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  <title>Les Manuscrits Ne Brûlent Pas. - Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</title>
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  <description>Rien à dire, tout à lire.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 10 Mar 2010 00:07:05 +0100</pubDate>
  <copyright>Copyright © 2007 - Woland</copyright>
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    <title>Mémoires d'Outre-Tombe - Livres I à XII - Tome premier - François-René de Chateaubriand</title>
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    <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 23:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img520.imageshack.us/img520/7747/mmoiresdoutretombetm8.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &quot;Mémoires d'Outre-Tombe&quot; sont peut-être l'ouvrage le plus connu de Chateaubriand. Les résumer est chose impossible et inciter à les lire, en ces temps voués à la dictature de l'image et du clinquant, relèverait pour certains de la gageure. Pourtant, malgré tout ce qui peut, en eux, heurter notre sensibilité moderne, ces &quot;Mémoires ...&quot; que l'auteur a polis et repolis en les tirant très souvent vers la biographie romancée, méritent non seulement qu'on les lise mais encore qu'on les relise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les douze premiers livres des &quot;Mémoires d'Outre-Tombe&quot;, c'est avant tout Combourg, l'antique château où Chateaubriand passa son enfance et son adolescence. En tous cas, c'est la première image qui nous vient plus tard à l'esprit lorsqu'on évoque ce premier tome.&lt;/strong&gt; Des pierres descellées sur les chemins de ronde battus des vents&amp;nbsp;; le souffle du vent s'infiltrant dans des pièces trop hautes d'où la mauvaise saison chasse toute chaleur&amp;nbsp;; des fantômes que réveillent les histoires gothiques racontées par les dames de Chateaubriand&amp;nbsp;; un père distant et figé dans une sorte de misanthropie mal dissimulée&amp;nbsp;; une mère bavarde et pieuse, qui avait dû rêver mieux que cette solitude grandiose mais terrible&amp;nbsp;; une soeur trop aimée avec qui le futur romancier entretiendra toujours une relation ambiguë et enfin un petit garçon voué au bleu marial par sa nourrice bretonne, qui se transforme peu à peu en un adolescent incertain, romantique avant la lettre, qui rêve aux hiboux et aux horizons lointains, peut-on concevoir meilleur terrain pour une nature d'écrivain&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Evidemment, &lt;strong&gt;ce premier volume comporte encore bien d'autres choses,&lt;/strong&gt; dont de saisissants portraits des ténors de la Convention brossés par un oeil visionnaire dans la tourmente révolutionnaire qui va tout emporter. Il y a aussi le mariage de l'auteur, une évocation discrète et gourmée&amp;nbsp;; des considérations très instructives sur l'idée que Chateaubriand se faisait de la noblesse et de ses représentants - considérations auxquelles, toute sa vie, fait exceptionnel pour n'importe quel homme ambitieux, il restera fidèle&amp;nbsp;; les descriptions des paysages encore inexplorés de ce qui deviendra les USA&amp;nbsp;; l'exil temporaire en Angleterre alors que, à Paris, le frère aîné du romancier est fauché par la Terreur et même, cerise sur le gâteau pour le littéraire impénitent, une espèce de mini-essai sur les littératures française et anglaise.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ensemble dans un style unique qui semble jouer au trait d'union entre la langue quasi parfaite des Lumières et les longues tirades parfois fabuleuses, parfois ampoulées qui s'apprêtent à marquer le XIXème siècle commençant. Un prodige, ce style. Lu à haute voix, il se savoure comme quelque mets rare et singulièrement fruité. Lu &quot;dans la tête&quot;, il arrive qu'on s'y sente un peu perdu, étourdi par sa cadence hautaine et ses envolées d'oiseau de proie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Seule ombre au tableau&amp;nbsp;: le désir forcené de Chateaubriand de se poser en victime du Destin. Comme tout romantique digne de ce nom, il aime les apitoiements et les invocations un peu baroques&amp;nbsp;: Dieu, l'Univers, le Siècle, la Révolution, la Nature, etc ... il les apostrophe tous. Mais compte tenu du plaisir raffiné qu'il nous offre si généreusement, ne peut-on pas lui pardonner cette faiblesse qui nous rappelle finalement que, tout comme nous, Chateaubriand était bien un être humain&amp;nbsp;? ;o)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Histoire de Ma Vie - Jean-Marie Déguignet ( IV )</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/woland/index.php/post/2008/01/04/Histoire-de-Ma-Vie-Jean-Marie-Deguignet-IV</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Jan 2008 17:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img170.imageshack.us/img170/1076/basbretonvv5.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Figure récurrente dans &quot;Histoire de Ma Vie&quot;, et non des moindres&amp;nbsp;: le Christ.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Déguignet passe les trois-quarts de son livre à le traiter de tous les noms d'oiseaux qu'il connaît - et il en connaît pas mal. Mais dans la dernière partie et sans renoncer un seul instant à ses injures, il reconnaît aussi l'aspect révolutionnaire, voire anarchiste du personnage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Car il y a beaucoup de contradictions chez Déguignet. Celle qui m'a le plus frappée - et amusée car je comprends parfaitement le raisonnement et je l'approuve - est celle-ci&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Déguignet commence par se moquer des saints bretons qui, de fait et comme lui-même le savait déjà, ne sont que des récupérations faites par l'église chrétienne de personnages légendaires celtiques, voire parfois de simples noms de lieux-dits - eh&amp;nbsp;! oui. Puis, il observe - et l'on sent son indignation qui gonfle, qui gonfle, qui va éclater - qu'aucun de ces saints ne semble connu des livres pieux de l'époque. Il en conclut donc que les saints bretons ne se retrouveront jamais au paradis mythique où se dorent leurs confrères juifs, grecs, romains, etc ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et d'assener, avec un mépris somptueux&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &quot;Mais de toutes façons, nous, Bretons, nous n'avons que faire de votre paradis !&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;... Il ne menace pas d'en créer un spécialement pour les saints discriminés mais ... c'est tout juste. ;o)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est par des traits aussi attachants que cette étrange personnalité trouve le moyen de toucher encore nos coeurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Histoire de Ma Vie - Jean-Marie Déguignet ( III )</title>
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    <pubDate>Fri, 04 Jan 2008 17:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img170.imageshack.us/img170/1076/basbretonvv5.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Eh&amp;nbsp;! bien, parce que, &lt;strong&gt;bien que né au XIXème siècle et ayant connu aussi bien les guerres du Second Empire que les débuts de la IIIème République, c'est en homme du XXème, et même du XXIème siècle que raisonne Jean-Marie Déguignet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec lui, on retourne aux sources de la misère paysanne telle qu'elle existait encore après la récupération de la Révolution par la bourgeoisie française. Et l'on sent retomber sur nos épaules la chape de plomb que représentaient à l'époque ces deux ennemis jurés de &quot;L'Assiette au Beurre&quot;&amp;nbsp;: le sabre et le goupillon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ah&amp;nbsp;! Le goupillon&amp;nbsp;! ... &lt;strong&gt;Pour les athées et les anti-cléricaux forcenés, lire Déguignet est une jouissance absolue&lt;/strong&gt; car cet homme qui, jamais, ne connut l'école, a l'élégance suprême d'éviter au maximum de tomber dans la vulgarité lorsqu'il décrit ce clergé et ces bigots qui pesèrent si lourdement sur son destin. Certes, il piétine, il éructe, il rage, il s'époumone - surtout sur la fin. Mais on le lui pardonne bien volontiers tant on le sent sincère et viscéralement rebelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce qui concerne le sabre, c'est un peu différent.&lt;/strong&gt; Déguignet, en effet, fut militaire et devint même sous-officier. &lt;strong&gt;Ce qu'il blâme, ce sont surtout les horreurs de la guerre moderne et la sottise et l'infamie des officiers qui conduiront la France au désastre de Sedan puis, quelques années après, à l'ignoble Affaire Dreyfus.&lt;/strong&gt; Mais l'armée, Déguignet est clair là-dessus, il en faut bien une et il semble pencher vers l'armée de métier.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Histoire de Ma Vie - Jean-Marie Déguignet ( II )</title>
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    <pubDate>Sun, 23 Dec 2007 15:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img170.imageshack.us/img170/1076/basbretonvv5.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet énorme &quot;pavé&quot; de plus de 900 pages (dans lesquelles il faut inclure l'index, le texte de Déguignet, sans les annexes, se regroupant sur 869 pages) abonde en paragraphes serrés, touffus, semblables à des blocs ou à des pierres de taille qui ont donc servi à dresser un monument posthume à un personnage hors du commun et hors de son temps.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;__Ajoutez à cela les notes, en bas de page, les &quot;bretonnismes&quot; dont le texte est truffé, la rage anti-cléricale du bonhomme, un esprit d'analyse carré, puissant, qui tient du prodige, un amour de la discussion pour la discussion qui tient, lui aussi, de l'exceptionnel, et vous vous ferez une bonne idée de cette &quot;Histoire de Ma Vie.&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'avantage - et l'inconvénient - de la version intégrale, c'est que &lt;strong&gt;rien n'y est épargné au lecteur, pas même les répétitions et les redites.&lt;/strong&gt; Car il est évident que Déguignet, sur la fin, vivant seul et n'ayant personne ni pour le relire, ni même pour le lire, refusant lui-même de se relire, aigri sans doute (et on le comprend) par ses malheurs, tombant dans une paranoïa que les événements de son existence avaient eu beau jeu de réveiller et d'alimenter, Déguignet n'a pas évité de patiner dans les injures et les malédictions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'où vient alors que la puissance du récit, le charme du conteur et l'authenticité de son texte parviennent, encore et toujours, à enchaîner le lecteur&amp;nbsp;? ;o)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Histoire de Ma Vie - Jean-Marie Déguignet ( I )</title>
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    <pubDate>Sun, 23 Dec 2007 15:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Né le 19 juillet 1834 à Guengat et mort aux portes de l'Hospice de Quimper, le 29 août 1905, Jean-Marie Déguignet&lt;/strong&gt; était le fils d'un fermier qui, tombé dans la misère peu après la naissance de ce fils, dut louer ses services à d'autres fermiers, dans la région d'Ergué-Gaberic.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aider sa famille, le petite Jean-Marie exerça très tôt le métier de mendiant, c'est-à-dire qu'il allait mendier du pain et des restes de nourriture chez les paysans plus aisés, leur promettant en échange de  prier pour eux, ce que, conformément à l'usage du temps, il commençait à faire sur le champ. En ce temps-là, on croyait que les prières des jeunes enfants mendiants apportaient plus de grâces en paradis à ceux pour lesquels ils priaient.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfant timide mais extrêmement intelligent, voire surdoué comme on dirait probablement de nos jours, le petit Jean-Marie, tout en étant heureux de pouvoir aider ses parents, comprit très vite toute l'hypocrisie du procédé. Ceux qui donnaient pain et restes à l'enfant ne le faisaient pas par charité&amp;nbsp;: comme Victor Hugo l'écrit dans ses &quot;Misérables&quot;, ils &quot;s'achetaient un peu de paradis.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est probablement dans cet étrange métier que lui imposait l'instinct de conservation que l'on doit rechercher les racines du formidable rejet de la religion, particulièrement chrétienne et catholique, que Déguignet manifestera jusqu'à son dernier jour.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès qu'il le put, l'adolescent opta pour la profession de vacher, à la ferme-école de Kermahonet en Kerfeunteun. La soif de connaissance le tourmentait déjà depuis belle lurette puisqu'il avait appris à lire breton et latin dans ... les livres de messe. ;o)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A Kermahonet, il s'attaqua à la langue des &quot;envahisseurs&quot;&amp;nbsp;: le français. Et il s'en tira très bien, sa monumentale &quot;Histoire ...&quot; le prouve amplement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De nos jours, il paraît tout naturel de parler français. &lt;strong&gt;Mais si l'on replace les faits dans le contexte des années 1840/1850, il faut rappeler que, à cette époque, les Bretons n'étaient pas les seuls à ne pas savoir parler français. Dans d'autres provinces du pays, on se heurtait au même phénomène. C'est la IIIème République - honnie elle aussi par Déguignet :wink: - qui, avec ses &quot;hussards noirs&quot;, parviendra peu à peu à faire du français la langue-reine de notre pays.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour l'instant, revenons à 1854, date de l'engagement de Déguignet dans l'armée de Napoléon III. &lt;strong&gt;Il va y rester 14 ans et y deviendra même sous-officier. Il ira en Crimée, en Palestine, au Mexique (où il apprendra l'espagnol), en Italie (où il apprendra l'italien), en Kabylie (où il remarquera, non sans raison, une ressemblance prononcée entre la prononciation de certaines lettres bretonnes et celle de certains caractères arabes).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quand il est démobilisé, il regagne la Bretagne. Il avait de belles économies mais il semble être tombé plus ou moins amoureux de la fille d'une fermière ruinée. Pour se marier, il reprit le bail de sa belle-mère et travailla donc comme fermier pendant quinze ans pour le compte d'un hobereau breton qui ne devait par la suite lui avoir aucune reconnaissance des bons soins donnés à la propriété.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après la mort de sa femme dans une crise de &lt;em&gt;delirium tremens&lt;/em&gt;, Déguignet, qui se retrouvait veuf avec trois enfants, put se faire donner un petit bureau de tabac. Mais ce bureau se trouvait sur le territoire très clérical du curé de Pluguffan et celui-ci, que les théories athées et anarchistes de Déguignet portaient, à chaque fois que les deux hommes se croisaient, aux limites de l'apoplexie, fit tout pour boycotter le nouveau débitant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vaille que vaille, Déguignet tint bon quelques années et puis, il se lassa, loua à son tour son bureau de tabac et s'en fut à Quimper. Lorsqu'ils avaient eu l'âge de travailler, ses enfants avaient été récupérés par leur famille maternel et le malheureux se retrouva dans la misère la plus absolue, dans un &quot;trou&quot; infect qui, pendant que je lisais ses mémoires, m'a évoqué celui dans lequel meurt la Gervaise de Zola.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Indomptable, inclassable, déclassé, vraisemblablement atteint d'une forme de paranoïa que les malheurs rencontrés dans l'existence n'avait fait que renforcer, mais toujours doté d'un esprit analytique et d'une soif de connaissance tout bonnement incroyables, Déguignet vivota là-dedans, fréquentant aussi la bibliothèque municipale de Quimper, lisant les journaux, discutant, rédigeant des lettres d'insultes à ceux qui le persécutaient, se rendant impossible à certains mais refusant de perdre une seule miette de sa dignité.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On le trouva mort à la porte de l'Hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il laissait derrière lui une montagne de feuillets dont il avait écrit que, si lui n'en tirait aucun bénéfice, il en serait tout autrement pour ceux qui viendraient après lui. Il ne se trompait pas&amp;nbsp;: aujourd'hui, son &quot;Histoire ...&quot; est traduite jusqu'en Russie. ;o)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Mémoires d'un Vieux Crocodile - Tennessee Williams.</title>
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    <pubDate>Wed, 15 Aug 2007 13:49:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img221.imageshack.us/img221/1854/vieuxcrocodileqj6.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;ins&gt;Memoirs&lt;/ins&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;ins&gt;Traduction&amp;nbsp;: Maurice Pons &amp;amp; Michèle Witta.&lt;/ins&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est pour de l'argent que Thomas Lanier Williams, plus connu sous le pseudonyme de Tennessee Williams, accepta de rédiger &lt;strong&gt;ces &quot;Mémoires d'un vieux crocodile&quot; qui ne peuvent laisser au lecteur qu'un sentiment d'intense frustration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec un acharnement exceptionnel et à l'encontre du principe même des mémoires, objet par essence autobiographique, le dramaturge sudiste se dépeint tout à la fois comme un hypocondre, un obsédé sexuel quasi priapique, une caricature d'homosexuel truffant ses discours de &quot;adorable&quot;, de &quot;charmant&quot; et de &quot;merveilleux&quot; extatiques, un égoïste maniaque incapable de s'attacher durablement, voire simplement de s'intéresser à autrui ... bref, comme un homme qu'on ne peut regretter de ne pas avoir connu. Pour un peu, il parviendrait à convaincre le lecteur influençable de jeter à la poubelle tous les recueils de ses textes, poétiques ou théâtraux, qui ont fait sa joie !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le théâtre, qui fut tout de même, le pivot central de son existence, Williams ne donne que de très parcimonieuses indications. A la limite, &lt;strong&gt;il préfère évoquer son travail en tant que comédien - car il joua dans nombre de ses pièces - plutôt que son oeuvre d'écrivain&lt;/strong&gt; qui, selon lui, parle d'elle-même. Evidemment, il n'a pas tout à fait tort&amp;nbsp;: l'oeuvre d'un créateur est le premier révélateur de sa personnalité et peut-être le seul vraiment authentique puisque, par l'acte même de la création, littéraire ou autre, l'être se révèle absolument complet. Mais de là à n'en rien dire du tout - ou si peu - tout au long de 340 pages en édition de poche, il y a un abîme&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que Tennessee Williams franchit avec une désinvolture à la fois fausse et grinçante. Lui qui, dans son théâtre, sut si bien nous décrire les mères abusives, les maris trop faibles et les enfants perdus dans la folie ou la marginalisation sociale se révèle ici incapable de regarder en face toute la haine qu'il éprouve envers ses parents et aussi envers lui-même pour avoir abandonné sa soeur Rose à l'emprise familiale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oh&amp;nbsp;! bien sûr&amp;nbsp;! Cà et là, il lance une pique qui révèle la présence en lui de cette souffrance qui n'a rien oublié, rien pardonné. Mais ça ne va pas plus loin. Que son lecteur, surtout s'il est cinéphile, se rappelle Mrs Venable/Katherine Hepburn tentant de faire lobotomiser sa nièce. Ou qu'il évoque les délires de Blanche Dubois, &quot;vraie jeune fille du Sud&quot;, qui l'amènent à se faire violer par son beau-frère. Lui, Williams, ne peut exprimer tout cela s'il ne se réfugie pas derrière les décors de son théâtre. C'est au-dessus de ses forces.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette faiblesse ultime, qu'on peut interpréter comme la lâcheté d'un enfant qui fut toujours le préféré de sa mère, apparaît comme la base  non seulement de ces &quot;Mémoires ...&quot; mais aussi comme celle de la vie tout entière de leur auteur.&lt;/strong&gt; Bien que l'on pressente également le masochisme et la culpabilité qui ne cessèrent d'accompagner Tennessee Williams, bien qu'on se dise qu'il grossit le trait à dessein afin que nul reproche ne puisse rejaillir sur ses parents, et surtout pas sur sa mère, on sort de cette lecture non seulement frustré mais très, très déçu. &lt;strong&gt;Et l'on ne peut s'empêcher de penser que le dramaturge américain vécut en fai  une schizophrénie similaire à celle de sa soeur. Seulement, plus chanceux (?) et parce qu'il était né dans un corps d'homme, il eut plus de facilité pour la transposer dans un monde imaginaire qui prit vie sur les scènes du monde entier.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et si Tennessee Williams est parvenu un jour lui aussi à cette conclusion, nul doute que son état ne s'en soit pas trouvé amélioré, bien au contraire ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces &quot;Mémoires d'un vieux crocodile&quot; sont donc à lire comme une curiosité, en sachant pertinemment que leur auteur triche effrontément et se dérobe du mieux qu'il peut à son passé et à son lecteur, notamment en usant d'une méthode assez brouillonne pour évoquer ses souvenirs. L'étape suivante sera de dénicher une bonne biographie impartiale. Mais ça doit pouvoir se trouver ... ;o)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Marthe - Collectif &quot;Libre à Elles&quot;.</title>
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    <pubDate>Tue, 07 Aug 2007 13:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img329.imageshack.us/img329/7813/marthejp7.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est en 1981 que ce recueil d'une correspondance entre quelques membres d'une famille de petite noblesse normande a été publié chez Seuil.&lt;/strong&gt; Les lettres avaient été découvertes par hasard, dans un grenier. Au début, il y en avait suffisamment pour que l'on comprît qu'une sombre affaire de famille avait durement pesé sur un certain nombre d'existences. Alors, on chercha, on chercha encore afin de découvrir les lettres qui s'étaient perdues, jusqu'à ce que l'on fût à même de reconstituer à peu près l'intégralité de l'histoire. Cela prit à peu près dix ans pour tout mettre en ordre mais le résultat dépasse les espérances.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque débute la fraction de cette correspondance qui nous a été conservée, Marthe de Montbourg, jeune fille de la bonne société, est enceinte des oeuvres du cocher de sa mère. (Comme nous sommes en 1892, vous imaginez le scandale.)&lt;/strong&gt; Elle a tout juste vingt ans et, si l'on s'en tient aux échanges de sa mère, Emilie de Montbourg, avec son oncle, Charles de Cérilley, elle possède aussi une nature &quot;violente, portée aux excès&quot; et, bien entendu, &quot;hystérique.&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce n'est que bien plus tard que &lt;strong&gt;nous apprendrons que son père, Armand de Montbourg, était atteint par la siphylis et que cela a vraisemblablement marqué sa descendance. Son fils, Emile, mourra à 28 ans et sa fille aînée, Eléonore, quelques années après l'accouchement de Marthe&amp;nbsp;: tous deux présentaient des traces d'hydrocéphalie et, de l'aveu de Charles de Cérilley, proféré à un moment d'extrême tension, &quot;Eléonore n'était pas mariable.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De même, au fur et à mesure que défilent les lettres et que le lecteur s'enfonce dans l'histoire, il se surprend à s'interroger sur l'état nerveux de Mme de Montbourg, laquelle semble avoir tout de même beaucoup négligé l'éducation de sa fille cadette et qui fait preuve de beaucoup d'emportement dans ses réactions.&lt;/strong&gt; On a compris très tôt qu'elle avait toujours préféré son fils mais de là à abandonner pratiquement Marthe à la seule compagnie des domestiques de la maison ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après l'accouchement, l'enfant de Marthe - Georges - est placé chez une nourrice. Et la chasse au mari, déjà si délicate à l'époque dans des conditions normales mais ici devenue singulièrement périlleuse, commence.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le flot de prétendants, tout ce qu'ils avouent et surtout tout ce qu'ils cachent, les prétentions (surtout financières) que conserve Mme de Montbourg pour sa fille et ses illusions sur les possibilités de faire muter un tel dans telle ville tout simplement parce que cela servirait mieux ses plans ont quelque chose d'ahurissant. :hum:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, se présente le supposé sauveur&amp;nbsp;: Robert Caron d'Aillot. Avec son mariage avec Marthe et la reconnaissance officielle qu'il fait du petit Georges - et qui était l'une des conditions du contrat - la tragédie s'amplifie. Car il s'agit bien d'une tragédie, non pas une superbe tragédie grecque dominée par le sens de l'honneur ou encore la quête du pouvoir mais une tragédie XIXème, une tragédie à la Zola (on songe à &quot;Pot-Bouille&quot;, c'est inévitable), une tragédie mesquine et embourgeoisée où l'argent règne sans partage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Marthe&quot; est aussi un portrait absolument remarquable du prototype de la &quot;femme battue&quot; moderne, qui s'entête à rester avec son mari parce que, malgré les mauvais traitements qu'il lui inflige, tous deux s'entendent fort bien sur le plan sexuel. On reste frappé entre autres par cette caractéristique confondante que l'on retrouve toujours chez ces femmes&amp;nbsp;: elles rusent aussi bien avec leur tortionnaire qu'avec leur entourage. Avec le premier, me direz-vous, c'est de bonne guerre. Mais avec le second  ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marthe ne dit pas toujours la vérité et jusqu'au bout, jusqu'à son divorce, elle mentira avec un aplomb incroyable.&lt;/strong&gt; Oh&amp;nbsp;! certes&amp;nbsp;! Aillot est bien pire. N'empêche&amp;nbsp;: bien qu'on ne puisse s'empêcher de plaindre bien souvent la malheureuse, on n'arrête pas non plus de se poser des questions sur sa véritable nature.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, elle avait coutume d'appeler son mari &quot;mon Chat.&quot; Or, après son divorce, dans la correspondance qu'elle commence à échanger avec son cousin, Henri de Cérilley - le fils de Charles - on note que, peu à peu, de &quot;cher Henri&quot;, elle passe à ... &quot;cher Chat angora.&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que voulez-vous, ça donne à penser ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'autant que, en face, chez Henri, il y a l'espoir - que caressait son père de longue date - de récupérer la fortune (25 millions de francs 1981 à peu près) laissée à Marthe par sa soeur et sa mère. Espoir qui se réalise d'ailleurs en grande partie, je vous laisse le découvrir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un ouvrage passionnant qui autorise plusieurs niveaux de lecture et qui laisse tout de même le lecteur assez perplexe. Si vous le lisez, n'hésitez pas à venir ici donner votre avis. ;o)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Lettres - Elisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans, princesse Palatine.</title>
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    <pubDate>Thu, 28 Jun 2007 16:27:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>woland</dc:creator>
        <category>Journaux, Mémoires &amp; Correspondances.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img513.imageshack.us/img513/2691/lettrespalatineet3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis XIV avait un frère cadet, Philippe, duc d’Orléans, que l’on appelait aussi «&amp;nbsp;Monsieur. »&lt;/strong&gt; Dans la crainte de le voir un jour causer autant de problèmes que l’avait fait en son temps son oncle, Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, Anne d’Autriche et Mazarin firent tout pour orienter sa sexualité vers les hommes&amp;nbsp;: c’est ainsi par exemple que sa mère, dit-on, l’encourageait tout enfant à se déguiser en fillette.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur n’en savait pas moins ce qu’il devait à son rang.&lt;/strong&gt; Toutes les fois où il partit à la guerre – il y en eut quelques unes – il se comporta avec un courage exemplaire. (Du coup, bien entendu, on l’empêcha d’y   aller et on le ramena à ses «&amp;nbsp;mignons&amp;nbsp;» avec ordre de se poudrer et de ne s’occuper que d’une chose&amp;nbsp;: les bijoux pour lesquels il nourrissait en effet une passion toute féminine.) &lt;strong&gt;Il s’inclina aussi devant la raison d’Etat qui voulait que, afin de parer aux aléas du Destin, il donnât des héritiers potentiels à la Couronne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt; 
                 &lt;img src=&quot;http://img368.imageshack.us/img368/2374/monsieur35wa.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;pre&gt;                 &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Philippe, duc d'Orléans, Monsieur, frère du Roi.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Il devait épouser en première noces sa cousine germaine, &lt;strong&gt;Henriette d’Angleterre&lt;/strong&gt;, fille du seul monarque britannique à avoir eu la tête tranchée, &lt;strong&gt;Charles Ier et d’Henriette-Marie de France, elle-même fille de notre bon roi Henri IV et sœur de Louis XIII :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;                 &lt;img src=&quot;http://img361.imageshack.us/img361/6694/madame13ub.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Il n’en eut pas d’enfant et sa femme périt neuf ans après leur mariage, dans des circonstances demeurées mystérieuses. &lt;strong&gt;La célèbre oraison funèbre de Bossuet commençant par «&amp;nbsp;Madame se meurt&amp;nbsp;! Madame est morte&amp;nbsp;! …&amp;nbsp;» fait référence à Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du coup, Monsieur se voyait contraint de se remarier. Louis XIV demanda pour lui la main d’Elisabeth-Charlotte de Wittelsbach-Simmern, fille de l’Electeur palatin Charles Ier. Et c’est ainsi que la seconde «&amp;nbsp;Madame », celle que l’Histoire de France nous a conservée sous le nom de «&amp;nbsp;Princesse Palatine », arriva à Versailles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;     &lt;img src=&quot;http://img368.imageshack.us/img368/1052/princessepalatine0vw.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;pre&gt;      &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Elisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans, Madame, seconde épouse de Monsieur.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Autant &lt;strong&gt;Henriette d’Angleterre&lt;/strong&gt; avait été célèbre pour ses coquetteries et son goût de l’intrigue politique, &lt;strong&gt;autant la Princesse Palatine apportera de soins à rester en marge de la comédie du pouvoir qui se joue dans les splendeurs et les ors de Versailles.&lt;/strong&gt; D’abord prise en affection par son royal beau-frère qui appréciait sa passion pour la chasse et son franc-parler, elle verra sa faveur diminuer au fur et à mesure que grandira celle de &lt;strong&gt;Mme de Maintenon.&lt;/strong&gt; De cela comme des avanies qu’elle subit régulièrement, elle se consolera en entretenant une correspondance fournie avec sa tante, ses sœurs et quelques autres, dont &lt;strong&gt;Leibniz.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ses lettres, publiées au Mercure de France, nous sont d’autant plus précieuses qu’elles jettent un éclairage sans complaisance et tout à fait moderne sur la fin du règne de Louis XIV et sur sa cour ainsi que sur une partie de la Régence. Madame y est souvent mordante mais aussi touchante quand elle évoque son enfance au Palatinat et l’amour qu’elle porte à son fils, Philippe, futur Régent. Sous la princesse qui jamais n’oublia son rang et ce qu’il lui imposait, nous apparaît une femme solitaire et malheureuse, courageuse aussi, qui se force à sourire et à faire bonne mine car, comme elle le dit si bien, «&amp;nbsp;dans ce pays-ci (= la Cour), il ne fait pas bon montrer sa tristesse.&amp;nbsp;» Epouse bafouée, elle parvient cependant à nous émouvoir en nous contant la mort subite de son mari. Belle-sœur mise à l’écart, elle sait comme nul autre nous dresser le portrait de l’agonie majestueuse de ce Louis XIV qu’elle aima sans doute en secret. Mère et grand-mère, elle aime les siens mais les restitue sans illusions devant l’Histoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bref, si cela vous intéresse, n’hésitez pas&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;lisez la Palatine qui, avec le petit duc de Saint-Simon, demeure aussi incontournable dans le règne de Louis XIV et le début de la Régence que les plus grands auteurs professionnels de ce temps.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et pour en savoir un peu plus sur cette princesse dont l’esprit curieux et cultivé se serait certainement complu  aux merveilles du Web et à sa pratique des courriels, jetez un coup d’œil sur ce &lt;a href=&quot;http://arsmagnalucis.free.fr/palatine.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;site.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Fidèle à son image, &lt;strong&gt;Elisabeth-Charlotte, duchesse d’Orléans, Madame,&lt;/strong&gt; vous y attend de pied ferme. ;o)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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