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  <title>Jam est là...</title>
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  <description>Pensées, élucubrations, défouloir, images, autres...</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 15 Mar 2010 04:09:19 +0100</pubDate>
  <copyright>Copyright © 2007 - Jean MATROT</copyright>
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    <title>I'll be back...</title>
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    <pubDate>Mon, 26 May 2008 10:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Les dimanches sont propices aux découvertes. Celui qui vient de se terminer en est témoin...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Déménageant avec l'aide d'un ami un photocopieur d'un bureau à l'autre, j'ai découvert dans le caisson sous l'appareil une jolie pile de manuscrits. Je ne me souvenais plus les avoir stockés là et je me suis mis à les feuilleter. Outre ceux déjà en ligne ou envoyés à des éditeurs en pure perte, je suis tombé sur une oeuvre dont je n'avais jamais rien fait. Après lecture de quelques passages, je me suis dit qu'il serait intéressant de reccueillir l'avis de lecteurs, ce que je me propose donc de faire en le mettant en ligne après quelques corrections. Je ne vais pas le réécrire, comme il le mériterait sans doute, mais attendre les réactions, commentaires et critiques des lecteurs. Après quoi, selon les avis, j'aviserai !!&lt;br /&gt;
C'est un roman qui a déjà plus de 6 ans puisque je l'ai terminé le 6 décembre 2001. J'avais peur de le juger mal écrit, mal pensé ou mal orchestré en tournant les pages et puis j'ai trouvé que ça correspondait encore bien à ce que je suis et ce que j'écrirais aujourd'hui si je m'y remettais.&lt;br /&gt;
C'est un roman &quot;d'aventures&quot; sans réelle profondeur, ni très réaliste ni complètement fantaisiste, un récit qui n'a d'autre vélléité que la distraction. Un roman de gare, en quelque sorte, genre que je revendique pour y avoir trouvé l'évasion lors de mes nombreux voyages en train entre Dijon et Besançon.&lt;br /&gt;
J'espère que ce roman remplira son office. Une chose est sûre, le titre, entre jeu de mot et définition médicale, me semble approprié&amp;nbsp;: Il s'appelle &quot;Raptus&quot;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>in extremis presentarum voxem (en gros)</title>
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    <pubDate>Wed, 23 Jan 2008 17:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Bon sang, mais nous sommes déjà le 23 janvier et je m'aperçois avec effroi que je n'ai pas présenté mes voeux à la communauté d'Alexandrie !!&lt;br /&gt;
Qu'à cela ne tienne, je vais sur le champ réparer cet oubli.
Bonne année à tous&amp;nbsp;! Que 2008 vous apporte l'inspiration sans les tension, de nombreux lecteurs et tout plein de bonnes choses à tous niveaux.&lt;br /&gt;
Il va de soi que je présente également tous mes voeux de bonheur à mes (nombreux) lecteurs !&lt;br /&gt;
Pour ma part, 2007 s'étant terminé sous le signe du travail et 2008 ayant commencé sous celui du labeur, je n'ai pas à me plaindre, nombreux étant ceux qui n'en ont pas. Je suis d'ailleurs passé à mi-temps depuis quelques semaines, comprenez en cela que je ne travaille plus qu'une douzaine d'heures par jour. De cet esclavage est né à l'encontre de mon employeur une rancoeur bien légitime. Mais là commence le problème, je suis mon propre patron&amp;nbsp;! Donc, schizophrénie&amp;nbsp;! On s'occupe comme on peut, me direz-vous. Je me sens moins seul depuis que je suis schizophrène !!&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, pour l'instant, je n'ai malheureusement pas le temps d'écrire, et c'est bien dommage. Les idées sont là, quelques ébauches également, mais le temps manque. Je pourrais aussi cesser de dormir pour m'y remettre mais j'ai peur qu'à terme une de mes activités en pâtisse ou que ma famille décide de se débarrasser de moi en m'administrant tout le Doliprane contenu dans l'armoire à pharmacie (celui à la fraise&amp;nbsp;! ) pour mettre fin à ce calvaire.&lt;br /&gt;
Allez hop, retour au travail (qui n'attend jamais).&lt;br /&gt;
Que Saint Anselme vous préserve de la fièvre aphteuse et Saint Guénolé des marées noires.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Pour mon développement durable...</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/12/05/Pour-le-developpement-durable</link>
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    <pubDate>Wed, 05 Dec 2007 17:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je vends une cinquante Peugeot Rallye de 1973 en très bon état, peu servi. Si je me souviens bien, il doit rester pas loin d'un litre de mélange dans le réservoir. L'engin dispose de 3 vitesses inversées au pied mais, pour peu qu'on en prenne l'habitude, ça ne pose pas de réel problème. Niveau consommation, je pense que l'on peut tabler sur quelque chose comme moins de 3 litres aux cent kilomètres. Pour ce qui est de la vitesse de pointe, je pense qu'il est possible d'atteindre le soixante avec un vent favorable dans une rue de bord de mer en enfilade. Pour le retour, l'idéal est de changer de rue sinon on plafonne à quarante.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ce que certains pourront voir comme un inconvénient ne fait qu'ajouter au charme de la machine. Je m'explique&amp;nbsp;: En remontant le pot d'échappement, mon frère a décidé de le fixer au bras oscillant dans sa partie arrière. Alors bien sûr, lorsqu'on passe sur une bosse, l'embouchure au niveau du moteur se déboite et le bruit devient plus important. Mais ce bruit... quel bruit !! Quel son, quelle musique, quelle symphonie&amp;nbsp;! Et puis entre nous, imaginez l'impression de puissance, lorsque sursautant sur un nid de poule (que la garantie ne couvre pas), vous entendez rugir le moteur !! Messieurs, je ne vous cache pas que les filles ne seront pas insensibles à cette démonstration de votre pouvoir !&lt;br /&gt;
Alors récapitulons&amp;nbsp;: Cette machine avant-gardiste consomme moins que la plupart des voitures en circulation à ce jour. Elle permet de respecter les limitations de vitesse sans se soucier des radars et, qui plus est, elle dispose d'un phare avant ainsi que d'un phare arrière. Les clignotants sont économiques également ( et écologiques !!) puisqu'ils sont manuels. Passons sous silence l'esthétique ravageuse procurée par le guidon bracelet et le magnifique rétroviseur chromé (et réglable).&lt;br /&gt;
Eu égard à son âge canonique, l'engin peut être assuré en collection, ce qui est un avantage certain. J'ai ouï-dire que le fils de Paul Prébois aurait possédé semblable machine qu'il aurait ensuite revendue à Sim, lequel l'a également vendue, mais à son beau-frère. Depuis, nulle trace de l'engin. Et si c'était la même cinquante à vitesses&amp;nbsp;? Si par le plus grand des hasards, cet engin que je vous propose à un prix défiant toute concurrence était en fait un objet de valeur, que dis-je, une relique, un témoin du passé,  un vestige du septième art, à l'instar de la Cadillac que conduit Belmondo dans le chef d'oeuvre de Godard !&lt;br /&gt;
Ne passez pas à côté de cet exemplaire historique et .... unique !&lt;br /&gt;
Cette machine au sommet de la technologie sera à vous pour la modique somme de 2999 euros (hors taxes). La garantie n'est que de deux semaines mais pour un supplément de 999 euros (hors taxes), il est possible de l'allonger à 6 mois. Bien sûr, cette précaution peut paraître inutile au plus grand nombre au regard de la fiabilité de l'engin mais je sais que parmi vous se cachent des collectionneurs dont la passion n'a d'égale que l'anxiété !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà... j'ai le coeur déchiré à l'idée de me séparer de cette cinquante mais la conjoncture étant ce qu'elle est, je ne vois pas d'autre solution, mon épouse refusant la prostitution et mes enfants étant encore petits pour voler dans les magasins.&lt;br /&gt;
Ceux qui veulent faire des dons sont les bienvenus. Sur simple demande, je vous ferai parvenir mes coordonnées bancaires aux Bahamas (les conditions d'ouverture de compte étaient avantageuses).&lt;br /&gt;
J'ai songé à la souscription nationale mais devant le peu d'engouement que suscitait ma requête auprès du gouvernement, j'ai dû renoncer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Merci de soutenir les jeunes créateurs et, quelque part, la littérature française dans ce qu'elle a de plus beau (en toute humilité).&lt;br /&gt;
Votre très dévoué.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>débordement...</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/09/18/debordement</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Sep 2007 18:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Y'a des jours, on ferait mieux d'aller à la pêche, moi je vous le dis. Je me demande si je vais pas prendre une carte, d'ailleurs. Alors on va résumer pour pas lasser le lecteur&amp;nbsp;: vous avez une entorse qui vous oblige à être en béquilles depuis 5 semaines (plus qu'une et on démoule le pied&amp;nbsp;! ) et votre voiture a décidé avec un esprit d'à propos fort louable de vous faire faux-bond au même moment (pour la modique somme de 900 euros, il faut lui concéder qu'elle se donne du mal). Vous allez me dire qu'on ne conduit pas avec une entorse&amp;nbsp;? Moi si. Enfin avec celle-là, c'est possible.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Donc, non seulement vous vous retrouvez piéton mais en plus piéton en béquilles. Le vélo, on va pas en parler, on va dire que c'est un point de détail, comme dirait l'autre. Et le piéton en béquilles travaille chez lui, donc ses possibilités de mouvements deviennent très limitées et son horizon se résume bien souvent à l'écran de l'ordinateur, très beau du reste. J'oubliais&amp;nbsp;: il a un petit penchant claustro, le piéton.&lt;br /&gt;
Ce ne sont que de légers aléas de la vie, bien sûr, mais lorsque vous ajoutez à cela des clients qui ne paient pas, d'autres tracas perso et pas des moindres (perso, on a dit, je vais pas vous révéler tous les méandres de ma vie, on est pas dans Gala), le vase se retrouve rempli jusqu'à la gueule et ne demande qu'une goutte pour déborder sur la nappe.&lt;br /&gt;
La goutte d'eau en question, c'est le garagiste qui m'annonce qu'en fait, titine roule sur 3 cylindres de temps à autres&amp;nbsp;! Pour les néophytes, je tiens à préciser que ma voiture dispose de 4 cylindres, comme la plus grande majorité, et qu'il sont sensés travailler de concert. Alors je réfléchis et je pense pompe à essence, injecteur, bougies... mais là n'est pas la question. Je pense surtout qu'il est 17h après mon coup de fil et qu'il me reste une heure à patienter avant mon apéritif (oui, je me suis fixé des limites temporelles afin de ne pas sombrer totalement dans l'amphore). Je pense aussi à mon chéquier qui va finir par se transformer en un très bel objet en bois massif !&lt;br /&gt;
Et puis sans vouloir paraître vulgaire, je pense surtout que je commence à en avoir plein la lettre qui suit le P... Pardon&amp;nbsp;? Oui madame, la pompe à essence. Qu'est-ce que je disais, déjà&amp;nbsp;? Ah oui, j'en ai assez de tout ça et un petit Four Roses serait le bienvenu. Ou même un Old Virginia, on va pas chipoter.&lt;br /&gt;
Eh ben vous savez ce que j'ai fait pour ne pas attendre&amp;nbsp;? Je suis passé à l'heure d'hiver !!! Du coup, à 17h24, j'avais déjà mon verre à la main et je le sirotais en serrant les dents (si si, on peut, ça passe encore pour peu que, paradoxalement, on ait les dents du bonheur&amp;nbsp;! ). Alors bien sûr ça ne règle rien mais comme j'avais le choix entre taper mes enfants (qui n'y sont à priori pour rien), immoler le chat ou trouver n'importe quel prétexte pour éclater le premier venu à coups de béquilles, je me suis rabattu sur la solution de facilité, à savoir l'apéritif. Oui, parce qu'en plus je suis fainéant.&lt;br /&gt;
Alors aujourd'hui, après des années d'ignorance, années durant lesquelles je grognais à chaque fois qu'il fallait tourner les aiguilles du réveil, après avoir douté et remis en cause la santé mentale de nos technocrates qui déréglaient nos horloges biologiques deux fois l'an, je sais enfin pourquoi on a l'heure d'été et l'heure d'hiver&amp;nbsp;! Et c'est publiquement que je tiens à remercier le génie qui a eu cette idée.
Bien sûr, les mauvais esprits vont arguer que j'ai tourné les aiguilles dans le mauvais sens et que je suis un tricheur. Soit. Alors si tel est le cas, je répare&amp;nbsp;: Il est à présent 18h45, heure d'été, et je viens de passer 45 minutes à jeun puisque nous avons changé de saison !!! Ben oui, faut suivre. Moralité, je vais sans plus tarder me servir un petit apéritif parce que ça va me remonter le moral et j'en ai bien besoin.&lt;br /&gt;
Merci à vous d'avoir tenu jusque là. A la votre.&lt;br /&gt;
Si vous aviez quelques olives aux herbes ou aux piments...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Au taquet !</title>
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    <pubDate>Tue, 08 May 2007 23:18:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Chers amis lecteurs. Pour les inconditionnels des aventures d'Omar, vous avez dû vous rendre compte que ce dernier n'avançait pas beaucoup dans la vie ces derniers temps...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;A cela il y a une explication&amp;nbsp;: Son géniteur (ou presque), c'est à dire moi, n'est pas au mieux de sa forme et doit gérer un certain nombre de choses de front en ce moment. La vie n'est pas si simple que dans mes romans où il suffit d'une balle de 9mm pour venir à bout de certaines contingences matérielles.&lt;br /&gt;
Alors plutôt que de faire de la sous-sous-littérature, j'ai décidé de laisser Omar se reposer pour l'instant.&lt;br /&gt;
N'ayez crainte, à moins d'un cataclysme de je ne sais quelle nature, il reviendra et je lui ferai subir les pires avanies parce que, finalement, c'est tout de même bien ça qui est amusant.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 6</title>
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    <pubDate>Mon, 23 Apr 2007 22:36:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;- Tu te souviens vraiment plus où tu l'as trouvée ?&lt;br /&gt;
- Aucune idée. Tu sais, dans l'état que j'étais...&lt;br /&gt;
A priori, ça n'a pas beaucoup changé. Il hésite toujours entre vomir dans les lavabos ou dans la douche. Son énorme paluche me tend la pince.&lt;br /&gt;
- Tiens, tu peux me tenir ça&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je décline son offre en retirant vivement ma main. Mes empreintes étant fichées, informatisées et reconnaissables, je n'ai nulle envie de prendre l'objet. D'autant que les traces rougeâtres font courir sur mon dos un frisson de dégoût.&lt;br /&gt;
- Allez, tiens-moi la pince, Omar !&lt;br /&gt;
- Pose-la par terre, je touche pas à ça. T'as pas vu les traces rouges, ducon&amp;nbsp;? C'est du sang&amp;nbsp;! Tu ferais mieux de te débarrasser de cette merde le plus vite possible.&lt;br /&gt;
Il oscille, regarde fixement la pince pendant un temps interminable avant de tourner son visage porcin vers moi.&lt;br /&gt;
- Hé... Tiens-moi la pince Omar... elle est pas mal, non ?&lt;br /&gt;
- Te fatigue pas, je connais toutes les variantes, j'ai suivi un entraînement intensif depuis tout gosse.&lt;br /&gt;
- Moi je la trouve vraiment pas mal, ma blague.&lt;br /&gt;
- Ouais... ben moi je vais me doucher. Vomis pas partout s'il te plait.&lt;br /&gt;
Je me déshabille et entre dans la cabine. L'eau est tiède mais ça n'a pas d'importance. J'ai besoin de me laver, de sentir de l'eau ruisseler sur mon corps et faire glisser mes pensées les plus dégueulasses vers les égoûts.&lt;br /&gt;
- Quel est l'enculé qui laisse traîner ses fringues par terre ?&lt;br /&gt;
Madame Corroy et son langage châtié... Je passe la tête au-dessus de la porte et lui lance mon plus beau sourire.&lt;br /&gt;
- C'est moi, vous m'en voulez pas ?&lt;br /&gt;
- Tu peux pas les mettre sur le banc, dégueulasse&amp;nbsp;? Qui c'est qui lave tes merdes, hein ?&lt;br /&gt;
- Je le ferai plus, promis. En attendant, rejoignez-moi sous douche !&lt;br /&gt;
Elle rit, un rire clair qui contraste avec son langage ordurier.&lt;br /&gt;
- T'es un marrant, mon petit crabe, mais c'est pas avec ton tentacule de calamar que tu vas pouvoir me faire grand-chose. Allez, lave-toi au lieu de dire des conneries&amp;nbsp;! Quand t'auras fini tu viendras me voir, j'ai des cartons à ranger dans la réserve.&lt;br /&gt;
- Oui madame.&lt;br /&gt;
- Et te fous pas de ma gueule, tu seras gentil.&lt;br /&gt;
Je n'ajoute rien. Elle part en ricanant.&lt;br /&gt;
Papatte est assis sur le banc quand je sors. Sa tête est retombée sur son torse et il ronfle à faire vibrer les chassis grillagés de la salle de douches. A ses pieds, la pince trempe dans une petite flaque d'eau. Le sang ne se décolle pas, il semble déjà être sec. Précautionneusement, du bout de ma chaussure, je fais glisser la pince en direction d'une marre plus profonde formée par deux carreaux arrachés. Là, peut-être qu'en trempant un peu le sang finira par partir.&lt;br /&gt;
- Omaaaaar&amp;nbsp;! Tu viens, bordel ?&lt;br /&gt;
- J'arrive madame Corroy.&lt;br /&gt;
- Ouais ben magne-toi le derche !&lt;br /&gt;
Elle est debout sur un tabouret dans son bureau, un petit carton à la main.&lt;br /&gt;
- Ah ben te voilà quand même&amp;nbsp;! C'est si long que ça de se laver&amp;nbsp;? C'est pourtant pas ta queue qui doit te prendre trop de temps à laver, petit crabe&amp;nbsp;! Allez, prends ça et va le coller dans la réserve, à gauche en entrant. Et puis après tu reviens fissa, j'ai encore du boulot pour toi.&lt;br /&gt;
Je croise Aristide dans le couloir. Sa peau noire est luisante, comme huilée. Il me sourit de toutes ses dents, tellement blanches qu'on jurerait qu'il en a plus que les autres.&lt;br /&gt;
- Alors Omar, tu es réquisitionné ?&lt;br /&gt;
- Ca va pas durer.&lt;br /&gt;
Il continue sa route vers les douches, juste vêtu d'une serviette roulée autour de la taille.&lt;br /&gt;
- Ca vient, bordel ?&lt;br /&gt;
Quand j'entre à nouveau dans son bureau, madame Corroy est toujours juchée sur son tabouret. Elle me tend un autre carton, légèrement plus gros que le précédent.&lt;br /&gt;
- Tiens, fais gaffe, c'est fragile.&lt;br /&gt;
Radio France Bourgogne annonce le flash du matin. Je passe la porte et ne bouge plus, tendant l'oreille au maximum.&lt;br /&gt;
&quot; Une femme retrouvée égorgée rue Jean-Jacques Rousseau, très tôt ce matin&quot;... &quot;la police recherche un sdf dont le signalement correspondrait à celui du meurtrier&quot;.&lt;br /&gt;
Le contenu du carton fait un sale bruit de verre brisé en touchant le sol.&lt;br /&gt;
- Mais c'est pas possible d'être con comme ça putain de bordel de chierie de bon Dieu de merde !!!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 5</title>
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    <pubDate>Tue, 17 Apr 2007 22:32:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je récupère mes sacs sous les buissons du square des Ducs. Personne ne m'a vu. Du moins j'espère. A présent il faut très vite que je trouve un coin tranquille pour attendre l'ouverture du foyer. Je ne sais pas, je ne sais plus quoi faire, quoi penser. Elle a dû beaucoup saigner, l'avant de son costume était rouge sombre. Je l'ai surtout reconnue à la queue, en fait. J'ai mal au bide, un peu la gerbe tout de même. J'en ai vu des trucs pas propres mais une fille avec qui j'ai fait l'amour quelques heures plus tôt égorgée, il faut bien dire que ça, je ne connaissais pas et je n'avais pas envie de connaître.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je prendrais bien le bus pour me rapprocher mais je n'ai pas l'impression que ce serait une très bonne idée. Quelque chose me dit qu'il faut que je me fasse discret.&lt;br /&gt;
Les sacs sont lourds. Je marche sans me presser en m'écartant le plus possible de l'endroit où est la fille. J'ai décidé d'aller à la gare. Une voiture de flics me croise, gyrophare en effervescence. Je baisse la tête. Peu de monde dans les rues. Je ne sais pas quelle heure il est, tôt sans doute.&lt;br /&gt;
La gare est vaguement illuminée par quelques réverbères blafards. Je me colle dans le coin à droite de la rotonde, près de l'ascenseur qui mène aux parkings. Jusque là il faisait plutôt tiède mais à mesure que la nuit avance, la température semble baisser. A moins que ce ne soit la fatigue, ce qui est possible aussi. Je commence à me demander pourquoi je trimbale toute cette bouffe, finalement. Comment je vais expliquer ça au foyer&amp;nbsp;? Et si les flics analysent ce que la panthère a dans le ventre, ils pourront faire le rapprochement... pas terrible, tout ça.
J'ouvre l'un des sacs et plonge la main à l'intérieur pour en sortir une large tranche de pâté en croûte. Je mords dedans, plus pour ne pas gaspiller que par faim. Ils m'ont coupé l'appétit, avec leur safari meurtrier.&lt;br /&gt;
Décidément, je dois me séparer de cette bouffe, c'est mieux.&lt;br /&gt;
L'horloge de la gare indique six heures moins dix lorsque je monte dans le bus. J'ai jeté mes victuailles à la poubelle pour ne garder que les habits qui les contenaient. Dans l'histoire, j'ai gagné une chemise qui a l'air trop petite pour moi.&lt;br /&gt;
Après quelques circonvolutions dans la ville endormie, le bus me dépose à une centaine de mètres du foyer. Je n'ai qu'une hâte&amp;nbsp;: me coucher et dormir.&lt;br /&gt;
Devant la porte d'entrée, Papatte dort sur le paillasson. Sa poitrine se soulève au gré d'un ronflement puissant. Je m'assieds à côté de lui et pose ma tête sur mes genoux pour dormir.&lt;br /&gt;
Il faut bien se rendre à l'évidence, avec le souvenir de la fille et les ronflements de Papatte, je vais avoir du mal à partir au pays des songes. Du bout de ma chaussure, je le pousse doucement.&lt;br /&gt;
- Hé... arrête de ronfler Papatte.&lt;br /&gt;
Il remue un peu, grogne, renifle, évacue un gaz nauséabond qui masque un instant l'odeur de gros rouge qui l'entoure avant de redevenir immobile et ronflant. Cette fois, je lui colle un bon coup de pied dans la cuisse, là où ça fait mal. D'un bond il est debout.&lt;br /&gt;
- Quoi... quoi&amp;nbsp;? C'est pas moi&amp;nbsp;! C'est pas...&lt;br /&gt;
- Calme-toi, Papatte, c'est moi, Omar. Tu ronflais.&lt;br /&gt;
- Ah... ah bon.&lt;br /&gt;
Ses yeux son vitreux, son teint cireux. Il a un haut-le-coeur, semble hésiter puis finalement se reprend et ne vômit pas.&lt;br /&gt;
- Trop picolé.&lt;br /&gt;
- Etonnant.&lt;br /&gt;
- Ouais, ouais... ça t'arrive jamais à toi ?&lt;br /&gt;
- Rarement. Ca fait longtemps que t'es là ?&lt;br /&gt;
Il s'étire et rote bruyamment. Un instant, il semble avoir perdu la vue et écarquille les yeux pour la recouvrer.&lt;br /&gt;
- Je sais pas. Je me souviens pas quand je suis rentré ni comment. Le trou, quoi.&lt;br /&gt;
- T'as fait quoi ?&lt;br /&gt;
- Je crois que je suis allé au Quentin et puis un mec m'a payé des canons alors je l'ai suivi. Sympa, le gusse, d'ailleurs.&lt;br /&gt;
Ses énormes paluches vont et viennent sur un ventre imposant, il se souvient et un sourire de bonheur traverse son visage parsemé de cratères d'acné.&lt;br /&gt;
- Ouais... sympa et pas près de ses sous.&lt;br /&gt;
Derrière nous, le verrou de la porte métallique glisse dans son logement. Je me lève pour laisser la personne sortir.
Madame Corroy passe la tête dans l'entrebaîllement.&lt;br /&gt;
- Qu'est-ce que vous foutez là ?&lt;br /&gt;
- On vous attendait, madame.&lt;br /&gt;
Elle fait mine de se boucher le nez et secoue une main décharnée.&lt;br /&gt;
- Vous puez la vinasse, les poches&amp;nbsp;! Je vous ai déjà dit que les types bourrés rentrent pas chez moi !&lt;br /&gt;
- On est pas bourrés, madame.&lt;br /&gt;
Papatte oscille sur ses cannes, comme bercé par un vent imaginaire.&lt;br /&gt;
- Bon, passez déjà à la douche, c'est la première chose à faire. Qu'est-ce que tu tiens là, toi ?&lt;br /&gt;
Je lui tends le sweat-shirt et la chemise.&lt;br /&gt;
- C'est des habits à laver.&lt;br /&gt;
- Tu me prends pour ta boniche&amp;nbsp;? Allez, file-moi ça et va à la douche illico, tête de crabe !&lt;br /&gt;
Dans le couloir, Papatte va d'un mur à l'autre. Je le suis sans essayer de doubler, de peur de me retrouver coincé entre lui et le mur. C'est qu'il est imposant, le gaillard !&lt;br /&gt;
En entrant dans la salle de douches, il se tourne vers moi et me montre un objet qu'il vient de sortir de sa poche.&lt;br /&gt;
- T'as vu&amp;nbsp;? Je crois que c'est le mec qui m'a filé ça.&lt;br /&gt;
Le sang vient de refluer de mon visage. Dans l'énorme main de Papatte, une pince argentée aux bords munis de dents, la même que celle pour le service à la soirée un peu spéciale. La seule différence notable, ce sont les traces rouges au niveau des dents...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 4</title>
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    <pubDate>Fri, 13 Apr 2007 22:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;En bas des escaliers, le majordome est au téléphone. Au moment où je passe devant lui, il m'arrête de la main tout en continuant d'écouter son interlocuteur. Je regarde son énorme paluche sur mon épaule. Je doute que celui-ci se laisse étaler aussi facilement que l'autre. Je pose mes affaires au sol et attends qu'il ait fini, non sans surveiller le bout du couloir et l'escalier d'où pourrait surgir le danger.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- D'accord... ce que j'ai, ok.&lt;br /&gt;
Il raccroche. Sa main me serre l'épaule plus fort. Il me dévisage de longues secondes avant de parler. Je suis tendu au maximum, prêt à lui rentrer dans le lard de toutes mes forces, des poings aux pieds en passant par la tête.
Il finit par me lâcher l'épaule, empoigne à nouveau son téléphone et me cadre. Le flash m'éblouit violemment. A présent il sort un portefeuille de sa poche et en extrait quatre billets de cent euros qu'il me tend.&lt;br /&gt;
- Tiens.&lt;br /&gt;
Je les saisis sans bien comprendre.&lt;br /&gt;
- C'est pour quoi faire ?&lt;br /&gt;
- Pour que tu te taises.&lt;br /&gt;
- A quel propos ?&lt;br /&gt;
- La panthère. Tu l'as jamais vue.&lt;br /&gt;
Il bidouille un instant sur son portable avant de tourner l'écran pour que je vois mieux. J'ai une sale tête, je trouve, la gueule du mec fatigué.&lt;br /&gt;
- Tu vois, j'ai ta photo. Ca va m'aider à me souvenir, tu comprends ?&lt;br /&gt;
Je ne demande que ça, comprendre. En même temps, avec tout ce fric, ça aide bien. Je palpe les billets et les mets dans ma poche.&lt;br /&gt;
- Je comprends. Vous inquiétez pas, je suis jamais venu là.&lt;br /&gt;
- C'est bien. Tu saisis vite. Allez, reste pas ici, va.&lt;br /&gt;
Pas besoin de me le dire deux fois. Je ramasse mon butin et passe la grande porte sans regarder derrière moi.&lt;br /&gt;
De l'autre côté, la nuit est noire. Il doit être pas loin de deux heures du matin, quelque chose dans le genre. A présent, ce qu'il me faut, c'est trouver un endroit pour dormir. C'est pas gagné, cette affaire. Et de plus, je dois me trimbaler mes sacs de bouffe. Pas facile, la vie.&lt;br /&gt;
Je remonte tranquillement en direction du foyer, en m'arrêtant de temps à autres pour me reposer. C'est que je suis chargé&amp;nbsp;! En fait, je profite de mes haltes pour déguster des produits du terroir. Manque juste une petite bouteille de bon vin pour accompagner. Je n'ai pas pensé à ça&amp;nbsp;! J'ai un peu soif, toutes ces émotions m'ont creusé.&lt;br /&gt;
Arrivé au Square des Ducs, le ventre plein, j'escalade la barrière et glisse rapidement mes victuailles sous un arbuste. Me voilà un peu plus libre de mes mouvements.&lt;br /&gt;
Place de la République, un solo de guitare se fait la malle par les portes de l'Acadienne. C'est le seul bar encore ouvert à cette heure tardive. Tous les autres ont largué leurs alcooliques chroniques sur les trottoirs de la ville.&lt;br /&gt;
Le black devant l'entrée est tout sauf avenant, comme le veut la coutume. Pourquoi toujours des africains, d'ailleurs&amp;nbsp;? Plus grands&amp;nbsp;? Plus noirs&amp;nbsp;? Personnellement, je n'ai pas plus peur d'un type de deux mètres s'il est noir ou blanc.&lt;br /&gt;
- On est complet, monsieur.&lt;br /&gt;
Vu comme je suis habillé, je n'en doute pas une seconde. Je sors les billets de ma poche et les montre au type.&lt;br /&gt;
-  J'ai de l'argent. Je veux juste boire quelques verres, je veux déranger personne.&lt;br /&gt;
Il a l'air pour le moins étonné par ma fortune. Il se tourne vers la porte. Derrière le verre, une femme d'une trentaine d'années me regarde des pieds à la tête, la mine chagrinée. Elle finit par lancer un petit signe de tête au black qui pousse le vantail en regardant ailleurs.&lt;br /&gt;
- C'est bon.&lt;br /&gt;
Je le remercie chaleureusement au passage avant de m'installer au bar pour commander une bière. De l'autre côté du comptoir, le miroir me renvoie la tête d'un type fatigué par la vie. J'ai une sale gueule depuis quelques temps. L'avenir n'est pas rose, le présent non plus, le passé, on n'en parle même pas... J'ai la main dans la poche et mes doigts jouent avec les billets, les palpent, les retournent. Je ne saisis toujours pas très bien pourquoi ils m'ont filé cet argent. Peur de moi&amp;nbsp;? Vu l'envergure des mecs, je ne pense pas. Et je ne saisis toujours pas pourquoi ils ont frappé mon amie panthère. Un petit jeu pervers&amp;nbsp;? Ca n'y ressemblait guère. De toute façon je m'en fous, ça n'est pas mes affaires. Elle m'a servi à trouver à bouffer et à baiser, c'est le principal. Le reste ne me regarde pas. Et puis je vais prendre une autre bière, tiens.&lt;br /&gt;
Lorsque je finis par sortir du bar, une lueur très légère commence à poindre à l'est. Je crois qu'il est cinq heures passées. Et moi je suis bien parti pour dormir toute la journée. Ces quelques verres m'ont achevé.&lt;br /&gt;
Au moment où je tourne à droite dans la rue Jean-Jacques Rousseau, une Mercedes ralentit un peu plus loin. La portière s'ouvre et un gros paquet tombe sur le trottoir. La voiture repart, un peu trop vite à mon sens. Je continue ma route, titubant légèrement, intrigué par la masse sombre. De l'autre côté, un couple arrive à son niveau et la fille se met à hurler tandis que le mec recule en répétant &quot;oh putain, merde !&quot;.&lt;br /&gt;
Le temps de traverser et de repérer un bout de tissu panthère, j'accélère en direction du square des Ducs, à présent totalement dégrisé.&lt;br /&gt;
Quand on est plus où moins sdf, le mieux à faire est d'éviter les endroits où les filles en costume panthère se font égorger...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 3</title>
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    <pubDate>Tue, 10 Apr 2007 22:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Il me faut un certain temps avant de m'habituer à l'obscurité. Des lampes de chevet sont couvertes de tissus rouges et le décor qu'elles éclairent se détache à peine. Nous sommes dans un couloir, à la croisée de passages. Devant, une très grande pièce aux plafonds moulurés, meublée style Louis XVI, du peu que je puisse en juger.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;A gauche et à droite, d'autres pièces de réception similaires. Une musique que je prends au départ pour des bruits donne une atmosphère feutrée. Des silhouettes se déplacent, là un chien, là un coq, une vache. J'entends aussi des soupirs et des murmures, des rires contenus.&lt;br /&gt;
- Vous venez ?&lt;br /&gt;
Elle m'entraîne de la main. Tout en marchant, elle laisse glisser l'imperméable, me lâche le temps de le jeter de côté, sans s'arrêter. Les lunettes et le foulard suivent.  Je me retrouve tenu par la plus jolie des panthères. Son costume semble taillé pour elle, il laisse amplement respirer ses seins tandis que la queue se trémousse entre ses fesses, à peine séparées par une bande de tissu léopard.&lt;br /&gt;
- Alors vous êtes déguisé en homard, mon cher Omar ?&lt;br /&gt;
Elle ne me laisse pas le temps de répondre et enchaîne :&lt;br /&gt;
- Je crois que vous devriez vous défaire un peu et nous montrer votre déguisement. Vous ne pensez pas&amp;nbsp;? Laissez-moi faire...&lt;br /&gt;
Elle s'arrête, se retourne et entreprend de me déshabiller. Je suis tétanisé, sans compter que j'ai aperçu une table couverte de victuailles derrière elle.&lt;br /&gt;
Un homme nu passe à proximité et me murmure&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
- C'est votre soir de chance, mon ami. Prenez soin d'elle, elle réclame beaucoup d'affection !&lt;br /&gt;
Alors qu'elle va pour descendre mon caleçon, je l'arrête de la main.&lt;br /&gt;
- C'est quoi exactement&amp;nbsp;? Une partouze ?&lt;br /&gt;
- A votre avis, Omar&amp;nbsp;? Si c'était le cas&amp;nbsp;? Et si je vous demandais de me prendre dans vos pinces en m'administrant quelques coups de queue ?&lt;br /&gt;
Immédiatement, le membre susdit se réveille et commence à se redresser. J'attrape ses fesses pour la rapprocher de moi. Ses seins se collent contre mon torse, mon sexe contre son ventre.&lt;br /&gt;
- On est obligés de se dire vous ?&lt;br /&gt;
- Admettons que dans le feu de l'action vous soyez plus familier, ça ne me dérange pas.&lt;br /&gt;
- Alors tourne-toi.&lt;br /&gt;
- Attendez.&lt;br /&gt;
Elle saisit ma verge, s'assure de sa rigidité avant de la recouvrir d'une capote que je ne l'ai pas vue sortir.&lt;br /&gt;
- C'est mieux comme ça, non ?&lt;br /&gt;
Puis elle se retourne, m'offrant ses fesses entre lesquelles je m'empresse de pénétrer après avoir rapidement écarté le bout de tissu léopard et la queue.&lt;br /&gt;
Un couple vient se placer à proximité pour nous observer. Ils sont nus mais lui porte un masque de sanglier. Elle est à genoux, lui fait une fellation sans nous quitter des yeux, moi et ma compagne.&lt;br /&gt;
De mon côté, je suis un peu perturbé. Ce n'est pas si agréable que j'aurais pu l'espérer ou le fantasmer. Derrière le couple en action, je vois la table et ses plateaux de charcuterie, ses fruits, ses pains surprises... Tout cela fait que mon ventre gargouille de plus en plus. Heureusement, ce bruit se fond assez bien avec l'environnement sonore.&lt;br /&gt;
Ma compagne semble aprécier notre petite aventure, elle se cabre, soupire, pousse de petits cris, m'encourage à continuer en étant plus dynamique. Ca fait plusieurs semaines que je n'ai pas fait l'amour et je sens que je ne vais pas durer très longtemps. Le sanglier a d'ailleurs été plus rapide que moi sur ce coup. En attendant, j'ai repéré un pâté en croûte à peine entamé que je me propose d'embarquer d'une manière ou d'une autre. Il va me falloir trouver un sac et mes commissions seront faites pour la semaine !&lt;br /&gt;
Dans un cri de gorge rauque, j'attrape les hanches de ma partenaire pour jouir en elle. Puis je m'affale contre la cloison, vidé de toute énergie, de petites étoiles devant les yeux.&lt;br /&gt;
- Merci monsieur Omar, c'était très bien.&lt;br /&gt;
- Pour moi aussi.&lt;br /&gt;
- Ca va ?&lt;br /&gt;
- Un peu crevé... faut que je mange un bout.&lt;br /&gt;
- Je vais vous chercher ça, ne bougez pas.&lt;br /&gt;
Elle fait glisser rapidement sa main sur ma joue humide de sueur, se penche et me murmure :&lt;br /&gt;
- Je vais prendre soin de toi, mon crustacé. J'ai encore besoin de tes services.&lt;br /&gt;
Je la regarde s'éloigner vers le buffet. La démarche féline ne semble pas simulée. Elle lui va comme un gant. Bon... où est-ce que je vais trouver un sac&amp;nbsp;? Je me vois mal récupérer une capote pour y mettre les fruits de mon larcin. Je rejoins la panthère devant une jarre remplie de queues de langouste. J'en attrape une et la dévore en deux bouchées.&lt;br /&gt;
- Vous êtes cannibale, Omar ?&lt;br /&gt;
- Comment tu t'appelles ?&lt;br /&gt;
Un long silence suit pendant lequel elle dispose quelques olives sur l'assiette. Puis sa voix se transforme en un murmure grave, dénué de la sensualité qu'elle a utilisée jusque là pour me parler.&lt;br /&gt;
- Je m'appelle pas. C'est plus simple. Je me donne au premier venu, ça te suffit pas ?&lt;br /&gt;
- C'est comme tu veux. Où est-ce que je peux trouver un sac ?&lt;br /&gt;
- Un sac&amp;nbsp;? Pour quoi faire ?&lt;br /&gt;
- Mes courses. Je vais remplir le frigo avec les restes.&lt;br /&gt;
- Quels restes ?&lt;br /&gt;
- Ceux que vous allez laisser... j'anticipe.&lt;br /&gt;
Elle rit, un rire clair qui vient tout à coup frapper les murs pour couvrir la musique et les soupirs. Un type déguisé en ours se retourne pour nous regarder un instant avant de se remettre à l'ouvrage sur une lapine immaculée.&lt;br /&gt;
- Je reviens.&lt;br /&gt;
Miss panthère se dirige vers un salon du seuil duquel un homme en costume sombre lui fait signe. Je ramasse une chemise, noue les manches pour m'en créer un sac avant de commencer à le remplir de nourriture. Ca ne suffira sans doute pas, je vais devoir trouver un autre moyen d'emporter à manger. Je charge sans me préoccuper de savoir si tout cela va tenir dans les frigo de madame Corroy, au foyer. En peu de temps, je suis rhabillé et je prends mon sweat-shirt pour emmener d'autres provisions.&lt;br /&gt;
Derrière moi, des bruits de bagarre, de coups. En mangeant deux toasts superposés pour l'occasion, je jette un oeil. Mon amie panthère semble avoir des problèmes. Un type petit en costard gris lui donne de grandes claques tandis qu'un autre la tient. Je pose le sac et les rejoins en quelques pas. Le petit est vite hors d'état de nuire. Le grand est un peu plus coriace, il rate de peu ma mâchoire et essaie de m'attraper à bras le corps. Je lui refile un grand coup de genoux dans l'entrejambe avant de doubler par un coup de boule dans le menton. Le type recule, s'adosse à la cloison en respirant fortement. Il glisse, se retrouve accroupi et me regarde en gémissant. La panthère se relève, me repousse d'une main et se dirige vers le fond du couloir avant de rebrousser chemin et me rejoindre, affolée.&lt;br /&gt;
- Faut qu'on s'en aille, vite !&lt;br /&gt;
Pas de chance, j'ai déjà le canon d'un flingue sur la tempe. C'est la première fois et j'aimerais que ce soit la dernière. Le petit mec qui frappait la panthère s'est relevé. Il la prend par la main, vient jusqu'à moi et me colle un grand coup de pied dans le tibia. Je pousse un cri de surprise et de douleur.&lt;br /&gt;
- La prochaine fois, c'est une bastos, connard. Casse-toi.&lt;br /&gt;
Comme je mets du temps à obtempérer, l'autre appuie un peu plus le canon en armant le chien. Je fais trois pas en arrière, ramasse mes trésors de guerre et me dirige vers la sortie. Au moment de passer la porte, je vois le regard de mon amie panthère, un regard de bête prise au piège, un regard douloureux.&lt;br /&gt;
Je referme et descends les escaliers. Chacun ses problèmes.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>monstrum ridiculus dominicat</title>
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    <pubDate>Sun, 08 Apr 2007 16:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Images</category>
            
    <description>&lt;p&gt;mon fils aime bien que je lui dessine des monstres...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.monstre2_m.jpg&quot; alt=&quot;monstre2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 2</title>
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    <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 23:51:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;A une heure du matin, rentrer au foyer est impossible, impensable. Madame Corroy me tirerait dessus au gros sel. Elle a été claire dès le début&amp;nbsp;: A dix heures, tout le monde au lit !&lt;br /&gt;Je suis en haut des marches, mon sac à l'épaule. Derrière moi, la porte en verre du commissariat claque et me fait sursauter.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Et maintenant je fais quoi&amp;nbsp;? Je n'ai nulle part où aller et surtout pas de quoi me payer une nuit à l'hôtel. J'attends toujours l'accompte pour les travaux de placo que j'ai commencés chez Barazzi. A la limite, j'aurais dû rester au commissariat pour la nuit, je serais au chaud et peut-être m'auraient-ils payé un sandwich. J'ai la dalle, pas bouffé depuis hier. Mon ventre gargouille sans discontinuer.&lt;br /&gt;- Hé, vous allez pas rester ici, faut partir.&lt;br /&gt;Je me retourne, sur le point de lui expliquer qu'avec leurs conneries je vais passer la nuit dehors, et puis je me reprends. Je ne suis pas en situation de fanfaronner avec la police.&lt;br /&gt;- J'y vais.&lt;br /&gt;Il me souhaite une bonne nuit, ce à quoi je réponds de même. Ils sont pas trop méchants, les flics de Dijon, ou alors je suis tombé sur une soirée avec les bons numéros.&lt;br /&gt;Je marche au hasard, sans direction précise. Je pourrais aller à la gare pour dormir mais cette perspective ne me plaît guère. Ca pue, la gare, ça sent la pisse, les vapeurs grasses de bouffe... pas envie de sentir le graillon toute la semaine.&lt;br /&gt;Me voilà rue Berbisey. Quelques bars sont encore ouverts. Dans ma poche, les six euros restant ne m'encouragent pas à aller boire. Trop faim pour ça. Et l'autre qui ne m'a pas encore payé !&lt;br /&gt;- La semaine prochaine, sans faute. Promis !&lt;br /&gt;Des promesses de cet acabit, j'en vois souvent sur les trottoirs mais je fais de mon mieux pour les éviter. Je suis trop con, je fais trop confiance aux gens et ils en profitent. C'est mon défaut. Ca l'a toujours été. Pourtant la vie aurait pu m'apprendre qu'il faut se méfier mais non, je me fais encore piéger.&lt;br /&gt;Je croise une femme sortant d'un porche, grande, enveloppée dans un imperméable à la mode des années cinquante. Totalement hors saison, l'imperméable. Elle marche lentement, les mains dans les poches. Il n'y a pas que l'imper qui soit décalé, le reste l'est aussi, la totalité à vrai dire. Des lunettes de soleil, un bandeau dans les cheveux, des talons aiguille. Dans le coin, c'est plutôt baskets-survêt ou gothique, au choix. Après l'avoir croisée, je me retourne pour admirer sa silhouette. Un truc cloche. La queue de panthère qui dépasse de l'imperméable, ce doit être ça. Je reste quelques secondes sans bouger, à observer le petit bout noir, orange et blanc qui tressaille, va de droite à gauche au gré de ses pas. Ce n'est qu'après l'avoir regardée passer le coin de la rue que je reprends ma marche, pensif.&lt;br /&gt;Sous le halo d'un réverbère, une tache orange et noire. Un gant. Je me baisse pour le ramasser. Une patte de panthère, en fait. J'essaie de l'enfiler mais ça n'est pas du tout ma taille. Il me faut quelques secondes avant de prendre une décision. Je rebrousse chemin en courant, à la recherche de la panthère.&lt;br /&gt;
Au tournant de la rue, je l'aperçois sur le point d'entrer dans un immeuble. Je m'engoufre derrière elle.&lt;br /&gt;
- Madame, votre gant !&lt;br /&gt;
Elle est en train de discuter avec un type, le genre maître d'hôtel, costume queue de pie et gants blancs. A la question du majordome, elle répond :&lt;br /&gt;
- Panthère.&lt;br /&gt;
Le type consulte sa liste avant d'acquiescer. Je m'approche.&lt;br /&gt;
- Et vous ?&lt;br /&gt;
- Moi&amp;nbsp;? Je suis Omar.&lt;br /&gt;
Il m'observe un instant, regarde à nouveau son papier avant de lâcher, l'air fatigué&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
- C'est bon, allez-y.&lt;br /&gt;  Il m'indique un couloir dans lequel vient de s'engager la dame. Je la rattrape au pied d'un escalier de pierre éclairé par des spots rouges dissimulés derrière des tentures de la même couleur.&lt;br /&gt; - Madame, votre gant&amp;nbsp;! &lt;br /&gt; Elle le prend, enlève ses lunettes noires derrière lesquelles un masque de panthère apparaît.&lt;br /&gt;- C'est très classique, comme approche... monsieur ?&lt;br /&gt;- Omar.&lt;br /&gt;Elle sourit.&lt;br /&gt;- J'imagine que c'est votre prénom et non votre déguisement ?&lt;br /&gt;J'acquiesce, muet. Malgré le masque, on devine sa beauté et l'imperméable laisse supposer des formes très agréables.&lt;br /&gt;- Venez. Elle prend ma main en commençant à monter les escaliers.&lt;br /&gt;- On va où, là ?&lt;br /&gt;- Vous verrez, c'est une surprise.&lt;br /&gt;Je la suivrais volontiers n'importe où mais une légère angoisse me prend tout de même à la gorge.&lt;br /&gt;- Vous êtes sûre ?&lt;br /&gt;- Faites-moi confiance&lt;br /&gt;Elle pousse la lourde porte en bois qui surplombe les escaliers et me fait signe d'entrer, petit sourire amusé aux lèvres.&lt;br /&gt;- N'ayez pas peur, tout va bien se passer...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>essai gif</title>
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    <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 11:01:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Images</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mary-J-Dan a posé une question intéressante&amp;nbsp;: comment mettre une petit anim sur son blog. Alors je tente le coup, pour voir.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/animgif.gif&quot; alt=&quot;animgif.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Omar 1</title>
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    <pubDate>Thu, 05 Apr 2007 23:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>LA PINCE D'OMAR</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Omar... je n'ai jamais su pourquoi mes parents avaient choisi ce prénom. Pour Omar Sharif&amp;nbsp;? En hommage à un jardinier&amp;nbsp;? Non, je suis né avant qu'une dame mal en point fasse de la calligraphie sur le mur de sa salle de bains. L'hypothèse la plus probable, c'est le rapprochement des peuples. En soixante-neuf, c'était le trip et mes parents, étudiants à l'époque, devaient suivre les mouvements de près.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Eux, je ne les ai pas connus. Ils étaient bretons, fils de marin pour mon père et fille d'agriculteur pour ma mère. C'est la vague qui est venue mourir sur le sable, en quelque sorte. Et de fait, ma mère s'est tuée en moto quand j'avais deux ans. Mon père, décontenancé, a suivi de près mais il a préféré se foutre en l'air à la pointe du Raz un soir de gros temps. Sans doute une histoire de famille. Tu es flotte et tu retourneras à la flotte...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'était très beau, très dramatique, poétique ou ce qu'on voudra mais tout esthètes qu'ils étaient dans leurs expériences morbides, ils auraient été gentils de penser au petit Omar. Je me suis retrouvé transbordé d'une famille d'accueil à une autre pendant un temps suffisamment long pour me donner tous les symptômes de ce qu'on appelle couramment la bougeotte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un matin lorsque j'avais six ans, la dame qui m'accueillait m'a trouvé devant la porte d'entrée avec ma valoche en carton bouilli, prêt pour le départ. Je lui ai expliqué que ça faisait longtemps que j'étais chez eux et qu'il était normal qu'à présent je change de biotope. Ca faisait presque un mois, il est vrai. Je suis finalement resté dans cette maison douze ans de plus et je retourne encore les voir de temps à autres. Douze années durant lesquelles je me suis évertué à les emmerder jusqu'au trognon parce que je ne tenais pas en place. La dernière fois que les gendarmes m'ont ramené à la maison, mon beau-père m'a pris par le bras et nous sommes allés visiter un foyer où il bossait, à Orléans. Il m'a servi de guide, muet. Ce n'est qu'au retour, dans la voiture, qu'il s'est arrêté au bord de la route et qu'il ma regardé, fatigué.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Tu veux devenir comme ça&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je faisais la gueule, je n'ai pas répondu, j'avais mal aux poignets parce qu'un type trop zélé m'avait mis des menottes. Il a regardé les camions qui passaient sur la nationale et il m'a dit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- A ton avis, ils sont plus heureux, eux&amp;nbsp;? Ils courent après quoi&amp;nbsp;? Ils veulent voir du pays&amp;nbsp;? Si t'es intelligent, le pays, t'as pas besoin de bouger pour le voir. Il suffit d'ouvrir les yeux... et le reste...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne dis pas que j'y arrive, je suis encore loin de pouvoir rester en place bien longtemps. Mais je suis tout de même capable à présent de regarder autour de moi et de réfléchir, d'analyser. Je crois que c'est ce qu'il voulait dire, le dabe.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pour l'instant, je regarde autour de moi et tout ce que je vois, ce sont des casquettes, des uniformes, des dossiers et des ordinateurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Alors tu t'appelles Omar et t'es né en Bretagne&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ben ouais.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- En Armorique, quoi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je le vois venir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- T'es un Omar à l'armoricaine, quoi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme je ne semble pas réagir, il ajoute&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Hé, fais pas cette tête, c'est juste pour déconner. J'en ai rien à foutre que tu t'appelles Omar. Moi je m'appelle Ignace, tu vois le topo&amp;nbsp;? Ignace limace, Ignace ignare... je te raconte pas comment on m'a assaisonné quand j'étais gamin&amp;nbsp;! Allez, on continue&amp;nbsp;? Tu veux un café, un sandwich, une clope&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je veux bien une clope. Et puis si vous pouviez m'enlever les pinces...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je lui montre mes poignets entravés par les menottes. Il éclate de rire en me tendant une cigarette.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Excuse-moi... c'est nerveux&amp;nbsp;! Les pinces de Omar !!!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes poignets commencent à rougir. Je le trouve pas super drôle, d'un coup, le flic sympa. Il me fait chier, j'ai envie de lui cracher à la gueule. Je suis fatigué, je voudrais me coucher.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Pourquoi vous m'avez attaché&amp;nbsp;? J'ai rien à voir avec ça. Quand je suis arrivé, le magasin était déjà vidé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a l'air embêté. Il pose les coudes de part et d'autre de son clavier, souffle un grand coup.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ecoute, je veux bien te croire mais faut me comprendre. On te trouve là quand on arrive, t'as une barre de fer dans ton sac et des outils... tu fais quoi avec tout ça&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je bricole pour les gens qui ont besoin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Du black&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Chèques emploi services.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il sourit à nouveau et pose ses mains sur le clavier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bon allez, plus vite ce sera fait, plus vite tu pourras te barrer... et moi aussi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous me détachez pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ah... si. Excuse-moi. Tiens, tu sais faire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me lance les clés. Je le vois venir. Je fais mine de ne pas savoir comment ça marche avant de me détacher. Manifestement, ça lui plait, mon ignorance en la matière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Son portable sonne. Il répond brièvement et le repose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bon allez, on finit rapidos, ma copine m'attend pour aller au cinoche.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Résolution de lendemain de cuite</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/04/05/Resolution-de-lendemain-de-cuite</link>
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    <pubDate>Thu, 05 Apr 2007 11:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le type pose sa bière devant moi, d'autorité. Il tire la chaise et s'assied sans me demander mon avis, avec un air de provocation. Moi qui voulais boire un coup tranquille en me perdant dans mes pensées, c'est mal barré.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- T'es qui toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai envie de lui demander en quoi ça le regarde mais je sens l'embrouille, le mec qui n'attend que ça&amp;nbsp;: la confrontation.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- Et toi, t'es qui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Léger sourire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Jean-Paul.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et là il me tend la main, comme dans les films américains, quand deux types se parlent depuis une demi-heure et décident finalement de se présenter. Je serre mollement le membre tendu et lui lâche l'information&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ah. Moi c'est Jean.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et merde... panne d'inspiration. Je pensais tenir une bonne idée et puis que dalle, rien. Laissons tomber ce Jean-Paul qui de toute façon ne s'appelle pas vraiment comme ça et dont par ailleurs tout le monde se fout.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'en ai une autre, de bonne idée. Voilà ce que je vais faire à partir de maintenant&amp;nbsp;: Je vais profiter de ce blog pour écrire un roman. Chaque billet sera un épisode. Ca fait un peu &quot;work in progress&quot;, wip comme disent les initiés, ou atelier d'écriture, au choix. L'avantage du procédé étant qu'il fera vivre ma prose au gré des lectures. Et puis je pourrai reccueillir les avis &quot;en live&quot;. Bien entendu, étant seul maître à bord, si j'ai envie d'écrire quelque chose qui n'a rien à voir avec le bouquin, soyez assurés que je ne m'en priverai pas.
Petite précision&amp;nbsp;: Lorsque le roman sera terminé, je le proposerai pour la mise en ligne sur www.alexandrie.org.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par le titre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pince d'Omar&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'ai strictement aucune idée de ce dont il sera question mais qu'importe, j'improviserai&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A bientôt donc pour le début de cette saga palpitante&amp;nbsp;! Et merci d'avance pour votre soutien.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Munich</title>
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    <pubDate>Wed, 04 Apr 2007 01:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Cinéma</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Voilà, il est une heure et je n'ai pas sommeil. Je viens de regarder &quot;Munich&quot;, de Spielberg. Pour moi un très bon film, de par la forme et le fond. Après avoir traîté de la guerre ouverte avec le soldat Ryan, Steven Spielberg s'attaque à la guerre secrète, celle du terrorisme, d'état ou autre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Outre l'aspect historique et sa représentation, très bien mis en scène avec une certaine objectivité, il y a un fond intemporel, une question sur la nécessité parfois supposée de la violence et de la loi du Talion. Et puis des dialogues, des réflexions qui amènent des questionnements sur les similitudes ou les différences entre les génèses de deux états&amp;nbsp;: Israël et la Palestine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'ai pas assez de recul par rapport à ce film pour en faire une critique réelle. Je n'ai pour l'instant que des impressions, des ressentis qui m'empêchent sans doute d'entrevoir le film dans sa globalité. Pourtant je crois qu'il fait partie de ces oeuvres dont on garde un souvenir fort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une image me vient à l'esprit&amp;nbsp;: Un Juif et un palestinien se rencontrant à l'autre bout du monde, à l'autre bout de l'univers... que se passe-t-il&amp;nbsp;? J'aime à penser qu'ils seraient terriblement proches, à l'instar d'Abel et Caïn avant que la préférence de Dieu ne tue l'un...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Panurgerie</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/04/01/Panurgerie</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Apr 2007 21:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;C'était un berger qui s'appelait Banchette. Il faisait paître son troupeau sur les verts coteaux des hauteurs de Gap. Au printemps, il partait en lançant des signes aux enfants qui, de leur côté, profitaient de sa surdité pour lui envoyer tous les mots d'un vocabulaire qui ne s'apprend que dans les cours de récréation. Bien qu'il sût à quoi s'en tenir sur la fraîcheur et l'innocence des bambins, il n'en avait cure et ne se départissait jamais d'un grand sourire rendu bancal par la perte de deux incisives.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un automne, on vit Banchette revenir de son alpage seul, ébahi, chamboulé, crotté des pieds à la tête.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il était hagard et incapable de formuler une phrase cohérente. On l'interrogea sur la disparition de son troupeau mais il ne savait que dire &quot; je les ai perdu, comment je vais faire&amp;nbsp;? Mes pauvres... ah mes pauvres !&quot;. Le maire fut appelé, puis le curé, puis un médecin et même les gendarmes. Toutes ces bonnes âmes réunies arrivèrent à la conclusion que le pauvre homme avait subi un fort traumatisme et qu'ils n'en sauraient pas plus en l'interrogeant. Il fut décidé qu'une délégation partirait dans la montagne à la recherche des moutons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les gendarmes firent de longues recherches aux endroits habituellement fréquentés par le berger mais ne parvinrent à aucun résultat. Il quadrillèrent la montagne de long en large et du lever au coucher sans trouver trace du troupeau. On commençait à accuser le coupable idéal, c'est à dire le loup, lorsqu'enfin on eut le fin mot de l'histoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un vieux berger, lui-même revenant de l'alpage, raconta ce qu'il avait vu d'assez loin grace à la paire de jumelles dont il avait fait peu de temps plus tôt l'acquisition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Banchette s'ennuyant prodigieusement jouait régulièrement avec son chien. Il gardait un bâton qu'il lui lançait et relançait, l'animal le rapportant invariablement à son maître. Or ce jour-là, ils étaient au bord d'un torrent de montagne qui, à cet emplacement, se transformait en une large cuvette du fond de laquel il alimentait une résurgence distante de quelques centaines de mètres. Au centre du plan d'eau, l'effet d'aspiration créé par le siphon faisait ondoyer la surface sans discontinuer. Les versants qui remontaient de cette cuvette étaient si abrupts que rare était la végétation apte à y accrocher ses racines.
Le troupeau paîssait tranquillement à quelques mètres du goufre lorsque Banchette, pris par l'ivresse du jeu, lança son bâton trop loin, le faisant tomber dans le précipice. Aussitôt, Linda, la chienne, se jeta en avant pour le récupérer. Les moutons se trouvant entre la chienne et le trou se mirent à reculer, pris de peur à la vue de l'animal qui leur fonçait dessus. Les premiers tombèrent, poussés par les autres, et les seconds, poussés par leur instinct grégaire, suivirent rapidement avec force bêlements effrayés.
Bientôt, il n'en resta aucun et Banchette se retrouva seul au bord du trou, pleurant toute l'eau de son corps tandis que Linda courait autour de lui en aboyant, inconsciente du drâme qu'elle avait provoqué.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi on avait la solution de l'énigme&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Linda, la chienne, avait fait tomber les moutons de Banchette dans le siphon et bien malin qui aurait pu les récupérer.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>le marteau et l'enclume</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/03/30/le-marteau-et-lenclume</link>
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    <pubDate>Fri, 30 Mar 2007 22:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;- Bonjour madame. Voilà, je vous...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bonjour monsieur, que voulez-vous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Euh, alors voilà, je vous appelle parce que j'ai reçu un courrier des Assedic me disant que j'étais radié parce que je n'avais pas envoyé ma feuille d'actualisation. Alors c'est vrai que...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous l'avez envoyée ou pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ben, oui, mais en retard parce que j'étais en vacances et que...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous êtes demandeur d'emploi et vous partez en vacances&amp;nbsp;? Vous avez de l'argent pour un chômeur, dites donc&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Eh bien en fait, je ne suis pas au chômage, j'ai...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- Vous êtes inscrit à l'ANPE mais vous n'êtes pas au chômage&amp;nbsp;? Ahhhh, il faut m'expliquer ça, monsieur. Votre numéro d'adhérent est bien le 623 7246 v&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Oui, mais en fait je travaille, j'ai monté mon entreprise il y a peu et...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- C'est de la fraude, ça, monsieur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Non, il y a une loi qui permet aux chômeurs créateurs d'entreprise de bénéficier des Assedic pendant 2 ans s'ils n'ont pas assez de revenus et...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Il faudrait savoir, monsieur, vous êtes chômeur ou vous travaillez&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je travaille mais j'étais au chômage avant de me mettre à mon compte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- D'accord. Si vous m'aviez expliqué ça dès le début, ça aurait été plus rapide, monsieur. Pour un chef d'entreprise, vous ne faites pas dans la concision. Alors quel est le problème&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;... intermède musical&amp;nbsp;: Pierre Perret chante &quot;les postières&quot;...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bon... je suis radié ou pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Pourquoi vous seriez irradié&amp;nbsp;? Vous travaillez dans une centrale nucléaire&amp;nbsp;? Je vous passe la médecine du travail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Attendez !!!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Médecine du travail bonjour.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bonjour madame, j'étais au téléphone avec...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Bonjour monsieur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Oui... bonjour. Je disais... je... j'étais avec une femme et puis elle m'a... lâché et...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ahhhh... vous la frappiez&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Pardon&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Votre femme, vous la tabassiez, c'est ça&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Mais... pas du tout, c'était la dame des Assedic&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je vois... Janine&amp;nbsp;? Eh bien monsieur je ne vous félicite pas&amp;nbsp;! Elle a failli perdre un oeil, vous savez&amp;nbsp;! Et moi je sais qui vous êtes, votre numéro s'affiche sur mon téléphone&amp;nbsp;! Je vais vous dire qui vous êtes, monsieur 03 80 49 03 22, vous êtes un beau salaud, une ordure de la pire espèce&amp;nbsp;! Mais vous ne vous en tirerez pas comme ça, monsieur, je vais porter plainte moi, puisqu'elle a eu peur de le faire&amp;nbsp;! Vous ne me faites pas peur, monsieur 03 80 49 03 23&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- 22&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Oui, 22. Je vais porter plainte pour harcèlement sexuel&amp;nbsp;! Vous m'entendez&amp;nbsp;? Vous allez payer, monsieur&amp;nbsp;! Et...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Attendez&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous faites quelque chose, ce soir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Non mais vous vous foutez de moi&amp;nbsp;? Je vous parle de harcèlement sexuel et vous voulez m'inviter au restaurant, c'est ça&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ou au cinéma, c'est comme vous voulez. Puisque vous allez porter plainte, autant que je fasse ce pour quoi vous m'accusez&amp;nbsp;! Alors comment on fait, je passe vous chercher au travail&amp;nbsp;? A quelle heure&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;... intermède musical&amp;nbsp;: Nirvana avec &quot;Rape me&quot;...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous êtes sérieux&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- On ne peut plus. Vous n'avez rien à perdre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Et Janine&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous savez comment elle est.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- C'est vrai qu'elle est chiante, des fois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Alors&amp;nbsp;? 17 heures devant le bureau&amp;nbsp;? J'aurai une jardinière de géraniums sous le bras.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;... rires...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Vous êtes marrant, vous... ok. 17 heures. Mais je vous préviens, si vous...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Si j'essaie de vous embrasser&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Non... vous... vous savez très bien de quoi je parle&amp;nbsp;! Oh et puis vous me faites rougir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- J'aimerais tellement voir ça. A ce soir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- A ce soir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;... intermède musical&amp;nbsp;: Claude François chante &quot;Le téléphone pleure&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Allo&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Janine&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Oui... c'est qui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ca va mieux ton oeil&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- C'est qui&amp;nbsp;? Qu'est-ce que vous me voulez&amp;nbsp;? Mais laissez-moi tranquille&amp;nbsp;! Laissez-moi, je vous en prie&amp;nbsp;! Il faut plus m'appeler&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je serais curieux de voir sa tête, à celle-là. Bon, des géraniums, je vais prendre ceux de la voisine et je lui ramènerai demain. Alors comment je vais bien pouvoir m'habiller...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Une vie trépidante</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/03/27/Ma-journee-a-moi</link>
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    <pubDate>Tue, 27 Mar 2007 21:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Après un réveil plutôt difficile, deux cafés, une Suze et un Aspro, j'attaque le boulot tranquillement en sirotant mon premier Fernet-Branca. Il est 9h. J'y vais mollo, pas brusquer la bête. Et puis j'ai décidé de faire attention à ma santé. J'ai connu un type qui est mort un matin au réveil. En fait il ne s'est pas réveillé. Alors depuis je fais attention, j'hésite à me réveiller de peur de ne pas le faire, justement. En même temps, il se peut que l'homme en question soit mort durant la nuit mais comme j'ai rarement accès aux rapports d'autopsies, impossible de savoir. Alors dans le doute, je prends mes précautions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais pas si je suis très clair.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;A 10h, je suis éreinté. Je tire la manette latérale et le siège bascule en arrière. C'est un genre de fauteuil de dentiste dans lequel on peut faire la sieste. On peut pratiquement le mettre en couchette en une seule opération, ce qui est très économe en énergie. Comme de juste, c'est le moment qu'attendait le téléphone pour sonner. D'habitude je peux mettre le pied sous le bureau pour prendre appui mais là, je ne sais pas ce que j'ai foutu, je suis trop loin. Impossible de rebasculer en avant comme ça d'un seul coup, je me bousillerais le dos. J'appelle le chat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me regarde bêtement depuis le canapé. Pendant ce temps, le répondeur se met en marche&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- C'est moi. Tu es là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien sûr que je suis là. Je fais signe au chat, l'implore du regard. Pour toute réponse, il se roule sur le tapis Ikéa en miaulant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- C'est mieux si t'es pas là, finalement. Je sais plus très bien quoi faire, je crois qu'il faudrait qu'on discute.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'est levé, il approche lentement. Je lui fais signe d'activer la manoeuvre. Voilà qu'il se frotte sous mes pieds en ronronnant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- On peut plus continuer comme ça. Je crois qu'il faut qu'on fasse un break pour prendre du recul.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et mon portable qui est sur le lave-vaisselle, à plus de cinq mètres de là&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- En fait, je me demande s'il faudrait pas qu'on se quitte carrément...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gatzo est assis en bas du fauteuil, il se ramasse sur ses pattes. Je lui souris pour l'encourager.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je vais partir...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un oiseau a piaillé dans le jardin et ce chat débile tourne la tête pour l'écouter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Avec un autre homme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'essaie d'imiter le cri de la souris pour qu'il se retourne. Ca a l'air de marcher. Il ouvre de grands yeux et se penche sur le côté pour regarder derrière le fauteuil.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faut que ça marche&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Si tu ouvres la penderie, tu verras que j'ai pris mes affaires. Attends, je vais te donner ma nouvelle adresse... je l'ai sur un papier...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ca y est, il va bondir&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Voilà... alors c'est rue de la Liberté, au 89. C'est marrant, non&amp;nbsp;? 89 rue de la Liberté, tu trouves pas&amp;nbsp;? Allez, je te laisse, Benjamin m'attend. Tiens, il adore Jim Thompson, comme toi. C'est dommage que tu sois pas là. J'aurais quand même bien aimé t'avoir. J'ai un peu peur de pas prendre la bonne décision... t'es pas là&amp;nbsp;? Si t'es là décroche, je veux te parler...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- ... bon. T'es pas là. Tant pis. Salut.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gatzo atterit sur mes genoux. Tout de suite, un petit clic me signale que le mécanisme du fauteuil est enclenché. J'appuie sur la manette et le fauteuil bascule lentement en avant. Au moment où je pose la main sur le combiné, mon verre de Fernet-Branca menace de tomber à cause de ce con de chat. Je le rattrape au vol.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pendant ce temps, elle a raccroché.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je jette mon mégot encore allumé sur le chat qui réussit tout de même à l'éviter. Je finis mon verre et retourne me coucher en me massant le bas du dos avec une grimace de douleur.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Donne chat mâle de 7kg, Années soixante, parfait état, commande manuelle. Donne fauteuil de dentiste châtré très affectueux.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Ecrire</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/03/26/Ecrire</link>
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    <pubDate>Mon, 26 Mar 2007 11:01:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Elucubrations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ca me trottait dans la tête depuis un moment. Depuis la pré-adolescence, en fait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ecrire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a eu quelques tentatives. Un début de roman vers 14 ans, une nouvelle assez courte et un peu gore vers 16 ans, une autre tentative à 21 ans. Et puis plus rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jusqu'à ce jour de début décembre 98 où je me colle devant l'écran d'un ordinateur et où je commence à aligner les mots... les maux aussi.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Première véritable expérience de l'écriture&amp;nbsp;: 250 pages pour une histoire dont les coutures lâchent dès qu'on frotte un peu. Beaucoup de choses intimes diffusées trop maladroitement. Peu de rebondissement, des chemins sans issue.
7 autres romans ont suivi, des plus sombres aux plus légers. Et puis de nombreuses tentatives stoppées net en cours de route par manque de matière ou tout simplement à cause d'un disque dur qui s'est sacrifié sans me consulter (toujours sauvegarder, toujours).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le genre , celui pour lequel j'ai la plus nette inclination&amp;nbsp;: le polar, le noir de noir, celui qui saigne, qui suinte, qui descend toujours plus bas. Le roman social par essence, celui qui, derrière le prétexte de divertir, montre la noirceur de la société, de l'âme humaine aussi. Misanthrope&amp;nbsp;? Non, au contraire. Besoin d'évacuer, de décrire avec ma vision des choses. Et puis de l'humour, le mien. Sournois, il donne une bouffée d'air au lecteur pour mieux le faire plonger ensuite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le style&amp;nbsp;: Parlé. De l'argot, que j'affectionne particulièrement puisque c'est par lui que vit une langue. Mon but en écrivant est que ça coule, que les mots décrivent, qu'ils permettent de visualiser la scène pour mieux se l'approprier. Des phrases courtes pour maintenir un rythme soutenu. En relecture, je raccourcis au maximum pour me contenter du principal. Je pense être capable d'écrire dans un style plus classique mais je n'éprouve que peu de goût pour la chose (si ce n'est la lire).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Place aux amateurs&amp;nbsp;: Un îlot de verdure au milieu de ces romans trop sombres. De la fantaisie, de la légèreté, même si on retrouve des thèmes similaires à ceux des autres écrits. J'ai une tendresse particulière pour celui-ci. C'est un roman de gare sans profondeur que l'on doit lire d'une traite, sans lever les yeux pour admirer le paysage. Rien de particulier à dire ou à démontrer. Juste des références à quelques auteurs que j'affectionne particulièrement. Ce roman, je voudrais qu'il fasse louper la gare d'arrivée à ses lecteurs. Les autres aussi, en fait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'innocence même&amp;nbsp;: L'un des plus sombres. Une base autobiographique sur laquelle je me suis appuyé pour donner de la matière. Et puis une descente rapide vers le fond. Celui-là aussi je l'aime bien. Le départ peut sembler long mais une fois le rythme donné la pente entraine sans qu'on s'en rende compte (avis des lecteurs qui sont allés au bout). C'est le deuxième roman que j'ai écrit, en deux mois, si je me souviens bien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Zéphyr&amp;nbsp;: Tentative de roman historique sur des sujets qui m'intéressent&amp;nbsp;: les bataillons d'Afrique d'avant-guerre, la pègre de la même époque. Trop linéaire dans sa narration. Trop difficile à lire pour qui n'a jamais abordé l'argot de cette époque. Pas terrible, en fait. Dommage d'avoir désservi un sujet pour moi aussi passionnant. Peut-être un jour...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Encore un peu d'autoflagellation&amp;nbsp;: Mes personnages, je les voudrais plus profonds, plus denses, plus multiples dans leur personnalité. Surtout les seconds rôles, deuxièmes couteaux de l'histoire. Ca viendra peut-être mais il faut du temps pour ça. Et puis il faut des lecteurs, quoi qu'on en dise. Je n'arrive plus à écrire seul, la pratique de l'art pour la beauté du geste m'a passé. J'ai à présent besoin qu'on me lise.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Personnellement, je considère l'écriture comme une forme de psychanalyse. Mais pour qu'elle amène un résultat, combien de pages faut-il noircir&amp;nbsp;? A partir de quel moment est-on capable de réellement lâcher du lest et aborder frontalement les sujets qui font pourrir de l'intérieur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A suivre...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>tuyaux :</title>
    <link>http://blog.bebook.fr/jam/index.php/post/2007/03/25/tuyaux-%3A</link>
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    <pubDate>Sun, 25 Mar 2007 23:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>jam</dc:creator>
        <category>Images</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.robinet_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;robinet_bassdef.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.tuyaux_verre_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;tuyaux verre&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.vue_foret_tuyaux_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;vue_foret_tuyaux_bassdef.jpg&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.vue_tuyaux_reseau_111206_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;vue_tuyaux_reseau_111206_bassdef.jpg&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.vue_tuyaux_sang_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;vue_tuyaux_sang_bassdef.jpg&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.bebook.fr/jam/public/./.tripes_bassdef_m.jpg&quot; alt=&quot;tripes_bassdef.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ci-dessus quelques délires perso. Finalement, je n'ai rien contre les tuyaux. Enfin je crois. Non... je suis sûr que je les hais !!!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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