelle de continuité jusque là inconnue et encore inconcevable... ( serait-ce un espace aux dimensions non perceptibles, aux repères mouvants , un espace dans lequel le temps -passé, présent, futur – n'aurait plus de sens ? )...

Je pense aussi à ces très grands écrivains et auteurs du 20ème siècle, nés après 1910 et décédés avant 1990, dont certains d'entre eux seraient aujourd'hui très âgés s'ils avaient vécu : quel aurait été leur regard, comment aurait évolué leur pensée, et comment auraient-ils intégré dans leur vie, la fin de leur vie, ces nouvelles technologies de la communication, du téléphone mobile, du numérique, de l'informatique et de l'internet?

D'autres très grands écrivains ou romanciers nés à la fin du 19ème siècle, du fait qu'ils auraient passé cent ans en 1990 ou 2000 et sont donc forcément morts avant, “ratèrent” de peu si l'on peut dire le “Nouveau Monde”. Mais qu'avaient-ils imaginé, pensé, de ce que pouvait devenir le monde, par exemple dans un moment de solitude, lors d'une promenade en forêt, ou avant de s'endormir le soir ou en se réveillant le matin?

mardi, février 16 2010

Crispation sur les symboles nationaux

     Dans LE MONDE du vendredi 12 février 2010, Guy Verhofstadt, Président du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement Européen, ancien premier ministre Belge, écrit :

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C'est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l'influence de la France en Europe et dans le monde”...

Je me sens en ce qui me concerne, “un peu gêné aux entournures” lorsque tous les soirs (et plusieurs fois dans la journée), tant sur les ondes qu'à la télévision, et cela depuis plus d'un mois déjà, l'on débat sur cette question de l'identité nationale...

D'autant plus que sur les forums du Net, dans les journaux et les magazines d'actualité, l'on ne cesse de débattre et de polémiquer sur ce thème de l'identité nationale...

Je pense – mais cela me fait mal de penser cela, car cela me paraît “un peu lourd” - à cette phrase d'une chanson de Jean Ferrat “Je crois voir la photo de Pétain dans mon verre de Vichy”...

C'est vrai que ce débat sur l'identité nationale, cela finit par faire “Travail/Famille/Patrie”... Et que l'on verrait apparaître les “vieux démons” (avec de nouveaux visages et de nouveaux signes distinctifs)...

J'y vois là non pas un “signe de civilisation”, non pas non plus un “signe de progrès”... ou un “signe de diversité culturelle et d'ouverture vers un monde plus relationnel”... Mais plutôt un “signe de retour à une forme de repli culturel et social”, tout à fait caractéristique de ces époques troublées de crises, de confrontations, de guerres et de fléaux divers... Comme s'il devenait temps de se protéger de murailles, d'enceintes fortifiées, de barrages filtrants et de clôtures, parce que le monde serait plus dangereux, plus incertain qu'avant...

Débat-on ailleurs qu'en France, à ce point là, sur le thème de l'identité nationale ? Une “identité nationale”, n'est-ce pas comme un visage, un visage humain ? Un visage ne se “débat” pas : il se porte, il se voit, il s'exprime... Il est un visage parmi tous les autres visages... Nul ne peut dire que ce visage là – ou un autre – n'est point. Il est...

Alors pourquoi débattre en se crispant sur ces yeux, ce nez et cette bouche qu'il faudrait “pieusement modeler” sur son visage ? Les yeux ne sont-ils pas pour voir, le nez pour respirer et la bouche pour se nourrir ou s'exprimer ?

samedi, janvier 30 2010

Est-ce par pur hasard ?

      Les destinées sont curieuses... À dire vrai, c'est cette part d'aléatoire (ou de hasard si l'on veut) qui les rend soudain insolites – parfois glorieuses- et comme “scellées” dans les mémoires des hommes...

Serge Gainsbourg aurait-il été Gainsbourg ? Et Jacques Brel, Brel ? Et Albert Camus, Camus ?

Serge Gainsbourg (Lucien Ginzburg de son vrai nom) né en 1929 et décédé en 1991, voulait être peintre... Artiste peintre. Initié par son père à la musique, il jouait dans des boîtes de nuit au piano pour gagner sa vie et écrivait des chansons pour les femmes, ces femmes entraîneuses ou artistes qu'il rencontrait dans les établissements de nuit... Et c'est une chanson qu'il fit pour Brigitte Bardot qui le “propulsa” sur la grande scène... Et à cette époque là, tous les militaires du contingent avaient dans leurs chambrées, collée au mur une photo de Brigitte Bardot.

Jacques Brel “tira la langue” quatre années durant... Les critiques étaient désastreuses : celle de France Soir par exemple “ Monsieur Brel est Belge, nous lui rappelons qu'il existe d'excellents trains pour Bruxelles”... Et Marc Robine, dans Le roman de Jacques Brel “ C'est l'éternelle histoire du Vilain petit canard d'Andersen, dont nul ne pouvait prévoir qu'il était un cygne royal en train d'arriver lentement à sa plénitude. Nul, sauf Jacques Canetti”...

En 1924 à Alger, l'instituteur Louis Germain dans le petit appartement d'un immeuble de Belcourt, un quartier ouvrier et populaire, est en discussion avec madame Sintès la grand mère d' Albert. Dehors, Albert attend dans la rue... Le père d'Albert était tonnelier de son état, avant d'aller mourir en France au tout début de la guerre de 14-18. La grand mère avait dit, après le certificat d'études : “il fera comme son père”...

Louis Germain rejoint Albert dans la rue... “ça y est, c'est décidé, tu te présentes au concours des Bourses et tu iras au Lycée”...

Il fallait assurément s'appeler (et être) Louis Germain, pour convaincre une femme telle que madame Sintès, la grand mère d'Albert !

... L'on ne peut certes, évoquer le seul hasard... Hasard, ce n'est pas la même chose que “aléatoire”...

Il y a déjà ce qui est “particulier”, ou “hors du commun” chez un être humain. Il y a aussi l'environnement familial, culturel, social ( si l'on est “riche” ou “pauvre”)... Mais c'est aléatoire pour un être humain d'avoir une destinée “hors du commun”... Lucien Ginzburg par exemple, aurait pu le plus naturellement du monde, devenir un très bon pianiste professionnel, payé au cachet dans des établissements de nuit de renom... Sans jamais être Serge Gainsbourg...

Albert Camus aurait pu devenir tonnelier comme son père, et le dimanche il aurait fait du théâtre amateur, ou animé une équipe de joueurs de football...

Et ce sont des gens tels que Louis Germain, ou Jacques Canetti... Qui surgissent un jour de ce brouillard qu'est l'aléatoire... Dans la vie de ces êtres dont nul ne savait qu'ils étaient “hors du commun” - et pas même eux-mêmes- .

Intelligible et plaisant, ou inintelligible et ennuyeux ?

       Pour le commun des mortels qui vivait à l'époque où des hommes de pensée, de réflexion et d'une certaine connaissance du monde et de l'univers ; traçaient des figures géométriques, réalisaient des dessins ou gravaient des signes sur la pierre face au ciel... Pour ce “commun des mortels” donc, les signes ainsi tracés étaient inintelligibles... Et le “commun des mortels” alors, disait même, évoquant l'existence de ces signes, qu'ils étaient des oeuvres de débiles ou de fous... dont le sens demeurait obscur...

Et les auteurs de ces signes sans doute, ne pensaient pas que le “commun des mortels” puisse être jamais l'un de ces dieux “lecteurs privilégiés”...

Aussi ces auteurs de signes, de figures et de dessins étaient-ils assez mal considérés par les hommes de cette époque, parce qu'ils passaient pour des gens inaccessibles et ennuyeux...

De nos jours c'est l'espace du Web qui est devenu le ciel... Ou encore l'espace de l'écriture par toutes sortes de livres, oeuvres de roman ou de divertissement... Et ce sont les forums du Web, les sites et les blogs... Ou encore les feuillets ou les pages des auteurs de livres qui sont devenus les pierres face au ciel...

Autrefois les “lecteurs privilégiés” du commun des mortels qui lui, produisait auprès de ses semblables des figures et des dessins “intelligibles et plaisants” dans les assemblées ordinaires de personnes, étaient les mêmes gens que de nos jours, dont l'esprit habité par les dieux et leurs serviteurs et les idées du monde, se porte vers ce qui est “intelligible et plaisant”...

Et tout homme ou femme, aujourd'hui comme autrefois, de pensée, de réflexion et d'une certaine connaissance du monde et de l'univers, qui se risque à produire ce que ses contemporains délaissent ou “zappent”... Passe pour débile, fou ou obscur... Alors cet homme ou cette femme là, écrit comme autrefois traçaient ses prédecesseurs sur la pierre face au ciel...

Il n' y a pas d'étrangeté dans l'opposition entre ce qui est perçu comme intelligible, et ce qui est perçu comme inintelligible... Il n'y a que la réalité du monde, des êtres et de l'univers.

Il vient toujours du questionnement et de la recherche, avec la connaissance qui ne vient pas des dieux et des idées du monde...

Il vient toujours du contentement et des habitudes, avec la connaissance qui vient des dieux et des idées du monde...

C'est le questionnement et la recherche qui rendent difficiles le langage et la communication...

C'est le contentement et les habitudes qui rendent si aisés le langage et la communication...

Il n'y pas d'étrangeté dans l'opposition entre ce qui est perçu comme intelligible, et ce qui est perçu comme inintelligible... Mais il n'y a pas non plus dans ce qui est perçu, de vérité...

Si la connaissance qui vient des dieux et des idées du monde, en particulier lorsqu'elle s'impose, est une connaissance “toute cousue (et bien cousue)”... D'où vient et qu'est la connaissance qui ne vient pas des dieux et des idées du monde ? Peut-on dire qu'elle est vérité?

mercredi, janvier 27 2010

Vers une civilisation de la relation

     Les éditeurs savent déjà depuis au moins quelques années, que le livre (ou l'écrit) sur Internet, peut être une évolution intéressante à leurs yeux... Mais ils ont laissé à mon avis trop de temps s'écouler déjà, à l'expansion et à la diffusion de l'écrit sur Internet.

De telle sorte que le marché de l'édition classique (toujours aussi florissant cependant) a de plus en plus tendance à se laisser rattrapper par un autre genre de "marché" qui lui, à terme, ne sera plus du tout un "marché"...

L'on entre plus aisément (et avec beaucoup plus de chances d'être lu ou découvert, et de "rayonner")... Sur la Toile que dans le monde de l'édition classique.

Car, avant même de "gagner de l'argent" l'aspiration essentielle de la plupart des écrivains, c'est d'avoir un public, des lecteurs, des interlocuteurs... Voilà pourquoi le "marché" - du livre et de l'écrit - (qui est encore ce qu'il est) va évoluer et entraîner avec lui, peu à peu... tous les autres marchés (du loisir, de la culture, et même du bien ou service ou produit de consommation courante et nécessaire)... Vers ce que j'appellerais "une civilisation de la relation". Alors les données, les repères, les valeurs, les règles (si tant est qu'il y en ait encore) ne seront plus du tout les mêmes...

Les utopies, les modes, les hypocrisies, les mythes... Et presque tous les pouvoirs actuels tomberont les uns après les autres...

Certains pourraient voir dans cette évolution que j'évoque, la "faillite" d'un système... Tout comme la faillite du Communisme ou le "pourrissement" du Capitalisme... Il n'en sera rien : il n'y aura pas de "faillite" mais une "transition".

mercredi, décembre 2 2009

Harry Potter, Le seigneur des anneaux, et autres récits et romans fantastiques

     J'aime beaucoup (et même énormément) le fantastique, la science fiction (romans, nouvelles, récits)... Le merveilleux, tout ce qui fait rêver...

MAIS, mais... Il faut qu'il y ait dans l'histoire, dans la relation des faits, des personnages et des événements, quelquechose de "crédible" (ou de "vraisemblable")... Une crédibilité derrière laquelle on sent un "message" (philosophique, de réflexion, de pensée profonde... Avec de l'émotion, du rêve bien sûr).

Si c'est trop "magique" (avec par exemple des sorciers bons ou mauvais, des anges, des démons, des maléfices, des miracles, des fantômes ou autres créatures bizzaroïdes genre gnomes ou elfes et j'en passe)... Alors le "message" ne passe plus!

Pour moi quand je parle de "fées" je pense à des femmes, des jeunes femmes réelles d'une vraie et émouvante gentillesse...

C'est ce qu'il y a parfois, de "surréaliste" dans la réalité... qui me fait rêver et me semble avoir du sens... C'est aussi ce moment d'interrogation lorsque la science est encore impuissante. Lorsque l'inconnu devient "perceptible" et semble “prendre forme” par une sorte d'intuition - et cela dans un moment de profonde réflexion... C'est l'Histoire d'avant l'Histoire (et qui suscite doutes, interrogations et pousse à la recherche - recherche scientifique, analytique, basée sur des indices, des découvertes)... C'est le “devenir” possible des êtres, de l'Histoire, de la nature, de notre monde... C'est le “possible ailleurs” et toutes ses formes de vie, d'évolution de la vie...

... C'est la raison pour laquelle un type dans mon genre ne peut JAMAIS souscrire de coeur ou d'esprit à des histoires d'anges et de démons, de Dieu ou de Diable, de paradis ou d'enfer, de magie, de sorcellerie, d'horoscope...

Dans le mythe ou dans la légende, il faut qu'il entre du "solide", du "sens", du "crédible" ou disons "une certaine dimension de pensée" et que les personnages mythifiés ou devenus légendaires soient ou aient été des personnages "hors du commun" à cause de ce qu'ils ont réalisé, découvert, insufflé, porté à bout de bras leur vie durant, et que ces personnages ne soient pas "pure fiction"...

J'ai réussi à lire en totalité Le Seigneur des Anneaux (dont j'ai par ailleurs vu le film qui en a été tiré)... J' ai senti – dans le livre – une certaine dimension de pensée et de réflexion, et je reconnais la valeur littéraire et tout de même quelque peu “philosophique” voire “morale” de l'oeuvre ; et j'aimé aussi les descriptions de pays, les cartes géographiques, tout ce qui touchait (imaginé par l'auteur) à la vie des gens en ces temps très éloignés et anciens... Mais tous ces démons, ces créatures aux pouvoirs surnaturels, cette sorcellerie, ces armées de morts surgies de la poussière... cela ne “passe pas” car je ne suis point de cette pensée là...

Quant à Harry Potter, cette oeuvre gigantesque en plusieurs volumes de quelque mille pages chacun... Je ne risque pas d'en tenter la lecture ! Les images de couverture des livres sont pour moi suffisamment évocatrices !

jeudi, novembre 12 2009

Le style

Rivarol, non sans hauteur mais avec beaucoup de lucidité, a déclaré :

Le style n'est rien, mais rien n'est sans le style”...

Et je dis pour ma part :

“Le style n'est rien, parce qu'en règle générale il en fout plein la vue même s'il véhicule des jolis mots dans son mouvement le plus élégant qui soit... Alors s'il arrive à en foutre plein la vue avec des mots plats ou vides de sens, n'en parlons pas!

... Mais rien n'est sans le style quand le style vient tout droit -et comme la lave d'un volcan- du plus profond du coeur du réacteur en soi... Et c'est en règle non générale que l'on fait du style avec le coeur de son réacteur. Et c'est dommage que l'on fasse si souvent du coeur de son réacteur avec seulement des mots-pets sans un pet de style... Comme on le fait la plupart du temps dans ces forums du Web de cinquante mille inscrits et aux cinquante mille réactions épidermiques, dans ces blogs confettis qui se satellisent autour d'une même étoile appelée Facebook ou Skyrock”...

dimanche, octobre 25 2009

La liberté encadrée, fichée ou muselée

La liberté encadrée, fichée ou muselée

Lorsque l'on n'aime pas en France Nicolas Sarkozy et sa politique ni en Italie Silvio Berlusconi et sa politique...

Vaut-il mieux être Français sous Nicolas Sarkozy ou Italien sous Silvio Berlusconi?

Toute la réponse à cette question tient à la liberté d'expression – ou du moins ce qui demeure encore de la liberté d'expression.

Chez nous en France, en dépit de tous les trafics d'influence, de toutes les magouilles politico-financières, de tous les scandales et de toutes les pressions, de tout ce que les médias produisent en matière de sensationnel ou d'effets spéciaux induisant directement ou non des comportements, des modes ou une manière formatée de pensée... Et bien que nous soyons quasiment tous fichés, suivis, répertoriés, filmés, écoutés, lus et tout ce que l'on voudra... Il n'en demeure pas moins que le “citoyen lambda”, l'artiste de scène ou de télévision, l'écrivain, le poète, l'humoriste, le comédien, le chanteur... Peut encore s'exprimer librement dans la rue, sur les forums du web, sur une scène dans une salle, dans un journal, dans un livre, à la télévision...

Autrement dit, la liberté dans un pays tel que la France est sans doute surveillée, encadrée et conditionnée... Mais elle n'est pas muselée comme en bien d'autres pays du monde où l'artiste, le journaliste, l'écrivain, le citoyen lambda, le poète, l'écrivain est emprisonné, assassiné ou interdit de paraître...

Il y a encore -si l'on peut dire – une “différence” entre l'Italie de Silvio Berlusconi et la Chine des dirigeants Chinois... En matière de liberté d'expression.

Mais pour ma part, je préfère encore être Français sous Nicolas Sarkozy, qu'Italien sous Silvio Berlusconi...

La liberté d'expression se défend quand elle est encore défendable. Et c'est beaucoup plus difficile pour un écrivain, un penseur, un poète ou un artiste totalement muselé dans un pays de dictature absolue... Ainsi une oeuvre, une pensée peuvent-elles être ignorées du monde ou difficilement accessibles.

Mais la liberté d'expression dans la mesure et dans les conditions où elle peut exister, contient en elle-même son propre pouvoir d'anéantissement ou de dilution dans l'espace relationnel. Et ce pouvoir là est plus sûr, plus pernicieux, plus laminant – que des forces de police, des prisons, des caméras de surveillance, des fichiers, des pelotons d'exécution et toutes sortes de trafics d'influence et de pressions.. Ce pouvoir a deux composantes : la vulgarité et la banalité.

Ce qui est banal, répétitif, “de toutes les sauces touillé”, dispersé à tous les vents, et vulgaire, perdant toute consistance et toute influence réelle, rend inopérante la liberté d'expression... Qui ne devient alors qu'un “jouet d'enfant plus ou moins gâté faisant un caca nerveux de temps à autre...

jeudi, octobre 22 2009

Racisme et affirmation d'un dieu créateur : deux écueils de taille...

      Dans ces sensibilités et ces cultures de l'Autre que je sens et perçois différentes ou même opposées aux miennes, rien à dire vrai me pose un réel problème... Si ce n'est deux choses :

le racisme et l'affirmation d'un Dieu créateur du ciel, de la Terre, de l'homme et de l'univers.

La race n'existe pas dans l'espèce humaine. Il n'y a qu'une seule et unique espèce humaine et l'on est noir ou blanc comme on a les yeux bleus ou marrons ou les cheveux blonds, châtains ou noirs...

Et un Dieu créateur du ciel, de la Terre et de l'Univers, c'est la négation des découvertes de la Science en matière d'archéologie humaine.

Je ne peux pas être poli ou respecteux devant une personne qui dit que les gens à la peau blanche ont une intelligence (une capacité cérébrale) supérieure à celle des gens à la peau noire.

Je ne peux pas souffrir que l'on dise bêtement “C'est Dieu qui tout créé”...

Mais je conçois que l'on puisse être Chrétien et Scientifique (ou philosophe ou homme de lettres et cultivé – et Chrétien-) en même temps :

Un Chrétien et Scientifique n'affirme pas et ne croit pas, par exemple, que Dieu a fait la première femme en prenant une côte du premier homme...

Aucun philosophe Chrétien, aucun homme de culture et de connaissance Chrétien, ne jette sur la table ou depuis une tribune que “Dieu a fait le monde en sept jours”...

J'avoue, en dépit de ma très grande ouverture d'esprit et de reconnaissance de toute sensibilité et de toute culture, que je me sens très mal à l'aise – ou très agressif et incapable d'accueillir et d'écouter – en face de gens “bêtement et vulgairement racistes” d'une part, ou en face de gens qui “crient comme des veaux que Dieu a tout créé”... Et le pire ce sont les racistes créationnistes : avec ces gens là je pense qu'il n'y aura jamais de dialogue ou d'approche possible... Du moins dans les temps que nous vivons.

Mais je pense aussi en tant qu'homme d'écriture animé si je puis dire de quelque esprit scientifique et philosophique... Que l'espèce humaine évoluera puisqu'elle a déjà évolué depuis sa venue sur la planète en devant nécessairement s'adapter lorsque l'environnement naturel et relationnel devenait différent voire hostile...

Si l'être humain a pu survivre à une glaciation de cent mille ans, pourquoi ne survivrait-il pas à tout ce qui pourrait le détruire dans les temps qui viennent?

Il n' y a pas de fatalité, rien n'est écrit que ce soit dans le ciel ou par la “main de Dieu”. Rien n'est figé, rien n'est immuable, tout change, tout évolue, tout se fait et se défait ou se refait, tout n'est que matière, intelligence naturelle, énergie, vie et symbiose... La pesanteur actuelle de l'obscurantisme, de la bêtise et de la violence, de l'intolérance et de l'injustice programmée et organisée entre les hommes... Ne me fait pas peur et ne me désespère pas. Je ne crois pas qu'il en sera toujours ainsi, de ce monde dans lequel nous vivons... Dans quelques milliers d'années ou en une autre ère, en une autre histoire...

mercredi, septembre 30 2009

La littérature c'est encore mieux qu'une révolution

Les gouvernements suspectent la littérature parce qu'elle est une force qu'on ne peut maîtriser” [Emile Zola]

La littérature fait mieux que de s'opposer ou de résister aux gouvernements : elle rend les gouvernements inutiles, et tout aussi inutiles les religions et les cultes. Elle rend même inutile le gouvernement qu'elle pourrait imposer au monde par son esprit et par sa force...

Le problème c'est que cette littérature n'existe pas encore. Quel gouvernement d'ailleurs, quelle civilisation, ferait exister cette littérature là, si d'aventure elle venait à naître?

Ce que les gouvernements et les religions ne peuvent faire disparaître, même avec les moyens dont ils disposent, même avec leurs armées, leurs polices et leurs prêtres ; c'est cette capacité de réflexion que les gens et les peuples ont encore en dépit de tous les mensonges proférés.

Ainsi la littérature qui s'opposera et résistera aux gouvernements et aux religions, viendra et se répandra dans le monde. La littérature n'est pas seulement de la pensée et de l'imaginaire, de l'écrit dans les livres et de la parole sur les scènes. La littérature c'est aussi de l'action, de l'oeuvre, de l'accomplissement... Une sorte de symbiose entre l'agissement, le “faire”, le “paraître”, l'être”, le “devenir” d'une part ; et la pensée, l'imagination, la réflexion, le dit et l'écrit d'autre part.

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