Terre en danger ! Le blog de Bruno Leclerc du Sablon

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jeudi 29 janvier 2009

Partir sans dire adieu

Retrouver ses amis, jouer les troubadours,
Découvrir un trésor caché dans un nuage,
Imaginer la vie douce comme un feuillage
Au printemps. Être heureux de connaître l'amour.

Le rêve à répondu au rêve et à l'espoir.
La chance a retourné contre lui sa malice
Le privant de goûter de l'amour le délice
Et le laissant tout seul, triste comme le soir

Quand les hérons cendrés soudain deviennent noirs
Et, avec leurs longs becs, donnent des coups de pelle.
Et lui s'en est allé sans adieu, sans appel.

Avait-il le souci de ne plus me revoir ?
Nous nous retrouverons, j'en ai la certitude,
Dans ce milieu divin nommé Béatitude.

lundi 26 janvier 2009

La Fête des Poètes

Cet événement mensuel, prévu initialement pour demain mardi 27 janvier, a dû être déplacé au mardi 4 février; Toutes les informations sont données sur le site des Editions Keraban qui ont pris en charge l'organisation de ces rencontres. N'hésitez pas à vous rendre sur ce site et surtout à participer à cette soirée, avec vos poèmes ou ceux de poètes que vous aimez.

dimanche 25 janvier 2009

Rien qu'un jeu

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De nouveau tard le soir j'ouvre encore au hasard
Roi de coeur Mon dico pour un mot pas trop sot mais bavard :
La chance récompense et c'est le mot « impasse »
Qui paraît en premier, c'est noir, impair et passe,

Mais élargir le sens d'une impasse ? un non sens,
« Cul-de-sac » élargi agit à contre-sens
Et me renvoie déçu au mot « voie sans issue ».
Compris stricto sensu, c'est le coup de massue !

Inventer d'autres sens pour compléter Hachette ?
Le fiasco du dico de facto me rejette !
Passer sur une impasse ? Impossible pari,
C'est l'abandon des dons ou c'est hara-kiri

Décidons de ce pas de passer par surprise !
Tout le prix de ce mot que le dico méprise
Se trouve dans les cartes, entre l'as et la dame.
La tentation est là, qu'en pensez-vous mesdames ?

Laquelle de vous deux est maîtresse du roi ?
Serait-ce vous, Duchesse ? Je compte jusqu'à trois
Et je devinerai à vos traits la justesse
De faire le pari que c'est vous la maîtresse.

Le pari est gagné et votre honneur perdu
C'est Charles, le roi de cœur qui est maintenant dû
Par votre aimable main, voulez-vous que je baise
Vos doigts si généreux et puis que je me taise ?

Allons, ma douce amie, ceci n'était qu'un jeu !
Le jeu du dictionnaire ne souffre pas d'enjeu.

samedi 24 janvier 2009

L'étoile de ma nuit

Accrocher une étoile au plafond de ma nuit ;
Attendre le réveil du berger de l'alpage
Et quand l'aube apparaît, quand le bruit se propage,
Fermer l'œil et laisser s'échapper les brebis.

J'accrocherai l'étoile aux fragments de ma vie,
L'éclaté de la fin dont j'écrirai les pages,
Ciselant les contours ainsi qu'un découpage
Éliminant frayeurs, embarras et ennuis.

La vie fut un étrange et douloureux voyage
Dont je désire voir l'issue comme un rivage
Où sur le sable fin je puis me reposer.

J'accrochais une étoile au plafond du sommeil,
La laissant me guider vers des lieux apaisés
Et la vis rougeoyante, éclatante, vermeille.

jeudi 22 janvier 2009

La folle, l'écologiste

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Elle vit seule près de Londres, à Croydon, une petite maison ;
On dit là-bas qu'elle est folle et pourtant c'est elle qui a raison.
Pas de voiture, pas de frigo, juste une ampoule pour s'éclairer
Et une bouilloire électrique, pour prendre le thé avec du lait.
Elle a aussi deux poêles à frire mais qui ne lui servent que d'haltères
Pour sa gym et pour sa santé, mais elle n'a plus de cuisinière,
Elle l'a remplie de ses dossiers, de ses recherches écologiques
Et dans son jogging et ses baskets, elle reste en bonne forme physique
Comme une ascète énergétique, disant aux gouvernants qu'ils déconnent
Quand ils gaspillent l'énergie ; son objectif c'est zéro carbone.
Elle vit seule près de Londres, à Croydon, une petite maison,
On dit partout qu'elle est folle et pourtant elle a raison.

Ses diplômes scientifiques des plus grandes universités,
Elle ne les montre même plus, ou alors c'est pour plaisanter.
« Je suis une sorte de Galilée », qu'elle répète à ceux qui l'écoutent,
« Mais j'ai eu raison trop tôt, et voilà ce que ça vous coûte ! »
« L'énergie est notre seule devise », ça fait trente-cinq ans qu'elle le dit,
« La Terre est comme une entreprise, vous la tuez, c'est une perfidie »,
Elle l'écrit dans ses mémoires, sur sa vielle machine à écrire,
Mais face à cette femme de science, tous les grands n'ont fait que rire.
« Je suis une des meilleures du monde mais j'ai travaillé pour rien »
Dit Joan Pick, la scientifique, à un monde trop épicurien.
Elle vit encore près de Londres, à Croydon, une petite maison,
On disait partout « c'est une folle » et pourtant elle avait raison.

mercredi 21 janvier 2009

Seul guignol

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Il y a des élèves et il y a des profs,
Il y a des parents et il y a des enfants
Il y a des riches et il y a des pauvres,
Il y a des soldats, il y a des voleurs,
Et il y a Guignol qui fait rire les enfants
L'enfant, il a peur
Peur comme tous les gamins,
Peur de rester tout seul,
Si personne ne le tient par la main.
C'est humain.
Tu ne seras pas seul car quelqu'un te prendra dans ses mains.
Seul, tu es venu au monde,
Et tu es seul dans le monde,
Seul dans la ville et seul dans le bus,
Sur ton vélo, dans le métro.
L'autre est seul dans son champ, dans le champ d'à côté
Ou seul dans la terre, dans le trou.
Toi tu es seul sur la scène,
Le seul guignol qui fait rire
Et le seul pour pleurer,
Seul à savoir qui tu es, qui tu aimes,
Seul à savoir si tu es fort,
Et seul à te savoir faible,
Et tu as peur de rester seul.
Oui, la solitude existe,
Mais la solitude, ça n'existe pas,
Quelqu'un d'autre te suit, te précède, te choisit
Cet autre est près de toi, tu le vois,
Et tu te caches.
Tu es pourtant seul dans sa main,
La solitude, ça n'existe pas,
Tu n'es seul que sur la scène,
Seul guignol.

dimanche 18 janvier 2009

Ô temps ! Ô tentateur !

Le temps, ce tanagra gracieux tentateur,
S'amuse à m'inviter à des tâches futiles
Éloignant la raison, délaissant l'œuvre utile,
Celle des sentiments dont je suis débiteur.

Il prépare son coup patiemment ce menteur,
Et fond tel un oiseau sur sa proie, mais subtil,
Il arrache du cœur toute pensée fertile
Poussant à s'exprimer celles d'un malfaiteur.

Comment lui résister ? Ne plus rien écouter
Et rester le témoin de choix prémédités,
Ceux qui ne souffrent pas des tintements d'horloge ?

Les battements du cœur, voilà les vrais repères !
Il est temps, ô mon Dieu, de sanctionner l'éloge
Faite à ce carillon dont le son m'exaspère.

dimanche 11 janvier 2009

L'invité

Hâte-toi, le vent tourne et bientôt vient la nuit,
Entre dans ma maison, pose là tes affaires,
Viens à table et choisis, prends ce que tu préfères
Et tente, pour ce soir, d'oublier tes ennuis !

Il se servit de tout, soupe, jambon, fromage,
Fit même un sort fatal à la tarte au citron
Sans omettre le vin, dont il but le litron
Puis, repu, sans mot dire, il monta à l'étage.

Tout à coup, vers minuit, je l'entendis descendre
Et refermer la porte. Alors, sans plus attendre
Je couru jusqu'à lui, voulant le retenir.

Las, mon appel fut vain. Peut-on le condamner,
Lui, sauvage et souffrant ? Nous faut-il définir
Un temps pour recevoir et un temps pour donner ?

vendredi 09 janvier 2009

Rêve de rive de Seine

Tandis que finissait la nuit, on vit sortir
Sous l'un des anciens ponts de Paris, dit d'Arcole
Une espèce de gueux tirant en carriole
Un monceau de chiffons, comme pour s'en vêtir.

« Je ne suis pas d'ici, cria-t-il, je conspire,
Bonaparte est mon chef, je suis de son école
Et je vais vous montrer celles de ces bricoles
Qui me font grenadier, et maréchal d'Empire ! »

L'homme, aussitôt coiffé d'un casque de hussard
Baïonnette au canon, entrouvrit son dossard,
Sortit une bouteille et la but promptement.

Ivre mort, chancelant, l'homme en Seine tomba.
Le ciel, sur la Cité, s'éclairait lentement,
La ville s'éveillait. On ouvrait les tabacs.

jeudi 08 janvier 2009

C'que j'voulais faire ?

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S'il te vient l'envie de d' mander c' que j'aurais aimé faire com' boulot,
Sans hésiter j' te répondrais contrebandier ou Nicolas Hulot
Même si le premier c'est l' merdier tandis qu' l'autre est plus rigolo.

Contrebandier des Pyrénées en bandes et bravant les douaniers,
L'été traverser les estives où vivent les bergers saisonniers
Et l'hiver à ski s'esquiver vers les versants sans carabiniers,

Marcher caché dans les rochers en portant son sac en banane
Ou laisser son marché bâché et l'accrocher au bât de l'âne
Et la nuit le déharnacher et se coucher dans les cabanes.

La contrebande est difficile mais les ficelles y abondent ;
J'aurais fait un bandit docile en m'accommodant de l'immonde
Et rajoutant en codicille : « Je m'abandonne à ce bas monde ».

Mais écolo c'est rigolo, et le boulot d'Hulot sort du lot :
Tu te ballades en pédalo et l'on te prend pour un charlot
Mais tu mets la tête sous l'eau et tu vois des trésors au hublot.

Et tu te montres à la télé, du Spitzberg à Ushuaia,
Décontracté, le front hâlé, comme après des vacances à Bahia
Mais des volcans t'as survolés et t'as bouffé du pyranha.

À la télé y a pas qu' toi Nico, y en a un autre qu'est l' président ;
Y fait mieux qu' toi cocorico mais il a pas d'aussi belles dents
Et tu t'en sers bien mon coco, quand tu lui fais du rent' dedans.

Tu m' demandais c' que j' voulais faire ? J' te laisse le choix, c'est mon cadeau.

mercredi 07 janvier 2009

La patience

La patience, cette vieille folle
Me prend de vitesse, la garce
Surtout lorsque je batifole
Faisant des vers ou bien des farces.

« Attends-moi ! attends-moi ! lui dis-je,
Il me manque encore quelques rimes »,
Mais je ne crois pas qu'elle pige
Que pour moi la poésie prime.

Et je la vois prenant le train
M'abandonnant seul sur le quai.
Ses facéties pleines d'entrain
Me laissent encore interloqué.

dimanche 04 janvier 2009

Perdus ou perdus de vue... tous des amis !

Cliquez ci-dessous pour ouvrir le diaporama et faites suivre à vos amis.

Pour tous mes amis, ceux qui sont proches, ceux qui ne sont plus là et ceux que je n'ai pas revus depuis longtemps

Salut l'artiste !

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Il habitaient la même ruelle, une allée sombre, sans magasin
Quelques maison et des jardins, et des chats qui errent la nuit
Mais pas d'auto, c'est trop étroit, bref, un endroit où l'on s'ennuie
Et il lui dit « salut l'artiste ! », c'était son plus proche voisin.
L'autre, un molosse, dans les deux mètres, lui répond d'un coup de boule
Le nez cassé, gisant au sol, il prend des coups de pied au ventre
Et reste là, pissant le sang, pendant que l'autre, amusé, entre
Dans sa bicoque au toit de tôle avant que les flics ne déboulent.
Cette histoire, je la raconte comme un songe où plonge un enfant
Quand la nuit la peur le ronge, un cauchemar obsessionnel,
Mais elle est vraie, et pour tout dire, elle n'a rien d'exceptionnel.
Tu crois dire un mot amical mais tu vis dans un monde étouffant,
Ta vie n'est pas un fleuve tranquille, pas plus chez toi qu'au cinéma,
Un mot, juste un mot mal compris, et tu te retrouves en justice
Parce que tu as eu huit jours d'arrêt et des soins qui ne sont pas gratis,
Alors les juges te donnant raison infligent à l'autre les minima
Mais pour toi c'est pas encore la fête, tu ne peux plus vivre dans ta maison
Et pendant que tu cherches une autre piaule, tu apprends que l'autre a fait appel
Alors pour combler tes déboires, ton avocat t'assène un coup mortel
En demandant des honoraires déments, et laisser l'autre obtenir raison.
T'as été cool mais t'as tout perdu. T'es blessé, sans toit et sans fric,
Il ne te reste plus qu'à faire la manche et bouffer au resto du cœur.
Ta vie a commencé comme ça et t'en as vu de toutes les couleurs
Mais tu ne dis plus « salut l'artiste ! », même au violon avec les flics.

lundi 29 décembre 2008

Les bruits de la nuit

Mais d'où vient donc ce bruit qu'on entend, par moments ?
Est-ce l'effet des heurts du vent sur les volets ?
Ou celui d'un oiseau ne pouvant plus voler,
Blessé, mais s'ébattant avec acharnement ?

Ces bruits que l'on perçoit la nuit, confusément,
Toujours mystérieux, toujours renouvelés,
Sont comme des démons venant nous harceler,
Nous privant de sommeil inopportunément.

C'est alors que le cœur intervient, rappelant
Les nuits folles des lieux où les combats sanglants
Sont pires que les maux de ces soirs tourmentés,

Que les tirs des canons et les cris des victimes
Laissent bien peu d'espace à nos frilosités
Mais de rester veilleurs le devoir nous intiment.

samedi 27 décembre 2008

Un chant venu du ciel

À mes amis perdus je dédie ce poème
En écoutant le vent malicieux du soir
Siffler un air connu de tous les répertoires,
Ce chant venu du ciel et disant « je vous aime ».

Laisser siffler le vent est une joie suprême
Quand tout autour de moi est douloureux et noir ;
Son refrain délicat répond au désespoir
Et m'invite à choisir les paroles moi-même.

Ces mots, je les veux forts, comme amour et courage,
Me pressant désormais de n'être point l'otage
Des épreuves arides, des maux continuels.

Je le sais, mes amis, qui êtes au repos :
Comme pour vous, la vie pour moi se fait cruelle
Mais sans vous oserais-je tenir ce propos ?

jeudi 25 décembre 2008

En noir et blanc

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La vie perdue, mille questions sont suspendues à ta raison
Tu te moquais des traditions mais tu venais à la maison.
Ce soir, sans toi, sans ton sourire, n'a pas la couleur de Noël ;
Quels sont les mots pour le décrire ? Aucun, sauf un : le mot cruel ;
Il s'élève dans ton silence tel un oiseau noir dans la nuit
Glissant ses ailes telles des lances causant la peur et l'ennui.
File l'oiseau ! Laisse venir les douces images d'hier
En noir et blanc, mais souvenirs des moments heureux de l'hiver.
Il est né le divin enfant ce soir sans toi, sans faire la fête
Mais le cœur bat et se défend, ne supportant pas la défaite.
La vie ne meurt pas, elle naît, le printemps bientôt reviendra
Et nos vœux seront couronnés tant que l'amour nous unira.

mardi 16 décembre 2008

La faucheuse

Elle fauche et moissonne : c'est son rôle sur terre,
Il n'y a pas de honte à faire ce métier.
Comme un bon ouvrier trimant sur le chantier
Elle agit au grand jour et n'en fait pas mystère.

Elle est même attachée aux heures supplémentaires
Car pour devise elle a : « ne rien faire à moitié »
Sans aucun sentiment ni regret ou pitié,
Accomplir son devoir étant son ministère.

C'est ainsi que souvent, avant le crépuscule,
On aperçoit encore cette ombre majuscule
Au milieu d'un troupeau tremblant et frissonnant.

Ni la chaleur des cœurs, ni la douceur des âmes
N'ont pu sauver l'enfant qu'en geste hallucinant
Le monstre, en souriant, porte en gerbe de flammes.

dimanche 14 décembre 2008

La peur de vivre seul

La peur de vivre seul, cette folle aventure
Ma saisit tout entier comme dans un brouillard
Aux lendemains obscurs auxquels nul se prépare
Si le penchant d'ermite échappe à sa nature.

Peut-on considérer plus triste conjoncture
Qu'une entente édifiée et que le mal sépare ?
Pourrais-je envisager que se lève plus tard
Ce jour où surgira l'implacable rupture ?

Nos vies se sont liées contre vents et marées
Partageant les douleurs si souvent rencontrées
Et laissant toujours place au bonheur d'être deux.

Alors, si tu veux bien en faire la prière,
Demande encore à Dieu de me garder heureux
Car je ne souffrirais d'avoir un cœur de pierre.

lundi 08 décembre 2008

L'utime abandon

J'aimais partir tout seul et gravir les sommets
Partir tôt le matin, avant le chant du coq,
Et monter vers le ciel, entre névés et rocs
En marchant à pas lents, ne m'arrêtant jamais.

Mais ces temps ont passé. Me voici désormais
Affaibli par les ans et les multiples chocs
Subis par la carcasse. Mais d'elle, je m'en moque,
Je ne regrette rien, c'est la vie que j'aimais.

Des sommets, il en est aussi au fond des cœurs,
Et seul, dans la pénombre, on en voit les lueurs
Qu'a pas lents on peut suivre en gardant le silence,

Retrouver ce silence, l'absolue quiétude,
Celle dont je rêvais, là haut, dans mon enfance
Est l'ultime abandon, la vraie béatitude.

dimanche 07 décembre 2008

La piaule où tu vivais...

Dans la ville une rue et cet étroit chemin
Menant jusqu'à la piaule où tu vivais, reclus,
Répétant je ne sais ce qui était conclu
Entre toi et la vie, par peur du lendemain,

Là, je t'ai entendu, la tête entre tes mains,
Dire l'accablement de te sentir exclu,
L'angoisse d'être pris pour un être perclus,
De ne plus ressortir du monde des humains.

Laisser passer le temps, laisser vivre son cœur
Sont aujourd'hui les seuls remèdes au malheur
Mais aucune raison n'apaisera mon âme.

Te revoir près de moi comme à l'âtre le soir
Autrefois, au chalet, entretenant la flamme,
Reste comme un tableau sur le mur, un espoir.

vendredi 05 décembre 2008

L'aile de moulin

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Tu te demandes parfois quoi faire, fais-toi donc aile de moulin,
Le vent fera de toi son affaire, car lui le vent c'est un malin,
On dit qu'il ne cherche qu'à nuire, mais c'est Brassens dans sa chanson,
Fripon, maraud, laissons-le dire, traiter le vent de polisson ;
C'est vrai qu'il soulève les jupons et qu'il décoiffe les chapeaux,
Qu'il aime souffler sur les ponts et qu'il fait flotter les drapeaux,
Mais déguise-toi et fais semblant de lui montrer que tu es vivant
Et c'est de force, vêtu de blanc, que tu seras mis face au vent.

Si on te demande qui tu es, tu n'as qu'à dire 'une aile au vent'
Car c'est la stricte vérité, si tu regardes droit devant.
Si le vent tourne, tourne aussi, comme se tournent les troupeaux,
Mais les bovins sont endurcis, pour eux le vent c'est du pipeau
Écoute les oiseaux chanter, mais tourne comme un canasson,
Tourne sans te précipiter, ce sera bientôt la mousson ;
Ah te voilà déjà rouillé, avec un coup de ripolin
On va te débarbouiller ; alors dis-moi, de quoi tu t'plains ?

lundi 01 décembre 2008

Bientôt l'hiver

Bientôt Noël, bientôt l'hiver et déjà la neige tombe,
Certains doublent leur pull-over et d'autres de froid succombent.
N'est ce pas le moment d'accueillir, d'offrir la chaleur du gîte
Pour une nuit, pour un sourire, le passant qui jamais ne s'invite,
Lui, l'autre, le mendiant, le clodo, rencontré tous les jours dans la rue
Mais qui n'aura pas de cadeau, qui ne sera même pas secouru.
Rassembler la force d'aimer celui qui est dans misère,
Ce geste ne déçoit jamais et vaut bien toutes les prières.
Bientôt Noël, déjà l'hiver et dans le froid certains succombent
Mais combien seront-ils demain pour oser pleurer sur leur tombe ?

dimanche 23 novembre 2008

Une croix pour prier

Les jours passent et la vie qui continue fait peur.
Chaque mot, chaque instant, chaque lieu me rapprochent
Des moments où tous deux marchions, mains dans les poches
Dans les bois et les parcs, tranquilles spectateurs.

Ces temps n'existent plus et l'espoir de bonheur
Qui frémissait est mort. Et pourtant je m'accroche
Et souvent en voyant quelque gamin gavroche
Les souvenirs reviennent en surface du cœur :

Des envies d'être encore avec toi, de parler,
D'oser dire un futur, même dissimulé
Derrière la forêt si dense des délires.

Je sais que maintenant je n'ai plus, pour pleurer
Qu'une tombe et des fleurs, et ton nom qu'on peut lire
Sur une croix de bois, une croix pour prier.

vendredi 21 novembre 2008

La Fête de Poètes

Le rythme est maintenant établi de façon stable : la Fête des Poètes a lieu tous les 4èmes mardis du mois à l'Autrement Bon, le cabaret situé au premier étage du Théâtre Jean Arp à Clamart.

C'est devenu aussi un moment de rencontre littéraire puisque tous les auteurs et membres des Editions Keraban ont pris l'habitude de s'y retrouver à l'heure du dîner (19 h 30).

Tous peuvent y apporter leurs ouvrages et il arrive fréquemment que des participants, fidèles ou occasionnels, les achètent.

Donc, pour les altoséquanais, rendez-vous mardi 25 novembre à l'Autrement Bon, 22 rue Paul Vaillant-Couturier, Clamart.

La soirée poétique débute en général vers 20 h 45 et se termine entre 22 h et 22h 30.

mercredi 05 novembre 2008

Quand travailler est un plaisir... avec Kéraban le Têtu.

Couv_KerabanMettre en page un livre comme Kéraban le Têtu, de Jules Verne, afin de le rééditer, est autant un plaisir qu'un travail ! Ce roman est un délice, une pièce de théâtre limite boulevard, et un voyage rempli de découvertes inattendues et passionnantes.

Il tient bien sa place dans la collection des Voyages Extraordinaires de l'auteur ; je le préfère même à 20.000 Lieues sous les Mers ou au Tour du Monde en 80 jours. Et je suis étonné qu'on puisse lire, un peu partout, qu'il fut peu lu.

Le raconter ici ? Je ne saurais pas le faire, mais lisez-le, vous ne le regretterez pas. Un détail cependant qui est pour moi une découverte - mais sans doute pas pour les "Verniens" et "Verniennes" féru(e)s des œuvres de ce Jules : sa misogynie ! Elle se lit à tous les chapitres, ou presque.

C'est donc à ce petit exercice que je me suis livré ces derniers jours, à partir d'un livre de 490 pages acheté d'occasion et qui semble être de la dernière édition, celle de 1967, chez Hachette.

On le trouve maintenant - tout neuf - aux Editions Keraban.
Voilà amis lecteurs, une des raisons qui explique que vous ayez trouvé dans ces pages, ces derniers jours, moins de poèmes ou de slams que je ne l'aurais souhaité. Mais ça va revenir ! A demain donc.

PS : Ah, j'oubliais de vous dire : si vous cliquez sur la couverture du livre, vous aurez droit à la lecture des premiers chapitres.

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