Terre en danger ! Le blog de Bruno Leclerc du Sablon

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mardi 09 mars 2010

La bignole du 312 (suite)

Chapitre 9

Pour relire le roman depuis le début, cliquez ICI

En effet l'embarcation vient à toucher le bateau, sur son tribord. Un des occupants se lève et commence à balayer, avec le faisceau d’une lampe de poche, la coque et le pont du Guilvinec. Maurice, attentif, adossé à la porte de la passerelle, essaie de ne pas se montrer, essayant d’abord de reconnaître l’individu. Il voit bien qu’il ne s’agit pas de la femme, en bleu, mais le faisceau, puissant, l’éblouit. Ce n’est qu’en entendant appeler « Ohé, du bateau, il y a quelqu’un ? » qu’il reconnaît la voix du Lieutenant Le Goff – une vieille connaissance. Il s’approche alors du bastingage pour être reconnu lui aussi.

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jeudi 04 mars 2010

Les Coffiots vous avaient plu ? alors...on continue...

Tous les fans des Coffiots et des aventures de la famille Le Menech pourront continuer de suivre l'aventure de nos amis avec ce troisième épisode - La Bignole du 312 - commencé il y a juste deux ans et que j'ai du interrompre à cause de .... graves douleurs familiales.

Ceux d'entre vous qui n'aviez pas lu les premiers chapitres peuvent les retrouver dans la __suite__, et je reprendrai l'écriture chaque jour sur ce blog (mettez un fil RSS !) à partir de lundi 8 mars, pour clore 20 jours après, soit vers le 1er avril. (Si ça tombe sur le poisson, c'est que j'aurais introduit quelque poème ou slam - ou un coup de gueule - entre temps... on ne sait jamais.)

Souvenez-vous qu'on peu me laisser un message pour recevoir les deux premiers épisodes : Coffiots : la fin de casses et Coffiots dans la Ville Close. On peut aussi les trouver en cliquant ICI.

Encore une fois, si vous n'avez pas lu le début de cet épisode, ou si vous ne vous en souvenez plus, cliquez sur le mot suite (en bleu ci-dessus), et vous verrez le livre, depuis le début, en train d'être écrit, mis en page... et tout ce qu'il faut pour qu'il soit disponible en librairie... quelques jours après la fin, aux Édition Keraban... comme d'habitude.

dimanche 23 décembre 2007

Coffiots dans "la Ville Close" : la version corrigée est prête.

Couverture Ville ClosePour ceux qui attendaient ce deuxième tome de la série Les Le Menech, ça y est, la version corrigée de Coffiots dans la Ville Close est prête.
On peut la consulter en cliquant sur l'annexe ci-dessous.

En espérant que vous apprécierez autant ce nouvel épisode que le premier, Coffiots : la fin des casses...?

> Ah, le prochain épisode me demanderez-vous ?
> Eh bien, ce sera pour 2008, courant janvier.




On doit chaque fois écrire comme si l'on écrivait pour la première et la dernière fois.

Karl Kraus, Aphorismes

mercredi 31 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 30 et fin

Dès après la réservation du billet de train et le second coup de fil à Madame Girardin pour lui donner le code lui permettant de retirer le billet, Maurice et Odile ont passé tout leur temps dans leur chambre à imaginer et discuter touts les scénarios possibles pour cette rencontre de vendredi. Mercredi après-midi et mercredi soir, jeudi toute la journée et vendredi matin, ils n'ont fait que ça, imaginer et discuter. Il ont convenu avec Gwennaelle de lui laisser Alain en garde. (Il peut rester tranquille pendant des heures avec le kill-or-miss, même si, avec l'entraînement intensif dont il a fait preuve depuis le jour de son anniversaire, il ne fait presque plus de miss.)

Par contre, ils n'ont pas encore établi de plan très précis pour l'opération de samedi, celle du 'transfert'. Maurice espère beaucoup de la conversation de vendredi avec Willy Vandenlood. Pour lui, il est clair qu'il y a une collaboration étroite entre Vandenlood et Boris, que Boris est 'aux ordres' de Willy. Mais pourquoi la Norvège ? Pourquoi Bergen, qui n'est que la deuxième ville de Norvège ? Quand il était jeune matelot serrurier, son bateau avait fait escale à Bergen. Il se souvient d'une ville proprette, de maisons aux couleurs chatoyantes, d'une activité portuaire intense et surtout d'une animation nocturne n'ayant rien à envier au Quartier Latin.

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mardi 30 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 29

Il y arrive à 17 heures 45. Odile et Alain ne sont pas encore là. « J'ai le temps d'aller jusqu'à l'école Saint-Joseph et de dire un mot à Sébastien. J's'rai un peu en r'tard au rancard mais y m'attendront. »

Maurice passe le porche d'entrée de la Ville Close, fait cent mètres jusqu'à la porte de l'école et sonne.

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lundi 29 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 28

Une bonne partie de la nuit ayant été passée à des ébats renouvelés entrecoupés de courtes pauses conversationnelles assez peu philosophiques, ce n'est que tard dans la matinée de mardi qu'ils sont réveillés. C'est Alain le fautif, par impatience. Mais l'heure du petit déjeuné est passée et Maurice décide de partir à Concarneau et de s'arrêter au Mc Do pour déjeuner. Maurice se rappelle de l'endroit, à l'entrée nord de la ville, au dernier rond-point avant l'avenue qui mène au port et à la Ville Close.

Ils terminent leurs cheeseburgers et autres big'mac et quittent le fast food vers 13 heures. Maurice tient à être en avance au club, au cas ou le tournoi commencerait à 14 heures. Arrivés boulevard de Bougainville, Maurice laisse la voiture à Odile.
– J'te laisse ma puce. On aura qu'à s'retrouver à 18 heures sous l'beffroi. A s't'heure, y vont bien m'trouver un partenaire. Prom'nez-vous bien.

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dimanche 28 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 27

Ce lundi commence comme un autre lundi : il ne s'est rien passé, on ne se souvient de rien, tout va bien. Il reste à tuer le temps jusqu'au lendemain mardi. Maurice n'a pas de projet. Pour Alain, c'est toujours Omaha Beach. Finalement Odile suggère une ballade à Pont-Aven, ville où elle n'est pas retournée depuis son mariage, il y a sept ans. Maurice, lui n'y est jamais allé. De la Bretagne, il ne connaît que la côte et les ports.
– Pont-Aven ! Quelle idée ? Qu'est qu'on va faire à Pont-Aven ma puce ?
– Mais il faut avoir visité Pont-Aven, les musées, les moulins, les maisons des peintres, il y a plein de choses à voir à Pont-Aven mon chéri.
– Des peintres, mais y en a partout dans les ports. T'as bien vu à Concarneau ! Et il est pas encore né, sui-là qui m'fra rentrer dans un musée, j'te l'dis ma puce.

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samedi 27 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 26

Georges et René sont repartis heureux. Maurice aussi est heureux et brûle d'envie d'expliquer pourquoi à sa femme, mais hors de la pré­sence d'Alain. Il attendra ce soir. D'ici là, il n'y a pas grand chose d'autre à faire que continuer avec Omaha Beach.

Alain est couché. Maurice et sa femme, dans leur chambre, peuvent enfin parler librement.
– Tu sais k't'as eu une super idée, ma puce ?
– Je n'ai fait que répéter ce que tu avais promis. Si tu appelles ça une idée, je veux bien, mais alors des idées, c'est tout le temps que j'en aurais si je n'ai qu'à te répéter.
– Là tu t'moques de moi, j'aime pas.
– Alors dis-moi, c'est quoi l'idée ?

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vendredi 26 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 25

Lundi matin Maurice est levé de bonne heure. Il a mal dormi. Il a passé une grande partie de la nuit à revoir les quelques donnes qu'il avait jouées la vaille, triste de penser que s'il avait gagné tant de points, ce n'était pas tant parce qu'il avait bien joué mais surtout à cause de la nullité des adversaires. Il n'a pas le tempérament à jouir d'une victoire contre des faibles, et cherchait cette maxime que tant de gens citent si souvent : « à combattre sans péril on triomphe sans gloire ». « Je d'mand'rai à Odile, je d'mand'rai à Odile, mais j'vais pas la réveiller pour ça », c'était-il répété toute la nuit. Il descend et trouve Gwennaelle dans la cuisine.
– On est réveillé de bonne heure, M'sieur Maurice ? On a mal dormi ? C'est rare de vous voir à s't'heure.

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jeudi 25 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 24

– A propos de Sébastien mon chéri, tu n'avais pas convenu d'une semaine de plus avec lui ? Un semaine seulement et non pas quinze jours ?
– Exact ma puce. Mais faut l'prolonger. J'y r'pass'rai cette semaine pour lui dire. Tiens, j'en profit'rai pour aller au club de bridge. Ça fait longtemps k'j'ai pas joué.
– Mais tu n'es pas inscrit à ce club !
– C'est pas un blème ma puce. J'viens comme invité. Ça m'coûte un euro d'plus et c'est tout. J'donnerai un coût d'bigo d'main pour m'inscrire. Des fois qu'y m'trouvent un partenaire.
– Et tu sais où c'est ?
– Oué, c'est su'l'boul'vard d'Bougainville, c'est tout près d'la Ville Close. Mais faudrait k'je m'refasse la main. C'est surtout le psychique. Y a des coups k'j'adorais mais j'ai rien pour m'entraîner.
– Tu veux que je demande à Gwennaelle si elle peut te laisser son ordinateur. Tu pourrais jouer par ordinateur. Il y a sûrement des sites pour le bridge, tu n'crois pas.
– Sûr qu'on peut jouer sur ces bousines. Y en a un d'site, c'est BBO. J'ai connus des midships qui jouaient sur BBO qu'y disaient.
– Alors, pourquoi tu n'essaierais pas ? Tu veux que je lui demande, à Gwennaelle ?
– Non ma puce, j'vais y descendre. C'est à 20 heures la soupe ?
– Oui, mais c'est pas grave si on dîne plus tard. Vas-y, et amuse-toi bien. Je m'occupe avec Alain.

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mercredi 24 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 23

Gwennaelle avait bien fait les choses : émincé d'artichaut à la sauge et au lard rôti en entrée, puis crêpe de sarrasin aux coques et poireaux suivie d'une lotte braisée et, comme dessert, un far breton aux fraises de Plougastel. Rares ont été les tables dont les convives s'étaient levés avant 15 heures. Les Le Menech quittent la leur vers 15 heures 30 pour monter dans leur chambre, s'allonger et... digérer, voire dormir dans le cas d'Alain.

Odile en profite pour confier ses notes à Maurice.
– Tiens mon chéri, voilà ce que j'ai noté. J'aimerais nbien que tu relises. J'ai pu oublier des choses importantes.
– Importantes ou pas ma puce, tout est bon dans l'cochon. Donne, pour voir.

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mardi 23 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 22

Ce dimanche, c'est repos pour les Le Menech. Repos pour les affaires, mais pas pour le programme, donc pas pour Odile. Ils sont tous les trois à Brigneau, dans le hangar de Fernand qui est parti à Paris. Le camion n'étant plus là, Maurice et Alain ont réinstallé Omaha Beach, ce jeu du débarquement de Normandie qu'Odile avait offert à son mari le jour de l'anniversaire d'Alain. Entre Alain et Maurice, ce jour là, la différence d'âge était nulle. Nulle, c'est à dire égale à zéro. Un zéro derrière le 4... pour Maurice. Mais un cadeau aussi.

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lundi 22 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 21

Maurice, Odile et le Lieutenant Declain ont quitté Concarneau. Ils ont dépassé Quimperlé et ne sont plus qu'à une petite dizaine de kilomètres de Lorient. Il est presque 22 heures. Deux voyants orange s'allument sur le tableau de bord.
– Tu avais fait le plein ma puce, pendant k'j'étais pas là ?
La question – « le plein », ces deux mots seulement – a réveillé le policier qui dormait depuis un bon quart d'heure.
– Mais vous n'aviez pas dit que c'était électrique ?
– Et alors, vous croyez p'têt' que j'la fabrique, l'électricité ?
– Ah non, c'est vrai, vous avez raison. Et alors ?
– Alors c'est la panne sèche si on s'arrête pas à la station service.
– Mais, ils font le plein avec quoi ?

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dimanche 21 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 20

– Bien chef. J'emmène ces personnes en voiture ?
– M'sieur, vous donnez pas cette peine, on vous prend avec nous et j'vous ramènerai.
– Vous n'avez qu'à aller avec eux, Declain. Allez, filez vite.

Maurice n'aurait jamais cru qu'un jour il ferait chauffeur de flic, de gradé de surcroît. Odile, elle, se souvient d'un autre transport avec la police. Mais là, c'était un flic qui conduisait. C'était pour la ramener chez elle depuis les Galeries Lafayette, avec des sacs pleins de jouets. Des jouets et des billets qui n'étaient pas pour le Monopoly, quoi qu'en pensât le jeune brigadier. Quant à Declain, il a, pour une fois, le mot pour rire : dès après le départ, Maurice ayant déjà parcouru pas loin de 200 mètres, le lieutenant, assis derrière, s'était approché de lui pour lui dire :

– Monsieur Le Menech, j'ai pas d'leçon à vous donner, mais c'est pas parce qu'on est en descente qu'y faut pas allumer l'moteur.
Et Maurice avait répondu :
– C'est que, j'vous l'avais pas dit M'sieur, mais on a plus d'essence.
Heureusement qu'Odile avait remis les choses à leur place, et rassuré l'officier : – Mon mari vous a dit ça pour rire, Monsieur l'agent, mais on n'a pas besoin d'essence, c'est un moteur électrique.

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samedi 20 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 19

Fernand a pris son camion pour rentrer chez lui et se reposer avant de repartir demain dimanche pour Paris. Les Le Menech sont repartis à l'Hôtel de la Poste, à Moëlan-sur-Mer. Maurice veut prendre une douche et se reposer aussi mais, en arrivant à l'hôtel, il est pris comme par une sorte de vertige, une sensation de tourbillonnement qu'on peut éprouver devant le vide. Il se met à hurler, à en secouer tout l'hôtel.
– Et Sébastien non de Dieu ! Sébastien !
– Mon chéri, repose-toi, calme-toi. Prends ta douche et repose-toi. On parlera de Sébastien après.
– Demain c'est dimanche. On nous laiss'ra rien faire. Faut k'j'aille le voir tout d'suite. C'est quoi s't'école que tu m'avais dit ?
– Je ne t'ai pas parlé d'école mon chéri, mais c'en est peut-être une, je n'sais pas. On m'a dit que c'était tenu par les Frères de Saint-Joseph, à Concarneau.
– C'est ça, dans la Ville Close, et ben j'connais. Pour l'école, y z'y connaissent kek'chose, les Frères de Saint Joseph, j'te dis pas ! Un zonzon, s't'école ! Et y t'a dit pourquoi, ce keuf pourri, k'y l'emmenait dans c'merdier ?
– Je t'ai expliqué mon chéri, mais tiens, voilà la lettre.
– Bordel, mais c'est pas une lettre ce chiffon, s't'une copie d'fax, et qu'a même pas d'tampon. Putain y va m'entend' ce crapaud. J'vais t'le faire baver, foi d'Maurice !
– Mais de qui parles-tu mon chéri ?

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vendredi 19 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 18

« Voilà une banque que c'est pas Fort Knox elle qu'elle est pas loin d'remplir not'cagnote », se dit Maurice, en remontant dans la camionnette.
– Il est bien ton... comment tu dis, Vandeloud ? on y r'viendra.
Vanderlood, corrige Fernand, Van-der-lood ! Mais ton histoire de Blue Star et de groupe machin, j'ai pas entravé, c'est quoi ?
– J'te la dégauchirai l'histoire. Y aura du gras à s'faire à Saint-Helier, mais plus tard, faut laisser l'cochon prendre encore du lard. Y a plus urgent. Maint'nant faut qu'on rentre à Brigneau, que j'retrouve ma bergère et mon gosse.
– Ah tu s'rais pas né breton, des fois ?

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jeudi 18 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 17

Fernand gare la camionnette en face de la banque, non loin des établissements WiVa Co, le shipshandler réputé des îles anglo-nrmandes. Il se rappelle que c'est là, et non dans les bureaux de la Financial Vawi Inc qu'il avait rencontré ce fameux bonhomme dont il vient de parler à Maurice. C'est là qu'il lui avait vendu, pour la modique somme de 650.000 euros, le joli petit paquets de bijoux que le petit Sébastien avait dérobé chez INNO Montparnasse, trompant la surveillance de Maurice, son père adoptif. Autant commencer par là et passer à la banque après.

– J'te suggère qu'on s'occupe du jaune en premier, chez WiVa Co. De toutes façons, c'est l'même patron. Vawi c'est sa banque. Y a plus de chances qu'on l'trouve là.
– C'est toi qui connaît, Fernand. Tu fais comme tu l'sens.

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mercredi 17 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 16

Maurice a récupéré son sac et celui d'Odile dans leur cabine et a quitté le Guilvinec pour dormir sur le Keraban.

Il fait encore très beau temps sur l'île de Jersey ce vendredi matin quand il se lève et entre dans le carré où Fernand a déjà préparé le café. Le Guilvinec a appareillé très tôt dans la matinée et il ne l'a pas entendu. Fernand, lui, l'a non seulement entendu, mais il a dû l'aider à sortir tellement le vent menaçait de provoquer une collision contre son propre bateau, ainsi qu'il le raconte à Maurice :
– Dis-moi, ton Boris, où c'est-y qu'il a appris à naviguer ? Pass'que si j'avais pas été là à déborder, c'est nous qu'on allait au fond s'matin.
– C'est vrai, il était su'l'même barlu k'moi au début, mais lui il était aux cuisines. Et on dirait qu'il y est encore à la cuistance, mais maint'nant c'est d'la ratatouille, ou d'la popote pour ses associés.
– Ses caïds tu veux dire.

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mardi 16 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 15

L'après-midi se passe à attendre. Comme toujours, quand un équipage n'a rien à faire, on l'occupe avec des travaux d'entretien, sous la direction du bosco, Gall, le maître d'équipage : peinture, ran­gement, ménage, nettoyage des zones salissantes, astiquage des cuivres et des chromes.. Maurice a fait une longue sieste et Boris est resté dans sa cabine.

A 17 heures, la capitainerie appelle sur le canal 9 pour indiquer ler changement d'emplacement. Les clients n'étant pas encore reve­nus à bord, Boris décide de les attendre avant de bouger. Les deux premiers arrivent vers 17 heures 30, chargés de paquets. Les quatre autres ne reviennent que plus d'une heure après, pour le repas. Ils attendront que le Guilvinec ait manœuvré pour venir se ranger à côté du Marie Prigent. La capitainerie a laissé le choix à Boris de se ranger à babord ou à tribord du chalutier, les deux places étant libres. Boris a choisi babord. À 20 heures 30 le déplacement est terminé et le dîner est annoncé. Tous se mettent à table. Maurice s'installe seul à une table, ne souhaitant plus avoir de conversation avec Boris avant l'arrivée de Fernand et du Keroban. Il est impatient, mais confiant : il a compté large. Minuit devrait être l'extrême limite. Mais ce qui le tracasse, c'est l'organisation du transfert. Il faudra bien sortir les coffiots de l'eau, à un moment ou à un autre. Un par un. Et il se voit mal demander au patron du Marie Prigent : « Poussez-vous donc un peu ! » Il envisage une autre solution : mettre un canot à l'eau, préparer une bâche et charger les cinq coffiots dans le canot, en une seules fois, en les recouvrant aussitôt. Puis tirer le canot à bord du Keraban à l'aide de son bossoir. Et il faudra aussi surveiller l'étrave, sous l'eau, des fois qu'un coffiot disparaisse...

Il est temps d'en parler à Boris, à sa table, où il est seul.

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lundi 15 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 14

Le Guilvinec arrive dans le port de Saint-Helier, au sud de l'île de Jersey, le jeudi 3 août au petit jour. Il est 5 heures 30. Une place lui est indiquée, mais pour la journée seulement. Une autre place lui sera donnée dans la soirée s'il reste plus de 24 heures. Boris ne connaît pas Jersey, pas plus que les gars de son équipage. Ils ont cassé la croûte et sont tous partis en ville. Seul un matelot a été chargé d'attendre le réveil des clients pour leur servir le petit déjeu­ner et faire franchir la coupée à ceux qui voudront sortir.

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dimanche 14 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 13

l est 15 heures 30. Maurice a rappelé le CROSS pour dire qu'on arrêtait les recherches, expliquant que selon toute probabilité les enfants étaient descendus du bateau juste avant l'appareillage, à Concarneau. L'hélicoptère a cessé de tourner sur la zone. Boris a mis en marche et viré de bord, vitesse 18 nœuds. Un matelot est à la barre. Si tout va bien, le Guilvinec sera en vue de Saint Helier au petit matin. Reste à savoir si Fernand peut s'y rendre rapidement.

Maurice est descendu dans sa cabine et appelle Odile.
– Oui mon chéri, c'est moi. J'étais impatiente. Nous venons d'arriver à Concarneau. Quest-ce que tu deviens ?
– Ma puce, tu sais, Sébastien et Alain ont mis le doigt sur une affaire que j'te dis pas maint'nant, pass'que j'connais pas l'cont'nu exact, mais y a six coffiots dans la cale où y s'étaient planqués. J'en récupère cinq à Saint Hélier. Y faut k'Fernand vienne les charger pour les fourguer.
– Alors dis-moi ce ce je dois faire.

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samedi 13 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 12

Les gendarmes finissent par repartir vers Concarneau, laissant les gars de la SNSM venir se mettre, eux aussi, à contre, babord sur babord, comme avant eux les gendarmes. L'hélico continue de survoler la zone.

Maurice dispose d'une minute pour appeler Odile sur son portable.
– Ma puce, dis à Fernand d'remettre en marche, vitesse lente, comme pour continuer d'chercher. Et surtout n'vous montrez pas, à personne. Restez bien dans l'bateau et surveille bien les enfants. J'te rappellerai dès k'la SNSM nous aura lâché les baskets. D'accord ma puce ?
– Oui mon chéri, mais je voudrais tant que tu m'expliques ce qui s'est passé et ce qu'on va faire maintenant. En tout cas compte sur moi, ça ira. Bon courage mon chéri, j't'embrasse.
– Allez, j'te laisse. A plus ma puce

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vendredi 12 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 11

Joan a beau faire, il ne trouve rien et, s'adressant à Maurice :
– Ça vient pas d'par ici, M'sieur. C'est sans doute dans la cale moteurs. J'vais l'dire au patron.
– T'as raison Joan, vas-y, j'te r'joins. T'as sûrement raison.

Mais Maurice a trouvé. Les bruits sont irréguliers, s'arrêtent et reprennent, plus ou moins forts, et ne sont pas tous frappés au même endroit. Ça vient de l'avant, sous les cabines d'hôtes. « Les gamins sont là, ils sont enfermés » se dit Maurice, qui remonte sur la plage avant pendant que Boris et Joan descendent dans les moteurs, à l'arrière.

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jeudi 11 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 10

Les gendarmes ont sorti les pare-battage sur leur babord et viennent à contre, sur le babord du Guilvinec. Un matelot leur lance un bout et deux hommes montent à bord. Boris et Maurice sont descendus de la passerelle et les accueillent sur le passe-avant.
– Bonjour Messieurs, que nous vaut votre visite ? demande Boris.

Un sous-officier ouvre une sacoche dont il extrait un papier.

– Vous êtes le patron de ce bateau, n'est-ce pas ?
– Oui Monsieur.

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mercredi 10 octobre 2007

Coffiots dans "la Ville Close"

Page 9

Boris appelle le matelot Trustan, un de meilleurs pilotes du bord.
– Vous m'avez appelé, Commandant ?
– J'vais déjeuner Trustan, tu appelles Yvon pour surveiller. Tu passeras à deux milles au sud de Sein, c'est bien compris. Là, tu mettras le cap sur le 310 et tu m'fais appeler.
– Bien compris Commandant. Deux milles sous Sein et cap au 310. Bon appétit Commandant. Bon appétit Monsieur.

Une table est réservée pour Boris et ses invités à l'extrémité de la salle à manger, séparée des autres tables par une jardinière garnie de hautes plantes tropicales.

Les autres passagers sont déjà à table. Un couple assez jeune, seul à une table, et un autre, dans la quarantaine, avec deux jeunes garçons de 10 et 12 ans environ à une autre table.
– Attends-moi Boris, j'vais appeler Odile et les enfants. Mais attends-toi à s'qu'elle soit pas d'bonne humeur quand elle apprendra s'que tu nous as concocté.
– Bouge pas. J'envoie quelqu'un.

Boris claque dans ses doigts. Le maître d'hôtel s'approche aussitôt.
Yag, tu veux bien aller frapper doucement à la porte de Madame et lui dire que nous l'attendons à table. Et pareil pour les deux garçons.
– Bien Commandant.
– Et demande à Titouan d'nous amener les apéritifs.
– Bien Commandant.

Dans la minute, Titouan s'approche avec une table roulante et des quantités de bouteilles et de soucoupes garnies de biscuits, d'olives et autres amuse-gueule salés.
– T'as une préférence ?
– Oui, un whisky par exemple, Red Label vous avez ?
– Mais à quoi tu penses Maurice ? On t'propose du vrai, du bon. À toi d'choisir. Laphrohaig, Caol Ila, Macallan ? Tous 12 ans d'âge. Moi, mon préféré, c'est le Bruichladdich. Tiens, Titouan, sers nous donc un Bruichladdich. Tu m'en diras des nouvelles.
– OK pour un Brutmacchich.
Bruichladdich. Oui, pas facile à dire. Mais goûte-moi ça ! J'en ai rapporté deux caisses de not'dernière escale à l'île d'Islay. C'est à l'ouest de l'Ecosse. Mais cette fois-ci, on n'va pas y passer. Nous, c'est direct to Bergen Norway !'
Maurice n'en peut plus. Jusqu'à la veille à la même heure, il se croyait le plus heureux des hommes. Sa devise, si tu vas pas aux coffiots, les coffiots viendront à toi, il la croyait au dessus de tout, magique, inégalable. Mais là, il est dépassé. Il est mal.

Odile, accompagnée de Yag, entre dans la salle à manger. Mais sans les enfants. Elle s'approche et, avant même de s'asseoir à table, s'adresse à Boris.
– Boris, c'est permis de poser une question ?
– J'vous en prie chère Odile. Mais asseyez-vous donc. Voulez-vous un apéritif.
– Excusez-moi, Boris, oui je veux bien un apéritif, oui je vais m'asseoir, mais avant, voulez-vous bien me dire ce que nous faisons ici, en pleine mer ? Mon chéri, tu le sais, toi ? Tu n'aurais pas fait ça sans m'en parler, j'en suis certaine !
– Bien sûr ma puce, j'voulais t 'en parler, j'lai dit à l'ami Boris, mais tu sais comme il est, y fonce, y fait ça pour nous faire plaisir et j'ai pas pu l'arrêter. Et tu sais quoi ?
– Non, mais dis moi, dis moi vite !
– Oui mais à propos, où sont les enfants, y sont pas avec toi ?

Yag intervient :
J'ai frappé à leur porte, et puis je suis entré dans leur cabine et is n'y étaient pas. Je n'les ai pas vus.

Boris sent la moutarde lui monter au nez :
– Alors tu nous dis ça comme ça, tranquillement. Mais bordel, appelle tout l'monde et fouillez l'bateau. Appelle aussi la passerelle qu'y fasse sonner l'alerte et demi-tour, vitesse réduite, des fois que...
– Boris, vous voulez dire...%% – Ma puce, t'inquiète pas, on fait toujours cette manœuvre, homme à la mer, c'est obligatoire si on voit que quelqu'un manque à bord. Mais on va les r'trouver, c'est sûr. Tu sais, avec Sébastien, on en verra d'autres ! Assieds-toi, sers-toi un verre et attendons.
– Sers-moi donc un Martini blanc s'il te plaît.

Boris est remonté sur la passerelle, au poste de pilotage. Tout l'équipage – neuf hommes – fouille le bateau de fond en comble. Au bout d'une demi-heure, Boris se résout à faire un appel de détresse.
Il appuie sur la touche rouge de la station VHF. Quelques secondes plus tard le CROSS(1) répond.
– Guilvinec pour CROSS étel, me recevez-vous ?
– Guilvinec, 5 sur 5, à vous.
– Passez sur le canal 7, à vous.
– Bien compris, je passe sur canal 7.

Maurice a rejoint Boris à la passerelle. Deux matelots, à l'avant, scrutent l'horizon à la jumelle. Plusieurs bâtiments ont signalé leur présence sur zone.
Maurice prend le micro des mains de Boris.
– À tous les bateaux secteur Audierne de Guilvinec. Recherchons deux enfants peut-être à la mer, répondez.

On entend plusieurs réponses indistinctement. Et puis plus rien, mais un des deux matelots, à la proue, se retourne vers la passerelle et pointe son doigt vers une direction, à l'horizon. Boris décroche ses jumelles et regarde.
– En effet, il y a un bateau blanc là-bas, qui ressemble à un petit chalutier.
– Passe-moi ça, dit Maurice en lui prenant les jumelles d'autorité.

Quelques instants après, Maurice le marin confirme son intuition :
– C'est le Keraban, c'est sûr, c'est mon ami Fernand qui r'vient d'Granville. Y a qu'à stopper les machines et l'attendre. Y va nous aider.
– Eh Maurice, regarde derrière !
Une vedette de la Gendarmerie Maritime s'approche du Guilvinec à grande vitesse, suivie d'assez près par le bateau rouge de la SNSM (2).


(1) Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage

(2) Société Nationale de Sauvetage en Mer


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