De Jean Marie Le Clézio, dans “ Révolutions”, page 403 livre de poche collection Folio :

Que reste-t-il, quand le temps a tout miné, et que plus rien de ce qui existait si fort ne semble tenir ensemble?”...

... Et, à la fin de la page suivante : “Le soleil des philosophes était entré dans sa phase occultée. Jean pensait que longue serait la révolution.”

... Ce “temps qui mine tout”, est-il donc comme l'onde clignotante d'éclats de lumière sur l'eau et s'éloignant puis disparaissant? Et cet éclat si vif, lorsqu'il est entré dans notre vision en nous donnant un regard que nous n'avions pas avant que n'apparaisse l'onde d'éclats de lumière, cet éclat si vif et d'une seule trace de lumière... Doit-il avec ce “temps qui mine tout”, se fracturer en paillettes de lumière errantes et de plus en plus séparées les unes des autres?

Que reste-t-il? Peut-être la mémoire, comme un grand livre endormi jusqu'à ce que des mains, un jour proche ou lointain, le découvre et en ouvre les pages...

... Ce “soleil des philosophes” n'est-il pas la pensée de quelques êtres de ce monde et plus généralement la pensée exprimée avec les mots de tous les jours de tant d'êtres de ce monde,

une pensée venue de très loin dans le temps, du temps d'Anaxagore et d'avant ; une pensée seulement occultée en apparence?

Comme Jean, je pense que longue sera la révolution... Mais longue comme quoi? Un “jour” de la Bible? Un “jour” à l'échelle du cosmos? Un “jour” à l'échelle de la durée de nos civilisations?... Ou un souffle venu tout à coup des profondeurs de millions d'êtres peuplant la Terre?