Cette lettre avait initialement été écrite pour celui qui… Chut ! rien de plus, il ne le mérite pas. Ouvrir son cœur, aussi sottement, aussi puérilement, est une grave erreur. Cependant, ce geste m’aura permis de découvrir l’autre. Rien ni personne ne sont jamais complètement acquis, il l’avait oublié ! Mes aveux l’ont perdu, il a cru que je lui étais acquise, il n’avait donc plus à cacher sa vraie nature. Erreur fatale, je n’étais pas sa propriété et cette lettre m’aura, en quelque sorte, sauvée. Mon petit nuage était si friable que j’en suis tombée.
Une femme se venge toujours. Que la vengeance est un goût de fiel ou qu’elle soit compensatrice, qu’elle soit grandiose ou étriquée, elle sera à la mesure du préjudice subit, et surtout de la capacité à la tolérance de l’être bafoué. En guise de représailles, le retentissement aura été de faible densité parce que la haine en était absente – j’en suis sortie indemne. Cette lettre d’amour a donc, tout naturellement, prit sa place dans un roman. Elle est de Souria à Livio, qui, destin tragique, ne la lira jamais.