La bignole du 312 (suite)
Par BLS le mardi 09 mars 2010, 09 H 43 - Polar - Lien permanent
Chapitre 9
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En effet l'embarcation vient à toucher le bateau, sur son tribord. Un des occupants se lève et commence à balayer, avec le faisceau d’une lampe de poche, la coque et le pont du Guilvinec. Maurice, attentif, adossé à la porte de la passerelle, essaie de ne pas se montrer, essayant d’abord de reconnaître l’individu. Il voit bien qu’il ne s’agit pas de la femme, en bleu, mais le faisceau, puissant, l’éblouit. Ce n’est qu’en entendant appeler « Ohé, du bateau, il y a quelqu’un ? » qu’il reconnaît la voix du Lieutenant Le Goff – une vieille connaissance. Il s’approche alors du bastingage pour être reconnu lui aussi.
« Ah, mais je reconnais Monsieur Le Menech ! lance alors l’officier.
─ Et moi j’reconnais M’sieur Le Goff, répond Maurice. Mais passez donc par l’tableau arrière, vous y s’rez mieux pour monter.
─ C’est qu’on est pas venus pour monter sur un tableau, mais sur le bateau, riposte naïvement Le Goff. »
Et Grandjean de corriger, avec toute sa science :
« Lieutenant, le tableau, c’est l’arrière d’un bateau, mais passez-moi donc votre torche et rasseyez-vous. »
Le Goff se remet à sa place. Grandjean commence alors à balayer la surface de l’eau, contre la coque du Guilvinec.
« Vous cherchez p’têt un tas d’bois, m’sieur, lui demande Maurice. Ben j’l’ai fait passer d’l’aut’ côté, vous l’trouv’rez pas. Avec la marée, il est d’jà loin. Mais v’nez donc à bord.
─ Alors amenez-nous à l’arrière, assène Grandjean à l’OPJ Declain qui tient les rames. Puisque nous sommes si gentiment invités, montons à bord. Allez, lieutenant, ramez droit devant ! »
Droit devant.... « Comme ça... comme ça... », ne peut s’empêcher de murmurer Maurice, selon ses vieilles habitudes de marin.
Grandjean se rassied. Declain fait une manœuvre assez incompréhensible, qui ressemble à celles qu’on voit faire, parfois, par les promeneurs du dimanche qui louent une barque sur le lac du Bois de Boulogne, à Paris. Mais rien de grave...
Là, Maurice ne murmure plus. Il a même du mal à s’empêcher de crier pour dire au rameur, qu’il reconnaît maintenant :
« Alors, m’sieur l’agent, on est moins fier sur l’eau k’sur la route on dirait. L’arrière, c’est droit d’vant qu’y vous a dit vot’ nouveau chef !
─ Monsieur Le Menech je vous emm..., tente Declain qui, habillé en civil, ne s’attendait pas à être reconnu. Et le ‘m’sieur l’agent’, il a du mal à l’avaler, aussi.
─ Stop, lieutenant, ramez ! tonitrue Grandjean.
─ Lieutenant, laissez-moi faire », propose avec assurance Florence Gueguen tout en se levant assez vivement, au risque de faire chavirer le mini-rafiot en caoutchouc, déjà assez malmené. Mais elle le dit d’une voix si douce... irrésistible !
Declain s’écarte, laisse les rames à la stagiaire – qui n’a pas eu besoin, visiblement de stage au Bois de Boulogne –, et Maurice rit sous cape... et, tout-à-coup, son plan change : « Celle-ci, y faut k’ j’me la fasse... mienne. Et faut k’jen parle à ma bergère, qu’elles soient cul et ch’mise. Douceur et autorité, c’est comme ça que j’les aime, les greluches, flic ou pas flic. Les gueuzes qu’elles sont toujours à chialer, à t’engueuler pour avoir trois câlins d’plus, à t’causer k’du MLF des années 70, j’les r’narde, merde ! Mais comment qu’elle s’appelle, cette minette, que j’y collerai bien du taf chez l’père Willy, avec la mère Muriel ? »
Sitôt pensé, sitôt demandé :
Suite demain








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