LA CROISÉE DES CHEMINS

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lundi, 29 mars 2010

Il faut que je souffle

"Si un homme regarde très attentivement, il verra la chance; car si elle est aveugle, elle n'est pas pour autant invisible."
(Francis Bacon)

Allez. Détends-toi. Reprends tes esprits...
Seigneur ! Je ne sais plus vraiment où j'en suis. Ma vie vient de basculer. Je n'arrive pas à retrouver le calme nécessaire pour remettre de l'ordre dans les mots que j'écris à la hâte.
Mais tant pis. Je dois écrire et écrire encore. Il le faut.
Il faut que vous qui poserez les yeux sur ces pages, vous sachiez. Quelqu'un doit un jour lui dire que cette femme qui écrit sur Internet est probablement celle qu'il a vu ce soir là à Venice, de l'autre côté du canal, et dont le souvenir l'obsède.

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jeudi, 1 avril 2010

Il le sait

La célébrité est le châtiment du mérite et la punition du talent.
(Sébastien Roch, dit Nicolas de Chamfort – 1795)

Me voilà de nouveau devant une page blanche à remplir, toujours aussi incapable de remettre de l'ordre dans mes idées.
Il vient de se passer l'improbable, l'impossible..., l'impensable ! Il y a un peu plus de deux semaines de cela, je rencontrais ma destinée. J'en reste encore abasourdie.
Je dois absolument laisser une trace. Il le faut. Il faut que les gens sachent. Oui, c'est ça. Il est impératif que tous prennent connaissance du drame qui se joue maintenant, au moment même où je rédige ces lignes. Toutes les personnes susceptibles de le reconnaître au travers des pages à venir doivent lui dire que c'est moi qu'il a vu ce jour là, que c'est moi qui écris en hâte ces lignes sur un blog pour arriver à le retrouver, à le contacter, à lui parler, à passer outre toutes les forteresses qui l'entourent et le protègent du monde extérieur.

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dimanche, 4 avril 2010

Je dois rester invisible

Invisible"L'apparence prend toujours le dessus sur le réel, le masque sur le masqué. On montre pour cacher, mais on montre surtout pour montrer..."
(Marguerite T. de Bané – Oeuvres complètes – 1973)

Encore une nuit agitée, habitée de cauchemars et d'angoisses. Encore cette éternelle migraine qui tambourine une douloureuse et lancinante rengaine.
Je n'ai quasiment pas fermé l'oeil de la nuit. Le crin-crin de la radio m'insupporte. Les seules bribes d'information que mon cerveau embrumé arrive péniblement à capter contiennent le programme des candidats à la présidentielle, rabâché depuis des mois.

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mercredi, 7 avril 2010

Une bouteille à la mer

"Il rencontra lettres et messagers qui luy apportoient nouvelles certaines de la victoire."
(Jacques Amyot - Paul-Aemile – 41)

Bon sang ! Si seulement je trouvais une solution.
Il y a des jours que je ressasse les mêmes idées, prise au piège d'une vie subitement stoppée dans son élan. Toujours les mêmes questions qui reviennent, récurrentes et stériles, attendant une réponse qui n'arrive pas. Aucune riposte divine ne vient adoucir mon supplice ni l'altérer assez pour qu'il cesse enfin.
Je me sens stupide et impuissante, bloquée à un croisement et dans l'incapacité de décider du chemin que je vais bien pouvoir prendre. Lequel est le bon ? Lequel me ramènera vers ce destin que la vie m'a laissé entrevoir ?

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mercredi, 14 avril 2010

Les repérages n'attendent pas

Ce qu'il y a de bon dans les départs ? Ils commencent le retour.
(Yolande Chéné – "Peur et Amour" - 1965)

16H55. Cela fait maintenant une heure que je suis en vol. Je ne suis pas exactement au mieux de ma forme et une foule d'idées se bousculent dans ma tête. Il va pourtant falloir que je me remue. J'ai exactement cinq jours devant moi pour trouver la villa idéale.
Je règle l'inclinaison de mon siège et tente de me détendre un peu. Le timbre suave de la voix d'une hôtesse me parvient et agit sur moi comme le pendule d'un hypnotiseur. Les images qui me reviennent sont d'une incroyable précision alors que je croyais ces souvenirs enfuis à jamais. Le visage de ma grand-mère se penche sur moi. Elle m'embrasse tendrement et me serre dans ses bras. Du haut de mes six ans, elle me donne l'impression d'être indestructible, éternelle. Nous marchons toutes les deux dans les ruelles de Valence et des bribes de son patois me parviennent de nouveau aux oreilles. Je la comprends encore. Nous entonnons une chanson populaire en sautillant, main dans la main.
L'Espagne ! Mes racines et mon foyer. Depuis combien de temps n'ai je pas foulé la terre de ce pays ? Je n'ose même pas compter les années.

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samedi, 17 avril 2010

Une longue série

...c'était une faute de se préoccuper des signes, de les rechercher, au lieu d'attendre que leur heure arrive et qu'ils se révèlent (Stefan Zweig – Biographie)

Deux heures dix du matin.
Prisonnière d'un planning trop rempli, coincée entre mes obligations professionnelles et l'impérieux besoin de consigner mes investigations sur le net, je ne sais par quel miracle je vais bien pouvoir réussir à concilier le tout.
Les jours défilent avec une telle vitesse que s'en est troublant. Depuis Los Angeles le temps perd toute logique et s'accélère anormalement. Il me happe et m'étourdit comme le ferait un reptile tenant fermement sa proie tout en la faisant tournoyer, jusqu'à ce qu'elle se noie.
La frayeur m'étreint. J'ai peur de m'attaquer à trop forte partie, peur d'échouer. Je ne suis pas entraînée à éviter les écueils et devant l'épreuve qui m'attend, l'air me manque parfois. Il m'arrive d'avoir la sensation que le peu d'oxygène qui me parvient suffit à peine à me maintenir en vie.

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