Terre en danger ! Le blog de Bruno Leclerc du Sablon

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jeudi 04 février 2010

Seule chance

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La boule roule, tourne la chance, coulent les soirs bleus qui défoulent,
Gagné, perdu, trois pas de danse et griserie commence et saoule...
Ah, tu veux tenir la cadence, tenir, miser, mais rester cool
Pour cette nuit : désir immense, à me donner la chair de poule
Tant ton envie de gain est dense quand les murs du passé s'écroulent,
Passé cassé, sans importance, souvenirs perdus dans les foules !

Dans ta forêt nommée « désirs », un seul arbre ce soir s'élance ;
L'arbre aux feuilles couleur plaisir qui laisse dépense à distance.
Fonce, et t'enfonces à t'en saisir, délire effleurant la démence
Quand vient le moment de choisir, seul dans le bleu sans tolérance,
Ce cruel moment de loisir où le hasard nie la clémence,
Te laissant la peur de transir si gagne le froid de malchance.

Jouer à devenir maboule à vouloir devenir vizir
Quand lui s'amuse, gagne et roucoule, et toi, vas en débris gésir...
Laisse le temps, la vie s'écoule, tu peux encore te ressaisir,
Te forger dans un autre moule où tu ne restes pas moisir.
Arrache-le, triste cagoule, cet ornement du déplaisir,
Et choisis l'amour pour semoule, seule vivre à faire rosir.

lundi 16 novembre 2009

Savoir pourquoi, savoir comment...

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Savoir pourquoi, savoir comment, entre tourments et gaudrioles
Viennent se glisser par moments airs provençaux de farandole,
Danse où l'on se donne les mains, où le cœur roule en cabriole,
Où l'on rêve de lendemains aux tendres douceurs de gondoles,
Aux promenades de l'amour et de ses chants de rossignol
Mais où reste le mot « toujours » tandis que « frivole » s'envole.

Savoir pourquoi, savoir comment la clarté subtile d'automne
Laisse apparaître les ferments d'avenirs heureux où foisonnent
Les jours où se disant « demain sera un autre jour » étonnent,
Où les ciels pastels des matins colorent feuillées où fredonnent
Malices saluant « bonjour » - chansons de miel -, et tourbillonnent
Aux parfums jasmin de l'amour, mélodieuses polissonnes.

Savoir pourquoi, savoir comment, dans ces voluptés indécises
Se dessinent instants charmants et cessent frayeurs imprécises
Quand se redécouvre un chemin aux couleurs de l'or des cytises.
Sur parchemin au féminin, mais divinement incomprise
Et n'acceptant pas les détours, elle n'attend que la surprise :
Dire « c'est toi ! », dire l'amour, les « savoirs » n'étant que sottises.

dimanche 06 septembre 2009

Un rêve en mandoline

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Rêve : les jours passés se cachent dans la nuit, dans un désert du cœur,
Rêve de lendemains possibles, plus humains, car dans la nuit j'ai peur.
Rêver tendre une main pour un bout de chemin, me faire autostoppeur ;
Pardon pour l'impossible, sensible est féminin, je suis incorruptible
Jusqu'à la déraison, poison sans guérison, ou vision : une cible,
Une faim d'horizon, un diapason sans fin, l'oraison indicible,
Le mystère où s'enterrent, à des années-lumières, le mal et ses frontières,
Un coin de paradis, un jardin de lumière sublimant la matière
Pour un lot de bonheur à l'heure où de veilleur refermant sa litière
Je deviendrai seigneur pour l'amour d'une reine et ses douceurs câlines,
Un rivage en partage, ombrage de velours, moelleuse mousseline
Aux parfums de jasmin. Foin de désert du cœur ! Un rêve en mandoline !

lundi 20 juillet 2009

Ombre dans le firmament

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L'ombre de l'aigle noir dissimulait le firmament
Quand sous les bombes, l'amour et Dieu la firent maman.
Les cliniques étaient des épaves,
Les bébés naissaient dans les caves.
Moi, la cave où j' suis né, qu'était même pas stérile,
Je n' sais pas où elle est : quelque part dans la ville.
Et puis les canons se sont tus,
L'aigle ennemi était battu.
Le baby-boom commençait, y compris dans not' famille,
Ce qui fait qu'à l'arrivée on était six mecs et trois filles.
Les parents étaient très heureux
Et nous, les gosses, autant qu'eux.
Pendant que papa bossait, maman faisait les pull-overs,
Nous, on allait à l'école, on passait les vacances au vert,
Et ce furent les années soixante,
Place aux générations montantes.
Tout le monde avait sa voiture et il y avait déjà des bouchons,
Faut dire que les autoroutes étaient à peine en construction
Et c'était toujours bénéfice
D'emprunter les itinéraires bis.
Et c'est comme ça que la famille s'est trouvée privée de maman ;
Elle était partie voir sa mère et revenait tout tranquillement
Quand dans un virage serré
Sa p' tite voiture a chaviré.
On sait que perdre sa mère est dur, y compris pour les plus grands,
Et c'est plus terrible encore pour les tout petits, des enfants.
Ce poème je veux le dédier
À ceux qui sont dans l' merdier
Parce que la mort leur a volé l'appui sur lequel on compte.
Le besoin d'une mère est fort, plus fort que ce qu'on raconte.
L'ombre de leur mère est là, présente dans le firmament,
Dès lors qu'on se souvient d'elle, surtout dans les pires moments.

dimanche 19 juillet 2009

Rêves enfouis, rêves en fouillis

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Aux rêves enfouis sous la glaise, aux contours des leçons de l'histoire,
Glisser une page au passage, est-ce mirage ou gaspillage ?
Voir et revoir, jour après jour, dans les détours de la mémoire
Les sauvages moments d'amour, les laminages en voyage,
Les baisers de tendresse à la plage, les caresses sur le trottoir,
Les hommages au bord du rivage, démoulages sans équipage,
Défrichages sans camouflage, sans trucage et sans accessoire,
Ces rêves ressortis de la glaise ne sont-ils que détours, ou images ?

Ces rêves ne sont que bidouillages, un épandage de mouchoirs,
Un marécage avant péage dont seul l'amour paie le passage.
Quand des nuages naissent l'orage, être sage c'est quitter la foire.
Rester l'otage de l'amour, remonter d'étage en étage,
Soulagé de ses bagages lourds, est gage d'accéder au soir,
Quand se propagent les ramages, partage de chants, de bruitages
Des oiseaux, plumages aux feuillages, laissant le fromage aux renards,
A l'avantage, apanage des mages, rois rêvant, ce soir, d'héritage.

jeudi 16 juillet 2009

La vie qui vient, la vie qui part

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La vie qui vient, la vie qui part, mille questions sur le trottoir
Où je marche, allant nulle part, mes yeux ne voyant que trous noirs,
Rêves éteints, jours dans l'oubli, images sombres de l'ennui,
De tristesse tout affaibli, la peur m'enfonce dans la nuit.
Reviendra-t-il, l'astre du jour, l'heur de voir fuir la peur de l'ombre ?
Pourrai-je alors revoir l'amour remplacer l'abîme où je sombre ?
La vie qui vient, la vit qui part, mille replis de la mémoire
Laissent des souvenirs épars mêlant la grisaille à l'espoir.

Ce croissant blanc, haut dans le ciel, est-il la preuve d'un soleil ?
Douces chaleurs ? parfums de miel ? rosiers de Chine au ton vermeil ?
Révélant encore l'image d'un regard de tendresse sereine
Et non de reflets, de mirages, de chants alanguis de sirènes ?
Pour un adieu sans au-revoir, qui me dit ce qu'il faut comprendre ?
Qu'il faut accepter sans savoir, seul dans la nuit, quel chemin prendre ?
Ce croissant blanc, haut dans le ciel, est pourtant preuve d'un soleil,
Ainsi est l'amour, l'essentiel, comme est au printemps le réveil.

vendredi 10 juillet 2009

Rien au numéro

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Rien à lire, tout à dire : cliquez sur l'icône (format Windows Media Player)
Mais si vous voulez quand-même lire, il suffit de cliquer sur une annexe, ci dessous.

dimanche 25 janvier 2009

Rien qu'un jeu

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De nouveau tard le soir j'ouvre encore au hasard
Roi de coeur Mon dico pour un mot pas trop sot mais bavard :
La chance récompense et c'est le mot « impasse »
Qui paraît en premier, c'est noir, impair et passe,

Mais élargir le sens d'une impasse ? un non sens,
« Cul-de-sac » élargi agit à contre-sens
Et me renvoie déçu au mot « voie sans issue ».
Compris stricto sensu, c'est le coup de massue !

Inventer d'autres sens pour compléter Hachette ?
Le fiasco du dico de facto me rejette !
Passer sur une impasse ? Impossible pari,
C'est l'abandon des dons ou c'est hara-kiri

Décidons de ce pas de passer par surprise !
Tout le prix de ce mot que le dico méprise
Se trouve dans les cartes, entre l'as et la dame.
La tentation est là, qu'en pensez-vous mesdames ?

Laquelle de vous deux est maîtresse du roi ?
Serait-ce vous, Duchesse ? Je compte jusqu'à trois
Et je devinerai à vos traits la justesse
De faire le pari que c'est vous la maîtresse.

Le pari est gagné et votre honneur perdu
C'est Charles, le roi de cœur qui est maintenant dû
Par votre aimable main, voulez-vous que je baise
Vos doigts si généreux et puis que je me taise ?

Allons, ma douce amie, ceci n'était qu'un jeu !
Le jeu du dictionnaire ne souffre pas d'enjeu.

jeudi 22 janvier 2009

La folle, l'écologiste

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Elle vit seule près de Londres, à Croydon, une petite maison ;
On dit là-bas qu'elle est folle et pourtant c'est elle qui a raison.
Pas de voiture, pas de frigo, juste une ampoule pour s'éclairer
Et une bouilloire électrique, pour prendre le thé avec du lait.
Elle a aussi deux poêles à frire mais qui ne lui servent que d'haltères
Pour sa gym et pour sa santé, mais elle n'a plus de cuisinière,
Elle l'a remplie de ses dossiers, de ses recherches écologiques
Et dans son jogging et ses baskets, elle reste en bonne forme physique
Comme une ascète énergétique, disant aux gouvernants qu'ils déconnent
Quand ils gaspillent l'énergie ; son objectif c'est zéro carbone.
Elle vit seule près de Londres, à Croydon, une petite maison,
On dit partout qu'elle est folle et pourtant elle a raison.

Ses diplômes scientifiques des plus grandes universités,
Elle ne les montre même plus, ou alors c'est pour plaisanter.
« Je suis une sorte de Galilée », qu'elle répète à ceux qui l'écoutent,
« Mais j'ai eu raison trop tôt, et voilà ce que ça vous coûte ! »
« L'énergie est notre seule devise », ça fait trente-cinq ans qu'elle le dit,
« La Terre est comme une entreprise, vous la tuez, c'est une perfidie »,
Elle l'écrit dans ses mémoires, sur sa vielle machine à écrire,
Mais face à cette femme de science, tous les grands n'ont fait que rire.
« Je suis une des meilleures du monde mais j'ai travaillé pour rien »
Dit Joan Pick, la scientifique, à un monde trop épicurien.
Elle vit encore près de Londres, à Croydon, une petite maison,
On disait partout « c'est une folle » et pourtant elle avait raison.

mercredi 21 janvier 2009

Seul guignol

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Il y a des élèves et il y a des profs,
Il y a des parents et il y a des enfants
Il y a des riches et il y a des pauvres,
Il y a des soldats, il y a des voleurs,
Et il y a Guignol qui fait rire les enfants
L'enfant, il a peur
Peur comme tous les gamins,
Peur de rester tout seul,
Si personne ne le tient par la main.
C'est humain.
Tu ne seras pas seul car quelqu'un te prendra dans ses mains.
Seul, tu es venu au monde,
Et tu es seul dans le monde,
Seul dans la ville et seul dans le bus,
Sur ton vélo, dans le métro.
L'autre est seul dans son champ, dans le champ d'à côté
Ou seul dans la terre, dans le trou.
Toi tu es seul sur la scène,
Le seul guignol qui fait rire
Et le seul pour pleurer,
Seul à savoir qui tu es, qui tu aimes,
Seul à savoir si tu es fort,
Et seul à te savoir faible,
Et tu as peur de rester seul.
Oui, la solitude existe,
Mais la solitude, ça n'existe pas,
Quelqu'un d'autre te suit, te précède, te choisit
Cet autre est près de toi, tu le vois,
Et tu te caches.
Tu es pourtant seul dans sa main,
La solitude, ça n'existe pas,
Tu n'es seul que sur la scène,
Seul guignol.

jeudi 08 janvier 2009

C'que j'voulais faire ?

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S'il te vient l'envie de d' mander c' que j'aurais aimé faire com' boulot,
Sans hésiter j' te répondrais contrebandier ou Nicolas Hulot
Même si le premier c'est l' merdier tandis qu' l'autre est plus rigolo.

Contrebandier des Pyrénées en bandes et bravant les douaniers,
L'été traverser les estives où vivent les bergers saisonniers
Et l'hiver à ski s'esquiver vers les versants sans carabiniers,

Marcher caché dans les rochers en portant son sac en banane
Ou laisser son marché bâché et l'accrocher au bât de l'âne
Et la nuit le déharnacher et se coucher dans les cabanes.

La contrebande est difficile mais les ficelles y abondent ;
J'aurais fait un bandit docile en m'accommodant de l'immonde
Et rajoutant en codicille : « Je m'abandonne à ce bas monde ».

Mais écolo c'est rigolo, et le boulot d'Hulot sort du lot :
Tu te ballades en pédalo et l'on te prend pour un charlot
Mais tu mets la tête sous l'eau et tu vois des trésors au hublot.

Et tu te montres à la télé, du Spitzberg à Ushuaia,
Décontracté, le front hâlé, comme après des vacances à Bahia
Mais des volcans t'as survolés et t'as bouffé du pyranha.

À la télé y a pas qu' toi Nico, y en a un autre qu'est l' président ;
Y fait mieux qu' toi cocorico mais il a pas d'aussi belles dents
Et tu t'en sers bien mon coco, quand tu lui fais du rent' dedans.

Tu m' demandais c' que j' voulais faire ? J' te laisse le choix, c'est mon cadeau.

dimanche 04 janvier 2009

Salut l'artiste !

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Il habitaient la même ruelle, une allée sombre, sans magasin
Quelques maison et des jardins, et des chats qui errent la nuit
Mais pas d'auto, c'est trop étroit, bref, un endroit où l'on s'ennuie
Et il lui dit « salut l'artiste ! », c'était son plus proche voisin.
L'autre, un molosse, dans les deux mètres, lui répond d'un coup de boule
Le nez cassé, gisant au sol, il prend des coups de pied au ventre
Et reste là, pissant le sang, pendant que l'autre, amusé, entre
Dans sa bicoque au toit de tôle avant que les flics ne déboulent.
Cette histoire, je la raconte comme un songe où plonge un enfant
Quand la nuit la peur le ronge, un cauchemar obsessionnel,
Mais elle est vraie, et pour tout dire, elle n'a rien d'exceptionnel.
Tu crois dire un mot amical mais tu vis dans un monde étouffant,
Ta vie n'est pas un fleuve tranquille, pas plus chez toi qu'au cinéma,
Un mot, juste un mot mal compris, et tu te retrouves en justice
Parce que tu as eu huit jours d'arrêt et des soins qui ne sont pas gratis,
Alors les juges te donnant raison infligent à l'autre les minima
Mais pour toi c'est pas encore la fête, tu ne peux plus vivre dans ta maison
Et pendant que tu cherches une autre piaule, tu apprends que l'autre a fait appel
Alors pour combler tes déboires, ton avocat t'assène un coup mortel
En demandant des honoraires déments, et laisser l'autre obtenir raison.
T'as été cool mais t'as tout perdu. T'es blessé, sans toit et sans fric,
Il ne te reste plus qu'à faire la manche et bouffer au resto du cœur.
Ta vie a commencé comme ça et t'en as vu de toutes les couleurs
Mais tu ne dis plus « salut l'artiste ! », même au violon avec les flics.

jeudi 25 décembre 2008

En noir et blanc

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La vie perdue, mille questions sont suspendues à ta raison
Tu te moquais des traditions mais tu venais à la maison.
Ce soir, sans toi, sans ton sourire, n'a pas la couleur de Noël ;
Quels sont les mots pour le décrire ? Aucun, sauf un : le mot cruel ;
Il s'élève dans ton silence tel un oiseau noir dans la nuit
Glissant ses ailes telles des lances causant la peur et l'ennui.
File l'oiseau ! Laisse venir les douces images d'hier
En noir et blanc, mais souvenirs des moments heureux de l'hiver.
Il est né le divin enfant ce soir sans toi, sans faire la fête
Mais le cœur bat et se défend, ne supportant pas la défaite.
La vie ne meurt pas, elle naît, le printemps bientôt reviendra
Et nos vœux seront couronnés tant que l'amour nous unira.

vendredi 05 décembre 2008

L'aile de moulin

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Tu te demandes parfois quoi faire, fais-toi donc aile de moulin,
Le vent fera de toi son affaire, car lui le vent c'est un malin,
On dit qu'il ne cherche qu'à nuire, mais c'est Brassens dans sa chanson,
Fripon, maraud, laissons-le dire, traiter le vent de polisson ;
C'est vrai qu'il soulève les jupons et qu'il décoiffe les chapeaux,
Qu'il aime souffler sur les ponts et qu'il fait flotter les drapeaux,
Mais déguise-toi et fais semblant de lui montrer que tu es vivant
Et c'est de force, vêtu de blanc, que tu seras mis face au vent.

Si on te demande qui tu es, tu n'as qu'à dire 'une aile au vent'
Car c'est la stricte vérité, si tu regardes droit devant.
Si le vent tourne, tourne aussi, comme se tournent les troupeaux,
Mais les bovins sont endurcis, pour eux le vent c'est du pipeau
Écoute les oiseaux chanter, mais tourne comme un canasson,
Tourne sans te précipiter, ce sera bientôt la mousson ;
Ah te voilà déjà rouillé, avec un coup de ripolin
On va te débarbouiller ; alors dis-moi, de quoi tu t'plains ?

dimanche 02 novembre 2008

L'asile des cons

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Il y a des moments dans ta vie que tu aurais voulu sauter
Et des jours où tu t'aperçois que tu as tout faux, tout raté,
Des matins où tu bois ton café froid quand les rêves de ta nuit résonnent
Et des soirs où tu ne t'endors pas, où tu as les oreilles qui bourdonnent
Quand tu te rends compte, mais trop tard, qu'il y a des gens autour de toi,
Des gens que tu croises tous les jours ou des voisins que tu côtoies
Qui attendaient de toi un détour pour une aide ou une poignée de main
Et ceux, plus loin, criant misère pendant que tu continuais ton chemin,
Ce chemin qui ne menait nulle part, les années tristes, la routine,
Le spleen, le bourdon, le cafard et la déprime où tu piétines,
Car ton cœur a cessé de battre mais on dirait que tu t'en fous pas mal
Tant que souffle la tramontane sur la garrigue et sur l'Aigoual.
Je ne sais pas si l'asile des fous existe encore à Charenton
Mais demande, on t'indiquera la route pour l'asile des cons.

C'est vrai qu'il y a un moment où il faut bien vider son sac
ça n'est jamais quand on s'y attend, et dans ce fatras, ce bric-à-brac,
Faire le tri n'est pas facile, il y a des trous noirs, des débris,
Des faits et gestes imbéciles et des secrets mis à l'abri,
On y trouve aussi par endroits le souvenir d'un sourire,
Un amour nouveau, maladroit et des moments de vrai plaisir,
Mais ce qu'on découvre partout, ce sont les pleurs et les douleurs,
Les maux des autres surtout, ceux qu'on a privés de chaleur
Et qui partent, comme à l'abandon, sans le temps de leur dire adieu
Ni même de demander pardon ; il est vrai que c'est un cadeau de Dieu.
Mon cœur n'a pas cessé de battre mais il y a des démons qui font mal
Bien qu'elle souffle, la tramontane, sur la garrigue et sur l'Aigoual.
Je ne sais pas si l'asile des fous existe encore à Charenton
Mais je demanderai qu'on m'indique la route pour l'asile des cons.

dimanche 12 octobre 2008

J'aimerais dessiner sur les murs

Cliquez sur le poème pour l'écouter.

Slam_j'aimerais dessiner sur les murs

samedi 04 octobre 2008

L'or dure, l'ordure aussi, alors... dors !

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Cousu d'or, pauvre con, et cent millions d'euros
C'est peu, ah oui, c'est con, il manque trois zéros.
Cent millions ? pas assez pour les quelques derricks
Et les trois mois passés à traire la vache à fric.
Que veux-tu, faut t'y faire, à défaut du pétrole
Reste dans les affaires, investis dans l'alcool,
Et si tu t'aperçois un jour que les cours chutent
Ne joue pas les vautours, reprends un parachute
Et va l'ouvrir très loin, là où t' as tes accès
Chez tes amis bédouins où tu s'ras pas taxé.
T'y fais mettre des hôtels et t'achètes un Boeing
Et pour la clientèle, un as du marketing.
Sans sortir de ton lit, sans t'en être occupé
Comme au Monopoly, t'achètes la rue d'la Paix
Et sur la Côte d'Azur où sont tous tes copains
Tu bâtis une masure sur un tout p'tit lopin
T'y passes de temps en temps, histoire de laisser croire
Que t'es raide pour longtemps, que t'as besoin d'avoir
Un nouveau strapontin et quelques sous d'avance
Du côté du gratin, avec jetons d'présence.
Attends, ne t'inquiètes pas, on va te préparer
Un truc à la papa, avec du fil doré.
Il y en a dans la rue qui savent aussi compter
Les millions incongrus de ta communauté
De voyous, de crapules et surtout de voleurs.
Ils ont fait le calcul. Ce sont des millions d'heures
Qui partent chaque année, détournées et perdues.
Tout sera terminé quand elles seront rendues
A tous ceux qu'on bafoue, qui n'ont pas la parole
Vivant sans garde-fous, mais ce sont eux qu'on vole
Et je voudrais qu'un jour tous se rassemblent et crient
« On ne vit pas d'amour et d'eau fraîche ! » On parie ?

lundi 29 septembre 2008

La solitude

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Il était resté debout en affrontant la solitude
Mais ne voyait jamais le bout, avec une totale certitude,
De ce mal qui l'avait surpris quand il avait juste vingt ans.
On lui avait peut-être appris qu'il arriverait, en le combattant,
À le vaincre, à le maîtriser, avec sa seule volonté
Et qu'il pouvait s'autoriser à laisser les remèdes de côté.
Mais seul avec des délires qui le forçaient à fuir la nuit
Pour s'échapper et déguerpir, croyant qu'il s'en prenait à lui
Le présentateur de la télé qui était là, à l'écran, simplement,
Mais lui se sentait harcelé, et voyait venir le moment
Où le mec se mettrait à le poursuivre, à l'attraper pour le tuer.
S'enfuir en voiture pour survivre, il y était habitué.
T'as beau mettre ton fils à l'école, puis étudiant à la faculté,
Dans certains cas toutes ces bricoles ne sont d'aucune utilité.
Il restera peut-être debout mais s'il affronte la solitude,
Il n'en verra jamais le bout, crois-moi, c'est une certitude.

Ce message, je veux l'adresser à tous ceux qui ont un enfant
Pour qu'il sachent qu'il est menacé, surtout quand il s'en défend,
S'il est intelligent, éveillé, sportif et admiré par les autres,
S'il sait qu'il n'est pas surveillé, il finira un jour ou l'autre
Par faire comme les copains, à essayer le cannabis
Sans s'apercevoir que ce grappin l'emmènera au bord de l'abysse.
Il commence à sécher les cours mais réussit quand même le bac.
Il va préparer les concours, ou préfère s'inscrire à la fac.
Il demande à être indépendant et se démerde pour trouver un studio
Ou une petite piaule en attendant ; il y met sa télé, sa radio
Mais quand on l'appelle sur le portable, on tombe sur la boîte vocale,
On se dit que c'est inévitable, il aime la tranquillité monacale,
Pourtant c'est là qu'il y a urgence, s'il a perdu tous ses repères
Il faut y aller, c'est la prudence, que ce soit sa mère ou son père.
Sinon, s'il reste encore debout mais s'il affronte la solitude,
Il n'en verra jamais le bout, croyez-moi, c'est une certitude.

mardi 09 septembre 2008

Des raisons d'espérer

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Ça fait maintenant trop de longs mois que je suis triste et malheureux
J'ose à peine raconter pourquoi, tellement il y eut de moments douloureux
Je ne parle pas de quand j'étais môme, avec les accidents de vacances
Mais ceux de ces deux années, ceux auxquels maintenant je pense
Comprendre ce que je veux dire, que si j'en parle ce soir
C'est bien pour tenter de survivre alors que je voyais tout en noir
Alors peut-être ces vers de ma main me permettraient de retrouver
Un chemin plus clair pour demain, quelques raisons d'espérer
De mettre d'un côté les souvenirs des moments les plus difficiles
Et de l'autre les certitudes, les clefs d'un avenir moins fragile
Mais est-il possible d'oublier le passé et tous les malheurs
Pour n'en voir que les bienfaits, les succès et les jours de bonheur
Ce passé où j'ai pleuré demeure, il restera toujours gravé
Dans ma tête et dans mon cœur, avec des poids comme des pavés
La profondeur d'une histoire qui montre que ce qui manque toujours
C'est l'amour que l'on reçoit et celui qu'on donne à son tour
Rien à foutre des maladies, des accidents qui te rendent invalide
Si tu as quelqu'un près de toi qui t'aime et te rend plus solide

Un crash en avion dans un champ, une main écrasée sur la route
La chute en pleine nuit d'un étage et la collision d'autoroute
Où tu prends une voiture de plein fouet, tout ça laisse des cicatrices
Et pas seulement sur la figure qui sont pas très décoratrices
Mais celles qui sont dures à fermer, même avec de bons chirurgiens
Qui te mettent des vis, des ferrailles, comme si à l'intérieur t'avais rien,
Et puis le cancer qu'on te découvre et c'est l'estomac qu'on t'enlève
Après quoi tu bouffes plus rien, que des trucs tout prêts, des conserves
Que t'ouvres 5 ou 6 fois par jour, le temps que l'intestin s'habitue
Alors tu te dis que la vie veut encore de toi, un effort et tu continues.
Mais je voudrais savoir pourquoi c'est à mon fils que le sort s'en est est pris
Ça je ne peux plus le supporter, que ce soit lui qui ait payé le prix
D'un système où rien n'est fait pour soulager ceux qui souffrent de l'intérieur
Pour les aider, pour les aimer sans les laisser dans l'angoisse et la peur
Au point qu'ils n'osent même plus se montrer, ni appeler sur leur portable
Que le vide absolu se crée, un vide écrasant et redoutable
Rien à foutre des maladies, même de celles qui te rendent invalide
Si tu as quelqu'un près de toi qui t'aime et te rend plus solide

C'était pareil pour mon frère qui avait des tonnes de qualités
Plein d'amis, plein de bonnes idées et une grande générosité
Un artiste, un créateur, un homme qui construisait avec ses mains
Et qui a si longtemps cherché à rendre le monde plus humain
Et c'est aussi sur lui qu'est tombée l'écrasante souffrance qui épuise
Celle contre laquelle il luttait mais sans jamais empêcher qu'elle détruise
Malgré sa femme qui l'aimait et qui faisait tout pour le rendre plus solide
Et sa fille qu'il adorait mais qui le voyait tomber dans le vide
Repenser encore à tous les deux, les voir dans ma tête se pendre
Est devenu si odieux que je ne sais plus quel chemin prendre
On me dit que je ne suis pas coupable, mais j'ai du mal à l'accepter
Je crois toujours que j'aurais été capable au dernier moment de les aider
Rien à foutre des maladies, des accidents qui rendent invalide
Si tu as quelqu'un près de toi qui t'aime et te rend plus solide

Si je crois que la mort est la fin de la peine et le début de la sérénité
Alors sans doute ça vaut la peine de m'accrocher, de surmonter
De sortir de moi le meilleur pour tenter de retrouver l'envie
De continuer avec celle avec qui j'ai voulu construire ma vie
Rien à foutre des maladies, des accidents qui me rendent invalide
Si j'ai quelqu'un près de moi qui m'aime et me rend plus solide

dimanche 07 septembre 2008

Je voudrais raconter

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S'il me prend l'envie de raconter, tout se mélange dans ma tête
Ce que je prenais pour des vérités, les sources des malheurs et les pourquoi des fêtes
Ces idées là meurent ou basculent, il n'y a plus que des inquiétudes, des questions
Qui reviennent et se bousculent comme des points d'interrogation.
Même les mots qui étaient bien vivants sont devenus comme des fossiles,
Ceux qu'on employait souvent et qui rendaient les échanges faciles.
Le monde n'a pas cessé de bouger depuis que j'étais jeune et réactif
Ce qui était vrai hier a changé, plus rien n'est définitif.
Donc si je racontais le passé avec les images dont je me souviens,
On dirait « il est dépassé, il mélange tout, il comprend rien ».

Aimer voulait encore dire aimer quand la télé n'existait pas,
On obéissait aux aînés, sinon ils nous mettaient au pas,
A l'école on apprenait la grammaire, les départements, les chef-lieux,
On respectait encore les maîtres, que ce soit à Paris ou en banlieue,
En vacances on était content d'aider à garder les vaches,
Le Club Med était inexistant, comme les RTT qu'on arrache,
Le mariage, c'était pour la vie et le divorce l'exception,
Les désirs inassouvis n'étaient pas pris pour des punitions.
Donc si je racontais le passé avec les images dont je me souviens,
On dirait « il est dépassé, il mélange tout, il comprend rien ».

Autrefois quand j'écoutais la radio sur mon petit poste à galène
Pour apprendre que Vadim épousait Bardot et qu'Elisabeth devenait reine,
Qu'au moment de Budapest on lançait le slogan « Russky go home »,
Que la guerre froide avait commencé et on avait peur de l'atome,
Qu'on ne prenait pas pour des fous ceux qui partaient en Indochine
Pour se faire tuer à Dien Bien Phu ou être mutilés par les mines,
Et pendant qu'à Bobino, Brassens chantait « mort au gorille »,
L'Abbé Pierre pour les marginaux appelait au secours la ville.
Donc si je racontais le passé avec les images dont je me souviens,
On dirait « il est dépassé, il mélange tout, il comprend rien ».

Ce passé je voudrais pourtant le raconter aux plus jeunes pour qu'ils comprennent
Que le bonheur et les atrocités très souvent, côte à côte, se maintiennent
Que ce soit chez nous ou ailleurs, changer le monde est devenu urgent
En donnant de soi le meilleur, que c'est l'amour, non pas l'argent
Qui doit les pousser à innover, à trouver les idées pour demain
Où chacun aura de quoi manger, où tous se donneront la main,
Les Chinois et les Tibétains, les Talibans et les Afghans,
Et tous les peuples africains dirigés par des chefs arrogants.
Oui, je veux bien raconter le passé et les images dont je me souviens,
Celles qui ne sont ni mélangées ni dépassées. Des autres, je ne dirai rien.

jeudi 26 juin 2008

Ecrire

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Écrire encore le soir sans jamais m'arrêter de raconter l'espoir
Écrire pour dire la vie qui sortira toujours de blessures mortelles
Écrire seul sans savoir où commençait ni où finira mon histoire
Écrire pour me donner la chance de me trouver vivant dans l'immortel
Tels sont les vrais moments, mouvements de l'esprit
Apaisements de l'âme, recherches des génies
Laissant les frayeurs à l'oubli.

Écrire pour dire les noms de ceux que je voudrais davantage revoir
Écrire ma prière sans connaître le jour où viendra l'éternel
Écrire pour un adieu en évitant les mots dont la couleur est noire
Écrire pour renaître à moi-même comme au printemps une hirondelle
C'est le déni du doute, la fin de l'infini,
Le couvercle posé sur sur ma table à midi
Invitant encore mes amis.

Écrire ce qui dépasse du carnet de voyage, le trop-plein d'un tiroir
Écrire avec des fleurs allongé dans un pré, reposé, auprès d'elle
Écrire ce que je vois en regardant mes yeux derrière le miroir
Écrire la fin avant que l'oiseau ne commence à déployer ses ailes
Pour connaître l'amour, me coucher dans son nid,
Appeler une étoile, le berger des brebis
Et déclarer forfait à minuit.

Écrire pour me connaître et apprendre à m'aimer sans m'en apercevoir
Écrire avec des lettres aux dessins provenant d'une vieille aquarelle
Écrire des vérités à faire se déchirer en lambeaux mon mouchoir
Écrire à l'ombre d'un platane en espérant mieux saisir l'étincelle
Et ne jamais conclure, m'avouer dégarni
En prenant sur moi-même au temps de l'insomnie
La mesure de l'indéfini

Écrire des poèmes où les rimes et les vers inversent la mémoire
Écrire pour m'amuser quand les rires incessants des enfants m'interpellent
Écrire et laisser l'autre libre de lire mon livre, le fermer et s'asseoir
Écrire les moissons de blés d'or et des feuilles ramassées à la pelle
C'est se fondre à l'étrange, émerger de l'ennui,
Embellir par les songes les murs gris de la vie
Avant que tout soit fini.

mardi 24 juin 2008

Alors, j'ai rien compris

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Le monde où tu as vécu, le trou du cul du monde ou une mégalopole,
N'a pas vu le début des vrais bouleversements ou seulement les bricoles
Que les politicards dont tu sais les magouilles n'attribuent qu'au pétrole.
Elles ne sont pas d'hier les piges des canards où tu lis en première
De changer ta chaudière, d'économiser l'eau, d'éteindre ta lumière.
Elles sont même grossières si tu prends ton vélo et les rues piétonnières,
Que tu as déjà le soleil pour chauffer ta baraque et le jus par éolienne.
Tu ne l'a pas encore prise ta carte d'écolo, parce que tu attends qu'on vienne
Te demander les sous et pouvoir leur montrer tes actions citoyennes.
Tu n'as rien à te reprocher, tu serais même un modèle pour la Foire de Paris
Et je serais pas étonné qu'avec tout ce que tu fais on te donne le premier prix.
Mais je ne suis pas du jury et si on me le demandait, je dirais que je n'ai pas compris.

Moi, l'endroit où je suis né, qui était le centre du monde, c'était la fin de la guerre
Paris en 43 sous les bombardements. On se battait contre Hitler
D'Afrique ou d'Australie, d'Asie ou d'Amérique, dans cette poudrière
Des mecs se sont fait tuer, exploser la cervelle, ou briser pour la vie,
Le prix de leur propre vie, pour protéger la notre, et j'ai encore envie
D'y ajouter nos enfants. Ce prix était pour tous celui de la survie,
Celle de la planète entière. Qui se bat aujourd'hui pour ce même combat ?
Ceux qui ont les moyens ils se démerdent, ils dansent et ils font la nouba
Leurs amis d'autrefois qu'étaient en première ligne laissant leur djellaba
Ceux qu'ont rien à bouffer, ni d'euro ni de dollar rien que pour avoir de l'eau
Premiers à se faire descendre pour garder nos villages et pour sauver notre peau
On les rackette et puis on les expulse, ou j'ai pas compris le scénario.

Le pétrole est devenu un prétexte pour cacher toutes les dominations
A commencer par le nucléaire qui est le monopole de quelques nations
Il n'y a qu'à voir l'EPR à Flamanville qui est déjà en construction
Et qui sera mis en service en 2012, avant les moteurs électriques
En 2020 ou 2030 qui pourront remplacer le thermique
Avec l'hydrogène et les hybrides, le temps que les traders fassent du fric
Que les américains amortissent leurs usines à 4 X 4 tout neufs
Que les pétroliers mettent à gauche les milliards d'euros de bénef
Que toi tu bosses de plus en plus pour même pas en voir les reliefs.
On vit dans un pays foutu, faut dire à tes mômes qu'ils se tirent ailleurs
Qu'ils partent avec les clandés pour construire avec eux un monde meilleur
Avec leurs savoir-faire et leurs idées, mais sans les instincts de profiteurs.

Parce que des idées pour demain, il y en a, ils en ont plein la tête
Alors que ce que tu consommes, ton mac, ton portable, tes baskets
C'est que des barils de pétrole qui servent aux riches à faire la fête
Pendant que les glaces en Arctique fondent comme la neige au soleil
Que sur le continent antarctique ou le Groenland c'est pareil
Que le glas de l'espèce humaine est sonné par la mort des abeilles
Que le Gulf Stream, le courant marin, lui qui était le maître des saisons,
Il s'évanouit, il disparaît, que tu n'as plus que des canicules, des typhons,
Que tu vois les forêts rasées et du sahel l'expansion,
Alors, que tu crois en Dieu ou pas, que ce soit Allah ou Bouddha, c'est le même prix,
Si tu es jeune, tu dois le faire ce combat en prenant l'arme du mépris
Contre ceux qui n'adorent qu'une idole, le pouvoir, ou alors je n'ai rien compris.

mercredi 18 juin 2008

J'aurais voulu faire camionneur

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J'aurais voulu faire camionneur, détective et puis géologue,
Y en a bien qui font pasteur et d'autres qui vivent sur des pirogues.
Moi mon truc c'est les déserts, des endroits où il n'y a personne,
Où tu vois jamais d'adversaire ni d'heure ou d'horloge qui sonne.
Avec mon camion j'aurais fait les plus longs parcours de la terre
Où tu trouves rien à bouffer pendant des journées entières,
Où t'as des pistes en tôle ondulée, que si tu n'es pas en caoutchouc,
Tu te retrouves désarticulé comme si tu n'avais mangé que du chou.
Des fois tu te plantes et tu t'enfonces dans des pièges de sables mouvants
Et là tu sautes et puis tu fonces pour chercher quelqu'un de vivant
Avec un autre camion ou un tracteur qui t'aide à te tirer d'affaire.
Tu tombes des fois sur un voleur, et là tu as du mouron à te faire
Mais souvent tu t'en fais un ami et même si il te cause en sésotho,
Que tu ne le comprends qu'à demi, tu te promets de le revoir bientôt.
Camionneur c'est pas la vie de château, si tu as vu « le salaire de la peur »,
C'est un peu ça, sans les photos et sans les interlocuteurs.

Donc après ce boulot de camionnage, je me serais bien senti détective.
Là j'aurais pris une boîte à images pour garder des traces objectives
Des unions facultatives d'hommes et de femmes un peu volages
Et gardé l'oreille attentive pour entendre les mouchardages,
Les conversations de terrasse de brasseries un peu branchées
Où jamais rien ne se passe dont tu as le droit de t'approcher.
Et puis tu as aussi les filoches que même les keufs ne veulent pas
Parce que pour trouver leur bidoche, ils leur faut le gyrocompas.
Là c'est le champignon que tu écrases, des poursuites à plus de deux cents
Dans des rues où si tu passes tu rases les arbres, les boutiques, les passants,
Et dans ce métier là encore, même si tu n'est pas dans le désert,
Tu es quand même tout seul à bord, inutile de mettre ton blaser.
Surtout que si tu arrives le premier et que tu es tout seul devant le poisson
Tu peux être sûr qu'ils vont t'arrimer, les bleus, et comme du saucisson.
Détective, c'est pas une vie tranquille mais si tu gagnes et que tu es le meilleur
Tu peux décrocher et vivre en ville et te chercher des interlocuteurs.

Et après, comme j'aurais pas de retraite, je continuerais comme géologue,
Là tu ne gagnes que des clopinettes, surtout si tu choisis vulcanologue.
Des Tazieff, il n'y en a pas trente six, et des nouveaux volcans non plus,
ça il l'aurait dit Lapalisse, des mecs comme Haroun, il n'y en a plus.
Mais ça ne fait rien depuis qu'ils on découvert la théorie tectonique
Tu peux me croire, la terre crache encore des milliers de secousses sismiques.
Tu affrètes un bateau et tu attends au milieu de n'importe quel océan
De voir surgir de l'eau, crachotant, le bout du nez d'un volcan
Et puis il faut que tu te tires très vite si tu ne veux pas qu'un tsunami
T'envoie en l'air et te décapite car là, ton avenir serait compromis.
Mais je pourrais aussi faire paléontologue, comme le vieux père de Chardin
Il n'y a pas besoin d'être sinologue - lui, la Chine c'était son jardin -,
Pour creuser des trous dans les déserts qui étaient autrefois des forêts
Surtout ne prends pas un buldozer si tu as envie d'être considéré
Comme un géologue ordinaire, même pas un marteau-piqueur
Car il faudra bien les extraire, ces crânes d'interlocuteurs.

lundi 16 juin 2008

Pas autre chose qu'aimer

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Le soir venu, revoir ta vie et t'apercevoir que l'espoir
Des jours remplissant tes envies et que tu supposais sans histoire
A souvent pris d'autres chemins, que des vents contraires ont soufflé
Des vents méchants, presque inhumains, plus déchaînés que des camouflets.
Oui ta vie tu as cru la gagner en te déchirant la carcasse
Et de fait tu étais désigné pour être le premier de ta classe
Tu as sué, pleuré, saigné, bossant quand même jusqu'à pas d'heure
Mais rien ne te fut épargné, ni les bosses ni les pires malheurs.
Ta vie tu la voyais en rose, comblée de chances et de succès
Mais elle fut bien autre chose que les réjouissances annoncées.

Pourtant tu ne peux pas tout voir en noir, tu as connu des jours heureux
Des réussites et des victoires et aussi des moments savoureux
Faits d'expériences diverses, ceux que tes bouquins racontent,
Où tu prends les chemins de traverse, vas-y, fais-en le décompte,
Compte tes équipiers en bateau, tes compagnons de cordée
Tes camarades à l'école et tous ceux qui ont partagé tes idées
Mais compte aussi avec tes enfants, même ton fils qui manque à l'appel,
Ta femme qui est malade mais qui te défend et tous tes amis qui t'appellent.
Non ta vie ne la peins pas en noir, tu sais que tu peux interroger
Bien autre chose que ta mémoire et que sous la pluie tout peut changer.

Et puis si tu regardes en arrière, si tu passes le film au ralenti
Tu fais sauter toutes les barrières entre toi et ceux qui sont partis :
Les plus anciens ils t'ont marqué par leur foi et leur fidélité,
Ta mère, qui t'a si vite manqué, par sa grande générosité,
Ton père aussi qui a tout donné jusqu'à ce que la maladie l'emporte,
Ton frère et ton fils aîné, qui du mal que personne ne supporte
Ont préféré s'esquiver, disant adieu en écourtant leurs jours,
Et tes amis au noms gravés sur les cartes et qui le resteront toujours.
De leur vie tu gardes ce qui demeure, et ce n'est pas la fortune
Mais autre chose qui jamais ne meurt, une offrande peu commune.

Ce qu'ils ont fait, ce qu'ils t'ont dit ce n'est rien d'autre qu'authentique,
Si tu t'en souviens aujourd'hui, c'est pour que tu le mettes en pratique
Avec de la patience et l'envie de le poursuivre et de partager.
Souviens toi qu'au soir de ta vie, c'est sur l'amour que tu seras jugé
Avec tes ombres, tes côtés lumineux et tout ce qui te rend vulnérable,
Les obstacles vertigineux et les déserts où tu t'ensables.
Tu penses être dans un champ de ruines, mais ce sont des pierres pour construire.
Si tu y crois et si tu t'obstines, tu pourras de nouveau écrire
Que pour revoir la vie en rose, il ne suffit pas d'un bouquet de roses
Car la vie n'est pas autre chose qu'aimer... pas autre chose.

jeudi 12 juin 2008

Le poète en sursis

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Écrasant les assauts de rancœurs l'écriture assidue te rend le cœur moins dur.
Laisse courir les mots écourtant les moments dépassant la mesure.
Mais prolongeant le temps et plongeant en toi-même referme tes blessures.
Ta vie n'est pas un songe et pas plus un mensonge dont les tristes images
Ne sont qu'égratignures gratuites et sans injures ; elle n'est pas un nuage
Que le vent poussera, enlevant la poussière quand passera l'orage,
Ni un boulier du temps pour un compte à rebours, ôtant le jour en cours,
Mais un mélange étrange où s'engrangent, incertains et lointains, les contours
De possibles demains et d'éternels retours. Si tu crois à l'amour,
Recherche ton bonheur : choisis ce qui demeure, refais-en la lecture,
Invente ton futur en écrivant souvent ; devant ta signature
Précise que le vent du poète en sursis se lève par nature.

Semer les mots au vent en laissant se mêler les sons purs et cassants
C'est s'offrir d'écouter les chansons cumulées de son cœur et du sang
S'écoulant par ses veines où les rimes résonnent, sonnets retentissants.
Oser poser les vers de poèmes perçant doutes et meurtrissures
Lorsque les perce-neige annonçant le printemps tempèrent les morsures
C'est désirer goûter les saveurs de la muse qui soulage et rassure.
Alors sans plus attendre, sans déverser tes larmes, fouille dans un tiroir,
Prends un crayon et vite écris le nom que tu lis en premier ce soir,
Ce nom, n'importe quoi, « porte » ou bien « Québécois », amorce ton histoire
Et la suite vient seule, évidente poursuite d'un rêve inachevé,
L'invention d'un futur empruntant les leçons du passé retrouvé
Conservé dans le vent d'un poète en sursis survivant relevé.

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